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Ce que le rire des bébés nous apprend sur leur cerveau
Publié le 26 octobre 2013
Avec Michel Dib
Le scientifique britannique Caspar Addyman réactualise les effets des exercices neuro-psychologiques sur l'étude du cerveau des bébés. Le rire, par exemple, est une forme de communication enfantine qui permet de comprendre les différents stades d'évolution du cerveau des bébés.
 Michel Dib est neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière depuis plus de vingt ans. Membre de la Société Française de Neurologie, il est auteur de plusieurs ouvrages scientifiques et destinés au grand public, notamment Apprivoiser la migraine aux...
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Le scientifique britannique Caspar Addyman réactualise les effets des exercices neuro-psychologiques sur l'étude du cerveau des bébés. Le rire, par exemple, est une forme de communication enfantine qui permet de comprendre les différents stades d'évolution du cerveau des bébés.
Avec Michel Dib

Atlantico : Une récente étude proposée par le britannique Caspar Addyman (du Birbeck College) révèle que les interactions des enfants (pleurs, rire) sont des formes de communication qui se développent peu à peu chez le jeune enfant, signe du développement du cerveau de celui-ci. Mais que savons-nous aujourd’hui des cerveaux des bébés ?

Michel Dib : Il n’y a pas eu ces dernières années des avancées majeures dans le domaine de la recherche sur le cerveau des bébés. Nous savons et nous étudions chez eux les phénomènes d’élasticité cérébrale et les secrets biochimiques de cette élasticité. Ces phénomènes biochimiques sont visibles dès les premières années et nous intéressent  puisqu’ils peuvent avoir des répercussions dans d’autres domaines de thérapie chez l’adulte, notamment en ce qui concerne les troubles de la mémoire.

Comment évoluent leurs cerveaux et comment expliquer l’apprentissage des modes de communication des jeunes enfants au niveau neurologique ?

L’évolution du cerveau de l’enfant  s’étudie notamment grâce à son apprentissage du langage de la marche. De fait, il existe dans son cerveau des cellules souches, embryonnaires, qui vont peu à peu se différencier les unes des autres dans les centres du mouvement et du langage. Prenons l’exemple de la marche, à la naissance, le bébé ne peut pas marcher mais peu à peu, et grâce à l’action du cerveau qui imprime l’apprentissage de la marche, ses cellules motrices vont évoluer jusqu’à ce qu’il sache se mouvoir. Cet apprentissage se fait au rythme de chacun, en fonction de facteurs génétiques ou environnementaux. Par ailleurs, c’est un peu différent en fonction du sexe de l’enfant. On observe que les filles parlent plus vite alors que les jeunes garçons marchent plus vite. Cela s’explique simplement, le développement des cellules neuronales est lié aux stimuli. Si l’on accentue plus les stimuli du langage ou de la marche, l’enfant se développera plus vite dans ces domaines. Des expériences ont été entreprises sur des bébés souris par exemple, en comparant l’évolution du bébé souris élevé dans une cage simple, et celui d’un autre élevé dans une cage dont l’environnement est plus complexe, nous voyons que ce dernier possède un cerveau plus développé et une mémoire plus importante.

D’après le docteur Addyman, le rire est un élément essentiel pour comprendre le fonctionnement du cerveau des bébés. Il permet de montrer à quel point l’enfant comprend le monde extérieur et donc de préciser les stades d’évolution du cerveau. Au-delà du rire, comment est étudié le cerveau des plus jeunes ?

On l’étudie essentiellement à travers des méthodes d’imagerie et par des travaux faits sur des bébés mort-nés, des embryons de dernier mois. Mais la recherche en ce cas est un peu complexe compte tenu des parents. Globalement, nous utilisons des méthodes non-invasives comme l’imagerie IRM et les travaux neuro-psychologiques. Dans ce dernier cas, nous étudions les différentes émotions liées au stimulus sensoriel ou moteur qui peuvent actionner des zones chez les enfants. Ces tests servent à définir les zones d’activation et les circuits de transmission qu’elles induisent. A titre d’exemple, une émotion comme le rire ou les pleurs induisent une activation dans le centre, et on voit où cette activation se propage et dans quels circuits. S’il y a une différence avec l’adulte, on comprendra mieux le fonctionnement de l’enfant. Son cerveau va ensuite se différencier, se développer pour devenir un cerveau d’adulte. La fonction de mémoire nous intéresse beaucoup, les faits passés dès les premiers jours de naissance sont emmagasinés dans l’inconscient, cette force de fixation de la mémoire est très importante chez les bébés. Elle peut d’ailleurs conditionner l’avenir et la personnalité de l’enfant. Nous savons par exemple que le fait qu’un bébé vive dans un environnement complexe, avec beaucoup de gens, plusieurs endroits différents, influencera leur vie.

Comment accompagner au mieux le développement du cerveau l’enfant ?

L'accompagnement doit correspondre aux besoins de chaque enfant, il est donc à voir en fonction de chaque bébé. Il faut les entourer d’affection bien sûr et stimuler les phénomènes d’apprentissage progressif. En suivant leur développement et en fonction de leur demande, il est important de stimuler les cellules motrices de la mémoire et du langage : leur faire écouter des choses, dialoguer avec eux avant qu’ils ne parlent, faire des exercices moteurs compatibles à leur niveau de motricité et en ce qui concerne la mémoire, effectuer des jeux éducatifs et des discussions simples.

Quand le cerveau des bébés est-il entièrement formé et apte à la socialisation?

Le cerveau continue de se développer jusqu’à l’adolescence, il est en évolution permanente, même chez les adultes. Si un adulte, par exemple, est exposé à une maladie, sa capacité à récupérer sera conditionnée à celle du cerveau à s’adapter à ces pathologies. Le cerveau est donc toujours en mouvement. Néanmoins, le développement en volume sera plus important jusqu’au début de l’adolescence, puis plus lent. En ce qui concerne la fonction sociale, elle n’est pas dépendante du cerveau mais de l’environnement et de l’éducation, fonction des stimuli.

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Mots-clés :
bébé, rire, cerveau
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EOLE
- 26/10/2013 - 18:43
J'adore les "vérités dogmatiques"...
...du genre (et, bien évidemment, du gender): "la fonction sociale, elle n’est pas dépendante du cerveau mais de l’environnement et de l’éducation" ou bien "les faits passés dès les premiers jours de naissance sont emmagasinés dans l’inconscient" que l'auteur n'a pas pu découper au scalpel en raison du caractère "invasif" de la méthode... encore faudrait-il qu'il localise cet "inconscient" dans le cerveau du bébé, un peu trop locomoteur chez le garçon et trop langagier chez la fille, sans doute...