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Connaissez-vous Françoise Seligmann ?

Elle est morte mercredi à 95 ans. Le même âge et le même jour qu'un vieux monsieur dont on parle beaucoup.

Deux deuils, deux mesures

Publié le
Connaissez-vous Françoise Seligmann ?

Les fleurs et les couronnes ne sont venues que 48h après son décès. Jean-Marc Ayrault a salué hier sa mémoire suivi de Bertrand Delanoë. La veille, eux, la gauche, la France qui pense comme Libération lui dit était bien trop occupée à panthéoniser Stéphane Hessel.

Françoise Seligmann n'avait pas grand-chose pour elle. Elle n'était pas l'auteur d'un opuscule devenu un succès planétaire tiré à 4 millions d'exemplaires. Elle ne se rendait pas en pèlerinage permanent à Gaza. Elle n'était pas non plus une icône de référence des altermondialistes en guerre contre le grand capital.

Françoise Seligmann n'était que ce qu'elle était.

Juste une femme admirable. Très jeune elle s'était engagée dans la Résistance. A ses risques et périls comme on a coutume de dire. Une formule un peu vide de sens pour une Juive qui, en ces années-là, était de toute façon une morte en sursis. Tout comme l'étaient les petits Juifs qu'elle convoya clandestinement vers la Suisse où les enfants fuyaient non pas pour se goinfrer deToblerone mais pour échapper aux chambres à gaz. Elle fut après la guerre une des plus proches collaboratrices de Camus. Puis de Pierre Mendès France. Puis, ce dernier ayant échoué, elle rallia Mitterrand et devint sénatrice PS.

Une fondation antiraciste porte son nom et distribue des bourses aux enfants des cités. Ceux du 93, ceux des quartiers nord de Marseille, ceux d'Amiens… Ça fait moins parler que Gaza. De toute façon, Françoise Seligmann ne savait rien faire qui puisse donner de la matière aux trompettes de la renommée. De surcroît –manque de goût, manque de chance ?- elle s'est arrangée pour mourir le même jour que Stéphane  Hessel.

Françoise Seligmann a vécu sous l'occupation nazie. Elle a vu les affiches avec les noms des résistants fusillés. Elle a vu l'étoile jaune cousue sur les vêtements. Elle a vu les rafles de Juifs envoyés à Auschwitz. Et, plus récemment, elle du lire un entretien accordé par le vieux monsieur à un journal allemand. Et, elle qui avait tout vu et tout su, a ainsi appris que l'occupation nazie était relativement anodine comparée à"l'occupation israélienne en Cisjordanie". Et que tout n'était pas si noir à cette époque puisqu'on "jouait les pièces de Sartre et de Camus". Je m'autorise à penser qu'alors Françoise Seligmann a vomi.

 
Commentaires

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  • Par laurentso - 28/02/2013 - 17:59 - Signaler un abus Une grande dame, assurément

    qui aurait sans doute détesté la récupération politicienne à deux balles dont vous vous rendez coupable ici. La nouvelle de sa mort n'a été rendue publique qu'hier soir. Vous auriez pu citer Henri Caillavet, aussi...

  • Par Yadusoleil - 28/02/2013 - 18:46 - Signaler un abus Belle mise en perspective

    Merci pour cette information. Je pense, au contraire de Laurentso, que Madame Seligmann aurait apprécié votre papier. Juste pour le fait de remettre les choses en perspective. Oui, je suis de ceux qui vomissent l'ignoble. Je m'indigne que l'ignoble soit versé au rang de héros et que la gauche soit déjà prête à porter la haine au Panthéon. Non seulement la gauche se trahit, mais elle tombe en plus des masques qu'on croyait réservés aux forces brunes. Madame Seligmann a soufflé sur les fleurs du partage et de l'amitié afin que leurs graines sèment de partout. L'ignoble a soufflé sur les braises de la haine afin de propager sa rancœur qu'un psy aurait du soulager. Quelle honte pour la gauche d'oublier celle qui lui a donnée une Âme et de vouloir canoniser l'ignominie.

  • Par géodith - 28/02/2013 - 18:56 - Signaler un abus Merci Monsieur Rayski

    d'avoir mis à la lumière cette femme dont je ne connaissais ni l'existence, ni l'oeuvre. Condoléances à sa famille. Ce sont les "petites gens" qui font silencieusement de grandes choses...

  • Par VeLiVoS - 28/02/2013 - 20:46 - Signaler un abus En même temps Monsieur Rayski

    on peut penser que les origines juives et le parti politique qui l'a soutenu (PS) ont permis à Stéphane Hessel de dire bien des choses que d'autres, sans les caractéristiques définies ci-dessus, n'auraient même pas pas le droit de seulement penser ‼ Bonne soirée.

  • Par Vertigo - 28/02/2013 - 21:41 - Signaler un abus Par laurentso - 28/02/2013 - 17:59

    "Une grande dame, assurément qui aurait sans doute détesté la récupération politicienne à deux balles dont vous vous rendez coupable ici" ----------------------------------------------------------- Ce n'est pas comme-ci le gouvernement faisait la même chose avec Stéphane Hessel à un niveau bien plus important et d'autant plus odieux, n'est-ce pas Laurentso?

  • Par l'enclume - 28/02/2013 - 22:19 - Signaler un abus Françoise Séligman - Irena Sendler, récemment décédée à 98 ans

    1) Elle demanda pendant la 2ème guerre mondiale à aller travailler dans le Ghetto de Varsovie, comme plombier, serrurier. Elle avait une motivation bien particulière. Elle connaissait les plans d'extermination des nazis envers les juifs, elle était allemande. Irena a caché des enfants dans le fond de sa boite à outils qu'elle transportait à l'arrière de son véhicule ainsi qu'un grand sac (pour les enfants plus grands) Elle avait aussi un chien à l'arrière qu'elle a entrainé à aboyer quand les soldats allemands la contrôlaient à l'entrée et à la sortie du ghetto. Les soldats ne pouvaient rien contre le chien qui couvrit en fait le bruit que pouvait faire les enfants. Elle sauva 2500 enfants en les cachant ainsi.

  • Par l'enclume - 28/02/2013 - 22:21 - Signaler un abus Irena Sendler suite

    2) Elle fut arrêtée et les nazis lui brisèrent les jambes, les bras et la torturèrent très sévèrement. Irena garda tous les noms des enfants qu'elle avait fait partir du Ghetto et garda ces noms dans une jarre en verre enterrée derrière un arbre au fond de son jardin derrière sa maison. Après la guerre, elle essaya de localiser tous les parents qui avaient pu survivre et tenta de réunir les familles; mais la plupart avaient été gazés. Les enfants qui avaient été sauvés ont été placés dans des familles d'accueil ou ont été adoptés. L'année dernière elle a été proposée pour le prix Nobel de la Paix, mais n'a pas été retenue, c'est Al Gore qui fut primé pour son film sur le réchauffement de la planète.

  • Par LePetitPonDeBois - 28/02/2013 - 23:08 - Signaler un abus Connaissez-vous Françoise Seligmann ?

    Connaissez-vous Françoise Seligmann ? Non, par contre on connait Elie Wiesel...

  • Par Lennart - 01/03/2013 - 08:04 - Signaler un abus C'est justement

    le travail des journalistes de parler de tout et d'éviter le tri sélectif dans l'info, mais c'est peut être plus "facile" de parler pendant des jours jusqu’à plus soif du mariage pour tous ou quelconque connerie dont les politiques et journalistes voudraient faire croire que c'est une des préoccupations majeures des Français.

  • Par Septentrionale - 01/03/2013 - 09:01 - Signaler un abus Face aux hommages en délire d'une pensée dégoulinante

    Ce témoignage juste, révérant et sobre est sali à 17:59 le 28/02/2013 par un pauvre rejeton égaré et corrompu par la pensée uniK.

  • Par Antiquark - 03/03/2013 - 15:26 - Signaler un abus Révoltant

    Ce papier est minable, dans la lignée du communiqué du CRIF. Cracher sur un homme qui vient de mourir pour le seul motif qu'il n'était pas du bon côté dans ce conflit qui pourrit le monde depuis plus de 50 ans. Utiliser la mort d'une autre victime et une interview tronquée et mal traduite pour appuyer votre opinion finit par me donner la nausée. On peut rester critique face aux positions et aux idées développées par Stephane Hessel, mais ce genre de torchon montre bien de quel côté est la "haine".

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Benoît Rayski

Benoit Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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