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Ils disent tous des "Khomri" !

Alors que le Premier ministre Manuel Valls a annoncé un report de la présentation du projet de loi Travail en conseil des ministres, le débat fait rage sur Internet. Mais, la victoire des uns sur les autres est l’enjeu principal de ce pugilat, qui explique le dégoût des Français pour la politique.

Les entrepreneurs parlent aux Français

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Ils disent tous des "Khomri" !

Comment polluer avec la politique un débat qui devrait rester économique ? En le posant au centre d’une lutte des dogmes, une guerre religieuse version 2016, dans laquelle s’affrontent les « ultras-POUR » et, comme au Parc des Princes, les « ultras-CONTRE ». Un match pitoyable tant on se trompe de terrain, un terrain dont on ne voit que la ligne de fracture et aucun espace de dialogue possible, aucune main capable de se serrer au nom de l’intérêt supérieur de la France. Non, uniquement des salles gosses qui considèrent que la victoire des entreprises et de l’emploi n’est qu’un accessoire malheureusement incontournable, mais secondaire.

La victoire des uns sur les autres est l’enjeu principal de ce pugilat, qui explique le dégoût des Français pour la politique. Pendant ce temps Marine se tait et prépare son programme économique. Cela fait peur.

Internet frémit des pétitions des uns et des autres, chacun rassemblant ses ultras en quinconces sur la toile. Le débat qui y règne est caricatural et minable au regard des intérêts en jeu. Mais c’est le propre des cours de récréation, aussi virtuelles soient elles.

Le Medef oublie au passage que tout combat qu’il lance sur le terrain social est un combat perdu d'avance, ne serait-ce que pour des raisons statistiques. Les entrepreneurs, capables de signer cette pétition sont 3 millions. Cela laisse la bagatelle de 65 millions de personnes capables, par principe, du fait de l’image qu’ils ont du syndicat patronal, de voter contre. Les moulins à vent restent la cible du Medef, qui aurait mérité un silence bien plus utile à la cause.

Et "super-Martine", qui tel le pendu, nous impose sa dernière « érection » avec l’indécence qui sied aux condamnés. Mais, avec un succès plus important, car nombreux sont ces jeunes, sincèrement désespérés par la situation de l’emploi et qui ignorant la réalité et dépourvu du recul que leurs aînés pourraient avoir, pensent que réglementer est la clé de leur futur emploi. Et ces autres jeunes, chez qui l’ingénuité est depuis longtemps enfouie, téléguidés comme dans la série le « Baron Noir » par les réseaux d’extrême gauche, et qui n’ayant rien d’autre à faire de leurs journées, s’excitent sur Internet en remplissant de la pétition à la chaîne (pour des gens qui ne supportent pas le capitalisme à l’ancienne c’est amusant).

Tout cela est bien navrant, et il ne faudra pas compter sur moi, pour jeter de la bêtise sur le feu. Il est suffisamment alimenté ainsi. Alors quittons la politique un instant, voire même pour toujours et intéressons nous au fond. La seule chose qui mérite votre lecture, réflexion et attention. La seule qui mérite un débat.

Quelle société voulons-nous ? Nous pensons-nous adulte ? Nous pensons-nous capables de décider, sans passer systématiquement par la case législateur de nos relations interpersonnelles et contractuelles ? Pensons-nous que l’agilité doit être au pouvoir et que les dogmes d’un jour peuvent être dépassés le lendemain ? Voulons-nous accroître nos droits et nos devoirs individuels en maintenant un socle social ? Pensons-nous que la réussite est de droite ou de gauche ou qu’elle répond à un équilibre naturel ?

 
Commentaires

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  • Par Hilldougalopade - 29/02/2016 - 17:13 - Signaler un abus A faire signer...

    Par tous les entrepreneurs de bonne volonté. Bravo Monsieur Jacquet, il faudrait que tous nos gouvernants et les syndicalistes apprennent par cœur cet article de pur bon sens.

  • Par essentimo - 01/03/2016 - 06:30 - Signaler un abus Moins politique

    Pourrait-elle arrêter de sourire (comme Belkacem) quelles que soient les circonstances ?

  • Par Anguerrand - 01/03/2016 - 07:35 - Signaler un abus A essentimo

    Il y en a au moins trois qui m'exasperent, El Connerie, Belkassine et l'éternelle Royale qui cherche toujours la caméra pour faire son sourire de miss monde. C'est vrai que les choses vont tellement bien en France, que la situation ne les genent pas, le plus important c'est bien leur ego.

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Denis Jacquet

Denis Jacquet est entrepreneur (Edufactory), investisseur (Entreprise et conquête) et président de Parrainer la croissance, une association d'aide aux PME pour rechercher la croissance, et cofondateur de l'observatoire de l'Uberisation. 

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