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Mariage pour tous : réponse à Françoise Héritier sur l'ordre naturel

Publié le 26 mai 2013
Dans l’interview qu’elle donne au Point, Françoise Héritier, qui se déclare favorable au mariage pour tous, justifie sa position en revenant sur la notion d’ordre naturel, sur les origines du mariage, sur le sacré ainsi que sur la famille. Ces retours appellent quatre remarques.
Bertrand Vergely est philosophe et théologien.Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).  
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Bertrand Vergely est philosophe et théologien.Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).  
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Dans l’interview qu’elle donne au Point, Françoise Héritier, qui se déclare favorable au mariage pour tous, justifie sa position en revenant sur la notion d’ordre naturel, sur les origines du mariage, sur le sacré ainsi que sur la famille. Ces retours appellent quatre remarques.

À propos de la notion d’ordre naturel


Quand Françoise Héritier explique qu’il n’y a pas d’ordre naturel, que la morale sert à justifier la société et que le mariage n’a rien de sacré, on peut objecter trois choses.

  • L’Homme n’est pas qu’un être social. Il est aussi un être vivant. Il n’est pas que culture. Il est aussi Nature. Par Nature, Françoise Héritier entend essence et derrière elle ordre figé des choses. Rappelons que Nature vient du latin nascor qui veut dire naître. Qui dit Nature dit origine et source. Nous ne venons pas de rien. Nous venons de la vie et nous possédons en nous la capacité de vivre et de faire vivre, de naître et de faire naître. Il n’y a là rien de figé ni d’immuable. Toute vie cherche à vivre et à faire vivre. Quand elle ne peut pas le faire elle souffre et meurt. C’est en ce sens qu’il y a un ordre de la vie.

Comme le souligne François Jacob dans Le jeu des possibles, il faut rappeler que la reproduction sexuée n’est pas une invention sociale mais une invention de la vie afin de multiplier ses chances d’adaptation et donc d’évolution. La vie aurait pu se reproduire par division cellulaire. Ce qui est limité. Elle a choisi la reproduction sexuée pour évoluer. La sexuation homme-femme est en ce sens non pas un frein mais un moteur d’évolution. Si elle n’existait pas, aucune vie évoluée n’existerait. On comprend de ce fait que le mariage entre l’homme et la femme soit le modèle dominant À travers la complémentarité dynamique de ces contraires, il est le modèle par excellence de toute évolution. Ce que le Yi Qing ou Livre des transformations, qui n’est pas un texte judéo-chrétien, enseigne en se fondant sur la dialectique du masculin (Yang) et du féminin (Yin).
Dans sa Métaphysique de l’amour, Schopenhauer le montre également. C’est le jeu de la vie et son désir d’expansion qui veut la différence sexuée et non une idéologie réactionnaire. L’attrait irrésistible du masculin pour le féminin et inversement en est l’illustration. Le besoin de se marier et de faire des enfants également. D’où le caractère ontologique de la sexualité ainsi que du mariage. Tout être vivant ressent un besoin vital d’évoluer et de vivre la dialectique créatrice de lui-même avec son autre. L’homosexualité n’échappe pas à la règle. Bien qu’elle mette en présence des personnes du même sexe,
celle-ci reste greffée sur l’hétérosexualité. Témoin le désir de mariage.  Signe que l’on ne peut pas étouffer la dialectique du
masculin et du féminin.

  • Nullement une invention de la société afin de conforter celle-ci, la morale est une invention de la vie, être moral consistant à vivre et à agir de façon responsable non pas parce qu’on y est obligé mais parce qu’on le veut. Cette dimension morale est présente dans le mariage en s’exprimant à travers  l’échange des consentements à la mairie devant le maire ou à l’église devant le prêtre. Moment essentiel de la structuration psychique des êtres humains. Le mariage pourrait n’être que naturel en obéissant à un besoin inconscient d’évolution. Il pourrait se faire malgré les hommes. Il se fait avec eux. D’où l’erreur de croire et de faire croire, comme le fait Françoise Héritier, qu’il n’est qu’un contrat, celui-ci étant une alliance et pas  simplement un contrat.

 

  • Appelons sacré, les conditions de possibilité de la vie d’un être humain, conditions  que l’on ne peut pas remettre en cause sans dommages voire mort. Contrairement à ce que pense Françoise Héritier, il y a une sacralité du mariage.  Il n’est pas neutre d’avoir une relation sexuelle et de se marier.  Faire l’amour en épousant le corps de l’autre c’est toucher à l’intime et, derrière lui, au secret d’un être. Se marier en épousant la vie de l’autre et pas simplement son corps, c’est  rencontrer le fait inouï de l’existence à travers le fait d’aimer que l’être que l’on aime existe. Un député UMP favorable au mariage pour tous justifiait sa position en disant que le mariage permet « d’avoir une sexualité ». On ne se marie pas pour faire l’amour avec quelqu’un mais pour faire sa vie avec lui ou avec elle. Tant il est vrai que l’on peut faire l’amour avec quantité de « partenaires » alors qu’on ne fait sa vie qu’avec un seul être. Le secret d’un corps vibrant dans l’intime, la gratitude devant la vie parce que l’être que l’on aime existe : c’est cela le sacré. On s’en aperçoit tous les jours. Que l’amour vienne à être vécu sans secret et sans gratitude. Il n’y a plus d’amour ni de vie.  Les corps étant vides de sens, les existences se vident aussi.  D’où l’erreur de vouloir désacraliser le mariage.

On se croit moderne en le faisant. On n’est pas moderne. On est d’une brutalité archaïque. Nous croyons et nous faisons croire qu’il peut y avoir un amour sans sacré comme il peut y avoir une sexualité sans amour. Quand il n’y a plus de sacré, il n’y a plus d’amour et quand il n’y a plus d’amour il n’y a plus de sexualité. Si nous avons un discours sur la sexualité, nous n’avons plus de discours sur l’amour, écrivait Roland Barthes dans ses Fragments d’un discours amoureux en 1977. Comment s’en étonner, quand on pense qu’il n’y a pas plus urgent que de désacraliser et de démythifier l’amour, en  confondant sacré et idole ? Hier, on accusait l’Église d’abrutir le peuple avec le sacré. Aujourd’hui, ce sont les adversaires de l’Église et leur théophobie qui abrutissent le monde en tuant le sacré.
On nous trompe donc quand on nous explique, comme le font les sociolâtres, qu’il n’y a pas d’ordre naturel et moral et que le mariage n’a rien de sacré. La société n’est pas tout. Il y a aussi la vie. S’il est vrai que, sans société il n’y a pas de vie humaine, sans vie il n’y a pas de société. Certes, l’histoire existe et les hommes ajoutent par la culture des choses à la vie qui leur est donnée. Mais pour se construire ainsi culturellement il faut partir de quelque chose et avoir quelque chose à construire. Sans quoi, partant de rien, on ne construit rien. Les sociolâtres ne veulent pas en entendre parler. Prétendant que la vie n’est qu’un mythe, à part l’ordre social il n’y a pour eux ni ordre naturel, ni ordre moral, ni ordre sacré. En
1789, les révolutionnaires ont voulu que l’année 1790 soit l’an zéro de l’humanité. Si la sociolâtrie prétend être l’an zéro de la pensée, le mariage pour tous aspire lui à être l’an zéro de l’existence. « Du passé faisons table rase », dit L’internationale.  « Des couples homme-femme et père-mère faisons table rase », dit le mariage pour tous.  L’histoire montre comment cela finit. À l’image de 1789, cela commence dans la liesse avant de s’achever dans la terreur.

À propos du mariage

Deuxième idée développée par Françoise Héritier : la manière dont les hommes ont inventé le mariage. Ne pouvant faire des fils alors que les femmes le  peuvent, ceux-ci auraient obligé celles-ci à procréer des mâles pour eux en les assujettissant à cette fonction par l’interdit de l’inceste, le rejet de l’homosexualité, la différence sexuée, le monothéisme et la sacralité du mariage. Cette idée appelle trois remarques.

 

  • Dans les sociétés dites traditionnelles, le désir des hommes d’avoir un fils et le fait de se sentir frustrés quand ils n’en ont

pas est un fait bien connu.  Un fait lourd, violent, dur, qui a fait souffrir les femmes dans l’histoire et qui les fait encore souffrir. Un fait que le féminisme a raison de dénoncer.

  • Toutefois, quand on entend dire que le besoin des hommes d’avoir une descendance mâle est à l’origine 1) du mariage, 2) du monothéisme, 3) de la différence sexuée, 4) de l’interdit de l’inceste, 5) du refoulement de l’homosexualité, on n’est plus dans la raison mais dans le fantasme du savoir absolu. Fantasme qui prêterait à sourire si celui-ci état sans conséquences pratiques. Ce qui n’est pas le cas.

 

  • Si, tel est le cas, soyons logiques. Pour que les femmes ne souffrent plus : 1) Établissons la gestation masculine. 2) Supprimons le mariage et donc le mariage pour tous au lieu de chercher à établir celui-ci. 3) Supprimons le monothéisme en installant l’athéisme et non la laïcité qui lui permet de s’exprimer. 4) Levons enfin l’interdit de l’inceste, produit du dépit masculin. Éxagération que tout cela ? Non.

La thèse que développe Françoise Héritier à propos de la soif de gestation masculine est celle que développe Élisabeth Badinter dans X Y, lorsque celle-ci explique que le drame des hommes est de ne pas pouvoir faire d’enfants. Drame qui les pousse à jalouser les femmes. Prenant au sérieux cette thèse, aujourd’hui, des chercheurs américains s’efforcent de rendre cette gestation possible. La suppression du mariage ? Il en est question en Hollande. La fin du monothéisme ? Nous
sommes en plein dedans avec la propagande théophobe et anti-chrétienne qui sévit de façon quotidienne à travers les médias.   Enfin, la levée de l’interdit de l’inceste ? Avec le communisme sexuel rêvé par Diderot dans Le supplément au voyage de Bougainville et théorisé par Engels dans  L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, cette question ne manquera pas de se poser dans les prochaines décennies au nom de l’émancipation de l’être humain. La famille telle
qu’on la connaît n’est pas exempte de critiques. Reste que recélant en elle la dialectique du masculin et du féminin, elle demeure le garant de notre évolution. Si demain, ce garant venait à disparaître au nom du désir sue tout soit possible, ce n’est pas sur la liberté que l’on débouchera, comme certains le croient, mais sur la folie.


À propos du sacré

Troisième idée avancée par Françoise Héritier : l’idée que le monothéisme, responsable de l’invention du mythe de la sacralité du mariage, est intrinsèquement violent. Ce qui appelle là encore trois remarques.

  • Rappelons d’abord que ce n’est pas « la religion » ni « le monothéisme » qui s’élève contre le mariage pour tous, mais des catholiques, des protestants, des orthodoxes, des juifs, des musulmans, des non croyants, des électeurs de droite, des électeurs de gauche et quelques homosexuels. Rappelons par ailleurs que ce ne sont pas que des hommes qui s’élèvent également contre lui, mais des centaines de milliers de femmes. Rappelons enfin que ceux qui s’élèvent contre le mariage pour tous ne sont pas des réacs dévorés par une régression à l’archaïque, mais des citoyens refusant d’être manipulés par l’idéologie qui a décidé de faire penser correctement tout le monde en niant : 1) que l’on naît homme ou femme avant d’être

homosexuel, la différence homme-femme étant un genre et un fondement de la vie alors que l’homosexualité n’est qu’une pratique affective et sexuelle ; 2) que pour faire un enfant il faut un homme et une femme et pour l’élever un père et une mère ; 3) qu’il y a un droit de l’enfant et non un droit à l’enfant.

  • Le monothéisme est intrinsèquement violent, nous dit Françoise Héritier. Non. Il est une critique de la violence, à l’image des prophètes et de  Moïse secouant le peuple d’Israël afin qu’il n’adore pas le veau d’or ; à l’image du Christ s’interposant pour que la femme adultère ne soit pas lapidée par la foule en colère ; à l’image de la mystique soufie dans l’Islam, luttant pour que les intégristes ne détournent pas le Coran. Le monothéisme a inventé le mariage pour opprimer les femmes, nous dit encore Françoise Héritier. Non. Le monothéisme a inventé le mariage mystique pour qu’il n’y ait pas que les échanges claniques où la femme n’est qu’un objet économique que l’on s’échange et que le féminin intérieur de l’humanité, déjà tant

opprimé, ne le soit davantage.

  • Un certain nombre de croyants s’opposent aujourd’hui au mariage pour tous. S’ils le font, c’est parce que se pose la question de la filiation, qui n’est pas simplement celle de la filiation visible reliant enfants et parents. Alors qu’il est à la mode de penser que la mesure de toutes choses réside dans ce qui se fait, la « religion » enseigne que la mesure de toutes choses réside dans ce qui est. L’Homme n’est pas qu’un accident de la Nature dans un univers indifférent qui se moque de son existence, comme l’écrit Jacques Monod à la fin du Hasard et la Nécessité. C’est un être qui vient de loin, qui est appelé à aller loin et qui porte en lui la dignité procédant du fait inouï de l’existence. On rencontre sa profondeur d’être humain  quand on en prend conscience et, qu’ayant cette conscience, on s’inscrit dans la filiation de la vie en apprenant à recevoir et à redonner. Concrètement parlant, comme le dit Marc-Alain Ouaknin dans Les dix commandements, c’est en honorant son père et sa mère que l’on apprend à honorer la filiation et en ne commettant pas l’adultère qu’on apprend à l’entendre.  Être religieux ce n’est donc pas régresser à l’archaïque comme le pense Françoise Héritier. Au contraire. C’est s’inscrire dans une filiation venue des profondeurs de l’être afin de recevoir et de redonner. Chose qui manque tant dans notre monde où tout éclate à commencer par la famille que l’on veut faire éclater encore davantage comme si elle ne l’était pas déjà assez. Que d’adolescents sont recroquevillés dans un individualisme désespéré et mortifère faite d’avoir  un entourage capable de leur révéler leur filiation en leur apprenant la beauté du recevoir et du redonner.



À propos de la famille

Quatrième et dernière idée avancée par Françoise Héritier. Il s’agit de propositions que l’on peut résumer ainsi.1) Dire oui bien évidemment au mariage pour tous et permettre ainsi l’homoparentalité, l’expérience montrant que vivre avec seulement un père ou une mère se fait déjà sans dommages. L’expérience montant également que, l’enfant étant d’une très grande « plasticité », il s’accommodera très bien de deux pères ou de deux mères. 2) Permettre la PMA (Procréation Médicalement Assistée) et la GPA (Gestation Pour Autrui), celle-ci offrant l’occasion de démythifier le père et la mère. 3) Inviter de ce fait les hommes et les femmes à inventer une nouvelle paternité et une nouvelle maternité.  Ce qui là encore appelle trois  remarques.

  • Il est étonnant de voir Françoise Héritier invoquer ce qui se fait pour justifier la privation de père et de mère que l’on va infliger aux enfants de couples homosexuels afin que leurs parents soient des parents comme les autres. Tout enfant de cinq ans sait pour se l’entendre dire par sa mère que ce n’est pas parce que quelque chose peut se fait que cela est moral ni parce que l’entourage l’accepte que cela est juste.  L’infibulation et l’excision des femmes dans le Sahel existent et sont localement acceptées. Ce n’est pas pour cela qu’elles sont morales et justes. S’il est louable de vouloir lutter contre les archaïsmes, ainsi que Françoise Héritier souhaite le faire. Il faut savoir toutefois que les archaïsmes se sont toujours développés et se développent encore en revendiquant « ce qui se fait ». De même, il est étonnant de voir Françoise Héritier dire qu’un enfant peut se passer de père ou de mère puisqu’il le peut. Il le peut certes, mais au prix de quels manques, de quelles souffrances, de quel drame ! Ce n’est pas parce que les êtres humains sont capables de faire face aux drames de l’existence que ceux-ci cessent d’être des drames. Le croire et le faire croire, c’est se moquer de leur souffrance. Dans le contexte actuel, c’est utiliser leur courage pour banaliser un drame afin de faire triompher l’idéologie de la parentalité pour tous. Enfin, il est étonnant de voir Françoise Héritier invoquer la « plasticité » de l’enfant afin d’expliquer qu’il s’accommodera très bien de deux pères et de deux mères. Quoi ! Des êtres élastiques, indéfiniment modelables pour permettre à la nouvelle

famille de voir le jour ? C’est cela qu’on nous promet ? Cela porte un nom. Cela s’appelle du totalitarisme, le rêve de celui-ci étant d’avoir affaire à une humanité docile et caoutchouteuse afin de la manipuler comme bon lui semble. Ce qui fait froid dans le dos !

  • Puisque de parentalité il s’agit, la justification de la PMA et de la GPA par Françoise Héritier, celle-ci voyant là une  occasion de démythifier les notions de père et de mère, est elle aussi étonnante. Traditionnellement, l’enfant ayant une dignité, les parents servent à faire un enfant. Désormais, l’enfant va servir à fabriquer les nouveaux parents, qui seront des parents explosés afin que la famille judéo-chrétienne explose elle aussi. Certes, il faudra être vigilant, nous dit Françoise Héritier, mais démythifier étant le but, il faudra se réjouir qu’un père soit réduit à des paillettes venues de Suède et qu’il soit possible de faire exploser la maternité en ayant une mère pour féconder le sperme d’un donateur par son ovule,  une autre pour porter l’ovule fécondée, une nourrice pour prendre soin du bébé une fois né, enfin une mère acceptant de prendre en charge l’éducation du bébé. Comme l’on montrera que cela peut se faire, cela se fera. Et comme l’enfant aura été éduqué pour être « plastique », cela se fera très bien.  Quand on a la consistance d’un élastique, quatre mères et des paillettes pour père ? C’était un problème pour le monde d’hier. Cela ne le sera plus pour le monde de demain. Moralité : Vous croyez que Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley et que 1984 de George Orwell sont des romans. Erreur. Ils étaient des romans dans le monde d’hier. Dans le monde de demain, ils seront la réalité.

 

  • Certes, dans ce monde, il faudra tout de même un minimum de père et de mère.  Qu’à cela ne tienne, on créera en  inventant de nouvelles paternités et de nouvelles maternités, nous dit Françoise Héritier.  Le père,  la mère, des inventions humaines ?  ?  Mais c’est génial, diront certains. Enfin, la vraie vie ! Celle que l’on attend. Celle dans laquelle il sera possible de tout faire. S’inventer comme on veut en réalisant le rêve de Sartre dans L ‘existentialisme est un humanisme :  que l’Homme soit l’avenir de l’Homme.  Fabriquer une humanité où l’individu pourra s’autoféconder, comme le souhaitent les mutants présentés par Françoise Gaillard et Élisabeth Azoulay dans Futurs,  le  tome V de leur ouvrage  100 000 ans de beauté  Ce qui est une erreur. Totalement asservi aux fantasmes de toute puissance des partisans de la nouvelle humanité appelée de ses vœux par Christiane Taubira, Garde des Sceaux, le monde découvrira un nouveau fascisme à côté duquel Hitler apparaîtra comme un enfant de chœur. Il s’apercevra alors qu’en pensant lutter contre l’oppression par le mariage pour tous et toutes les conséquences que celui-ci implique, il lui aura en fait taillé des boulevards.


En ce sens, l’interview de Françoise Héritier dans Le Point permet de comprendre ce qui se passe aujourd’hui. Vous Vous demandez comment il est possible de justifier le mariage pour tous par des phrases aussi indigentes que  : « Ça se fait » ou « Il faut démythifier » ? Vous Vous étonnez qu’il  soit possible d’avoir la désinvolture intellectuelle consistant à   accuser le monothéisme de tous les maux du monde ? Vous avez froid dans le dos quand Vous entendez le cynisme dire que l’enfant étant plastique il saura très bien s’accommoder de la nouvelle famille sans père ni mère ou avec plusieurs pères et plusieurs mères ? Vous êtes sidéré quand Vous voyez la famille explosée érigée en modèle ? Désormais, Vous savez. Tout cela n’est pas un hasard. Un nouveau monde est en marche, celui de la toute puissance de l’Homme, cette toute puissance passant pour l’heure par le chaos avec la jouissance perverse que cela peut procurer.

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Commentaires (10)
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ヒナゲシ
- 27/05/2013 - 18:03
Quelqu'un est allé au-delà de la page 1 ?
Hé bé, quel phraseur !
Notre théologien applique à la perfection la sentence « au début était le verbiage ».
 
À peu près aucun raisonnement consistant, mais une suite d'affirmations péremptoires, entrelardées de références parfois sans queue ni tête.
 
(Si F. Héritier a l'intention de lire ça, je veux bien participer à une “cotisation aspirine”.)
cloette
- 27/05/2013 - 09:09
pressions
@aze
c'est exactement cela ,mais cela est supra national . L'argent est au coeur de la chose .
eh bien on se réveille un peu tard,mais est-il jamais trôt tard ? on dit "qu'impossible n'est pas français" ...
Mario
- 26/05/2013 - 23:10
oui mais
oui mais là je crois qu'ils ont tiré sur le debut du fil de la bobine et on ne reviendra plus en arrière.trop tard.....
j'en suis désolé,malade,nauséeux....
et dire que tout cela se fait avec la politique "à votre bon coeur " et "tant qu'il y a de l'amour".Quelle mystification!!!!!