Atlantico, c'est qui? c'est quoi ?
Dimanche 30 Avril 2017 | Créer un compte | Connexion
Extra

Délinquance et criminalité : les nouveaux visages de ceux qui passent à l’acte

L'Observatoire nationale de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a établi au travers d'un rapport le portrait-type du meurtrier et de sa victime en région parisienne. Description des tueurs d'aujourd'hui.

Zoumba chez les mabouls

Publié le
Délinquance et criminalité : les nouveaux visages de ceux qui passent à l’acte

L'Observatoire nationale de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a établi au travers d'un rapport le portrait-type du meurtrier et de sa victime en région parisienne.  Crédit Pixabay

L'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a dévoilé, mercredi 12 novembre, une étude sur le portrait-type du meurtrier et de sa victime à Paris et proche banlieue. Le rapport sur les "homicides commis à Paris et en petite couronne (Val-de-MarneSeine-Saint-DenisHauts-de-Seine)" entre 2007 et 2013 a pu être réalisé en compilant les données recensées par la Police judiciaire de Paris sur les agressions, coups et blessures, meurtres, assassinats, etc. ayant entraîné la mort de la victime.

Ce sont 602 cas qui ont été étudiés, représentatifs de la criminalité "la plus aigüe" dans la capitale et à proximité.

Un éventail statistique qui a aussi permis d'établir le profil du criminel et voir aussi l'évolution de la criminalité à Paris. La tendance dans la capitale et à proximité est à la baisse comme partout en France. Entre record de meurtres enregistrés par le quai des Orfèvres en 2010 (103) et le plus bas taux en 2013 (73), la moyenne se situe autour des 86 annuellement. Dans la plupart des cas, un suspect au moins a été interpellé ou identifié, ce qui permet de dresser le profil des agresseurs.

Atlantico : Selon le rapport de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, il existe plusieurs types de crimes dont les plus importants sont  des homicides qui  résultent d'une "altercation préalable" (34%),  des homicides conjugaux ou familiaux (28%). Enfin, 19 % des meurtres ou assassinats sont liés à une activité criminelle (ex: trafic de drogue). Constate-t-on dans le temps, sur ces cinquante dernières années, une augmentation de ces crimes ? Pour quelles raisons ?

Jean-Paul Megret : Nous sommes sur une tendance globale à la baisse du nombre d'homicides. Faut-il l'expliquer par une baisse de la violence physique au sein de la société française? Pas sûr. Par une meilleure répression pénale des homicides au moment où bon nombre d'autres crimes ou délits sont peu pénalisés ? Peut être, car le crime de sang est aujourd'hui le plus sûr moyen de se voir condamner à de longues années d'emprisonnement. Enfin, les progrès de la médecine d'urgence évitent peut-être à certaines victimes de décéder malgré la volonté meurtrière de l'auteur des faits. Il faudrait alors regarder si le nombre de tentatives d'homicide a lui aussi chuté et si le nombre de violences volontaires a chuté car bon nombre des tentatives d'homicides sont aujourd'hui, après coup, requalifiées pénalement en violences volontaires pour faire l'objet d'un traitement par les tribunaux correctionnels plutôt que par la lourdeur de la cour d'assises.

Je distinguerais les crimes commis par des proches ou des familiers (ascendants, descendants, amants, conjoints, ou simple membre de la famille) et ceux commis dans une intention crapuleuse, soit dans une optique de règlement de compte (conflit de territoire, concurrence entre trafiquants) soit presque par "accident" à l'occasion d'un acte crapuleux (le vol à main armée qui tourne mal, le cambrioleur surpris par le propriétaire des lieux...). Effectivement pour ces deux dernières catégories, l'apparition d'une voyoucratie issue des cités, peut-être plus adepte de la violence définitive car baignée de série TV US ou de jeux vidéo, conduit à une facilitation et une banalisation du passage à l'acte meurtrier.

 
Pour commenter :

Depuis son lancement Atlantico avait fait le choix de laisser ouvert à tous la possibilité de commenter ses articles avec un système de modération a posteriori. Sous couvert d'anonymat, une minorité d'internautes a trop souvent détourné l’esprit constructif et respectueux de cet espace d’échanges. Suite aux nombreuses remarques de nos lecteurs, nous avons décidé de réserver les commentaires à notre communauté d’abonnés.

Jean-Paul Mégret

Jean-Paul Megret est secrétaire national du Syndicat indépendant des commissaires de police (SICP).

Voir la bio en entier

Je m'abonne
à partir de 4,90€