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Délit d’entrave à l’IVG : un grave déni de réalité

La ministre des Familles, de l'enfance et du droit des femmes, Laurence Rossignol, souhaite élargir le délit d'entrave à l'IVG aux associations ne se résignant pas à le banaliser. Une décision lourde de conséquences sur le plan éthique.

Pensée unique

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Délit d’entrave à l’IVG : un grave déni de réalité

Laurence Rossignol a déclaré la guerre aux sites Internet qui, selon elle, donneraient des informations "faussées" sur les conséquences de l'avortement. Crédit LIONEL BONAVENTURE / AFP

Madame Rossignol, ministre desFfamilles, de l’enfance et du droit des femmes a déclaré la guerre aux sites Internet qui, selon elle, donneraient des informations "faussées" sur les conséquences de l'avortement. Elle entend élargir le délit d’entrave aux informations d’associations qui ne se résignent pas à le banaliser et qui prennent en compte les dilemmes des femmes. 

Depuis des années, l’information n’a cessé de se dégrader. Trop de femmes qui hésitent à poursuivre une grossesse inattendue et souhaiteraient pourvoir éviter une IVG, sont conduites vers l’avortement par fatalité, faute d’une information équilibrée et d’un accompagnement approprié. Selon l’Ined, 72% des femmes qui avortent suivaient une méthode de contraception quand elles ont découvert leur grossesse. Face à l’inattendu, les questions se bousculent dans la panique, et souvent la solitude. Bien des femmes, jeunes ou moins jeunes, se sentent jugées et rejetées quand elles révèlent être enceintes sans l’avoir planifié.

Certaines confient penser à l’IVG à contrecœur sous la pression de leur compagnon, de l’entourage, ou encore par peur pour leur emploi.

Même si l’avortement suscite des oppositions de principe qui demeurent irréductibles, notre société peut-elle laisser croire que les femmes pourraient le ressentir comme un acte anodin ?

Sur le site du gouvernement dédié à l’IVG, on trouve des informations à sens unique. Aucun renseignement n’est proposé sur les aides et droits des femmes enceintes qui pourraient contribuer, pour celles qui le souhaitent, à poursuivre leur grossesse. Dans une vidéo, un gynécologue affirme qu’il n’y a pas "de séquelle à long terme psychologique de l’avortement". Pourtant, la Haute Autorité de Santé a souligné que l’on manquait justement d'éclairage objectif sur les conséquences psychologiques post-IVG. Si certaines femmes disent ne pas en ressentir, d’autres qui en souffrent, et parfois de longues années après, se voient ainsi officiellement dénier toute expression de ce qu’elles ressentent.

A force de sous-estimer l’expression des femmes, on arrive à les maltraiter, comme le révèle une récente étude conduite par des chercheurs de l’INSERM. Cette étude souligne le manque d’information sur les conséquences de l’IVG médicamenteuse : 27% des femmes ayant réalisé une IVG médicamenteuse ont perçu des "douleurs très intenses" notées 8 ou plus sur une échelle de 10. Ses auteurs recommandent des protocoles plus puissants de prise en charge de la douleur.

L’IVG médicamenteuse, majoritairement utilisée en France, est pratiquée avant 7 semaines de grossesse à l’hôpital et avant 5 semaines à domicile. Elle contraint les femmes à une décision rapide, les coupant d’un temps de réflexion, spécialement quand elles subissent des pressions de leur environnement ou des violences conjugales. Beaucoup de femmes ont des débats intérieurs, bien conscientes que la vie d’un être humain et aussi leur propre destin sont en jeu. Or, les violences psychiques qui conduisent à l’avortement sont gravement ignorées.

 
Commentaires

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  • Par edac44 - 30/11/2016 - 09:59 - Signaler un abus Le délit d'entrave a l'IVG n'est pas un délit mais un crime

    ==> http://bit.ly/2g5kRPg

  • Par edac44 - 30/11/2016 - 10:00 - Signaler un abus IVG suite

    La bataille anti-IVG menée par les collectifs pro-vies fait rage sur le net. De nouveaux sites se multiplient à leur initiative avec pour armes : la désinformation et la culpabilisation. Se présentant comme purement informatifs, neutres voir officiels, ils manipulent en réalité les femmes en apportant de fausses informations, en leur faisant peur, et en exerçant sur elles des pressions psychologiques et morales. Heureusement une loi peut mettre fin à ces sites dangereux et à cette désinformation. Elle sera discutée jeudi. Mais c'est un sujet délicat - les députés sont nerveux et pourraient céder à l'intense pression que les pro-vies exercent sur eux en ce moment même. Donnons-leur le courage de voter cette loi. Montrons-leur que nous sommes avec eux pour défendre pleinement le droit fondamental de l'IVG en France. L'interruption volontaire de grossesse est un droit fondamental durement acquis par plusieurs générations de femmes. Toute pression psychologique ou morale, toute menace visant une femme venue subir ou s'informer sur une éventuelle IVG est punie par la loi.

  • Par edac44 - 30/11/2016 - 10:02 - Signaler un abus IVG suite 2

    Or, aujourd'hui, ces menaces se font principalement sur internet, là où la majorité des jeunes femmes espère trouver une information fiable et neutre. Il est donc nécessaire d'adapter la loi pour également interdire les menaces et les pressions psychologiques qui ont lieu par le biais d'internet. Il ne s'agit aucunement de sanctionner un quelconque délit d'opinion sur internet. Chacun doit pouvoir exprimer et diffuser ses opinions. Mais que ce soit fait de manière transparente, sans outrepasser la liberté de choix des autres. Aujourd'hui, nos députés sont la cible des pro-vies qui les bombardent de messages pour leur demander de ne pas voter cette loi jeudi. Réagissons. Soutenons nos députés et montrons leur la voie du progrès en signant cette pétition et en la partageant largement. Une vague conservative déferle sur l'Europe et le monde. En Pologne le mois dernier, les femmes sont descendues dans la rue en masse pour empêcher l'interdiction et la pénalisation totale de l'avortement. Elles ont eu gain de cause. En France, nous devons continuer à défendre nos droits fondamentaux même s'ils nous semblent pourtant acquis. C'est fou le pouvoir que nous avons ensemble,

  • Par edac44 - 30/11/2016 - 10:02 - Signaler un abus IVG Fin

    François, et tous les motivés de PowerFoule dont ma pomme Sources : « La mairie FN d'Hayange envoie les huissiers au Secours populaire » - Libération - 30 septembre 2016 « Hayange : Le Secours populaire refuse de rendre ses clés au maire FN » - 20 Minutes - 30 septembre 2016 « Hayange: le président du Secours populaire dénonce "une initiative fasciste" » - BFMtv - 30 septembre 2016 « Hayange : la directrice du Secours Populaire refuse de rendre les clefs » - France3 - 30 septembre 2016

  • Par gerint - 30/11/2016 - 14:13 - Signaler un abus L'IVG n'est pour moi pas un droit fondamental

    C'est au mieux, en dehors de nécessités médicales, une option acceptable voire souhaitable mais au cas pas cas. De toute façon cette loi risque d'être vite abrogée

  • Par JLH - 30/11/2016 - 17:29 - Signaler un abus avant 1974, loi Veil,

    L'IVG est une très vielle pratique, edac44 devrait savoir que les femmes en mouraient dans les mains des "faiseuses d'anges". Même si je suis contre l'IVG, la loi de 1974 doit être appliquée. Mais toute la loi, parce qu'il y a d'autres moyens que l'IVG, qui reste et restera toujours tout bêtement faire mourir "un être conçu" (homo conceptus) donc dès la conception un être juridiquement habilité à hériter depuis le droit romain. Il y a des moyens de lutter contre l'IVG, d'une part en prévenant la conception, la France est semble-t-il très en retard sur ce point, d'autre part en accueillant les femmes qui préfèrent garder l'enfant, et sur ce point la réponse est nulle. Même si toutes les femmes, loin de là et par défaut de conscience souvent, ne sont pas traumatisées par l'avortement, beaucoup le sont et il me semble que laisser naître un enfant n'est pas un crime. edac44 a la chance d'être en vie pour pouvoir dire des bêtises, même des énormités. Enfin, nous sommes dans un pays libre et çà reste heureux. La loi Veil n'est pas appliquée entièrement, elle prévoit l'accueil des femmes et des enfants en détresse.

  • Par Septentrionale - 30/11/2016 - 17:33 - Signaler un abus L'IVG ne sera jamais une option plaisir

    L' IVG devra être une option à préserver absolument. C'est à chaque femme d'en décider en toute liberté de réflexion quand surgit la prise de décision. Il faut appuyer une large, une excellente et insistante information, tous azimuts, concernant la contraception. Par ces temps destructeurs de repères qui courent il n'est pas inutile de rappeler qu'il faut un homme-mâle et une femme-femelle pour faire un enfant et les en responsabiliser. Un enfant n'est pas un produit.

  • Par VV1792 - 30/11/2016 - 21:59 - Signaler un abus Grave le projet de loi, grave

    Grave le projet de loi, grave le debat... Certaines femmes l' ayant pratique sont marquees a vie et en souffrent irremediablement, et de facon solitaires. Pourquoi?? Parce que la pression socialo-bobo est telle, enorme, que la grossesse meme devient une maladie, l' enfant a naitre un magma de cellules.. Et maintenant, on veut punir les voix qui s' elevent pour proteger les femmes de cette pression etatique et socialiste? Bienvenue dans le monde socialo communiste: qui ne comprend pas et ne fait pas ce qui socialistiquement juste, doit etre puni. Avec de tels raisonnements, le communisme a envoye 100 millions de personnes au trepas pour des raisons du meme acabit, la mecanique mentale est la meme: le bien est intrinseque au socialisme donc qui n' y adhere pas, represente le mal ( dans notre cas c' est un criminel).. Insupportable...

  • Par Outre-Vosges - 04/12/2016 - 20:15 - Signaler un abus Protestants et catholiques

    Il faut avouer que le catholicisme a toujours eu sur la question une position ahurissante, condamnant non seulement l’avortement mais aussi la contraception. (Saint) Alphonse de Liguori, docteur de L’Église s’il vous plait, voyait dans cette dernière un crime « qu’il faut ranger, ce semble, immédiatement après l’homicide ». Je sais au contraire qu’une femme de pasteur entre les deux guerres condamnait comme il se doit l’avortement mais donnait des conseils de contraception aux paroissiennes de son mari. Pour ma part, ayant appris qu’une nièce avait une grossesse difficile et envisageait l’avortement, j’ai tout de suite proposé d’être le parrain et, par la suite, j’ai énormément gâté ma filleule. Aujourd’hui sa mène ne regrette absolument pas de l’avoir gardée, mais j’avoue que je n’aurais pas été si généreux dans le cas où l’enfant se serait appelé Mohammed ou Aïcha

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Caroline Roux

Caroline Roux est déléguée générale adjointe et coordinatrice des services d'écoute d'Alliance VITA.

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