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Rentrées fiscales plus faibles que prévu : bienvenue en Austérie
Publié le 07 février 2014
Bercy a confirmé vendredi que le budget de l'Etat avait affiché l'an dernier un déficit de 74,9 milliards d'euros, en recul sur un an, mais supérieur aux prévisions gouvernementales.
Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.
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Bercy a confirmé vendredi que le budget de l'Etat avait affiché l'an dernier un déficit de 74,9 milliards d'euros, en recul sur un an, mais supérieur aux prévisions gouvernementales.

Quelle surprise ! Le déficit de 2013, à 74,9 milliards d'euros, est plus élevé que le chiffre prévu par la loi de finances de 72,1 milliards. La raison ? Des rentrées fiscales plus faibles que prévues. Les dépenses ont été plus faibles de 100 millions au montant prévu.

Bref, rien de surprenant.

Rien de surprenant car la première chose à comprendre sur les déficits - chose non comprise par nos dirigeants, à la fois français et européens - est que le principal critère qui détermine les déficits est non pas l'impôt ou la dépense, mais la croissance.

S'il y a croissance élevée, il y a, toutes choses égales par ailleurs, plus de rentrées fiscales et moins de dépenses sociales. S'il y a croissance faible, pour les mêmes raisons, il y a moins de rentrées fiscales (puisque moins d'activité économique) et plus de dépenses sociales. Si on veut réduire les déficits, il faut augmenter la croissance.

De plus, étant donné que la dépense fiscale est toujours les revenus de quelqu'un, et que les impôts sont toujours extraits des revenus de quelqu'un, baisser la dépense et augmenter les impôts risque plus d'augmenter le déficit que de le faire baisser. C'est exactement ce qui s'est passé. Le déficit est plus important que prévu. Pourquoi ? Rentrées fiscales plus faibles que prévues. Pourquoi ? Politique d'austérité, qui fait baisser la croissance.

Dans une telle situation, si les partisans de l'austérité ne changent pas de méthode, on rentre dans un cercle vicieux : l'austérité appelle plus d'austérité qui appelle plus d'austérité. Ce qui dans un contexte de taux souverains historiquement bas ne se justifie pas d'un point de vue d'endettement public. C'est ça qui a plongé la Grèce dans une désastreuse récession.

Cette réalité têtue pose des problèmes à nos deux camps idéologiques.

La droite, d'abord : non, quand on est en sous-régime économique, il ne faut pas baisser la dépense publique. Et une baisse de la dépense publique ne peut pas, à elle seule, relancer la croissance. Au contraire, elle l'affaiblit. L'obsession de la droite, et en particulier des syndicats patronaux, pourtant en plein accord avec le corporatisme à la française, avec la baisse de la dépense, est désastreuse. On est là typiquement face à une idéologie qui va à l'encontre des intérêts même de ceux qui la défendent.

Mais la gauche aussi : pourquoi, plus précisément, les rentrées fiscales sont-elles plus faibles que prévues ? Parce que le gouvernement a augmenté les impôts. Ca remet sur le tapis la fameuse idée de la courbe de Laffer, selon laquelle il est possible, dans certaines circonstances, d'augmenter les recettes publiques en baissant les impôts, car cette baisse d'impôts relance l'activité économique. La version “forte” de l'idée de Laffer - que les baisses d'impôts sont un déjeuner gratuit qui ne lèse personne - est rarement vraie. Mais la version “faible” - qu'il y a une dynamique entre impôts et croissance, et qu'augmenter trop les impôts peut affaiblir à la fois l'économie et les recettes fiscales - est presque toujours vraie. Etant donné l'imposition drastique qui existe en France, et les taux souverains français historiquement bas, il y a de plus en plus de raisons de faire une politique, non pas à la Merkel ou même à la Thatcher, mais à la Reagan - c'est à dire avec des baisses drastiques, complètes, généralisées des impôts.

Mais sans baisser la dépense.

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zelectron
- 10/02/2014 - 12:46
les "réformes sociétales" ...
et les histoires d'alcôves publiques, spécialités socialistes, jettent le masque de ce parti au service du caniveau et du dessous de la ceinture
vent_nouveau123456
- 08/02/2014 - 08:49
Il y a la crise pourquoi, ne faites-vous pas comme les Américain
Les États-Unis ont demander aux banques suisses jusqu'au 31 décembre 2013 .. Un ultimatum pour s'autodénoner coupable d'avoir aider des citoyens américains échapper au fisc .
Ainsi, la banque doit swizzzere doive ce déclarer dans 4 catégories .. la première très coupable.
La seconde avec des circonstances atténuantes .. Etc .

Et la quatrième catégorie où il n'y aurait jamais eu de citoyens américains ! Les banques Swizzera doivent également fournir toutes les données de ces années de fraudes ! Les États-Unis vont récupérer avec cette méthode certainement des dizaines de milliards..!

En fait, il y aura des amendes et les riches Américains devront rembourser toutes les années non payées .. ! Cela fais tellement peurs que UBS la plus grande banque suisse envisage sérieusement de vendre ça divisions affaires.. !

Donc, si les États-Unis font cela, pourquoi la France et l'euripe ne font-ils pas la même chose.. ?

Peut-être parce que les gens qui nous gouvernent ont eu même évadé le fisc .. ?

Pourquoi ne pas demander à nos politiciens de faire comme les Américains..?

Ce serait certainement mieux .. !
MONEO98
- 07/02/2014 - 19:18
il y aurait donc une solution miracle,????
continuer à dépenser et baisser les impôts?
appliquons ce programme et que se passera t il avec les agences de notation et nos engagements de sérieux budgétaire? ce n'est pas possible
il n' y a pas de solution non douloureuse .
l'immigration de peuplement et le tout public nous ont conduit dans l'impasse budgétaire actuelle .Continuer dans cette voie ne fera que l'aggraver
il va donc falloir couper dans la masse des dépenses publiques ;stopper l'avancement des fonctionnaires à l'ancienneté ( OUI Mr Peillon);sabrer dans les dépenses associatives , remanier le mille feuille administratif, arrêter les mesures de rapprochement familial et n'accorder d'autorisation d'entrée sur leTerritoire que pour les emplois que nous n'avons pas etc etc;...cad faire l'inverse de ce qui a été fait depuis le Premier choc pétrolier
oui nous devons manger de la vache enragée et baisser massivement les impôts des entreprises pour attirer les entreprises étrangères,il faut concurrencer l'Irlande... pas vouloir que l'Irlande s'aligne sur nous....
A ces conditions dans 10 ou 15 ans la France sera le leader économique de l'europe.... l'emploi au rendez vous , t les caisses seront pleines