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Catalans, lombards ou tchèques, les canaris sonnent l’alerte de la crise de civilisation grandissante dans la mine européenne

Catalogne, Italie du Nord, Autriche, Allemagne... L'Europe est aujourd'hui traversée par un courant de tensions identitaires. Une vague potentiellement dévastatrice qui trouve en partie ses fondements dans l'effritement du sentiment de prospérité commune sur le vieux continent.

Fissurage général

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Catalans, lombards ou tchèques, les canaris sonnent l’alerte de la crise de civilisation grandissante dans la mine européenne

Atlantico : La progression des tensions identitaires en Europe que ce soit en Catalogne, en Italie du Nord, en Autriche, en République tchèque ou en Allemagne pour ne citer que les exemples les plus récents, semble remettre en cause les récits fondateurs sur lesquels s'est construite l'Europe depuis 1945. Ceux-ci étaient censés apaiser les tensions nationalistes et permettre la coexistence dans un contexte de reconstruction puis de construction d'un espace économique commun. Dans les régions les moins favorisées comme les plus favorisées, cette alliance ne fonctionne plus, la croissance n'est plus aussi importante que sous le règne des 30 glorieuses.

Pays riches comme pays pauvres ne croissent plus dans cette solidarité et tentent de plus en plus de se détacher des "poids morts". Peut-on en ce sens parler de crise de civilisation en Europe, autour de l'effritement du sentiment de prospérité commune ?

Christophe Bouillaud : Parler de crise de civilisation en Europe me parait toujours un propos très ambitieux. On en parle depuis au moins la fin de la Première guerre mondiale, soit près d’un siècle désormais. C’est sûr que la supériorité des pays européens sur le monde et le sentiment que le Commerce, la Science et la Morale marcheraient de concert depuis l’Europe pour faire avancer le genre humain sont mis en cause depuis cette époque. Un siècle après, il faut bien admettre que le XIXème siècle européen est fini.  En réalité, le moment présent est plutôt marqué par la disparité des trajectoires des pays européens. Il y a du point de vue économique d’un côté, des pays qui sont déjà sortis depuis longtemps de la crise économique commencée en 2007, comme l’Allemagne ou l’Autriche, et certains même qui n’y sont en fait jamais vraiment entrés, comme la Suède, et de l’autre côté, des pays qui peinent à sortir de la crise, comme l’Espagne, l’Italie ou la France, et des pays dont il est douteux qu’ils en sortent jamais, comme la Grèce.

Une Commissaire européenne a reconnu récemment l’évidence : la crise économique des dix dernières années a constitué un moment où les expériences des Européens se sont diversifiées, un long moment où il y a eu de la divergence et non de la convergence entre pays. Un Suédois n’a pas vécu les mêmes années qu’un Bulgare ou un Grec. Cela laisse bien sûr des traces dans la manière dont chacun envisage son propre sort : d’une part, chacun tend à avoir une vision nationale de la situation qui est la sienne, et d’autre part, chacun tend à ne pas vouloir perdre ce qu’il a et qu’il perçoit comme le résultat de ses seuls efforts. Comme l’Union européenne n’apparait pas comme la force trainante du renouveau économique des dernières années, cela favorise les partis qui vont vanter les réussites nationales ou appeler à des réussites nationales uniquement. Même un Emmanuel Macron qui s’est fait élire en défendant l’intégration européenne n’a pas omis de préciser en même temps un horizon de supériorité retrouvée pour la France en tant que telle (la fameuse ‘start-up nation’ de la campagne électorale de cette année). De fait, le discours d’une Europe qui serait forte en elle-même de sa stratégie économique ou de ses valeurs ne passe qu’auprès d’un groupe restreint d’électeurs dans chaque pays.

 
Commentaires

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  • Par vangog - 24/10/2017 - 09:49 - Signaler un abus Lorsque le choix nationaliste est fait en toute démocratie...

    il n’existe aucune « tension identitaire »!...Les seules tensions proviennnent de ceux qui ont toujours eu du mal avec la démocratie: fascistes rouges, socialistes, écolo-reacs et leurs relais médiatiques...ayez le courage d’examiner les tensions de l’UE, et vous verrez qu’elles proviennent toutes de l’extrême-gauche, qui exploite toutes les peurs et aspirations anti-démocratiques des plus naïfs et des plus faibles: minorités ethniques excitées à la guerre en Bosnie, corporatismes excités aux revendications syndicales violentes, clandestins étrangers encouragés à l’invasion, minorité catalane excitée à l’indépendance, puis à la guerre, fascistes rouges et ecolo-anarchistes exploitant les peurs primales et poussant à la désobéissance civile puis à la violence, collaboration avec le fascisme islamiste pour détruire l'identité occidentale...aucun nationaliste ne participe à cette haine d’eux-mêmes qu’ont les extrême-gauchistes, sous le regard bienveillant de la gauche archaïque rebaptisée macroniste..".

  • Par Ganesha - 24/10/2017 - 10:39 - Signaler un abus Thérésa May ?

    Quel gâchis ! Dès le premier paragraphe, décrédibiliser son article avec un gros excrément de langue de bois, comme : ''des pays qui sont déjà sortis depuis longtemps de la crise économique commencée en 2007, comme l’Allemagne ou l’Autriche...''. Ensuite, bien sûr, inutile d'espérer que ce brillant professeur reconnaisse que la véritable explication, c'est l'échec et le rejet, par l'immense majorité des européens, du concept mortifère et crapuleux de la ''Concurrence Libre et Non-Faussée'', qui est l'alpha et l'oméga du ''petit livre rouge'' que les apparatchiks de Bruxelles cherchent à nous imposer ! L'élection d'un ''machiniste de train fou'' comme Macron, qui nous conduit droit dans le précipice, est une malédiction pour l'Europe ! Thérésa May sera-t-elle la réincarnation de Winston Churchill ?

  • Par J'accuse - 24/10/2017 - 12:08 - Signaler un abus L'UE détruit l'Europe et ses peuples

    L'UE donne plus de pouvoir aux régions dans l'unique objectif d'affaiblir les États et leur souveraineté. Les sursauts identitaires sont régionaux du fait de la démission des capitales nationales face aux diktats bruxellois; Londres est l'exception qui confirme la règle. Prenons aussi en compte que les dirigeants régionaux (étiquetés de droite ou de gauche, c'est sans importance) ne cherchent qu'à surfer sur ces mécontentements populaires pour accroître leurs propres pouvoirs, sans souci des volontés réelles des peuples: la preuve en est qu'ils veulent rester dans l'UE, instance fédérale technocratique acculturée et dépourvue de légitimité et d'identité.

  • Par Ganesha - 24/10/2017 - 12:32 - Signaler un abus Unité des Européens ?

    Ce que j'essaie de vous expliquer, c'est que la situation actuelle, les régions riches qui se désolidarisent de celles qui le sont moins, ce n'est qu'une illustration, une application, du grand principe de l'ultra-libéralisme ! La toute puissante Allemagne qui laisse crever le peuple grec, en enrichissant au passage les banques françaises et allemandes... Ce qui a fait autrefois la puissance des nations, c'est la solidarité, la fraternité qui unissaient leurs citoyens. Après avoir chassé les ''gnomes de Bruxelles'', saurons-nous créer un sentiment ''d'unité des européens'' ?

  • Par cloette - 24/10/2017 - 14:17 - Signaler un abus C'est voulu

    tout cela !

  • Par Raymond75 - 24/10/2017 - 14:55 - Signaler un abus Idiots utiles

    Les deux idiots utiles de la finance internationale, Jacques Delors et son complice Pascal Lamhy, ont livré l'Europe aux 'forces du marché', comprenez au dumping fiscal et social étendu au monde entier. --- Destruction des emplois, concurrence des plus pauvres contre les pauvres, décisions prises par des technocrates contre lesquels il n'y a aucun recours possible, immigration imposée et hors de contrôle, referendum sur les orientations de l'Europe foulé aux pieds par nos chers élus ... --- L'Union Européenne est une supercherie qui plus jamais ne pourra incarner un quelconque idéal ; alors les peuples se replient sur le local : une identité claire et historique, une dimension humaine qui permet de prendre des décisions, une démocratie qu'ils espèrent plus authentique. Fin d'une espérance, saut dans l'inconnu ...

  • Par Raymond75 - 24/10/2017 - 15:15 - Signaler un abus Maurice Allais

    Les deux idiots utiles de la finance dont je viens de parler n'avaient probablement rien lu de Maurice Allais, seul prix Nobel d'économie français, qui fut ostracisé et ignoré des médiats et des enseignants. --- Pour résumer à l'extrême sa pensée, il disait qu'il fallait dans un premier temps créer des zones de libre échange entre région économiques homogènes et de niveau comparable ; puis lorsque ces régions avaient progressé, les agréger à des régions plus développées, et ainsi de suite de proche en proche. Sinon, ce sera l'affaiblissement des économies développées et le destruction de tous les droits sociaux avancés ... Il fut ignoré, et c'est précisément ce qu'il arriva !!! honte à ces deux imbéciles --- --- https://www.les-crises.fr/le-testament-de-maurice-allais/

  • Par cloette - 24/10/2017 - 15:28 - Signaler un abus Le choix de Bruxelles

    C'est évidemment favoriser les identités régionales au détriment des Etats- Nations, ( se rappeler d'Eva Joly ) Le but est bien une Europe qui sera une fédération de régions ,

  • Par kelenborn - 24/10/2017 - 19:44 - Signaler un abus Article creux

    D'abord, quand on affirme que certains pays sont sortis de la crise comme l'Allemagne, on ne doit guère être étouffé par ses connaissances économiques.L'Allemagne a trouvé une bouffée d'air en se bâtissant un Lebensraum en Europe de l'ESt . Quand les salaires, là bas, auront rattrappé le niveau de l'Ouest, ce sera fini..Et qu'il regarde le taux de croissance de la Suède!! Pour le reste, on enfonce des portes ouvertes.Bavardage science-potard!

  • Par kelenborn - 24/10/2017 - 19:47 - Signaler un abus Ah on est rassuré

    Y a pénurie de beurre mais l'homme à la cervelle coupée a trouvé sa came! gauchistes, fascistes rouges ( parce qu'il y a des fascistes qui sont pas rouges? ) Le meilleur c'est écolo-réac!!! une vraie déclaration d'amour !

  • Par Liberte5 - 24/10/2017 - 19:55 - Signaler un abus @cloette, vous avez raison l'UE a voulu favoriser

    les grandes régions , qu'elles aient un vrai pouvoir et vider les États nations de toute substance, pour à terme qu'il n'y ait plus que l'Europe et des régions. Sauf, que les choses se compliquent avec l'apparition de mouvements identitaires dans tous les pays de l'UE. Ces mouvements que le politiquement correct a voulu ignorer, ont pris une telle ampleur que dans tous les pays ils deviennent une force incontournable.Les cartes commencent à être rebattues.....et ce n'est pas fini.

  • Par cloette - 24/10/2017 - 20:14 - Signaler un abus un lien explicatif

    https://www.youtube.com/watch?v=NvKlyvQn4ag

  • Par vangog - 25/10/2017 - 10:25 - Signaler un abus @cloette Édifiant! l’UE, émanation du nazisme hitlerien....

    avec le national-socialiste Walter-Halstein, premier Président de la grosse commission européenne, qui voulait faire de l’Europe une fédération de Régions...sous la coupe de l’Allemagne!

  • Par cloette - 25/10/2017 - 10:31 - Signaler un abus @Vangog

    eh oui ....

  • Par winnie - 29/10/2017 - 06:33 - Signaler un abus L arroseur arroser!

    et oui l'UE prise a son propre piege, les independantistes s'engoufrent dans la breche et les etats sans courage ne savent pas quoi faire. Imaginer donc dans 20 ans la seine st denis, meme langue meme culture meme religion, une nation quoi! Que se passera t il?

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Christophe Bouillaud

Christophe Bouillaud est professeur de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de Grenoble depuis 1999. Il est spécialiste à la fois de la vie politique italienne, et de la vie politique européenne, en particulier sous l’angle des partis.

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