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Chute de l'action Apple et sombres perspectives chez Yahoo : est-il impossible de rester longtemps au sommet dans l'univers du numérique ?

Sans pour autant disparaître, les entreprises du numérique qui ne font pas les bons choix stratégiques sont en proie à d'importantes difficultés ou se font dépasser par leurs concurrents.

Aucun droit à l'erreur

Publié le 22 janvier 2013
 

 Crédit Reuters

Le numérique, un secteur récent et singulier

L’histoire du numérique peut se résumer en trois périodes comme suit :

L’histoire du numérique est avant tout celle des Etats-Unis puis de l’Asie et enfin de l’Europe.

Ce secteur est caractérisé par une course permanente à l’innovation, l’apparition de nouveaux entrants et des cycles de conception très courts. Et depuis la 2e ère par un coût marginal quasi-nul. La 3e ère est caractérisée par le modèle freemium où les nouveaux acteurs du numérique parient d’abord sur l’acquisition de la taille critique avant même d’être rentables. En outre, depuis l’apparition du micro-processeur en 1971, la loi de Moore, qui stipule que la puissance des micro-ordinateurs double tous les 18 mois, s’est vérifiée.

Sans pour autant disparaître, les entreprises qui ne font pas les bons choix stratégiques sont en proie à d’importantes difficultés ou se font dépasser par d’autres acteurs dans les domaines d’activités stratégiques considérés.

Des exemples d’erreurs et le poids des dirigeants fondateurs

Ainsi dans l’ère du matériel, IBM a cru que le logiciel serait toujours moins primordial, en matière de valeur ajoutée que le matériel, et a ouvert la porte à Microsoft avec le MS-DOS qui équipait ses PC. Microsoft a tardé à avoir une stratégie Internet et a ensuite rattrapé son retard au prix d’investissements importants (Explorer qui peine techniquement à égaler Firefox, Chrome ou Safari avec des pertes de parts de marché). Microsoft voit aujourd’hui sa suite Office concurrencée par Google Docs. Le finlandais Nokia qui était le leader du mobile s’est fait détrôner par Samsung qui a misé sur le smartphone. Yahoo, qui était le site le plus visité en 2004, s’est vu dépasser par Google et ce, malgré de nombreuses acquisitions (Kelkoo, Flickr, del.ico.us, etc.). Les virages techniques non pris par les réseaux sociaux leaders, Friendster puis MySpace, ont montré qu’il était très difficile de remonter la pente ensuite (même si la nouvelle version de MySpace présentée en 2012 est séduisante). Ceci peut a contrario entraîner une peur du nouvel entrant qui connaît une forte croissance et générer des comportements irrationnels (rachat d’Instagram par Facebook en 2012 pour 1 milliard de dollars).

Par ailleurs, dans les entreprises du numériques, jeunes, l’image est souvent portée par des dirigeants emblématiques. Leur absence peut causer des difficultés. Apple a souffert  du départ de l’entreprise de 1985 à 1997 de son cofondateur visionnaire Steve Jobs. Depuis son décès le 5 octobre 2011, le cours en Bourse a chuté (30% ces 4 derniers mois) et la progression des ventes de smartphones s’est ralentie avec parallèlement un plus grand dynamisme commercial du leader Samsung (28 % de part de marché des smartphones contre 20 % pour Apple en 2012 dans le monde). Signalons à ce propos que le numéro 1 mondial du numérique et de l’électronique n’est ni Apple ni HP, ni encore Microsoft mais le Sud-Coréen Samsung Electronics, filiale du Groupe Samsung. En France pour Free, la course à l’innovation – et à la provocation – serait fortement réduite si Xavier Niel n’était plus à la tête de son entreprise.

 
Commentaires

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  • Par sheldon - 22/01/2013 - 21:55 - Signaler un abus La logique des marchés : Apple paie son immobilisme !

    Rien de vraiment nouveau n'est sorti. iTunes est archi vieillissant, le système est hyperfermé, etc
    J'espère que ça les poussera à proposer des vrais nouveaux concepts !

  • Par Ravidelacreche - 22/01/2013 - 12:06 - Signaler un abus On enfoncerait pas une porte ouverte...?

    les entreprises du numérique qui ne font pas les bons choix stratégiques sont en proie à d'importantes difficultés ou se font dépasser par leurs concurrents.

David Fayon

David Fayon est directeur de projets SI au sein du groupe La Poste et membre de l'association Renaissance Numérique. Il est l'auteur de Web 2.0 et au-delà (Economica, 2è éd., 2010) et Facebook, Twitter et les autres... (avec Christine Balagué, Pearson, 2010), de Réseaux sociaux et entreprise : les bonnes pratiques (avec Christine Balagué Pearson, 2011) et de Développer sa présence sur Internet (avec Camille Alloing Dunod, 2012).

Il vient de publier Géopolitique d'Internet : Qui gouverne le monde ? aux éditions Economica.

Il anime enfin le site davidfayon.fr, sur l'actualité du Web et du numérique.

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