En direct
Best of
Best of du 10 au 16 octobre
En direct
ça vient d'être publié
light > Terrorisme
Biopic
Le réalisateur Clint Eastwood sera convoqué au procès de l'attentat du Thalys
il y a 2 heures 19 min
pépites > France
Hommage national
Discours d’Emmanuel Macron à la Sorbonne : "Samuel Paty est devenu vendredi le visage de la République"
il y a 3 heures 46 min
pépites > Justice
PNAT
Attentat de Conflans-Sainte-Honorine : le procureur du Parquet national antiterroriste livre de nouveaux éléments sur l'enquête
il y a 8 heures 27 min
décryptage > Culture
Atlanti-Culture

"Michel-Ange" de Andreï Konchalovsky : dans un film éloigné de toute prétention biographique, Michel-Ange, un artiste confronté à la fièvre et à la folie de sa force créatrice… Sublime

il y a 10 heures 27 min
décryptage > Santé
Lutte contre la Covid-19

Coronavirus : L’Etat freine-t-il des médicaments français qui pourraient être efficaces ?

il y a 12 heures 3 min
décryptage > Economie
Espoir face à la pandémie

Le rebond (modéré) de la croissance chinoise est-il une bonne ou une mauvaise nouvelle ?

il y a 12 heures 40 min
décryptage > Politique
Lutte contre le séparatisme

Julien Aubert : "La détermination d’Emmanuel Macron face à l’islamisme relève plus de l’air du temps que de la conviction"

il y a 12 heures 57 min
décryptage > Science
Osiris Rex

La NASA est sur le point d’entrer en contact avec l’astéroïde Bennu et voilà ce que ça pourra nous apporter

il y a 13 heures 31 min
décryptage > Santé
Un mal pour un bien

Couchés plus tôt ou plus tard...? Ce que nos habitudes du confinement nous enseignent sur l’impact prévisible du couvre-feu

il y a 13 heures 52 min
pépites > Justice
Terrorisme
Samuel Paty le professeur tué à Conflans a démenti avoir commis la moindre infraction quand les policiers l'ont interrogé après la plainte d'un parent d'élève
il y a 14 heures 9 min
pépite vidéo > France
Hommage national
Retrouvez l’hommage d’Emmanuel Macron à Samuel Paty
il y a 3 heures 3 min
pépites > Santé
Extension du couvre-feu
Covid-19 : plusieurs départements vont basculer en alerte maximale jeudi
il y a 7 heures 33 min
décryptage > Culture
Atlanti Culture

"Les Inconsolés" de Minh Tran Huy : une histoire d’amour tragique, un conte féérique, un thriller gothique, une intrigue magistrale, l’exotisme du Vietnam…, un superbe roman

il y a 10 heures 5 min
décryptage > France
Majorité pacifique

Sera-t-il possible d’inverser le tragique déclin des institutions françaises en évitant la case violence ?

il y a 11 heures 41 min
décryptage > Sport
L’hymne sans la joie

PSG / Manchester United : les Parisiens confondent Ligue des champions et ligue d’égoïstes

il y a 12 heures 29 min
pépites > Terrorisme
Justice
Plainte du ministre de l'Intérieur contre un blog du site Mediapart qui accuse la police d'avoir exécuté l'agresseur du professeur de Conflans parce que ce terroriste est musulman
il y a 12 heures 51 min
light > Justice
High-Tech
Le ministère américain de la Justice a ouvert une enquête contre Google pour abus de position dominante au détriment de ses concurrents
il y a 13 heures 8 min
pépites > Politique
Terrorisme
François Fillon réagit après le meurtre du professeur de Conflans estimant qu'il ne peut pas rester silencieux face à ce drame
il y a 13 heures 38 min
décryptage > Politique
Pire que la fachosphère : la lachosphère

Terrorisme islamiste : comment les princes qui nous gouvernent ont réussi à faire en 72 heures ce qu’ils n’avaient pu faire en 30 ans

il y a 13 heures 57 min
pépite vidéo > Education
Mort de Samuel Paty
Marine Le Pen : "Les enseignants n'ont pas le soutien de leur hiérarchie"
il y a 14 heures 10 min
© Reuters
Le Giec présente ce vendredi de nouvelles preuves de l'ampleur du réchauffement climatique.
© Reuters
Le Giec présente ce vendredi de nouvelles preuves de l'ampleur du réchauffement climatique.
Matière à discussion

Réchauffement climatique : le point sur ce qui est établi et ce qui ne l'est pas

Publié le 30 septembre 2013
Avec
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a estimé vendredi, dans un rapport adopté à Stockholm, que la situation climatique s'aggravait sur Terre. La température du globe devrait augmenter entre 0,3 et 4,8 degrés d'ici 2100, selon leur scenario le plus optimiste.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Christian Gollier est économiste. Il est directeur de la Fondation Jean-Jacques Laffont - Toulouse Sciences Economiques, membre du Laboratoire d'Économie des Ressources Naturelles (LERNA).François Gervais est physicien, spécialiste de thermodynamique et...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) a estimé vendredi, dans un rapport adopté à Stockholm, que la situation climatique s'aggravait sur Terre. La température du globe devrait augmenter entre 0,3 et 4,8 degrés d'ici 2100, selon leur scenario le plus optimiste.
Avec

Atlantico : Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat remet son rapport sur le réchauffement climatique vendredi 27 septembre après quatre jours de débats. Ce rapport, dont certaines parties ont fuité, suscite depuis plusieurs mois de nombreuses polémiques. D'aucuns n'hésitent pas à affirmer que la responsabilité humaine dans le réchauffement serait remise en cause par les conclusions de ce rapport. Comment expliquer de telles interprétations ?

Christian Gollier : Même s’il fut mis en évidence par Arrhenius à la fin du 19e siècle, la science n’est absolument pas capable à ce jour de prédire avec suffisamment de fiabilité l’intensité du phénomène de réchauffement. La complexité du problème est telle qu’aucun scientifique sérieux ne se permettrait aujourd’hui de faire des prévisions sans reconnaître les limites de son modèle. Ainsi, personne ne peut dire aujourd’hui si les dommages climatiques seront de 1% ou de 50% du PIB mondial dans deux siècles. L’honnêteté intellectuelle des co-auteurs du rapport du GIEC oblige à reconnaître ces incertitudes. Rappelons aussi que ce rapport est écrit par plusieurs centaines de scientifiques, de toute qualité, de toute sensibilité et de toute origine. Mais il ne faudrait pas que les désaccords explicités dans le rapport laissent planer le moindre doute sur une réalité incontestable : une large majorité des experts s’accordent pour reconnaître que "la maison brûle" !


François Gervais : La température globale de la Planète n'a pas augmenté depuis 17 ans alors que durant cette période les activités humaines ont envoyé dans l'atmosphère 1/3 de tout le CO2 émis depuis le début de l'ère industrielle au XIXème siècle, questionnant sévèrement la supposée relation de cause à effet entre CO2 et température. L'incertitude des projections du GIEC est considérable puisqu'elle s'échelonne entre 0,2°C pour la valeur basse de la projection la moins pessimiste, à 4,8°C pour la valeur haute de la projection la plus pessimiste. La valeur haute est incompatible avec un effet de serre du CO2 bien réel, mais proche de la saturation. En revanche la valeur basse est compatible avec ce phénomène de saturation.  

Certains nient l'existence même du réchauffement. Quelles sont aujourd'hui les grandes polémiques autour du changement climatique ?

Christian Gollier : Il y a encore énormément d’incertitudes sur des éléments déterminants du risque climatique. On ne comprend aujourd’hui qu’imparfaitement les interactions entre les océans et l’atmosphère, pourtant cruciales. Par ailleurs, des scientifiques tout-à-fait respectables pointent du doigt la possibilité de rétroactions auto-correctrices, comme l’augmentation de la masse nuageuse ou l’accroissement de la photosynthèse que l’effet de serre pourrait générer. D’autres pensent qu’il serait peu coûteux pour les générations futures de contrer le changement climatique par des techniques de géoingénerie, comme la vaporisation dans la haute atmosphère d’aérosols sulfureux. Dans l’autre sens, on s’inquiète beaucoup de cercles vicieux que l’augmentation de CO2 pourrait déclencher, comme le relâchement massif de gaz carbonique contenu dans le permafrost. La réalité, c’est que les résultats des modèles les plus performants sont très sensibles à de nombreux paramètres sur lesquels planent beaucoup d’incertitudes.

François Gervais : Le réchauffement est une réalité mais il est la conjonction de plusieurs facteurs naturels qui expliquent très bien le plateau observé depuis 17 ans, alors que les modèles du GIEC les plus pessimistes s'avèrent incapables de l'expliquer. La polémique, en revanche, a toujours existé. Le site Popular Technology recense plus de mille publications scientifiques, certaines datant de plus de 20 ans, récusant tout alarmisme et insistant sur des facteurs naturels de l'évolution du climat.

Bastien Alex : Le réchauffement climatique est globalement admis. Les réserves concernent davantage son origine anthropique. Certains courants avancent la thèse de son origine naturelle à travers l’alternance des périodes de réchauffement/refroidissement qui jalonnent l’histoire de la Terre, et en déduisent que l’homme n’en est aucunement responsable. Beaucoup de scientifiques, comme Claude Allègre en France, dénoncent la rigueur et le sérieux des travaux du GIEC dont la qualité n’est appréciable que si l’on maîtrise des disciplines telles la climatologie ou la glaciologie. De même, la question de la comptabilisation des émissions fait débat. Pour l’heure, les Etats sont chargés de fournir les chiffres de leurs émissions, ce qui n’est pas satisfaisant. Dernier élément et pas des moindres, le traitement de l’incertitude par le GIEC qui a nourri les discours climato-sceptiques en se montrant parfois mal à l’aise vis-à-vis des limites actuelles de la modélisation et de la prospective climatique aux horizons mentionnés dans les rapports.

Qui sont ceux à l'origine de ces polémiques ? Quel est leur profil ?

Christian Gollier : Il est impossible de dresser le portrait-robot du scientifique climato-sceptique pour représenter une population en réalité si hétérogène. Une minorité est probablement financièrement soutenue par des acteurs qui ont intérêt à ce que rien ne bouge. Mais l’argument du financement va dans les deux sens, car des moyens énormes de financement ont été offerts aux scientifiques du climat par les Etats et certaines entreprises. Et l’existence de forts lobbies écologistes rend difficile la survie de scientifiques capables de remettre en cause un air du temps climato-catastrophiste parfois bien excessif. Dans cette histoire, on n’est pas parvenu à éviter le manichéisme.

François Gervais : Ce sont d’éminents scientifiques, des sommités spécialistes de ces questions, directeurs de grands programmes, responsables de laboratoires de recherche ou d’équipes prestigieuses. Mentionnons par exemple trois Prix Nobel, le Président de la Fédération mondiale des scientifiques, le Président de la Commission de Climatologie de l’Association Météorologique Mondiale, le Directeur de la recherche spatiale de l’Académie des sciences russe, le Président du Conseil Scientifique de l’Université de Princeton, le Président de l’Institut d’études spatiales, le Directeur-fondateur de l’International Arctic Research Center, le Président du Comité de météorologie tropicale de la Société météorologique américaine, le Directeur de l’Institut Max Planck de recherche sur le système solaire, le Président de l’Association américaine des climatologues, le Directeur fondateur du Service des satellites US, et un millier d'autres pour s'en tenir à leurs propres déclarations. Certains ont même été experts du GIEC (voir liste en annexe du livre l'Innocence du carbone).

Bastien Alex : Je crois qu’il faut davantage employer le terme "débat" qui évite la stigmatisation et la diabolisation, qui provoquent souvent des effets contraires à ceux recherchés. En effet, il faut bien prendre en considération la thèse très répandue dans les pays émergents et les pays en développement qui soutient que le changement climatique est une invention de l’Occident destiné à nuire à leur croissance économique qui commence à chahuter la domination que le monde développé a exercé pendant des siècles.

Le climato-scepticisme n’est toutefois pas l’apanage des seuls pays en développement. Les plus fervents opposants à la thèse du réchauffement climatique et à toute imposition de disposition contraignante limitant les émissions de gaz à effet de serre sont souvent liés aux lobbies des industries polluantes (pétrochimie, hydrocarbures), ce qui était par exemple le cas de nombre d’élus américains venus assister à la conférence de Copenhague et représentants les Etats de la Rust Belt, ensemble d’Etats dont l’économie – et donc l’électorat – est essentiellement tournée vers ce type d’activités. Ce sont des réflexes reposant sur des réalités qu’il faut prendre en compte lorsque l’on construit un argumentaire et une stratégie de négociations.

Quels sont leurs arguments ? Certains de ces arguments sont-ils recevables ?

Christian Gollier : Finalement, l’argument le plus fort en faveur d’un puissant effet de serre, c’est l’observation d’une augmentation de la température moyenne de la terre depuis plusieurs décennies, corrélée à une augmentation de la concentration de CO2. Le problème est que cette corrélation reste ténue, et certains pensent qu’elle pourrait s’expliquer par d’autres phénomènes, comme l’augmentation de l’activité solaire par exemple. Par ailleurs, des modifications climatiques se sont produites depuis toujours sans lien avec le CO2, ce qui peut introduire un doute sur l’interprétation du phénomène actuel. Même si ces arguments sont a priori recevables, les connaissances scientifiques les plus récentes permettent de les écarter avec un grand degré de confiance.

François Gervais : Les modèles repris par le GIEC sont basés sur la formule empirique de G. Myhre publiée en 1998 qui prévoit un réchauffement de 1°C en cas de doublement du CO2 dans l'atmosphère (sa concentration est passée de 0,03 % au début de l'ère industrielle à presque 0,04 % aujourd'hui). Au rythme actuel d'accroissement, un doublement nécessiterait 2 siècles. Rien de si alarmant. L'alarmisme qui découle des modèles les plus pessimistes résultent de l'hypothèse de rétroactions de la vapeur d'eau et des nuages. Mais cette hypothèse n'est nullement vérifiée par les observations, au contraire. 

Bastien Alex : Les climatosceptiques s’appuient sur d’autres travaux scientifiques dénigrant ceux du GIEC, insistent sur la marge d’incertitude et sont en général les adversaires du principe de précaution. Cela permet ensuite d’évoquer les impacts économiques négatifs de toute politique contraignante construite sur des incertitudes (chômage, abandon de compétences) pour enfin évoquer le différentiel de compétitivité et les effets néfastes liés au fait que l’ensemble des Etats du monde ne prendra jamais simultanément des encagements conformes aux recommandations du GIEC. Les Etats-Unis et la Chine se renvoient ainsi la balle depuis 2009, chacun invoquant son refus de s’engager sur la voie des réductions d’émissions régies par un traité international type Kyoto tant que l’autre n’aura pas décidé de l’emprunter également[1]. Cela ne veut toutefois pas dire que ces Etats ne développement aucune politique de réduction des émissions au niveau national ou fédéral.


[1] Voir Bastien ALEX, « Négociations climatiques internationales : l’impasse ou le sursaut », La Revue internationale et stratégique, n° 90, Armand Colin/IRIS Editions, été 2013.

Existe-t-il des points de consensus entre pro et sceptiques du réchauffement ? Lesquels ?

François Gervais : La grande majorité des pro et sceptiques s'accordent sur le mécanisme d'effet de serre atmosphérique. Mais certains sceptiques observant que l'effet de serre du CO2 est déjà presque saturé considèrent qu'il ne peut presque plus augmenter la température de la Terre. Ce que confirment les observations depuis 17 ans.

Bastien Alex : Le seul consensus est peut être sur le fait qu’il existe des incertitudes mais elles ne sont ni interprétées ni justifiées de la même façon. Chaque camp reconnait la difficulté de l’exercice de modélisation mais en tire des leçons différentes, que l’on coiffera selon l’envie de l’adjectif alarmiste ou sceptique. 

Comment faire la part des choses entre les éléments dont nous sommes certains et ceux sur lesquels le doute persiste ?

Christian Gollier : Les incertitudes, certaines vraiment radicales, resteront encore longtemps au cœur du problème climatique. La question est de savoir comment gérer collectivement ce risque qui, comme d’autres (bioterrorisme, collision avec une comète,…), pourrait aller jusqu’à remettre en cause la survie de notre espèce sur terre.

François Gervais : La fourchette 0,2°C-4,8°C, soit 2400 % d'incertitude (!), pour la température en 2100 illustre à l'évidence que le GIEC lui-même n'est sûr de rien. Il met en avant une hypothèse moyenne, alarmiste, qui n'a pas grand intérêt prédictif face à une telle incertitude.

Bastien Alex : Il est difficile de répondre à cette question. On a tendance à occulter la part d’incertitude parce que toute science non humaine – comme la climatologie, la glaciologie ou la météorologie – à valeur de certitude et réputation d’infaillibilité. Ce n’est jamais aussi simple. L’aspect scientifique et technique de la problématique empêche de la concevoir dans sa globalité et sa complexité. Prenons un exemple : certains sont convaincus que pour relancer la croissance, il faut pratiquer une politique de l’offre, d’autres considèrent qu’il serait plus efficace d’agir sur la demande, et ils ne sont jamais d’accord. Bien que l’économie fasse partie des sciences humaines, la part d’incertitude des modèles qu’elle véhicule me semble intéressante dans cette comparaison. 

La question du réchauffement est-elle finalement victime du dogmatisme à la fois des pro et des anti ? Le débat est-il suffisamment ouvert sur la question ?

Christian Gollier : Il y a en effet beaucoup de choses vraiment déplaisantes dans ce débat. J’ai connu certains collègues allant jusqu’à prôner un "catastrophisme éclairé" visant à faire croire à l’opinion publique que le pire est certain pour forcer la décision politique. Dans une moindre mesure, je regrette un système qui a tendance à valoriser les scientifiques extrémistes aux messages fracassants. Finalement, reconnaissons que la "méthode GIEC" est arrivée à la fin d’un cycle. L’idée est en effet bien étrange de forcer des milliers de scientifiques plus ou moins bien choisis à co-écrire un volumineux rapport où chaque mot est pesé mais que personne ne lit, dans un processus complexe, technocratique, politiquement contrôlé, et somme toute assez opaque. Il est sain que la vérité émerge de la confrontation des idées, des arguments et des contre-arguments émergeant les publications scientifiques validées par les pairs. Plutôt que l’ectoplasme GIEC, ce sont les scientifiques les plus réputés (comme Nicholas Stern ou William Nordhaus pour l’économie du climat), peut-être sous forme de réseaux internationaux, qui doivent exposer leur poids scientifique pour convaincre les politiques à prendre les décisions qui s’imposent.

 

François Gervais : Le I de GIEC signifie intergouvernemental. Dans le processus du GIEC, ce sont les représentants des gouvernements qui ont signé le protocole de Kyoto qui ont le dernier mot. Le protocole a été déclaré un enjeu majeur avant que les scientifiques aient pu conclure dans un sens ou dans un autre. Le débat peut difficilement être ouvert sous l'épée de Damoclès des dispensateurs des crédits de recherche, en l'occurrence les gouvernements.

Bastien Alex : C’est le cas de tout débat, qui est toujours altéré ou biaisé par la mauvaise fois, le dogmatisme et les raccourcis qui conduisent à présenter les choses de manière binaire. Concernant l’ouverture, je partage le point de vue d’Eric Mollard, sociologue de l’environnement, qui énonce dans l’un de ses articles la nécessité pour le GIEC de se montrer plus attentif à la critique et de ne pas chercher à dissimuler ou amoindrir la part d’incertitude de ses travaux car cela se retourne toujours contre les positions qu’il défend. Le GIEC doit aussi faire un travail intelligent de vulgarisation et de sensibilisation des individus, et non se contenter de répondre aux scientifiques climato-sceptiques via des rapports d’expertise qui ne peuvent avoir de résonance auprès du public. Claude Allègre parle aux gens, le GIEC aux experts, c’est là une erreur stratégique de communication.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (41)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
Robertlemontagnard
- 30/09/2013 - 14:06
Références ?

François Gervais, n'est ce pas ce scientifique qui va chercher ses infos sur le site Penséeunique, tenu par Jacques Duran un spécialise de la granulométrie (quel rapport avec la climatologie ?) et qui pose question au sujet de son objectivité.

J'aimerais que monsieur Gervais nous explique en quoi le plateau des températures remet en question la tendance à long terme du réchauffement dont l'origine anthropique ne fait plus doute.
issartier
- 28/09/2013 - 09:18
Pauvre type !
Le Giec est sûr à 95% que le climat va se réchauffer de 0,3° ou bien de 4,8° d’ici un siècle. Expliquez-moi comment on peut être à 95% sûr d’une chose et à 95% aussi sûr de 16 fois son contraire ? Si vous ne le savez pas, vous ne serez jamais énarque et encore moins prix Nobel et poursuivrez dans l’inculture tout le reste de vos jours. Pauvre type !
Le gorille
- 28/09/2013 - 04:54
La spécialité : il n'y a que cela de vrai !
Toujours pour Isga : cette ingénieure MTO était bien supérieure, en technique bien sûr, mais aussi et surtout en présentation, aux monstres nationaux qui se sont succédés au petit écran TF1 ou A2 : d'excellents journalistes, au métier assuré, remarquables présentateurs, agréables à suivre, mais Météo, copie à revoir !