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Non l’Europe n'est pas culturellement neutre et les peuples demeurent attachés à leurs identités !

Publié le 13 mai 2016
Depuis la sortie, le 8 mai dernier, du Commissaire européen Pierre Moscovici affirmant que l'Europe n'est pas chrétienne (en réponse à une question sur l’élection de Sadiq Khan, nouveau maire 'musulman' de Londres), les réactions d'indignation ont été si nombreuses, notamment sur le Net, que l'eurocrate français a dû se justifier, notamment dans les colonnes du Figaro (12 mai), tout en maintenant qu'il avait affirmé que l'Europe ne doit pas se référer à une identité chrétienne majoritaire afin les populistes « islamophobes » et certains partis identitaires hostiles à l'immigration ne puissent jamais faire revenir les mauvais démons et bâtir ainsi une « Europe sans musulmans » comme Hitler voulait bâtir hier une Europe « sans juifs ».
Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est...
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Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est...
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Depuis la sortie, le 8 mai dernier, du Commissaire européen Pierre Moscovici affirmant que l'Europe n'est pas chrétienne (en réponse à une question sur l’élection de Sadiq Khan, nouveau maire 'musulman' de Londres), les réactions d'indignation ont été si nombreuses, notamment sur le Net, que l'eurocrate français a dû se justifier, notamment dans les colonnes du Figaro (12 mai), tout en maintenant qu'il avait affirmé que l'Europe ne doit pas se référer à une identité chrétienne majoritaire afin les populistes « islamophobes » et certains partis identitaires hostiles à l'immigration ne puissent jamais faire revenir les mauvais démons et bâtir ainsi une « Europe sans musulmans » comme Hitler voulait bâtir hier une Europe « sans juifs ».

Les deux projets européens antagonistes : l'Europe-identité faite d'Etats-souverains et l'Europe multiculturaliste-espace de libre-échange

Tout d'abord, cette forme contre-productive de « reductio ad hitlerum » qui consiste à nazifier directement ou indirectement les partisans de l'identité judéo-chrétienne majoritaire de l'Europe au nom d'une conception abstraite universaliste et libre-échangiste, ne peut selon nous que démobiliser encore plus les peuples et donc nuire ainsi à la construction européenne. Outre le fait que les populistes ou autres « islamophobes » dont Pierre Moscovici parle s'en prennent plus à l'islamisme radical qu'aux musulmans en tant que tel, et outre le fait que le spectre d'une Europe raciste « sans musulmans » comparée à la Shoah d'hier me semble à la fois hors propos et pure rhétorique, l'ancien ministre français socialiste est en revanche plutôt sincère et même cohérent lorsque, en bon Eurocrate des années 2010 adepte de la non-identité comme valeur centrale du  projet européen et de son élargissement sans fins à tous (y compris à la Turquie), il ne fait que confirmer la nature foncièrement multiculturaliste et cosmopolitique de l'idéologie officielle de l'Union. Celle-ci est en effet en pleine mutation depuis les années 1990, c'est-à-dire depuis la victoire des idées du banquier libre-échangiste Jean Monnet sur celles, plus « identitaires », des autres Pères fondateurs – chrétiens fervents - comme Robert, Schumann, De Gasperi ou Konrad Adenauer. 

Depuis la fin des années 1980, en effet, l'Union européenne a considérablement changé de nature et elle a renoncé à être une entité civilisationnelle fière de ses racines et limitée géographiquement à son aire culturelle propre, pour devenir une sorte de laboratoire d'un projet cosmopolitique-atlantiste plus global - à la faveur de l'élargissement sans fin à l'est et au sud - le terrain d'essai d'un hypothétique « gouvernement mondial » qui aurait pour vocation de supprimer à terme les barrières culturelles, ethniques et religieuses entre tous les hommes afin de mettre en place une « concorde universelle » et d'instaurer un marché ouvert et sans limites. Cette idée est d'ailleurs parfaitement exprimée par le philosophe de référence officiel de l'Union européenne, l'Allemand Jürgen Habermas, qui affirme que pour supprimer les guerres et les différences entre êtres humains, la seule forme de patriotisme que l'Europe doit entretenir est le patriotisme  « juridique-constitutionnel », c'est-à-dire les normes de droits elles-mêmes conditionnées aux sacro-saints droits de l'Homme, valeurs suprêmes consacrant le primat des minorités sur les majorités et devant faire office d'identité. En toute logique, dans l'idéologie habermassienne anti-nationaliste, les identités majoritaires des peuples chrétiens-européens doivent être oblitérées, voire soumises à la reductio ad hitlerum comme le fait Moscovici, tandis que les identités minoritaires non-européennes-non-judéo-chrétiennes doivent être valorisées, y compris parfois dans leurs formes intégristes, d'où la fait que plus l'Europe se battit contre le christianisme majoritaire, plus elle laisse proliférer l'islamisme radical.

L'Europe n'est pas culturellement et religieusement neutre, même dans sa forme moderne

Pourtant, qu’on le veuille ou non, toute entité géopolitique est marquée par une identité, des racines culturelles et spirituelles, en plus des valeurs fondamentales qui en découlent d'ailleurs. En réalité, l’Europe n’est pas plus culturellement et religieusement neutre que n’importe quel autre bloc géo-civilisationnel, indépendamment même de son degré de sécularisation. Car l’esprit des religions ne se manifeste pas uniquement dans la pratique religieuse pure mais aussi dans les coutumes, les mœurs, les valeurs dominantes, la philosophie, les traditions familiales et locales, etc. Le nier provoquerait à un moment ou à un autre un dangereux «retour du refoulé identitaire ». 

L’Europe politique, comme l’Occident, Etats-Unis-Canada-Nouvelle Zélande-Australie compris,  a en effet toujours été située du point de vue civilisationnel, c’est-à-dire de culture judéo-chrétienne, marquée par la pensée gréco-latine, façonnée par l’humanisme et la primauté de l’individu sur le groupe (contraire du holisme asiatique ou du clanisme anatolien), située en Europe. Bref « la Bible plus les Grecs », pour paraphraser Emmanuel Lévinas, forment l’âme de l’Europe.  Les racines de l'Occident moderne sont souvent perçues comme remontant aux Lumières des WVIIe et XVIIIe siècles. Cependant, il ne faut pas oublier que les Lumières pour leur part puisent à même de riches cultures qui les ont précédées, cultures qui peuvent se résumer par trois cités : Athènes, Rome et Jérusalem. Si les Grecs nous ont légué les notions de cité et de citoyenneté, les idéaux de démocratie et de liberté, un statut particulier donné à la raison, l'esprit de recherche scientifique, la philosophie et l'histoire, les Romains ont codifié et généralisé la loi, ont défini la propriété privée, maillon essentiel de la société avec la famille, et ont mis au centre la notion de responsabilité individuelle, qui tranche avec la notion tribale de responsabilité collective. Quant à la religion juive et à la religion chrétienne qui en découle, celles-ci ont apporté à l'Europe l'appel à la conscience personnelle et à la charité, au sens original grec d’amour, puis à un sens de la justice tempéré par la miséricorde. Enfin, la parousie chrétienne et le messianisme a introduit une conception linéaire du temps qui est le fondement de la notion de progrès. .

Il est urgent de relire Paul Valéry : « Je considérerais comme européen tous les peuples qui ont subi au cours de l’Histoire les trois influences que je vais dire : […] celle de Rome […] du christianisme […] de la Grèce » a écrit Paul Valéry. Valéry précise ensuite : « partout où les noms de César, de Caius, de Trajan et de Virgile , partout où les noms de Moïse, de et de Saint Paul, partout où les noms d’Aristote et de Platon et d’Euclide, ont eu une signification et une autorité simultanées, là est l’Europe, toute race ou toute terre qui a été successivement romanisé, christianisée et soumise, quant à l’esprit, à la discipline des Grecs, est absolument européenne » (Variétés, 1).  

Rappelons tout de même que les pères fondateurs de l’Europe, un peu vite enterrés par Pierre Moscovici, notamment Robert Schumann, Don Sturzio, Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer et même Valery Giscard d’Estaing, ont développé exactement la même vision de l’Europe. Ces trois chrétiens pratiquants, artisans d’une Europe humaniste tirant les leçons des drames de la seconde guerre mondiale, ont suffisamment souligné l’importance centrale de l’identité judéo-chrétienne et occidentale de l’Europe, ce qui écarte, de façon assez naturelle, la Turquie néo-ottomane du Sultan Erdogan et les autres candidats musulmans potentiels (Maroc, Azerbaïdjan, Algérie, etc). Plus en amont encore, l’inspirateur premier de l’Europe unie et des pères fondateurs de l’UE eux-mêmes, Richard Coudenhove-Kalergi, n’a pas dit autre chose lorsqu'il écrivait, en 1922-1923, dans l’ouvrage fondateur de la construction européenne, Pan-Europe, au moment où s’écroulait l’empire ottoman, que les limites historiques de l’Europe sont « la Méditerranée, la Mer Egée, la mer de Marmara et la Mer Noire, le Bosphore et les Dardanelles […] ; que la civilisation européenne « a ses racines dans l’Antiquité et le christianisme […] » et que « le peu qui subsiste a Turquie d’Europe appartient politiquement à l’Asie »

L'un des plus grands philosophes et hommes politiques italien, hélas peu connu en France, Marcello Pera, qui, bien qu’agnostique et lui-même laïc, a bien expliqué dans ses derniers que les Lettres de saint Paul et les récits évangéliques exprimaient déjà les concepts d'égalité entre les hommes et de la solidarité sociale, qui sous-tendent les sacro-saints droits de l'homme eux-mêmes loin de surgir de « nulle part ». Comment nier en effet que le mystère de l’Incarnation du Fils Jésus Christ (parmi les hommes) et l'affirmation de la nature non seulement sacrée mais même divinisable de l'homme (par le fait que Dieu l’a créé à son image et a pris sa forme et sa nature à travers le Christ) ont contribué à forger la notion même de droits de l'homme ? 

Rappelons enfin que l’influence de l’Église catholique sur toute la pensée et la vie intellectuelle et artistique fut prépondérante durant tout le Moyen Age (la « civilisation des cathédrales ») et jusqu'au XIXe siècle, de sorte que l'Europe doit son unité civilisationnelle à la christianisation. Aujourd'hui encore, qu’on le veuille ou non, le christianisme demeure la source de la pensée occidentale et européenne, de la laïcité, des droits de l’homme et de nombre de valeurs qui imprègnent la vie quotidienne de tous, croyants ou non. C’est ainsi que les règles de la morale, du respect de la personne humaine, de sa dignité inaliénable, de la valeur du travail, du rôle de la femme occidentale, unique au monde, ont des sources indéniablement chrétiennes. On peut bien sûr également parler des patrimoines des villes et des campagnes faits de cathédrales, de clochers de tant d’églises, de calvaires, cimetières, puis des musées, dans lesquelles les œuvres d’inspiration chrétienne sont souvent prépondérantes, sans oublier le calendrier, les prénoms, les nombreuses fêtes (Noël, Pâques, la Toussaint, etc…). Les noms mêmes de tant de villes et de villages sont d’origine chrétienne et sont des noms de saints ou d’Anges, comme Saint-Jacques de Compostelle, les Saintes, Sainte Marie de la Mer, Saint-Etienne, San Francisco, San Angeles, San Paolo, Saint-Omer, etc. Rappelons même qu’en France, plus de 4000 villages ont des noms de saints, taux encore plus important dans d’autres pays, notamment l’Italie, le Portugal, l’Espagne, l’Autriche, etc. Ainsi, les valeurs fondamentales de l’Occident moderne et post-totalitaire de Liberté, de droits humains et de dignité inaliénable de la personne humaine sont déjà en gestation dans le christianisme. Les libertés individuelles comme la liberté de conscience sont inscrites dans la charte des droits universels de toutes les nations occidentales, et nulle part autant qu’en Occident les droits de la personne sont plus respectés. 

Multiculturalisme, pluralisme et identité européenne

En fait, les propos révélateurs de Moscovici nous ramènent au débat de fond, celui du multiculturalisme. L'Europe pluraliste doit-elle être multiculturaliste et reléguer pour cela sa propre identité chrétienne majoritaire et fondatrice au même niveau que des cultures minoritaires nouvellement installées, y compris celles qui nous sont hostiles, avec le prétexte de les « intégrer » par le « respect des différences », quitte à nous oublier nous-mêmes ? Ou doit-elle au contraire assumer fièrement ses racines européennes-chrétiennes afin de préserver sa civilisation et  donc ses valeurs, ce qui implique le refus de tolérer ses ennemis déclarés? Dans son, Essai sur les sociétés multiculturelles, le sociologue et éditorialiste italien Giovanni Sartori a parfaitement expliqué que le piège du multiculturalisme repose sur une double confusion philosophique et idéologique au terme de laquelle le principe fondamental des sociétés ouvertes , le pluralisme, a fini par être confondu avec celui, apparemment, voisin mais parfois diamétralement opposé du multiculturalisme et de sa déclinaison communautariste sous couvert de « droit à la différence ». Sartori explique que si une société pluraliste peut être multiculturelle - comme c’est le cas notamment de nombreux Etats démocratiques qui sont historiquement composées de plusieurs nations ou cultures : Autriche, Grande Bretagne, Etats-Unis, Espagne et même Inde, plus grande et première démocratie du Sud etc - une société multiculturelle et/ou communautariste n’est en revanche pas automatiquement pluraliste ou démocratico-libérale: ex-Union soviétique (système composé d'un centre russophone qui dominait la périphérie non russophone et où les religions étaient persécutées), Egypte (avec ses 9 millions de chrétiens brimés et juridiquement inférieurs), Iran (idem), Algérie (Berbères et non-musulmans face aux Arabes sunnites), Turquie (non-sunnites, Arméniens et Kurdes brimés par les turcophones sunnites, etc), etc. Aussi, le pluralisme démocratique et libéral, que les islamistes invoquent continuellement dans leur stratégie de pénétration - alors même qu’ils rejettent dans le fond les postulats philosophico-politiques de base des sociétés occidentales (laïcité, liberté de conscience, égalité des sexes, etc) - est loin d’être un simple équivalent des notions d’internationalisme ou de relativisme culturel. 

Le pluralisme est d’abord un concept philosophique fondé sur la liberté d’expression et d’opinion, la sécularisation, et qui repose clairement sur un ensemble de règles et valeurs fondamentales ne pouvant en aucun cas être remises en question, sauf à risquer de voir les sociétés pluralistes s’autodétruire en s’ouvrant inconsidérément aux systèmes antagonistes, voire hostiles, comme cela est le cas en particulier de l’islam radical ou des totalitarismes et des holismes en général (communismes, fascismes, tribalisme, etc). 

Le fait d'invoquer le « droit à la différence », le « relativisme culturel » ou la liberté de culte pour justifier l’ouverture des sociétés démocratiques à ses « ennemis » au nom du pluralisme et pour diaboliser ou délégitimer l'identité majoritaire judéo-chrétienne de l'Europe, constitue un non sens total, puisque cela signifie purement et simplement la mort annoncée de ces mêmes sociétés pluralistes qui ne sont pas une « terra nulius » ni ne sont surgies de « nulle part ».  

Si l'Europe veut réussir ou simplement perdurer dans le futur et ne pas s'écrouler sous le triple poids de sa culpabilité pathologique ; de la révolte des peuples européens qui ont peur pour leur identité et leur souveraineté ; puis de l'immigration incontrôlée et de l'islamisme communautariste, elle devra renouer avec l'esprit des Pères fondateurs qui n'ont jamais promu une Europe libre-échangiste s'élargissant à l'infini et entrant en conflit avec son voisin russe par atlantisme outrancier, tout en baissant les bras devant le néo-impérialisme turc et le communautarisme islamiste. Comme De Gaulle l'a rappelé maintes fois, l'Europe est composée de pays qui ont une trop forte histoire nationale pour pouvoir de se fondre totalement dans une supranationalité aculturante, sauf à d'auto-détruire. Et elle ne doit pas être définie par le libre-échangisme, les droits de l'homme ou l'atlantisme qui ne sont pas des identités mais des valeurs ou accords entre nations, et auxquels peuvent souscrire des nations non-européennes. L'Europe doit impérativement définir son identité civilisationnelle et ses limites. Elle ne doit plus apparaître comme un « empire normatif » (Marie France Garaud) qui déstabilise « l'étranger russe » et détruit les identités et souverainetés. De ce fait, le retour du « refoulé identitaire », qui s'exprime par des populismes ou la montée de l'extrême-droite, est l'une des conséquences inévitables de la négation de l'identité européenne-chrétienne que les citoyens européens jugent menacées et que les politiques entretiennent depuis des décennies. La construction européenne ne peut être viable et acceptée par la base que si elle renoue avec l'idée d'origine qui était celle de l'Europe des Nations souveraines respectueuse des identités majoritaires et gérée par le principe de subsidiarité, fondateur de l'UE mais hélas abandonné au profit de l'hyper-normativisme de Bruxelles qui se mêle de tout sauf du domaine le plus vital qu'est la défense... Or l'extrême diversité ethno-linguistique et nationale de l'Europe ne peut être transcendée et fédérée que par son histoire commune assumée, en grande partie chrétienne. Bizarrement, alors qu'il permettrait de rapprocher de la Russie de l'Europe de l'Ouest et même de ses anciens satellites revanchards, aujourd'hui hélas à couteaux tirés, puis de faire vibrer les masses autour d'une identité civilisationnelle partagée, ce repositionnement identitaire d'une Europe qui assumerait son héritage judéo-chrétien et gréco-latin, bref qui se « situerait » d'un point de vue civilisationnel (ce qui n'implique nullement d'être croyant ou pratiquant), demeure la bête-noire des eurocrates européens qui veulent qu'elle soit un « no man's land géo-civilisationnel ». En fait, ces derniers scient la branche (civilisationnelle) sur laquelle sont assises leurs propres valeurs universalistes et démocratiques, lorsqu'ils nient les racines chrétiennes de l'UE tout en favorisant le prosélytisme et le communautarisme islamistes au nom d'un pluralisme  fourvoyé en multiculturalisme auto-destructeur. En clair, ce multiculturalisme, dispensé de façon irresponsable par nos élites capitulardes et déconnectées des peuples, et érigé en idéologie xénophile et auto-flagellatrice est le terreau d'une future société multi-conflictuelle dont nous n'avons vu que la phase initiale avec les événements récents survenus dans la face immergé de l'Iceberg que sont les « banlieues » européennes de Daech...

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langue de pivert
- 14/05/2016 - 11:17
Piaf analphabète ! :-( 18 h 46 - 13/05
Li(s) Nadine : c'est impératif (J'espère qu'elle me pardonnera ma familiarité et cette grossière faute de conjugaison :-) Renseignements pris elle ne faisait pas "recette" hier (mais consciencieusement son travail d'opposante) Il faut alterner rencontre sur le terrain et quelques coups de pieds dans les fourmilières de la bien bienpensance qui touche plus de monde. L'ISLAM BASTA !
sga
- 14/05/2016 - 07:23
Excellent
Merci pour cet article passionnant et documenté.
Le gorille
- 14/05/2016 - 02:51
Les traîtres !
Quels traîtres ces hommes politiques qui n'ont pas accepté le "Non" au référendum de 2005 : étaient-ils aveuglés à ce point par leur orgueil ? Eux savaient, et nous, non ? Un vrai mépris, semble-t-il, mais je reconnais qu'il pouvait leur être très difficile de se remettre en question, dans l'atmosphère ambiante, avec Chirac qui avait lui-même refusé de porter le mention de racines chrétiennes. Peut-être la rédaction en était-elle alors trop simpliste ? .