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Tous les livres qu’il ne faudra pas rater pour cette rentrée

Publié le 22 août 2013
Comme chaque année, la rentrée est un moment important de la vie littéraire auquel les noms des nouveaux écrivains se mélangent à ceux des plus confirmés que l'on murmure déjà pour l'attribution des prestigieux prix. Petits conseils pour s'y retrouver et découvrir d'authentiques chefs-d'oeuvres.
Mohammed Aïssaoui est journaliste au Figaro littéraire.
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Comme chaque année, la rentrée est un moment important de la vie littéraire auquel les noms des nouveaux écrivains se mélangent à ceux des plus confirmés que l'on murmure déjà pour l'attribution des prestigieux prix. Petits conseils pour s'y retrouver et découvrir d'authentiques chefs-d'oeuvres.

Atlantico : Pour la littérature aussi c’est la rentrée et comme chaque année, les rayonnages seront recouverts de centaines de livres dont les auteurs ne sont pas toujours connus du grand public. Quels sont cette année les livres français qu’il ne faut pas rater à la rentrée ?

Mohammed Aissaoui : Au préalable, il est nécessaire de préciser que peu de rentrées ces littéraires ont été, comme celle-ci, aussi ouvertes ces dernières années. Il n’y a pas de livre phare qui attire à lui tous les médias comme ce fut le cas pour le Houellebecq une année et à propos duquel il fallait presque se positionner « pour » ou « contre ».

Le premier des trois romans que j’ai particulièrement aimé est le Karine Tuil, avec L’invention de nos vies, Grasset. Le livre traite d’un avocat d’affaires à New York qui pour réussir se fait surnommé Sam, supposément Samuel, et qui s’appelle en fait Samir. Un arabe donc qui se fait passer pour un juif et surtout pour son ami Samuel, mais au-delà de l’usurpation d’identité, Karine Tuil a signé un grand roman comme les Américains savent les faire et au travers duquel la quête identitaire sert à montrer tout un pan de la société contemporaine : mensonges, trahisons, triangle amoureux dans lequel une femme passe de l’un à l’autre de ces personnages en opposition.

A noter également, la performance de Nelly Alard qui publie chez Gallimard Moment d’un couple dont on parlera à mon avis beaucoup durant cette rentrée littéraire. Il s’agit de l’histoire d’un couple, tout ce qu’il y a de plus « bobos parisiens », qui vit un adultère de la part de l’homme, qui le révèle à sa compagne. Or, si l’intrigue est simple, le livre est impossible à lâcher et Alard nous prend avec elle dans cet autre triangle amoureux où la maitresse est une femme hystérique qui veut absolument que l’homme quitte sa femme pour elle. C’est très universel.

Enfin, parmi d’autres bons livres, je choisirais le Jean Hatzfeld qui s’appelle Robert Mitchum ne revient pas chez Grasset. Hazfeld a beaucoup écrit sur le Rwanda, les génocides et les thématiques qui s’y rapportent, il s’intéresse dans ce roman à la Bosnie, guerre incompréhensible, à travers les personnages de deux athlètes tireurs d’élite qui se préparent pour les Jeux Olympiques de Barcelone et qui sont enrôlés dans deux camps différents comme snipers.

L’année est-elle particulièrement porteuse de nouveaux romanciers ? Quels sont ceux dont le nom sera bientôt gravé dans les esprits selon vous ?

Nous attachons au Figaro littéraire une attention particulière à ces premiers romans puisque nous faisons chaque année la Une de notre supplément littéraire avec les dix ou douze d'entre eux qui nous ont le plus marqués. L’un des plus notables selon moi est celui de Julie Bonnie chez Belfon : Chambre 2.

Il faut également citer le Boris Razon qui raconte l’expérience de quelqu’un qui est hospitalisé durant 60 jours – un peu comme Le scaphandre et le papillon – et qui s’appelle Palladium chez Stock.

Il est de coutume de dire que le premier roman n’est rien, que ce sont les suivants qui font le succès d’un écrivain. Quels sont ceux qui ont explosé les années précédentes et qui transforment l’essai celle-ci ?

Il y a effectivement de nombreux auteurs dans ce cas comme Tristan Garcia qui après un excellent premier roman c’était un peu « perdu » et qui revient avec un excellent roman générationnel, Faber. Ainsi, tout comme Karine Tuil, il y a une génération d’écrivains qui devient mature et dont un d’entre eux pourrait être récompensé cette année par un grand prix, peut-être le Renaudot ou le Goncourt. Signalons également parmi les auteurs confirmés le nouveau Nothomb qui ne trust pas trop les médias et qui raconte un nouveau morceau de sa vie dans lequel elle retourne au Japon avec une équipe de télévision qui la suit, également un nouveau livre de Jean d’Ormesson et un autre de Jean Rolin. Dans l’ensemble, je tablerais une sur une rentrée littéraire assez partagée médiatiquement.

La nouvelle génération d’auteurs que vous évoquiez est-elle moins intimiste que celle de Nothomb et de Houellebecq ?

Oui, clairement bien que ce ne soit déjà plus complètement nouveau. Même lorsque ces romans sont issus d’une veine autobiographique, ils sont plus sociétaux qu’intimistes comme Julie Bonnie, on entre dans ce que l’on pourrait qualifier de « reportage social ».

Au-delà de nos frontières, qu’est-ce que la littérature étrangère nous livre de réjouissant pour cette rentrée ?

Bien que ce ne soit pas ma spécialité, je me félicite tout de même de l’arrivée d’un Cotzee au Seuil et d’un Richard Ford chez L’Olivier. Ce qui me réjouit c’est qu’il y a dans le travail de ces grands écrivains une véritable exigence stylistique quel que soit le thème du roman. Cela n’est pas typique d’une nation, c’est l’apanage de tous les grands écrivains. 

Propos recueillis par Jean-Baptiste Bonaventure

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