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Comment Nicolas Sarkozy et Alain Juppé se sont mis d'accord sur le calendrier des investitures aux législatives

Hier soir, le Bureau Politique des Républicains a entériné un accord qui permettra à la commission d'investiture de désigner la plupart des candidats aux législatives de 2017 avant l'été, mais ils ne seront officiellement investis qu'après la primaire de novembre.

Cessez-le-feu

Publié le - Mis à jour le 1 Avril 2016
Comment Nicolas Sarkozy et Alain Juppé se sont mis d'accord sur le calendrier des investitures aux législatives

Ils ont tous été reçus un à un, il y a quinze jours, par Nicolas Sarkozy. Alain Juppé, Bruno Le Maire et François Fillon. Hier après-midi, enfin, quelques heures avant le Bureau politique, un accord a été trouvé sur le sujet qui occupait toutes les discussions des Républicains depuis des semaines. Accord voté à l'unanimité des présents : les candidats aux législatives seront, pour la majeure partie, désignés avant l'été. C'est ce que voulait Nicolas Sarkozy. Mais ils ne seront officiellement investis, et c'est ce que réclamait Alain Juppé, lors d'un Conseil National qui ne se tiendra qu'après la primaire.

Un partout, balle au centre. Un accord qui satisfait tout le monde, ou personne. Après, c'est une histoire de verre à moitié vide ou à moitié plein.

Une chose est certaine, le président des LR a obtenu ce qu'il souhaitait : désigner rapidement les candidats dans la plupart des circonscriptions, c'est-à-dire celles des sortants qui souhaitent se représenter et les circonscriptions dans lesquelles un candidat fait consensus. La commission d'investiture va commencer à se réunir très vite pour achever son travail avant l'été. De ces réunions devrait découler un troisième groupe, celui des circonscriptions qui posent problème et où le candidat ne sera désigné qu'en décembre prochain. Un groupe que Nicolas Sarkozy aimerait le plus restreint possible et qu'Alain Juppé aimerait élargir au maximum.

La victoire, pour Alain Juppé, consiste à avoir imposé l'idée que toutes ces candidatures, consensuelles ou pas, ne seraient officielles qu'en décembre, c'est-à-dire après la primaire. "Normal, souligne-t-on rue de Vaugirard, on ne va pas demander au CN de ne se prononcer que sur une partie des candidatures". Une étape qui pourrait, pourtant, rendre caduques toutes les autres.

"Le gagnant de la primaire fera ce qu'il veut des investitures", souligne-t-on chez Bruno Le Maire. Le candidat, qui était absent hier soir, a rencontré Nicolas Sarkozy mercredi 16 mars et lui a expliqué qu'il souhaitait que rien ne soit figé avant la primaire. "Reconduire les sortants pose déjà un problème car ce ne sont que des hommes, or il va bien falloir faire de la place aux femmes et on ne va pas leur réserver que des circonscriptions de gauche pour dire après : regardez, elles ne sont même pas foutues de gagner !", souligne un proche qui ajoute aussi qu’il y aura quelques cas litigieux comme celui de Patrick Balkany. "Il n'a pas tort, souligne une future candidate pas franchement lemairiste, ce qu’il dit c'est que nous devons pouvoir refuser des types qui se présenteraient pour la 227ème fois. Les gens en ont marre, ils veulent du renouveau".

Bref, un Conseil National en décembre permet au candidat désigné par la primaire de modifier les investitures in extremis. "De toute manière, aucun accord n'est possible car on ne sait même pas combien de places nous devons réserver à l'UDI et au Modem", souligne-t-on dans l'entourage du maire de Bordeaux.

Ce fut, d'ailleurs, l'un des poins abordés par Nicolas Sarkozy qui a informé le bureau politique que les négociations avec l'UDI étaient rompues car le parti centriste a décidé de présenter, dans l'Ain où se tiendra en mai une législative partielle, un candidat contre la candidate LR. "Tant que l'UDI n'aura pas retiré son candidat, on ne négociera rien", indiquait-on hier dans l'entourage de l’ancien chef de l’État qui a ajouté que l'UDI devrait se prononcer avant l'été sur sa participation à la primaire. Nicolas Sarkozy souhaite, en effet, que les candidats UDI aux législatives soient désignés avant la mi-juillet. La question du Modem n'a, elle, pas été abordée. Ce sera pourtant l'une des préoccupations majeures d’Alain Juppé, comme de Nicolas Sarkozy, qui savent que s'ils veulent éviter une candidature de François Bayrou, ils devront lui accorder un certain nombre de circonscriptions.

Les députés, eux, sont heureux car ils  vont pouvoir commencer leur campagne dès l'été. "Quand on est challenger c'est plutôt mieux", sourit une future candidate. "Les investir maintenant, ça permet aussi de rassurer les parlementaires, concède-t-on chez l'un des adversaires de Nicolas Sarkozy, ils ne se posent plus la question de savoir qui soutenir à la primaire, ils choisiront ainsi leur candidat sereinement".

Bref, hier soir, et c'est chose rare, tout le monde est ressorti heureux de la rue de Vaugirard. Tout le monde sauf Nathalie Kosciusko-Morizet qui espérait, elle, convaincre le Bureau politique sur un autre point, celui des parrainages indispensables à un candidat pour se présenter à la primaire. Elle aurait aimé que les députés de tous bords puissent apporter leur soutien, or les membres du Bureau en ont décidé autrement. Pour soutenir un candidat à la primaire, les élus devront adhérer aux valeurs de la droite et du centre. Une décision que la candidate a qualifié de "tripatouillage".

 
Commentaires

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  • Par zouk - 31/03/2016 - 08:48 - Signaler un abus Accord Sarkozy-Juppé

    Et alors? Jusqu'où?Jusqu'à quand? Qu'il rentrent à leurs oubliettes respectives et arrêtent de disperser l'attention avec leurs querelles de cour de récréation (école maternelle)

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Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, elle suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien "France-Soir" puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, "Chronique d'une revanche annoncée" raconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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