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Atlantico Green

Comment les pays riches ont réduit leurs émissions de carbone en les exportant vers la Chine

Publié le 10 décembre 2017
L'Europe pollue moins qu'il y a vingt ans entend-on et constate-t-on autour de nous. Et pourtant ce n'est pas tout à fait vrai, puisque les émissions de CO2 qu'on trouvait chez nous ont été délocalisées comme nos industries... dans les pays pauvres.
Sylvie Matelly est Docteur en sciences économiques et directrice-adjointe de recherche à l'IRIS, spécialiste des questions d'économie internationale et d'économie de la Défense. 
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Sylvie Matelly est Docteur en sciences économiques et directrice-adjointe de recherche à l'IRIS, spécialiste des questions d'économie internationale et d'économie de la Défense. 
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L'Europe pollue moins qu'il y a vingt ans entend-on et constate-t-on autour de nous. Et pourtant ce n'est pas tout à fait vrai, puisque les émissions de CO2 qu'on trouvait chez nous ont été délocalisées comme nos industries... dans les pays pauvres.

Atlantico : Dans quelle mesure peut-on accuser les pays développés de reléguer leurs activités polluantes aux pays en voie de développement ? Assiste-t-on à un veritable dumping écologique ?

Sylvie Matelly : Le "dumping écologique" existe en effet aujourd'hui. Après faut-il y voir une volonté du nord de délocaliser leur production ? C'est une autre chose. C'est plutôt la délocalisation d'un certain nombre d'entreprises vers les pays du sud dont on a observé a posteriori qu'elles constituaient aussi une délocalisation des pollutions. Il est vrai qu'un certain nombre de pays dits du nord, les Etats-Unis mais aussi en tête de ces pays ceux d'Europe, qui a subit une plus grande désindustrialisation que celle des Etats-Unis ces dernières années. Eux ont respecté les objectifs du Protocole de Kyoto et c'est l'argument qui est souvent servi par la Commission, afin d'affirmer que l'Europe est la plus vertueuse et la seule, et c'est vrai, dont les émissions de CO2 ont diminué depuis 1990. En réalité, ce n'est pas juste de par le volontarisme des autorités européennes, mais aussi parce qu'il y a eu une très forte délocalisation des activités productives et polluantes. Il y a eu une croissance économique qui est bien moindre en Europe que dans le reste du monde. L'intégration en Europe des pays de l'Europe de l'est qui avaient pendant la guerre froide des activités extrêmement polluantes. Si on additionne tout cela au début des années 90, car le Protocole de Kyoto sert de repère, vous partez avec une Europe qui polluait alors à tout crin et vous retrouvez aujourd'hui avec une Europe plus moderne, qui a désindustrialisé etc. 

Serait-il possible de comptabiliser les émissions carbone des imports dans le bilan CO2 d'un pays donné ?

Tout à fait, tout est possible. On sait très bien aujourd'hui mesurer les émissions du CO2, ce qui fait qu'il y a de nouvelles revendications, comme celle des pays du Sud qui voulaient que les pays riches investissent dans l'énergie propre chez eux. L'argument a été de dire : au fond, vous devez nous aider et investir chez nous dans ces technologies propres pour émettre moins de CO2 parce que vous êtes fautifs à double titre. 

D'abord du fait des délocalisations que vous avez voulu. Ensuite parce que l'essentiel des moyens de production qui émettent chez nous du CO2 sont consommés par nos consommateurs.  

Quelle forme pourrait prendre ce financement ?

C'est la question centrale, et le plus gros écueil en général dans la lutte contre le changement climatique. Les économies du Nord sont devenues plus efficaces d'un point de vue énergétique, plus aucune entreprise ne se permettrait aujourd'hui de s'installer dans un pays développer et de polluer, parce qu'ils seraient dénoncés et que la conscience écologique chez eux leur enlèverait des consommateurs. C'est moins le cas dans les pays du Sud. Il y a plein de possibilités.

Par exemple celle formulée lors du Protocole de Kyoto, où les entreprises qui investissaient dans les pays du Sud, ceux de l'annexe B, qui n'avaient pas à respecter les accords du Protocole de Kyoto parce qu'il s'agit de pays en voie de développement, bénéficiaient quand il s'agissait d'investissement écologique d'avantages et aides. C'était le "Processus de développement propre" à Kyoto. C'était intéressant parce que cela permettait de financiariser, de mettre un prix dans le développement propre. C'est un premier élément. 

Il peut aussi y avoir un pot commun – solution compliquée parce que tout le monde souhaite généralement réduire sa contribution – qu'on utiliserait pour répartir les aides en fonction des besoins de réduction d'émissions de chacun.

On peut aussi envisager de modifier les critères d'évaluation des cotas carbone et réduction d'émission de CO2 en considérant que ce qui est consommé sur un marché doit prendre en charge une partie de ses émissions de CO2. ET ce serait donc à ces marchés-là de faire ce qui faut pour réduire leurs émissions, même à l'étranger. Tout est possible, mais simplement derrière chaque solution il y a des financements qui sont différents. Et les seuls qui en bénéficie sont bien sûr les pays développés.

Aujourd'hui, n'observe-t-on pas un changement avec la Chine qui tout étant le haut lieu du dumping écologique, tente de changer de stratégie en interne avec notamment la promotion et le développement du solaire ?

La Chine très clairement est un acteur fondamental. Elle a ceci de particulier en ce qu'elle se considère encore comme un acteur en voie de développement, qu'elle est un pays où la population est nombreuse, pas encore démocratisé mais où les autorités sont à l'écoute de ces revendications, bien évidemment. Et la Chine dispose des technologies nécessaires et qu'elle a tout intérêt à les développer. Et elle a bien compris qu'il y avait un marché porteur dans ce domaine. Les Chinois ont compris les intérêts qu'ils avaient à différents niveaux à participer à la lutte contre le changement climatique. Très clairement, cela peut-être un partenaire important, d'autant plus qu'elle a les moyens elle-aussi de financer le développement des ces technologies dans les autres pays en développement. 

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vangog
- 10/12/2017 - 10:57
Decidemment, l’IRIS semble être une vaste fumisterie!
Cette auteur (autrice?) nous explique que le protocole de Kyoto a contribué à la délocalisation des industries polluantes dans les pays en voie de développement (ce que nous, patriotes, expliquions depuis longtemps...), et, comme solution, demande à l’occident de financer la recherche technologique de ces pays afin qu’ils se débarrassent de leur pollution importée...elle marche sur la tête, celle-là aussi! une adepte de la déesse Chiavalpa?...non! L’erreur fondamentale du protocole de Kyoto était de ne pas avoir été imposé de façon universelle. Couplé au gauchisme societaliste anti-économique, ce protocole de Kyoto hémiplégique a largement contribué à la délocalisation des industries polluantes, et la solution n’est pas de remettre une couche de taxes écolos (vieux réflexe gauchiste), qui encourageront les délocalisations, mais de rendre le protocole de Kyoto universel. D’ailleurs, cette enfant oublie que, même avec des technologies non polluantes, il sera toujours nécessaire d’exporter cette industrie totalement délocalisée en Asie par la folie des écolo-réacs occidentaux, et d’augmenter la pollution des mers et de la route de la soie...retour à la case départ!