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Oui à la concurrence, mais
seulement si le consommateur
peut passer d'une marque
à l'autre sans contrainte

Quelles sont les conditions nécessaires à la pratique de la concurrence entre entreprises ? 5ème épisode de notre série consacrée à la relance du pouvoir d'achat.

Comment doper le pouvoir d'achat

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A lire aussi :

Épisode 1 : Pour relancer le pouvoir d'achat des Français, il faut encourager la concurrence
Épisode 2 : Relancer le pouvoir d’achat : Ne bloquons pas l'entrée d'un marché à de nouveaux acteurs !
Épisode 3 : Relancer le pouvoir d’achat : et si l’on autorisait la revente à perte pour l’essence ?
Épisode 4 : "Class Action" : donnons enfin le pouvoir aux consommateurs de lutter contre les cartels !

Nous avons  défendu l’idée selon laquelle la concurrence constituait un levier puissant, rapide et qui ne coûte rien aux finances publiques pour accroître le pouvoir d’achat des ménages.

Mais pour que la concurrence puisse jouer, encore faut-il que les consommateurs soient en mesure de changer facilement de fournisseur. Or, il existe des obstacles à la mobilité des consommateurs, qui ne sont pas toujours justifiés économiquement.

Première condition de la mobilité : la comparaison des prix et des produits. Avant de changer d’offre, il est nécessaire de bénéficier d’une information accessible et transparente sur les différents produits et services, que ce soit en termes de prix ou de caractéristiques. A cet égard, l’essor d’Internet et des comparateurs en ligne ont permis de réduire drastiquement les coûts de recherche d’information (« search costs »). Plusieurs études empiriques confirment ainsi qu’Internet constitue un vecteur de baisse des prix, en facilitant la mise en concurrence des offreurs, notamment via les sites de comparateurs. Faut-il aller plus loin et mettre en place des comparateurs publics de prix, comme cela existe déjà en France pour les carburants et en Europe pour les voitures neuves ? Un comparateur public de prix aurait le mérite d’être « neutre », ce qui n’est pas toujours le cas des comparateurs privés, et de reposer sur une méthodologie de collecte des données transparente. Il est toutefois difficile de généraliser les comparateurs de prix à tous les secteurs, compte tenu de la forte hétérogénéité des produits à l’intérieur d’un même marché

Seconde condition : une standardisation minimale dans la présentation des offres. Il ne suffit pas de rendre l’information accessible sur les produits pour que le consommateur puisse les comparer et choisir celui qui est le plus adapté à ses besoins : encore faut-il que les offres soient comparables. Or, dans des secteurs tels que la banque de détail, la différenciation des produits et services entre opérateurs rend difficile cet exercice. Bien entendu, il ne s’agit pas d’empêcher chaque banque de proposer sa propre gamme de produits et services ; mais les pouvoirs publics pourraient leur demander d’avoir une présentation standardisée d’une « offre minimale », comprenant par exemple les dix services bancaires les plus utilisés.

Troisième condition : faciliter la sortie des contrats. La connaissance des différentes options possibles ne garantit pas que le consommateur puisse changer rapidement et facilement d’offreur. Il peut exister des clauses de sortie : la  fidélité à un offreur n’est pas toujours le signe d’une satisfaction du client mais peut également exprimer une forme de captivité ! A cet égard, l’épisode de la hausse de la TVA dans la téléphonie mobile au début de l’année 2011 a été révélatrice : les trois opérateurs ont dû faire marche arrière et ont renoncé à répercuter la hausse de la TVA dans le prix de leurs forfaits, face à l’afflux de clients qui voulaient faire jouer  leur droit de résiliation sans pénalité.

 
Commentaires

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  • Par Olivierguy - 06/04/2012 - 10:59 - Signaler un abus Internet et portables

    Il faut absolument supprimer ces pratiques d'engagement, il faut aussi supprimer ce principe de recharges perdues au bout de quelques jours si elles ne sont pas utilisées. C'est un produit qu'on achète, n'oublions pas que la société de télécom peut faire travailler cet argent .

  • Par ropib - 06/04/2012 - 12:02 - Signaler un abus Un certain nb de choses à revoir

    Il fut pouvoir récupérer ses données et les réutiliser, il faut garantir aussi la compatibilité avec les autres fournisseurs et éviter les ventes dites "liées". Il faudra revoir aussi tout le système des brevets et de la propriété intellectuelle, les monopoles d'exploitation en général, et avoir un œil sur les rachats des petites entreprises innovantes par les grandes ayant pour seul objectif assez souvent à l'empêchement de l'émergence des innovations. La "concurrence non faussée" est le programme à suivre, mais il faut constater de toute urgence que la concurrence c'est avant tout les entreprises qui la faussent. De manière générale nous nous retrouvons aujourd'hui dans une situation ou les grandes entreprises sont en concurrence d'abord envers leurs clients et parfois même envers toute la société plutôt qu'entre elles-mêmes. C'est assez insoutenable en fait, et si en plus elles arrivent à faire un lobbying efficace auprès des pouvoirs publics pour faire voter des lois hyper contraignantes sous l'étiquette "libérale" on peut anticiper une large désapprobation, pour ne pas dire plus, des consommateurs dans un premier temps, des citoyens dans un second.

  • Par Jean-Francois Morf - 06/04/2012 - 20:43 - Signaler un abus Allemand: geiz ist geil. Français: parce que je le vaut bien.

    Conséquence: En Allemagne, pour vendre, il faut être le moins cher (Aldi). Mais en France, pour vendre, il faut être le plus cher de tous, car: "seul le meilleur est assez bon pour moi, parce que je le vaut bien" Conséquence: en France, les prix montent, car quand un article ne se vend plus, c'est qu'il n'est plus le plus cher de tous! Donc, le gérant monte le prix, et vend à nouveau plus aux français!

  • Par NYOR - 07/04/2012 - 04:11 - Signaler un abus Jean francois

    Je ne savais pas que Bmw, porshe, Mercedes, Siemens, Miele pour ne citer que, étaient des marques à pas cher... Et franchement, il y a six mois, quand j'étais en France, je n'avais pas l'impression que les français pouvaient se permettre d'acheter du cher... Ca se ruait plutôt chez Leclerc et Lidl.. Quand à l'article... A hurler de rire, pour un prof affilié à l'Escp EUROPE. Ben oui, faut interdire le marketing... Cette bonne blague.

  • Par brennec - 08/04/2012 - 11:52 - Signaler un abus règlementation

    "seulement si le consommateur peut passer d'une marque à l'autre sans contrainte'. Est-ce que ce n'est pas la définition même de la concurrence? Cette formulation maladroite laisse imaginer que la concurrence pourrait freiner le consommateur, alors que ce que note l'auteur ne concerne que des interventions étatiques et regulations.

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Emmanuel Combe

Emmanuel Combe est vice-président de l'Autorité de la concurrence et professeur affilié à ESCP-Europe. Il est également professeur des universités.

Spécialiste des questions de concurrence et de stratégie d’entreprise, il a publié de nombreux articles et ouvrages, notamment sur le modèle low cost (Le low cost, éditions La Découverte 2011). Il tient à jour un site Internet sur la concurrence.

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