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Angle mort : mais pourquoi sommes-nous aussi surpris quand la croissance allemande tousse ?

Publié le 08 juin 2013
L’herbe plus verte chez le voisin, même en économie ? Alors que le "modèle allemand" est parfois présenté comme panacée ou marche à suivre pour une économie française mal en point, quels en sont les aspects que nous oublions ?
Xavier Landes
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Xavier Landes est professeur à la Stockholm School of Economics de Riga. Ses recherches portent sur les question de justice, de multiculturalisme et sur la justification du rôle économique de l'État.
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L’herbe plus verte chez le voisin, même en économie ? Alors que le "modèle allemand" est parfois présenté comme panacée ou marche à suivre pour une économie française mal en point, quels en sont les aspects que nous oublions ?

Atlantico : Déficits mieux maîtrisés, industrie forte, balance commerciale excédentaire, dialogue social ou encore chiffres du chômage plus bas que chez nous : les raisons de louer ce qui serait un « modèle allemand » semblent ne pas manquer. Que recouvre cette expression de « modèle allemand » ? Qu’en est-il vraiment de celui-ci, quelles sont ses zones d’ombre méconnues et ses limites ?

Xavier Landes : Avant toute chose, il convient de distinguer ce qu’est le modèle allemand de la perception que l’on en a, notamment en France. En effet, les discussions tournent moins autour du modèle considéré dans sa totalité que d’éléments précis comme la flexibilité/précarisation du travail. Ensuite, le « modèle allemand » renvoie en fait à deux modèles qui se chevauchent dans le temps : d’une part le « capitalisme rhénan » que vous décrivez et d’autre part le modèle qui se dessine depuis les années 2000.

Alors que le modèle originel articulait un contrat social implicite basé sur des valeurs de solidarité et pragmatisme, lointain héritage du conservatisme social de Bismarck, sa reformulation s’appuie sur une précarisation qui remet en cause ce contrat fondateur. Par exemple, nombre d’entreprises ont licencié leurs travailleurs pour les réembaucher à des conditions plus avantageuses, c’est-à-dire avec une rémunération moindre, des avantages sociaux revus à la baisse, souvent en passant par l’intérim, etc.

Le modèle fait actuellement débat en raison des coûts sociaux qu’il génère et aussi parce qu’il est soupçonné d’avoir initié ce qu’en théorie des jeux on appelle une « course à l’abîme ». Il est effectivement tentant pour les autres nations européennes d’adopter la même stratégie de déflation salariale en limitant l’accroissement des salaires nominaux. À ce jeu, tout le monde est perdant : les travailleurs ainsi que les entreprises parce que la demande européenne est déprimée et que les populations voient leur qualité de vie reculer.

L’alternative ne réside pas dans une célébration béate d’une utopie coopérative en Europe. La compétition entre entreprises a du bon et doit avoir lieu. Par contre, il y a de bonnes et de mauvaises compétitions. Il y a des compétitions qui poussent tous les participants vers le haut et d’autres qui les tirent vers le bas. L’histoire économique démontre qu’une compétition par les coûts salariaux représente souvent une sortie « par le bas ». Cela peut sembler rationnel du point de vue individuel, mais c’est collectivement dommageable puisque le seul moyen de réussir est de se pénaliser soi-même en même temps que ses concurrents. Le modèle allemand soulève précisément cette question.

Un point souvent évoqué est la plus grande flexibilité du travail allemand. Quelle est la réalité de cette flexibilité, n’a-t-elle que des effets bénéfiques sur les plans humains et économiques ?

La flexibilité est une réalité depuis le milieu des années 2000 en Allemagne. Elle se traduit par le recours massif aux contrats à temps partiel, la réduction des heures travaillées en cas de ralentissement économique (avec parfois la compensation partielle de la perte de revenu par l’assurance-chômage) et d’autres mesures. L’emploi est ainsi devenu plus réactif aux évolutions conjoncturelles, mais au prix de l’instauration d’un marché à deux vitesses : d’un côté, les emplois traditionnels à temps complet et parfois à durée indéterminée, correctement rémunérés et, de l’autre, des emplois flexibles, à durée variable et mal payés. Mais cette évolution n’est pas le propre de l’Allemagne.

Le cœur du débat ne se situe pas tant dans la réalité de cette flexibilité, que personne ne nie, que dans l’évaluation de ses effets, question à la fois empirique et normative. Empirique, car il faut mesurer un certain nombre de paramètres socioéconomiques, ce qui est le travail des économétriciens. Normative, car l’idée même d’évaluer le modèle allemand implique des jugements de valeur.

Cette dimension normative est essentielle sur le plan collectif. Afin de juger du « modèle allemand », il est effectivement indispensable d’élaborer un cadre d’évaluation. Est-ce que l’on regarde seulement le PIB ? Doit-on prendre en considération l’évolution des salaires, de la balance commerciale, de l’emploi, etc. ? Doit-on aller encore plus loin en incluant des données épidémiologiques ou relatives au bien-être comme le fait l’école britannique emmenée par des auteurs comme Richard Layard ou Richard Wilkinson ?

Le problème est donc celui des domaines que l’on doit prendre en considération pour juger la performance allemande. La position défendue par nombre de commentateurs est de considérer que les performances économiques à court terme sont une chose, certes importante, mais non primordiale. Il existe par ailleurs des « effets induits », cachés ou distants, que toute évaluation des politiques publiques se doit d’inclure.

Quel sera le résultat probable dans 20 ans d’une précarisation croissante de la population ? Quels seront les effets sur le bien-être des populations, leur productivité, leur santé, la stabilité des institutions, etc. ? De ce point de vue, il est difficile de considérer que la modération salariale et la précarisation des conditions de travail constituent un modèle attractif. Cela ne signifie nullement que certains aspects du modèle allemand ne soient pas positifs. Cela suggère simplement que les raisons de sa célébration témoignent d’une vision étriquée des attentes qu’une société peut légitimement nourrir à l’égard de son économie.

Comment se fait-il que le modèle économique allemand semble pourtant recueillir les éloges de nombre de personnalités politiques, jusqu’à celles de notre président lors du 150ème anniversaire du SPD ?

Dans ces éloges, il est utile de distinguer les compliments d’usage qui relèvent plus de la courtoisie diplomatique que de la vraie adhésion à l’esprit du modèle. Il est vrai que les performances apparentes sont enviables. Il convient d’insister sur « apparentes », car l’enjeu est là : qu’est-ce que l’on célèbre au juste ?

Précédemment, je mentionnais des « effets induits ». Ces derniers sont essentiels pour juger les politiques publiques. On ne peut plus piloter une société seulement sur la base de chiffres comme le PIB ou la balance commerciale comme on pouvait le faire dans le passé. Les individus sont plus exigeants, notamment au regard de la qualité de leur vie. De plus il est maintenant possible de suivre de manière fine un certain nombre d’indicateurs sociaux qui étaient auparavant inaccessibles (confiance, bien-être psychologique, bonheur, etc.).

Dès lors, si la célébration du modèle allemand est compréhensible, car elle prend place dans une période de crise, elle est également paradoxale, car elle arrive à un moment où justement l’évaluation du bien-être des nations au travers des données traditionnelles de la comptabilité nationale suscite de plus en plus de réserves.

Il n’y a qu’à se référer aux travaux sur les nouveaux indicateurs de richesse ou de bonheur pour se rendre compte que la discussion autour du modèle allemand occulte une question plus importante : celle de l’évaluation de la performance de nos sociétés. Et pour mener à bien une telle évaluation, il faut répondre à la question suivante : à quoi voulons-nous que l’Europe ressemble dans 10 ou 20 ans ?

Tout le paradoxe de cette célébration est qu’elle intervient au moment même où ce qui est encensé (des performances économiques [sujettes par ailleurs à discussion] obtenues au prix du bien-être d’une large portion des travailleurs) apparaît de plus en plus problématique. Lorsque l’on se souvient du rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi de 2009, on ne peut qu’être marqué par le caractère régressif de ce qui est discuté.

Malgré ses limites, une approche économique davantage axée sur le modèle allemand ne serait-elle pas un moindre mal en France, à l’aune de nos chiffres du chômage en constante dégradation ? Autrement dit, ne vaut-il mieux pas mieux davantage de précarité plutôt qu’un chômage de masse ?

Pour savoir si le modèle allemand, en dépit de ses limites, peut être bénéfique à l’emploi, il est nécessaire de savoir quelles sont les causes du niveau élevé du chômage en France. Il est vrai que la France souffre de problèmes structurels ainsi que d’une croissance qui est pauvre en création d’emplois. Il y a donc des réformes à mener, en particulier pour réduire le chômage de longue durée. Mais pourquoi retenir la flexibilité allemande ? Si le problème que l’on tente de résoudre est celui de l’emploi, d’autres expériences nationales sont autant dignes d’intérêt, à l’instar des pays scandinaves, de l’Autriche ou des Pays-Bas.

Les pays scandinaves connaissent des taux de chômage relativement modérés : le Danemark a un taux voisin de celui de l’Allemagne aux alentours de 7 % (la Bundesbank a communiqué en avril un taux corrigé des variations saisonnières de 6,90 % qui se démarque des 5,40 % annoncé un peu partout), la Suède et la Finlande sont à 8 % tandis que la Norvège est à un peu plus de 3 %. Par ailleurs, le taux d’activité y est très élevé (souvent supérieur à celui de l’Allemagne). Enfin, les niveaux de bien-être subjectif y sont parmi les plus élevés au monde : en 2012, selon l’OCDE, le Danemark était le pays où la population était la plus satisfaite (7.8), immédiatement suivi de la Norvège (7.6) qui était 2e, la Finlande (7.4) et la Suède (7.3) étaient respectivement 8e et 10e tandis que l’Allemagne pointait à la 22e place (6.8). Ces chiffres et d’autres démontrent que le choix n’est pas entre précarité et chômage de masse, mais celui d’un modèle de société.

Le débat qui doit être mené en France et en Europe doit l’être sur l’ensemble des dimensions relatives au bien-être social et au développement durable. Certes, il est parfois compliqué de réformer au plan national tant les habitudes et conservatismes peuvent faire obstacle. L’Union européenne représente toutefois une véritable opportunité pour redéfinir un modèle de société sur une base coopérative et en prenant en considération les défis que sont le vieillissement des populations, le développement des énergies durables, la gestion des changements climatiques, l’adaptation à une croissance économique atone, et surtout le bien-être des populations. De ce point de vue, si le modèle allemand connaît des réussites, il ne paraît pas articuler de projet pérenne pour les populations européennes.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Commentaires (3)
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Nana de la falaise
- 08/06/2013 - 16:48
@Benvoyons
Non, c'est dès que l'état COMMENCE à s'intéresser à un sujet que le pire est à craindre.
Benvoyons
- 08/06/2013 - 13:47
Nana de la falaise 08/06/2013 le problème en France ce n'est
pas les actifs( privé) qui font les modifications et les transformations mais l'Etat.
dés que l'Etat s'occupe d'un sujet c'est la mort du sujet.
ex: l'auto entrepreneur dans deux ans, c'est mort.
Nana de la falaise
- 08/06/2013 - 11:48
Question bête
Vaut-il mieux avoir un travail mal payé que pas de travail du tout ?
Sachant que les allocations chômage ne vont faire que diminuer.
Dans ce genre de raisonnement, on est toujours dans le "tout ou rien" ce qui montre bien que l'idéologie l'emporte sur l'objectivité.
Faire EXACTEMENT comme un pays étranger, c'est d'abord impossible et ensuite imbécile. Pourquoi ne pas copier ce qui marche dans tel ou tel domaine en l'adaptant ? Pourquoi ne pas tout simplement s'inspirer d'un modèle ? Exemple (ils sont nombreux): la retraite en Allemagne se prend à 67 ans contre 62 chez nous. Il y a de la marge, non ?