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Coloc étudiante réservée aux noirs, université d'été interdite aux blancs : le racisme peut-il être légitime "contextuellement" ?
Publié le 23 août 2016
En Californie, on trouve des colocs « for blacks only » ; à Reims, on organise des universités d'été interdites aux blancs. C'est au nom de l'antiracisme.
Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019  
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En Californie, on trouve des colocs « for blacks only » ; à Reims, on organise des universités d'été interdites aux blancs. C'est au nom de l'antiracisme.

Trois étudiants noirs en coloc qui passent une annonce pour en recruter un quatrième et précisent qu'ils ne veulent surtout pas d'un blanc, c'est du racisme ? Le sens commun dit que oui. Le progressisme « gone mad » dit que ça se discute. Et qu'il est finalement assez légitime, pour des noirs, de préférer habiter avec d'autres noirs.

 

C'est en tout cas ce que je comprends du débat qui agite Claremont, un réseau de petites facs californiennes où les défenseurs (nombreux, de toutes les couleurs, tous viscéralement « antiracistes ») de ces colocataires très à cheval sur l'homogénéité pigmentaire de leur environnement immédiat expliquent qu'ils cherchent seulement à créer un « safe space » dans lequel ils se sentiraient à l'aise en rentrant des cours.

 

« Bullshit, leur répondent les deux ou trois voix du campus encore suffisamment universalistes pour se souvenir du sens du terme « discrimination ». Personne ne s'arrêterait cinq minutes pour réfléchir aux « bonnes raisons » qu'auraient trois étudiants blancs de refuser un coloc noir, ou trois étudiants hétéros d'envoyer balader un étudiant gay ».

 

« Mais non, vous n'y comprenez rien, s'énerve alors, un poil pédantesquement, Urena, l'émettrice de l'annonce : il ne peut s'agir ni de ségrégation, ni de racisme, des termes profondément ancrés dans un processus historique et systémique de violence à l'égard des gens de couleur dont les blancs n'ont jamais fait l'expérience ».

 

En d'autres termes, le principe fondamental du racisme, c'est à dire le refus de l'autre a priori, sur la base de sa seule couleur de peau, peut devenir acceptable contextuellement. Et l'idée qu'un étudiant blanc qui, justement, n'aurait pas de problème à partager un appart avec des étudiants noirs, se situerait par définition en dehors de ce fameux « processus historique et systémique » et, mieux, le combattrait carrément par son indifférence au taux de mélanine de ses « roommates » ne traverse même pas l'esprit de ces ségrégationnistes à bonne conscience.

 

Les « white supremacists » qui auraient publié une telle annonce auraient immédiatement été flanqués, à bon droit, à la porte de leur fac. Peut-être même de leur logement. En l'espèce, il y a débat. Ils ont peut-être raison, ils ont peut-être tort. C'est un affaire de point de vue.

 

Sans aucun doute, on a le droit de partager un appartement avec qui on veut. Un fêtard n'aurait sûrement pas envie de vivre avec un bonnet de nuit. Un type au régime avec un glouton qui remplirait les placards de biscuits. Recruter un coloc, ça se fait au feeling. Pas au préjugé essentialiste et xénophobe, croit-on savoir.

 

Mais peut-être sommes nous déjà entrés dans cette zone de turbulence orwellienne (« la guerre, c'est la paix », « la vérité, c'est le mensonge », « la liberté, c'est l'esclavage ») où la « discrimination positive » devient effectivement une vision positive de la discrimination. Où l'on organise, au nom de la lutte contre le racisme, et en France, pas en Californie lointaine, des universités d'été interdites aux blancs. Où des féministes qui s'étranglent devant les rayons filles-garçons des magasins de jouets légitiment l'invisibilisation patriarcale des femmes...

 

Le progressisme, comme pas mal de chose, c'était mieux avant.

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A M A
- 25/08/2016 - 11:50
Avant, le racisme était un
Avant, le racisme était un outil de développement à l'égard des races estimées dans un grand besoin d'évolution. Ceci faisait l'unanimité et cela a vraiment marché à en juger par les résultats obtenus. Aujourd'hui l'antiracisme, une complète abstraction, est un outil de dissolution, de fragmentation des sociétés humaines , d'une part par l'activation de ressentiment, d'autre part par l'enfermement des plus démunis dans un isolement stérile. Force est de constater que l'antiracisme calculé, non pas celui de la béatitude émotionnelle, a un but destructeur. Au service de qui et de quoi développe t'il tant d'énergie?
Ombelia
- 25/08/2016 - 10:39
Neo-racisme
Ce n'est que le debut de la soumission: bientot il y aura des plages reservees aux musulmans, des magasins tout-hallal, des pharmacies, que sais-je encore? Nous serons donc islamises dans 20 ans et peut-etre encore plus tot si on ne fait rien pour combattre
lafronde
- 25/08/2016 - 01:25
L'anti-racisme est une religion matérialiste et liberticide.
La Liberté comporte le droit de se réunir et de s'associer, sans nuire à autrui. Par conséquent il n'existe pas de "droit" pour un individu à rejoindre un groupe déjà constitué, ou de préjudice à n'y être pas admis, sans empiéter sur la liberté de ce groupe. La Liberté de chacun est bornée par celle d'autrui. Toutes les lois du "vivre ensemble" sont donc liberticide, contraire au Droit naturel, qui inclus le droit de discriminer, de choisir. Je reconnais qu'une discrimination est contrariante, et si elle est publique, vexante et préjudiciable à l'ordre public. Ces discriminations doivent rester discrètes, "artisanales" et non systématiques. Mais la Liberté est aussi mue par l'intérêt personnel, une discrimination comporte un rapport bénéfice/coût pas toujours favorable, ce qui laisse de la place au public discriminé pour contracter sur le libre marché. Relevons que l'Etat peut moralement difficilement discriminer, en raison de son monopole. Or sans discrimination, rompre avec un ayant droit d'un service public demande une procédure judiciaire. Voici sans doute la source des problèmes à l'école publique ou dans le logement social.