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Le dernier coup d'Etat en Espagne n'est pas si lointain : il remonte seulement au début des années 80.
Aux armes citoyens !

La crise économique peut-elle entraîner des coups d'Etat en Europe ?

Publié le 12 avril 2013
Violents mouvements sociaux en Espagne, percée de l'extrême droite raciste et néo-nazie au Parlement grec, poussée du populisme lors des dernières élections italiennes... La crise fait-elle planer la menace d'un coup d'Etat au-dessus de certains pays de l'Union européenne ?
Gérard Bossuat et Christopher Dembik
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Gérard Bossuat, chaire Jean Monnet ad personam d’histoire de la construction européenne, est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Cergy-Pontoise.Christopher Dembik est diplômé de Sciences-Po Paris et rédacteur en Chef du...
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Violents mouvements sociaux en Espagne, percée de l'extrême droite raciste et néo-nazie au Parlement grec, poussée du populisme lors des dernières élections italiennes... La crise fait-elle planer la menace d'un coup d'Etat au-dessus de certains pays de l'Union européenne ?

Atlantico : La crise économique pourrait-elle mener à des risques de coups d'Etat en Europe ?

Gérard Bossuat : Les pays où la crise financière et économique s’est manifestée avec beaucoup de violence depuis 2008 ont bien résisté. La Grèce qui par le passé a eu des comportements anti-démocratiques quand les militaires ont pris le pouvoir, la dictature des colonels, conduite par Yeoryos Papadopoulos de 1967 à 1974, s’est révélée capable d’organiser des élections et de prendre des mesures drastiques, contestables sans doute, pour répondre à la crise. Il n’y a pas eu de menace perceptible de coup d’Etat. En revanche l’extrême droite raciste et même néo-nazie à pris pied au Parlement et son discours a été banalisé. Le risque d’un affaiblissement de la démocratie en Grèce existe pour cette raison.

En Espagne, le pouvoir politique de droite semble plus redouter la séparation de la Catalogne qu’un coup d’Etat militaire. A-t-il raison ou tort ? A part certaines interventions calculées comme celles d’un général du cadre de réserve, Juan Antonio Chicharo, il n’y a pas de menaces immédiates. Le Portugal fonctionne démocratiquement. Quel coup d’Etat serait à redouter d’un pays dont l’armée a fait la révolution des Œillets en avril 1974 ?

En revanche, la crise a renforcé en Hongrie très visiblement, ailleurs aussi mais plus discrètement, les nationalismes dont on ne sait jamais dans quelle direction ils iront : un nouveau rebond pour les pays concernés autour d’un dirigeant fort, l’aventure de l’isolement et de la démagogie, le repli sur ses frontières en utilisant tous les moyens pour échapper aux règles européennes de non-discrimination.

La notion de coups d’Etat est relative. L’expérience européenne est riche de ce point de vue : coups d’Etat militaires, les plus connus et les plus spectaculaires, coups d’Etat politiques confisquant le pouvoir au profit d’un parti ou d’un homme. Il manque encore le coup d’Etat anti-européen, le plus probable, contre les règles de Bruxelles, contre le système communautaire de prise de décision à 27, une sorte de révolte des peuples ou des gouvernements incapables de vivre à 27 leur avenir. Légalement, la Grande-Bretagne a inauguré ce positionnement avec les clauses d’opting-out qu’elle a obtenues depuis 1973. Il faut craindre davantage l’usure de l’idéologie démocratique, contestée et diffamée, sous prétexte qu’elle ne donnerait plus de solution. Il faut craindre l’installation de régimes autoritaires plus que des coups d’Etat. Evidemment le pronostic ne présente aucune certitude.

Christopher Dembik : Au sens strict, c'est-à-dire le renversement du pouvoir de manière illégale et brutale, en s'appuyant généralement sur l'armée, je ne pense pas que la crise économique pourrait mener à des risques de coups d'Etat en Europe. Le seul pays qui pourrait peut-être basculer c'est l'Espagne, où on constate que de plus en plus d'officiers s'interrogent sur la capacité du pays à conserver son unité face aux revendications de la Catalogne dans un contexte de désaveu des élites politiques et de la Maison Royale, à cause de scandales de corruption, et d'une crise sociale aiguë. Le chômage des jeunes est ainsi de près de 60% dans le pays. On comprend donc rapidement que le risque d'explosion sociale n'est pas à négliger.

 

Ce problème est-il spécifiquement espagnol, lié à la forte présence du séparatisme dans ce pays, ou la menace d'un coup d'Etat pourrait-elle toucher d'autres pays européens ?

Gérard Bossuat : Si l’on s’en tient à l’idée d’un coup d’Etat anti-européen, et non pas militaire, il faudrait un pouvoir politique fort et appuyé sur une large partie de l’opinion nationale pour réussir un désengagement des institutions communes de l’Union européenne qui pourrait consister en un refus d’appliquer certaines directives au mépris des amendes prévues. Quel serait l’avantage gagné ? Un surcroit de prestige auprès des électeurs nationaux pour un gouvernement à poigne. Une certaine liberté de manœuvre financière, une dévaluation de la monnaie nationale et un départ de la zone euro de ce pays, un contrôle retrouvé sur les flux migratoires. On imagine les réactions des autres pays membres de l’Union et les conséquences délicates pour ce pays en termes de prestige extérieur et de relations économiques et commerciales. Une ère de trouble serait ouverte en Europe. Le message fondamental de l’Union européenne serait terni : les Européens apparaitraient à nouveau comme des nations méfiantes les unes envers les autres et sans avenir commun.

Le séparatisme catalan n’est pas anti-communautaire puisqu’il prétend trouver sa place au sein de l’Union européenne, mais il est redoutable pour l’Espagne dans son ensemble. La séparation à l’amiable de type tchécoslovaque en décembre 1992 ne semble pas être la manière de procéder envisagée par les protagonistes ibériques. La question est d’apprécier si le statu quo actuel est meilleur. Il ne le semble pas. Les protagonistes doivent faire preuve d’imagination. Et les institutions de l’Union restent officiellement silencieuses.

Christopher Dembik : Le XIXe et le XXe siècles nous ont montré que l'Espagne a la culture du pronunciamento (un procédé par lequel l’armée se déclare contre le gouvernement en place dans le but de le renverser, NDLR). Le XXIe siècle pourrait justement confirmer cette tendance. Il faut bien comprendre que le séparatisme, même s'il semble plus exacerbé en Espagne que dans d'autres pays européens, profite d'un contexte politique et économique extrêmement favorable depuis deux ou trois ans. Les deux grands partis, PP et PSOE, sont discrédités, le premier à cause de scandales de corruption et le deuxième à cause de son incapacité à réagir face à la bulle immobilière des années 2000. La figure du roi ne rassemble plus autant. Un récent sondage du Centre d’enquêtes sociologiques montre que les Espagnols ont perdu le respect pour la couronne. Enfin, la crise économique est là et pour longtemps. 

Cette culture du pronunciamento n'est pas aussi présente dans d'autres pays européens où l'armée ne joue pas non plus le même rôle. La Constitution espagnole octroie aux forces armées le rôle de garant de l'unité du pays. De fait, cela peut donner libre cours à certaines interprétations et être considéré comme un blanc-seing accordé à l'armée pour qu'elle intervienne en cas de nécessité. 

 

En dehors de la menace de sécession, quel autre type de problème pourrait mener à un coup d'Etat (mouvements sociaux, montée du populisme comme en Italie avec la poussée de Beppe Grillo etc.) ? De quelle autre façon un changement de régime pourrait intervenir ?

Gérard Bossuat : Les mouvements sociaux actuels dans les pays du sud touchés par la crise financière et maintenant économique sont de grande ampleur. La démocratie, comme on vient de le voir, a résisté. Toutefois les élections ont donné un visage de l’Italie et de la Grèce peu rassurant : extrémisme d’un côté, bouffonnerie de l’autre, et sentiment d’inquiétude parce qu’elles n’ont pas ouvert une voie nette pour le relèvement. Jusqu’où l’agitation sociale peut-elle conduire ? Par qui peut-elle être instrumentalisée ? Par les démagogues et les extrêmes assurément. Les menaces sur la stabilité politique à travers ces cas d’espèce sont à chercher dans l’augmentation du chômage, dans l’absence d’espoir de trouver un travail épanouissant pour les jeunes diplômés et les jeunes sans formation.

La solution est que les gouvernements travaillent à rechercher le plein emploi, au prix de certaines entorses au libéralisme, par plus de régulation européenne et que l’UE, autrement dit les chefs d’Etats et de gouvernement et le Parlement européen, décident de relancer la production de richesses dans l’Union en inventant une nouvelle économie fondée sur des paradigmes révolutionnaires, tels que l’économie verte, l’innovation technique et sociale, la satisfaction des fondamentaux de la personne humaine et non pas celle du capitalisme financier. Le débat sur le budget européen au Parlement peut être un signal du changement de paradigmes. Les institutions d’unité gagneraient une légitimité que la crise a détruite à s’en tenir uniquement à la technique financière et à l’austérité comme solutions. Il est vrai qu’un autre débat s’ouvre, sans solution actuellement, sur la forme des institutions communautaires. Plus de fédéralisme est indispensable. La crise actuelle en réclame.

 

Christopher Dembik : D'autres problèmes ne pourraient pas mener à un coup d'Etat, c'est exagéré. En revanche, ils pourraient entraîner une instabilité politique, ça oui ! 

On peut envisager une montée des mouvements sociaux mais qui seront certainement beaucoup moins structurés qu'avant, avec un désengagement des syndicats, qui sont de moins en moins représentatifs et une radicalisation de certains éléments. On l'a vu déjà en Espagne, les mouvements sociaux ont des revendications disparates, mais il y a une convergence autour du rejet de l'élite dirigeante et de l'austérité aveugle.

Par ailleurs, le vrai risque pour le système politique a certainement trait à la montée du populisme avec tout ce que cela implique. Ces mouvements ou partis politiques qui se revendiquant du populisme n'ont pas tous la même attitude face au pouvoir. En France, le FN aspire à gouverner tandis que le MoVimento 5 Stelle (le mouvement de Beppe Grillo en Italie, NDLR) vise plutôt à faire obstruction au système. On constate des divergences sur le programme et les objectifs mais tous rejettent l'austérité et, en toile de fond, questionnent le projet européen. A ce titre, il sera intéressant de savoir le score que fera la plateforme politique Alternative für Deutschland, qui prône la fin de l'euro, lors des élections allemandes de septembre prochain.

Au niveau de la France, on l'a vu, la jeunesse n'est pas porteuse de changement ou de revendications. Le mouvement des Indignés n'a pas pris. Nous sommes face à une jeunesse qui a une forte aversion au risque et qui préfère se contenter d'un statu quo discutable. Le débat politique est léthargique. On ne discute pas les grandes orientations économiques pour les 10, 20 ans à venir, on n'esquisse aucun projet de société… on se contente de réagir au coup par coup à la crise et d'orienter l'attention des citoyens vers des débats sociétaux qui ne sont certainement pas d'une grande urgence actuellement. En évacuant les vrais problèmes et les grands choix stratégiques, on fait le lit des extrêmes et on peut sans trop se tromper envisager un 21 avril bis d'ici quelques années.

 

L'article de Forex (cliquer ici) fait remarquer que le dernier coup d'Etat en Espagne n'est pas si lointain : il remonte seulement au début des années 80. Ainsi, l'argument selon lequel les principes démocratiques sont bien ancrés en Europe serait-il à nuancer ?

Gérard Bossuat : Il n’y a pas de vérité de foi en l’espèce. Chaque pays a son histoire qui pèse sur les générations suivantes. La tradition bonapartiste en France a été une menace sur la démocratie pendant longtemps. La tradition autoritaire a mené le pays à l’échec moral et politique le 10 juillet 1940. Le putsch des Généraux français à Alger en 1961 rappelle que la bataille pour faire vivre les institutions démocratiques et républicaines est permanente dans certains pays européens de la moitié sud du continent. La tentative de putsch en Espagne était une manifestation de la résistance du vieux monde franquiste à la naissance de la démocratie.

Christopher Dembik : Je pense très sincèrement qu'on a tort de croire que les principes démocratiques sont bien ancrés en Europe. Il suffit d'aller en Europe de l'est pour s'en rendre compte. Des pays comme la Pologne expérimentent la démocratie depuis à peine plus de 20 ans. Le dernier coup d'Etat en Europe occidentale remonte au début des années 80 avec l'Espagne et il n'y a pas si longtemps tout le monde a le souvenir de l'Europe des années 30. La démocratie n'est pas un état de fait, c'est un processus en perpétuelle évolution. 

On peut d'ailleurs s'interroger sur l'état des principes démocratiques à l'heure actuelle en Europe avec la tutelle qu'exerce la Troïka sur plusieurs pays. Est-ce que le vote des Grecs par exemple a une vraie signification ? C'est un moyen d'exprimer leur mécontentement dans les urnes et non pas dans les rues d'Athènes mais, pour autant, peu importe la coalition au pouvoir, elle n'a pas d'autre choix que d'appliquer strictement la feuille de route européenne. Je pense qu'il sera souhaitable, une fois la crise économique terminée, de faire le point sur la démocratie telle qu'on la souhaite en Europe. Au final, c'est tout le projet européen qui est amené à être repensé.

 

L'instabilité politique peut-elle avoir une incidence négative sur l'économie en accentuant la crise ?

Gérard Bossuat : L’instabilité sociale et économique est primordiale dans l’équilibre général d’une société. La durée de la crise économique ne doit rien à la crise financière de 2008. Elle dure depuis la fin des Trente Glorieuses, depuis 1973. Elle dure en raison de l’épuisement du modèle économique productiviste, financiarisé et de son adoption par l’Inde, la Chine, le Brésil et la Russie. L’instabilité politique résulte de la crise sociale et de l’incapacité, à ce jour, de l’Union européenne, des Etats-Unis et des grands pays émergents de passer à une économie respectueuse des équilibres naturels et de satisfaire les aspirations normales d’une partie importante de la population mondiale ou même de leur propre population : santé, nourriture, formation, paix, développement. Encore une fois, l’Union européenne a les capacités d’être l’initiatrice d’un tel changement si ses dirigeants le veulent bien. Il n’y a donc aucune place pour la démagogie et le populisme, sauf si l’Union européenne continue de désespérer les citoyens.

Christopher Dembik : On en vient à l'essence même du risque politique. En Europe, on pensait que ce risque était minime jusqu'à l'émergence de la crise souveraine et de ses nombreuses conséquences, dont l'austérité. L'Europe de 2013 c'est une Europe où le risque politique est au plus haut. Les élections italiennes de février l'ont bien montré. Dès que le scénario d'une Italie ingouvernable s'est précisé, tous les actifs financiers ont chuté (les indices, les actions et particulièrement les bancaires, l'euro etc.)

On pourra toujours dire que ce n'est pas l'économie réelle, que c'est la spéculation, mais cette réaction des marchés montre de manière exemplaire l'incidence négative sur l'économie des événements politiques.

Nous sommes face à une zone euro où quasiment tous les gouvernements sont discrédités, à part peut-être celui d'Angela Merkel qui peut compter sur de bons chiffres économiques et qui subissent des revers à chaque élection. On l'a vu en Espagne, en Italie, en Grèce et même en France. Deux problèmes se posent : la compétence de notre personnel politique et la poursuite d'une feuille de route.

Non seulement les gouvernements successifs depuis 2007/2008 ont mal diagnostiqué les raisons de la crise et ont donc mis en œuvre des mesures inadaptées mais, en plus, ils ont souvent tergiversé, appelant un jour à prendre des mesures favorables à la croissance, le lendemain prônant l'austérité au gré de l'évolution de l'échiquier politique.

Pour que l'économie fonctionne, que les entreprises investissent et embauchent, il faut que les gouvernements aient une politique économique, fiscale et budgétaire cohérente que tout un chacun soit en mesure de comprendre. Dans bien des cas, notamment en France, il n'y a ni cette cohérence ni ce souci de clarté.

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srgbue
- 01/04/2013 - 18:21
la Dette et la balance
la Dette et la balance commerciale sont deux choses totalement différentes
srgbue
- 01/04/2013 - 18:15
La Dette ?
et donc quand SARKO est arrivé au pouvoir il y avait 1200 milliards laissés par MITTERAND et JOSPIN mais on oubli dans vos comptes les regions tenues par les socialos des Maitres gestionnaires ....!
srgbue
- 01/04/2013 - 18:11
SARKO
Mais pitié arrétez de nous prendre pour des débiles profonds en nous racontant que les socialos sont la solution pour la France ils ont depuis tres longtemps toutes les regions et ormis avoir embauché des milliers de fonctionnaires qui ne servent strictement à rien et d'avoir engagé des depenses pharaoniques d'amenagement totalement inutiles avec l'argent des contribuables juste un exemple l'efficacité des agents de la dde lorsqu'il tombe 3 cm de neige , alors je n'arrive pas a comprendre pourquoi défendre des incapables et des menteurs