En direct
Best of
Best of du 6 au 12 avril 2019
En direct
Vert de rage
Tempête chez les Verts : Cohn-Bendit règle ses comptes avec les écologistes
Publié le 24 février 2012
"Me voici politiquement apatride", affirme le député européen dans un mail envoyé dans la soirée de vendredi à certains de ses proches et à des élus d'Europe Ecologie-Les Verts.
Rédaction Atlantico
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Atlantico.fr
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Rédaction Atlantico
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
"Me voici politiquement apatride", affirme le député européen dans un mail envoyé dans la soirée de vendredi à certains de ses proches et à des élus d'Europe Ecologie-Les Verts.

Dans un mail adressé à certains de ses proches et à de nombreux élus d'Europe Ecologie-Les Verts, Daniel Cohn-Bendit règle ses comptes avec son parti, auquel il reproche sa position sur le mécanisme européen de stabilité, et plus généralement dans la campagne présidentielle. Dans son texte, celui-ci égratigne également les différents candidats, de François Hollande à Nicolas Sarkozy, en passant par François Bayrou. Atlantico.fr s'est procuré le texte du mail en question, que voici reproduit ci-dessous :

" Billet d'humeur "bariolée"


Je suis touché par cette avalanche d'invitations de candidats "Europe-Ecologie" me demandant d'aller les soutenir pour les législatives. Je préfère cependant annoncer la couleur afin d'éviter les éventuels malentendus.


 Pour commencer, je ne peux m'empêcher de dire que l'évolution d'Europe Ecologie est franchement décevante et qu'elle n'offre aucune perspective exaltante. Les positions récentes contre le mécanisme européen de stabilité (MES) permettant, pour la première fois, d'aider concrètement les pays de la zone euro qui ne peuvent plus emprunter m'ont consterné. Au lieu d'argumenter, les élus d'EE se fondent indistinctement dans le slogan "Pas de cadeau à  Sarkozy" au point de ne même plus savoir ce qu'ils font. Si demain, Sarkozy copiait son idole "Angie Merkel" en décidant de fermer 5 réacteurs nucléaires, le bon ton à  gauche serait de s'y opposer! C'est tout simplement aberrant!! On ne s'étonnera pas ensuite de la prolifération d'idées rocambolesques pour faire front à  Sarkozy telles que " l'abstention dynamique" de la gauche contre le MES! Ce concept inédit de l'hypocrisie politique est à  ce point puissant qu'il a séduit notre propre candidate sourde aux analyses de "ses" économistes... En tout cas, il y aura eu la vénérable "abstention constructive" de gauche "made in France" destinée au marché intérieur de la politique française et le vote des députés de la droite pour aider les Grecs! Consternant!


Un petit mot également à  propos des déclarations de mon ami Noël -Mamère- pour qui ma position sur le MES serait "allemande". Avec la même logique, on en vient à  se demander si les positions d'un Français d'origine algérienne seraient finalement "françaises" ou "algériennes", d'un franco-Sénégalais plutôt "blanches" ou "noires", d'un Français descendant de Coréens ... "Déraillement", c'est le terme qui me vient à  l'esprit pour qualifier ses propos. Manifestement, une certaine "liturgie verte" voudrait qu'à  un moment donné ma transmutation s'opère pour redevenir allemand. En 1999, Voynet m'avait déjà  offert un billet retour pour Francfort... Inutile de dire que la liturgie n'est pas ma tasse de thé ! Et à  la longue, je trouve lassant de devoir justifier mes "positions françaises" -notamment sur la Bosnie ou la Libye- en Allemagne et mes soi-disant "positions allemandes" en France.
Le climat de cette campagne présidentielle globalement hypocrite est plutôt malsain et intellectuellement choquant. La frilosité européenne du couple de " l'apathie constructive Hollande-Aubry" est sidérante. Aussi peu séduisant Bayrou dans la stratosphère du national-présidentialisme acheté en France. Quant à  Sarkozy, il a carrément pris le large pour une vaste croisade anti-démocratique tel un apprenti sorcier. Peut-être que ses conseillers philosophiques, de Finkielkraut à  Glucksmann feraient bien de lui parler d'Hannah Arendt...


Ceci étant dit, je maintiens ma disponibilité pour les candidates et candidats d'EE conscients que mon implication dans la campagne législative sera scandée par la défense du MES, mon analyse sur la campagne présidentielle d'EE et ses conséquences pour le mouvement. N'étant pas un adepte de la langue de bois et des faux-semblants, il serait sans doute plus simple pour certains de se tourner d'emblée vers la gauche de la gauche: Mélenchon, Besancenot, Poutou ou je ne sais qui du PC français... Cela ne me pose aucun problème. Je reste d'ailleurs plutôt optimiste puisque je nourris toujours l'espoir que les candidats que je soutiendrai seront, une fois élus, plus lucides que ceux qui nous représentent aujourd'hui à  l'assemblée.
En 1945, je naissais apatride. Nous sommes en 2012 et me voici politiquement apatride. Intéressant! Au fond, c'est peut-être simplement une version de la liberté..


Honni soit qui mal y pense....
Dany Cohn-Bendit, le 24 février 2012"

 

"Chez EELV, Daniel Cohn-Bendit n’a jamais réussi à trouver véritablement sa place. Il a toujours eu du mal à se retrouver dans cette famille politique dès lors qu’il s’agissait de penser la stratégie à plus long terme", analyse David Valence, politologue membre de la Fondation pour l'innovation politique. "Il ne souhaitait pas qu’il y ait de candidat écologiste à l’élection présidentielle. Il voulait qu’il y ait une négociation qui soit menée avec le Parti socialiste en amont pour qu’EELV puisse avoir un groupe parlementaire. (...) Ce qu’il désapprouve c’est une tactique qui lui semble étroitement politicienne". "Cela risque de déstabiliser les Verts alors qu’au fond son message s’adresse au-delà, à toute la gauche française à qui il reproche d’être dans une stratégie d’opposition à Nicolas Sarkozy systématique sans aborder le fond des sujets".

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
02.
Les puissants relais de l'Algérie en France ; Ces amis de Ghosn que tout le monde craignait chez Renault; L'avertissement de Philippe à Castaner; Technip: et un mégagâchis industriel de plus; Notre-Dame partout dans les hebdos, le catholicisme plus rare
03.
Ils reconnaissent l'une des écoles de leur village dans un film porno
04.
Reconstruction de Notre Dame : Emmanuel Macron prend-il le risque du « too much » ?
05.
Le blues des gendarmes de Matignon ne faiblit pas
06.
Notre Dame brûla et obligea la France à se souvenir qu'elle fut catholique…
07.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
04.
Ce que pèse vraiment le vote musulman dans la balance démocratique française
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
03.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
Commentaires (18)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Mani
- 26/02/2012 - 01:41
@DEL
"Cohn-Bendit n'est jamais qu'un opportuniste de droite qui essaie de maintenir sa position sociale comme il le peut." Opportuniste de droite, pour vous, c'est un pléonasme, non ? Un peu comme "détenteur de la vérité suprême de gauche" ?
Mani
- 26/02/2012 - 01:40
@Atlante13
"Je pense qu'il y a encore quelque chose à inventer, ne serait-ce que la mise à mort définitive (au sens figuré bien sûr) d'un élu perdant.
Nous pourrions alors commencer à parler de renouveau de la démocratie."


Comme je suis d'accord avec vous !!!
Mani
- 26/02/2012 - 01:34
Faut dire, avec Eva Joly....
La candidate verte semble prête à tout pour aller en-dessous des 2% d'intentions de vote, en boostant notamment ses adversaires qui stagnent pour l'instant à 0%. Ainsi Corinne Lepage, qu'elle a renvoyé d'un élégant "je l'emmerde" (mais personne ne voit rien à y redire - faut dire, c'est sûr, ça n'a absolument rien à voir avec "casse-toi pauvre con", puisque là, ça s'adresse à une élue. C'est beaucoup plus classe.


Bref, Cohn-Bendit n'est pas un gauchiste, c'est quelqu'un qui a des convictions et refuse de se les faire dicter par un parti. Cohn-Bendit, finalement, c'est exactement le contraire d'Eva Joly. Mais bon, l'important, c'est que les gauchistes d'EE soient contents.