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Commémorer mai 68 ? Pas vous et pas ça Monsieur Macron !

Le Président de la République se livre à un détournement de cadavre. Ce n'est pas puni, hélas, par la loi.

Il marche à reculons

Publié le
Commémorer mai 68 ? Pas vous et pas ça Monsieur Macron !

Henri Guaino est un esprit fin doté d'une grande culture. Il a livré dans Atlantico un réquisitoire implacable, et en grande partie fondé, contre l'esprit de mai 68. Il y voit la matrice du nihilisme, de la permissivité, de l'individualisme, qui, selon lui, seraient au pouvoir aujourd'hui.

Henri Guaino estime que les "enfants gâtés de 68" sont les macroniens de notre temps et que Macron est leur héraut et porte-voix. Et là il se trompe. Macron en célébrant les barricades de 68 veut simplement, avec le concours du mal vieillissant Cohn-Bendit, mettre un peu de rouge sur les indices du CAC 40 qu'il contemple amoureusement.

Par choix, volontaire et réfléchi, l'ancien conseiller de Sarkozy retient, pour les tourner en dérision, deux slogans de 68 : "CRS = SS" et "jouir sans entraves". Le premier est imbécile. Le deuxième relève de la cour de récréation. Mais il en oublie un autre : "l'humanité sera heureuse quand avec les tripes du dernier bureaucrate stalinien, nous pendrons le dernier capitaliste russe". 

Guaino ne peut pas ignorer quand même que 68 fut AUSSI une révolte anti-communiste. Des dizaines de milliers d'étudiants défilèrent contre Marchais en criant : "nous sommes tous des Juifs-Allemands". Ce fut aussi une révolte antisoviétique, l'URSS étant, et c'était bien vu, assimilée au capitalisme d'Etat. En cela, mai 68, contrairement à ce que dit Guaino, ne peut pas être dissocié de Prague août 68. Même si, et c'est évident, il y a avait un peu plus de mérite à se dresser contre les chars de Brejnev que contre les grenades lacrymogènes de De Gaulle.

Que les soixante-huitards soient allés chercher leur corpus idéologique chez Trotski et Mao n'est pas autre chose qu'un bégaiement pathétique de l'Histoire. C'est affligeant en effet que d'avoir pu penser aux lendemains qui chantent avec ces deux personnages dont l'un fut un fanatique révolutionnaire et l'autre un monstre. Mais on ne doit pas occulter que derrière cette façade il y eut un souffle. Pas celui de l'individualisme forcené, contrairement à ce que dit Guaino. Celui du bonheur pour tous. Mais chacun sait que l'enfer est pavé des meilleures intentions…

Quant à Macron, il est dans sa posture un imposteur. Violer une sépulture pour s'approprier un cadavre, ce n'est pas très beau. Célébrer l'argent-roi, "ceux qui réussissent", et en même temps commémorer une révolte anticapitaliste, c'est faire preuve d'un cynisme au-delà de toute mesure. Mais il est vrai que le chef de l'Etat est un spécialiste du "en même temps". Plutôt qu'à 68, Macron ferait mieux de s'intéresser à "69, année érotique", si bien chantée par Gainsbourg. Cette année-là est toujours vivante. 

 

 

 
Commentaires

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  • Par pale rider - 23/10/2017 - 08:25 - Signaler un abus " Pas celui de l'individualisme forcené etc"

    Désolé mais sur ce coup je suis plus proche de la posture de Guaino : pour la grande majorité des participants à ce mouvement, l'idéologie était l'excuse pratique brandie pour parer de couleurs chatoyantes la réalité des motivations : jouir sans entraves . Et pour ceux qui étaient de plus ou moins authentiques idéalistes, on les voit maintenant installés confortablement comme les bourges qu' ils conspuaient . Triste mouvement, pathétique mouvement surtout comparé aux tchèques ...

  • Par assougoudrel - 23/10/2017 - 10:21 - Signaler un abus J'en veux à mai 68

    Avant cette date, je travaillais bien à l'école car, si on faisait ne serait-ce que semblant de faire le con, la baffe partait. Puis, tout a été diamétralement opposé et j'ai moins bien travaillé, car je n'avais plus mes coups de pieds au cul 3 fois par jour avant les repas. Conclusion: à 18 ans j'avais l'arme sur l'épaule. Quand à macron et le 69, ça ne dois pas l’intéresser, car la vue n'est pas la même que celle d'en haut. Le ravalement de façade est plus compliqué de ce coté là.

  • Par Deudeuche - 23/10/2017 - 10:23 - Signaler un abus Fric et individualiste

    Les manifestants bourgeois n’ont pas grandi juste grossi. Ils se sont affranchis des contraintes morales de leurs parents mais pas du fric, d’ou Le triomphe des rentiers et du soixante huitards gros porc décadent!

  • Par Lapalatine - 23/10/2017 - 10:43 - Signaler un abus Mai 68!!!

    Le début de la fin. Je me plais à dire qu'après la guerre et l'état désastreux dans lequel se trouvait la France, 2 générations se sont attelées à la relever: celle de nos parents et la mienne (née en 1939). Nos 50 heures par semaines, nos pauvres salaires ont contribué à enrichir le pays. Les" soixantehuitards" on foutu le "bordel" qui dure depuis! Alors célébrer çà? AH!NON!!!!

  • Par Lapalatine - 23/10/2017 - 10:44 - Signaler un abus Mai 68

    50 heures par semaine (sans S)

  • Par moneo - 23/10/2017 - 11:14 - Signaler un abus mais 68

    mais c'est juste une mauvais plaisanterie estudiantine à tendance anarchiste qui a basculé quand les cocos ont compris que le pouvoir se dégonflait devant la rue ... ce n'est que lorsque de Gaulle remis en selle par Massu que l'ordre fut rétabli...mais à quel prix pour notre économie... les congé payés de 36 sont iconiques;n'empêche qu'ils ont eu un sacré rôle face à une Allemagne fanatisée qui ,elle ,mettait les bouchées doubles Mai 68 est devenu l'iconique expression" accords de Grenelle"... Une défaite invraisemblable, politique et économique est devenue symbole du nec plus ultra en matière de progrés social ou de développement écolo.... magnifique exemple de la novlangue Orwellienne..... vraiment Orwell était un génie

  • Par cloette - 23/10/2017 - 11:29 - Signaler un abus Et en 1914 donc

    C'est toute une génération de femmes qui a relevé le pays dans les familles amputées de leurs jeunes gens .C'est comme cela qu'un pays continue à exister, bien davantage qu'avec des révolutions d'opérettes qu'il est inutile de commemorer

  • Par moneo - 23/10/2017 - 12:58 - Signaler un abus @Cloette

    comme vous avez raison ma mère était trés intelligente mais petite paysanne illettrée ,forcément en14 tous les hommes sont partis à la h guerre ,alors , sa mère a dit bon l'école c'est fini ( elle avait 7ans) allez tous aux champs faudra bien manger.. ainsi donc elle avait de de l'orthographe une notion phonétique , elle savait additionner et soustraire mais une multiplication ni une division..???..remarquez aujourd'hui des gens plus âgés ne savent qu'appuyer que sur les touches d'une machine-:)

  • Par Borgowrio - 23/10/2017 - 13:39 - Signaler un abus Ancien combattants maoïstes , jouisseurs , pitoyables

    Une phrase de Coluche résume assez bien la situation d'alors .. " En mai 68 , les seuls fils d'ouvriers qui étaient dans la rue , c'était les CRS " ... Caprice d'enfants gâtés qu'on a pris au sérieux .Le P.C. et son officine la CGT en ont profité pour déclencher une grève générale . Après les pénuries , des avantages lâchés par Pompidou ( rattrapés par une inflation de 10% et plus ) Toute cette chienlit désapprouvée par le peuple , qui après une manifestation monstre ,a voté massivement à droite

  • Par edac44 - 23/10/2017 - 15:03 - Signaler un abus La génération mai 68 vous dit toujours et encore merde !...

    Ils s'embrassent au mois de Janvier, Car une nouvelle année commence, Mais depuis des éternités L'a pas tellement changé la France. Passent les jours et les semaines, Y'a que le décor qui évolue, La mentalité est la même Tous des tocards, tous des faux culs. Ils sont pas lourds, en février, À se souvenir de Charonne, Des matraqueurs assermentés Qui fignolèrent leur besogne, La France est un pays de flics, À tous les coins du rue y'en a cent, Pour faire régner l'ordre public Ils assassinent impunément. Quand on exécute au mois de mars, De l'autre côté des Pyrénées, Un anarchiste du Pays basque, Pour lui apprendre à se révolter, Ils crient, ils pleurent et ils s'indignent De cette immonde mise à mort, Mais ils oublient que la guillotine Chez nous aussi fonctionne encore. Être né sous le signe de l'hexagone, C'est pas ce qu'on fait de mieux en ce moment, Et le roi des cons, sur son trône, Je parierai pas qu'il est allemand. On leur a dit, au mois d'avril, À la télé, dans les journaux, De pas se découvrir d'un fil, Que le printemps c'était pour bientôt, Les vieux principes du seizième siècle,

  • Par edac44 - 23/10/2017 - 15:04 - Signaler un abus La génération mai 68 suite

    Y me font pitié ces imbéciles. Ils se souviennent, au mois de mai, D'un sang qui coula rouge et noir, D'une révolution manquée Qui faillit renverser l'Histoire, Je me souviens surtout de ces moutons, Effrayés par la Liberté, S'en allant voter par millions Pour l'ordre et la sécurité. Ils commémorent au mois de juin Un débarquement de Normandie, Ils pensent au brave soldat ricain Qu'est venu se faire tuer loin de chez lui, Ils oublient qu'à l'abri des bombes, Les Français criaient "Vive Pétain", Qu'ils étaient bien planqués à Londres, Que y'avait pas beaucoup de Jean Moulin. Être né sous le signe de l'hexagone, C'est pas la gloire, en vérité, Et le roi des cons, sur son trône, Me dites pas qu'il est portugais. Ils font la fête au mois de juillet, En souvenir d'une révolution, Qui n'a jamais éliminé La misère et l'exploitation, Ils s'abreuvent de bals populaires, Du feux d'artifice et de flonflons, Ils pensent oublier dans la bière Qu'ils sont gouvernés comme des pions. Au mois d'août c'est la liberté, Après une longue année d'usine, Ils crient "Vive les congés payés", Ils oublient un peu la machine, En Espagne, en Grèce ou en France,

  • Par edac44 - 23/10/2017 - 15:06 - Signaler un abus La génération mai 68 suite

    Ils vont polluer toutes les plages, Et par leur unique présence, Abîmer tous les paysages. Lorsqu'en septembre on assassine, Un peuple et une liberté, Au cœur de l'Amérique latine, Ils sont pas nombreux à gueuler, Un ambassadeur se ramène, Bras ouverts il est accueilli, Le fascisme c'est la gangrène À Santiago comme à Paris. Être né sous le signe de l'hexagone, C'est vraiment pas une sinécure, Et le roi des cons, sur son trône, Il est français, ça j'en suis sûr. Finies les vendanges en octobre, Le raisin fermente en tonneaux, Ils sont très fiers de leurs vignobles, Leurs "Côtes-du-Rhône" et leurs "Bordeaux", Ils exportent le sang de la terre Un peu partout à l'étranger, Leur pinard et leur camembert C'est leur seule gloire à ces tarés. En Novembre, au salon de l'auto, Ils vont admirer par milliers Le dernier modèle de chez Peugeot, Qu'ils pourront jamais se payer, La bagnole, la télé, la tiercé, C'est l'opium du peuple de France, Lui supprimer c'est le tuer, C'est une drogue à accoutumance. En décembre c'est l'apothéose, La grande bouffe et les petits cadeaux, Ils sont toujours aussi moroses, Mais y'a de la joie dans les ghettos,

  • Par assougoudrel - 23/10/2017 - 15:07 - Signaler un abus @ cloette

    De tout temps, les femmes ont toujours répondu "présente". Dans les villages bretons (et du bord de mer), les hommes étant en mer pour un bout de temps, les femmes se réunissaient et construisaient les murs d'enceintes. Tous ces murs que l'on voit en se baladant, ce sont elles qui l'ont fait, car leurs maris partaient et quand ils revenaient, ils repartaient presque aussitôt. Elles n'avaient pas le temps de faire les chochottes, car elles avaient leurs tâches et celles de leur homme à effectuer.

  • Par edac44 - 23/10/2017 - 15:09 - Signaler un abus La génération mai 68 fin

    La Terre peut s'arrêter de tourner, Ils rateront pas leur réveillon Moi je voudrais tous les voir crever, Étouffés de dinde aux marrons. Être né sous le signe de l'hexagone, On peut pas dire que ça soit bandant Si le roi des cons perdait son trône, Y'aurait cinquante millions de prétendants. ========================================================= https://www.youtube.com/watch?v=2aRakmBRukQ

  • Par pierre de robion - 23/10/2017 - 16:04 - Signaler un abus @Edac

    Dommage qu'Antoine ne soit pas là!

  • Par tubixray - 23/10/2017 - 17:54 - Signaler un abus Renaud, laisse béton

    Il a fait partie de ma culture musicale et je reste attaché à ses chansons de l'époque ou il devenu père la première fois .... Ses convictions de gauche (tonton ne nous laisse pas tomber) étaient on ne plus plus avouées mais peu importe c'était mon terroir .... Quand Edac44 nous copie l'intégralité des paroles d'hexagone on est stupéfait de tant de haine et d’idéologie sectaire à l'encontre de le France de l'après guerre .... Pas étonnant qu'il soit encore retombé dans l’alcoolisme ... CQFD.

  • Par VV1792 - 23/10/2017 - 20:06 - Signaler un abus @tubixray

    La haine de la France et des Francais a été assénée par tous ces socialococogauchistes depuis les années 50. Leur magistère intellectuel et moral a tué pdt toutes ces années toute fierté nationale, détruisant, insultant et moquant nos raciness et nos traditions. 68 n' a qu 'été le dépassement cynique de cette attitude des fils de ces priviligiés de gauche qui ont voulu se donner des airs de revolutions à bon compte, il fallait se garder un futur.. Renaud en a fait partie en se rendant complice de cette destruction en règle de notre, et comme son pote Boris Vian le disait, j' irais aussi pisser sur sa tombe...Il ne reste qu' une alternative, comme disait M Bloch, le redressement moral et intellectual..

  • Par Anouman - 23/10/2017 - 20:43 - Signaler un abus Mai 68

    Je suis persuadé que Macron commémorera très bien mai 68, c'est le roi du symbole superflu.

  • Par ELIED - 23/10/2017 - 21:30 - Signaler un abus @Lapalatine, bravo,

    né en 37, en 68, j'ai quitté mon métier d'instituteur pour ne pas avoir à subir les parents dans ma classe, les voir venir me dire comment faire mon métier, entre autre. Je suis tout de même rester dans l'EN, mais comme gestionnaire de Lycées et Collèges et là j'ai vu ce qu'était devenu l'enseignement qui n'a fait que se dégrader jusqu'à maintenant. Bien sûr mai68 a foutu le bazar partout et la France ne s'en est jamais relevé car on traîne encore et toujours le résultat de ce grand chambardement, de ce grand espoir qui n'était qu'un énorme écran de fumée cachant la décadence qui a suivi et qu'on entretient.

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Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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