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25 ans plus tard, ça y est ! Les pays de l’ancien bloc communiste sont enfin heureux du passage à l’économie de marché

Voilà maintenant près de vingt-cinq ans que la transition vers l'économie de marché a été initiée dans les pays de l'ancien bloc communiste.Or ce n'est qu'aujourd'hui que les populations de ces pays s'estiment satisfaites des conditions de vie instaurées par cette transformation.

Enfin !

Publié le - Mis à jour le 18 Novembre 2016
25 ans plus tard, ça y est ! Les pays de l’ancien bloc communiste sont enfin heureux du passage à l’économie de marché

Atlantico : Un récent rapport (voir ici) de la Berd (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) révèle que 70% des habitants d'Asie centrale et 58% de ceux vivant en Europe centrale et orientale déclarent être aujourd'hui satisfaits de leurs conditions de vie. Dans quelle mesure ces chiffres témoignent-ils des bienfaits qu'a eu la transition vers l'économie de marché dans les pays de l'ancien bloc communiste ?

Jean-Marc Siroën : Il faut nuancer cet écart. Certains pays d’Asie centrale "surperforment" par rapport aux autres pays en transition. Il s’agit du Kirghizstan, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan. Ils sont enclavés, peu peuplés, agricoles. La transition ne fut que partielle. Il est donc difficile d’en tirer des conclusions généralisables d’autant plus que dans ces pays autoritaires les personnes interrogées peuvent craindre de s’exprimer sincèrement. Plus significativement, les chiffres de satisfaction les plus élevés et qui ont connu la plus forte augmentation depuis 2010 se retrouvent dans les ex-pays socialistes, qui ont adhéré à l’Union européenne ou qui sont candidats à l’adhésion.

Ils ont dû se réformer en profondeur avec l’aide et les conseils de l’Union Européenne qui a été le fer de lance d’une transition douloureuse, mais finalement plutôt réussie. Les fonds européens ont largement contribué à la convergence des situations économiques et … des opinions. Les pays baltiques ou d’Europe centrale se comparent aujourd’hui à l’Italie ou à l’Allemagne. Plus que ces chiffres, ce sont les évolutions depuis 2010 qui sont à retenir. Elles montrent que, malgré la crise économique et les doutes sur l’intégration européenne, la satisfaction augmente dans les pays de l’Union européenne issus du bloc socialiste alors qu’elle tend à régresser dans les pays fondateurs. Remarquons également la contradiction qui existe entre cette amélioration de la satisfaction des citoyens constatée par l’étude et le comportement des électeurs qui plébiscitent des gouvernements nationalistes, eurosceptiques et de plus en plus autoritaires, comme le montre l’évolution de pays comme la Pologne, la Hongrie ou la Slovaquie. Tout se passe un peu comme si ces pays estimeraient aujourd’hui avoir tellement bien réussi leur transition, qu’ils pourraient se passer de l’Union européenne. Cela reste évidemment à prouver.

Il aura fallu près de vingt-cinq ans - depuis que les premières réformes visant à passer d'une économie planifiée à une économie de marché ont été initiées dans les pays anciennement communistes - pour que les habitants de ces pays estiment enfin leurs conditions de vie satisfaisantes. Comment expliquer que cela ait pris autant de temps ?

La transition économique impliquait notamment la liberté des prix, la privatisation et la maîtrise de l’inflation. Le rythme auquel les réformes devaient être mises en œuvre a opposé les "gradualistes" aux partisans de la "thérapie de choc" ? Ce dernier choix fut celui de la Pologne, de la Russie, de l’Ukraine ou de la République tchèque. Aujourd’hui, il n’apparaît pas clairement que la thérapie de choc, ait toujours permis d’accroître plus rapidement le niveau de satisfaction des populations. Si, en théorie, le contenu des réformes peut-être défini et formalisé très rapidement, dans les faits, certains choix peuvent avoir des effets durables négatifs. Ainsi, la privatisation russe a surtout permis l’émergence d’une nouvelle classe possédante et corrompue – les oligarques – peu susceptible d’emporter l’adhésion de populations qui dans le même temps perdaient la garantie de l’emploi et  la gratuité de services publics comme la santé ou l’enseignement. Ces années ne furent pas non plus des années faciles avec la crise de la dette des années 1990 qui obligera le FMI à intervenir dans certains pays, comme la Russie. Ajoutons que la transition économique devait s’accompagner d’une transition institutionnelle et politique. De ce point de vue, le résultat est encore une fois à nuancer.  Beaucoup de pays ex-socialistes restent très corrompus avec une caste dirigeante qui n’hésite pas à prendre ses distances avec l’état de droit et les libertés.  

 
Commentaires

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  • Par zouk - 14/11/2016 - 11:24 - Signaler un abus Ex pays communistes

    La preuve que des réformes radicales fonctionnent, le libéralisme en tête.

  • Par langue de pivert - 14/11/2016 - 12:09 - Signaler un abus ☺ Le communisme est mort centenaire !

    Améliorer les conditions de vie des populations n'était pas l'objectif. Pour les totalitaristes rouges c'était embrasser sur la bouche l'économie de marché ou disparaitre ! Le communisme n'est tout simplement pas viable ! Un siècle après la révolution d'octobre le bolchévisme avale son képi. Et en crève la gueule ouverte. Par bonheur il reste la Corée du nord et quelques autres miasmes par ci par là, musées de cette idéologie criminelle ! La plus meurtrière de l'histoire de l'humanité ! Nous il nous reste le P.S. (canal historique :-) le PC et Mélanchon + quelques miasmes rubiconds pour ne pas oublier ! Plus jamais ça ! ☺ no pasaran, la table est "débarasée", dans la poubelle de l'histoire les cocos-boys ! Fermer le ban, fermons le couvercle ! Vive le capitalisme (à visage humain de préférence :-)

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Jean-Marc Siroën

Jean-Marc Siroën est économiste. Il enseigne actuellement à l’université Paris Dauphine et est professeur au sein du département Master Sciences des Organisations. Il est spécialiste d’économie internationale. Il participe également au programme de recherche Nopoor, financé par l'Union européenne, sur les politiques de lutte contre la pauvreté. 

 

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