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Mali : il est temps de reconnaître le peuple touareg !

Publié le 04 février 2013
Les frontières coloniales ont engendré moult conflits et devraient être plus conformes aux désirs des peuples, notamment afin d’éviter que ceux-ci se radicalisent... Le problème malien remonte à la création, en 1960, d’un État central tenu par la tribu noire-africaine des Bambara qui domine le Nord touareg.
Alexandre Del Valle
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Alexandre del Valle est un géopolitologue et essayiste franco-italien. Ancien éditorialiste (France Soir, Il Liberal, etc.), il intervient à l'Ipag,  pour le groupe Sup de Co La Rochelle, et des institutions patronales et européennes, et est chercheur...
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Les frontières coloniales ont engendré moult conflits et devraient être plus conformes aux désirs des peuples, notamment afin d’éviter que ceux-ci se radicalisent... Le problème malien remonte à la création, en 1960, d’un État central tenu par la tribu noire-africaine des Bambara qui domine le Nord touareg.

Peut-on faire encore comme si le peuple Touareg – et donc berbère - n’existait pas ? Peut-on encore nier que les frontières coloniales ont engendré moult conflits et qu’elles devraient être plus conformes aux désirs des peuples, notamment afin d’éviter que ceux-ci se radicalisent ? Les droits à l’autodétermination que la "communauté internationale" (en fait les États puissants de la planète) a accordé dans les années 1990-2010 aux séparatistes slovènes, croates, bosniaques ou albanophones face à l’Etat central serbo-yougoslave, ou encore aux chrétiens-animistes du Sud Soudan (désormais indépendant), longtemps massacrés par les Arabo-musulmans du Nord Soudan, peuvent-ils être refusés aux Berbères du Nord Mali ?

On peut répondre à cela que le droit international est fondé sur le sacro-saint dogme de "l’intangibilité des frontières", y compris celles qui sont le fruit d’un découpage colonial sommaire. Mais il est aussi clair que, faute de liquider physiquement les Maures et les Berbères du Nord Mali, honnis par les ethnies noires-africaines du Sud du pays, le fait de nier la "question touareg" et des minorités équivaudra à créer une "bombe identitaire à retardement" pour les futures générations maliennes.

Rappelons que les Touaregs du Mali sont membres de la grande famille des "Amazighs" et qu’ils parlent une langue berbérophone, le Tamasheq, qui vient lui-même du mot Tamazigh (berbère). Globalement, les Berbères vivent dans des États dominés soit par des nationalistes arabophones, soit par des tribus noires-africaines (Maroc, Algérie, Tunisie, Lybie, Mauritanie, Niger, Mali, etc). La plupart du temps, ils sont contraints de parler l’arabe ou l’une des langues nationales africaines au détriment du Tamazigh ou du Tifinagh. Ils sont pris en tenailles entre l’arabisation intensive et la domination des noirs-africains, souvent descendants d’esclaves et donc épris de revanche...

Le problème de fond au Mali remonte donc à la création, en 1960, d’un État central tenu par la tribu noire-africaine des Bambara qui domine le Nord touareg et Maure. Car au Nord du Mali, bien qu’étant laïques et hostiles à l’islamisme radical, les Berbères touaregs cohabitent depuis longtemps avec des Arabophones maures bien plus islamisés et qui pourraient être des ennemis, mais qui sont comme eux perçus comme des intrus "blancs" par les ethnies noires africaines du Sud. Tandis que les Touaregs ont repris leurs aspirations autonomistes, les arabo-musulmans se sont réislamisés sous le double effet de la réislamisation de l’Etat malien lui-même et de l’influence du salafisme venu des pays du Golfe.

Ainsi, depuis les années 1980, avec le remplacement du panarabisme par le panislamisme, les indépendantistes berbères d’Afrique du Nord et sahélienne ont connu un vaste mouvement de réveil identitaire, fort bien décrit dans l’ouvrage du leader kabyle Ferhat Mehenni : Le siècle identitaire, la fin des empires post-coloniaux (éditions Michalon, 2010), qui explique que la démocratisation couplé au réveil des identités et aux moyens de communication modernes aboutira tôt ou tard à une redéfinition des frontières post-coloniales, ce qui célébrera enfin, selon lui, la "seconde décolonisation".

Les mouvements laïcs touaregs du Nord étant traditionnellement hostiles à l’islamisme, le fait que certains de leurs groupes rebelles aient rejoint des "terroristes islamiques" arabophones a semblé paradoxal. Mais il convient de distinguer entre l’internationale islamiste salafiste, composée de groupes algériens et locaux comme AQMI et le Mujao (Maures arabophones), plus ou moins affiliés à Al-Qaïda, et l’islamisme malien plus spécifiquement touareg comme Ansar Dine. Clef du problème, ce mouvement dirigé par l’ancien leader de la rébellion touareg des années 2000, Yad Ag Ghali, a été co-créé très récemment par le régime algérien, qui voulait ainsi affaiblir le mouvement touareg laïque du MNLA et qui craignait plus que tout la création d’un Etat berbère à ses portes, susceptible de réveiller les vélléités indépendantistes des Kabyles algériens.

Rappelons que lorsque le MNLA conquit tout le Nord Mali en mars 2012, l’armée malienne décampa et ne combattit même pas les Touaregs. L’intégrité du Mali avait déjà volé en éclat. Dans ce contexte fort préoccupant pour Alger, le chef d’Ansar Dine, Yad Ag Ghali, ex-leader touareg de la rébellion de 2006 qui conclut un accord de paix avec Etat malien en 2009, enragé de ne pas avoir été choisi pour diriger le MNLA par la jeune garde du mouvement touareg laïque, accepta la proposition d’Alger de créer une nouvelle entité islamiste touareg suffisamment bien dotée militairement et financièrement par Alger, le Qatar et l’Arabie saoudite pour réussir à annuler la victoire des Touaregs laïques et créer un prétexte pour discréditer le nouvel Etat berbère du Nord, devenu un “fief d’Al-Qaïda”...

L’intérêt commun d’Alger et des monarchies islamistes du Golfe étant de couper l’herbe sous le pied aux révolutionnaires laïques touaregs. Abandonné à la fois par les capitales africaines, occidentales et arabes, le MNLA dut donc affronter seul tous les mouvements islamo-terroristes (AQMI – MUJAO -Ansar Dine) lourdement armés et financés pas seulement par la drogue et les prises d’otage mais par les pétromarchies salafistes du Golfe qui leur ont ainsi permis de recruter d’anciens combattants MNLA alléchés par l’argent salafiste... C’est ainsi qu’en quelques mois, le MNLA s’est fait voler sa victoire par les islamo-terroristes et a tenté de "sauver les meubles" en contractant une alliance tactique, certes contre-nature, avec les Salafistes, ceci en échange de droits culturels. Pour le leader du Mouvement mondial berbère, Belkacem Lounès, l’Algerie de Boutéflika a donc joué un jeu plus que trouble, en démontrant, par son pouvoir de nuisance, qu’aucune paix n’étant souhaitable sans Alger. Selon Lounès, "si il ne s’agissait que d’un conflit entre Touaregs et l’Etat malien, la question serait déjà réglée depuis longtemps, car les Touaregs sont légitimes au Nord Mali et ont droit à une auto-détermination, leur capacité combattante leur permettant de repousser l’armée malienne et donc d’avoir l’avantage sur le terrain. Sans l’action extérieure d’Alger et des pays arabo-musulmans du Golfe, qui tirent les ficelles des mouvements islamistes du Nord Mali et d’ailleurs, ennemis fort "utiles" pour discréditer l’autodétermination des Touaregs, l’équation malienne serait moins difficile à résoudre…".

En conclusion, on ne pourra pas éradiquer les fondements du terrorisme islamiste au Nord Mali par une simple intervention militaire venant en appui d’un Etat central malien divisé et considéré comme hosile et illégitime par le Nord. Aucune solution de long terme n’est viable si elle nie la volonté d’autodétermination des Touaregs de l’Azawad, et donc si elle n’a n’associe pas réellement le MLNA aux discussions et aux opérations sur le terrain. Pour l’heure, l’intervention française n’a pas réconcilié les deux parties, car depuis qu’ils sont libérés des Jihadistes, les Touaregs et Maures du Nord Mali subissent des représailles d’une extrême violence de la part des Maliens noirs revanchards du Sud, ce qui ne risque pas de favoriser la paix…

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Commentaires (26)
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richard R
- 08/02/2013 - 12:49
ah! les frontières.
La France comme les autres pays s'accrochent à l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme, colonialisme que nous haïssons !! Ubuesque d'autant que depuis le début les touaregs étaient opposés à vivre avec ceux du sud du fleuve Niger (qu'ils avaient razziés pendant des siècles). Le Général a voulu faire vivre ensemble des gens qui ne le voulaient pas et il y a eu bien des exactions contre les touaregs. Les exactions des uns ne se justifient par les exactions des autres. Les islamistes fous n'ont pas encore combattus les français (ils n'ont pas les moyens logistiques pour) et sont partis commettre leurs horreurs au Darfour avec l'aide du sinistre Bechir, premier président en exercice poursuivi par la Cour Pénale Internationale... Ah, l'histoire! il y eut bien sûr un empereur romain berbère (Septime Severe) et il y eut un empire du Mali, des colonialismes aux frontières différentes. Pourtant les choses sont claires entre l'islamisme et la démocratie et on fait semblant de ne pas voir le MNLA, ces touaregs qui s'étaient levés pour l'indépendance de l'AZAWAD et surtout pour la démocratie et la laïcité (3 éléments absents du Mali d'avant la crise). Pas d'avenir sans...
Amnay
- 08/02/2013 - 11:28
MERCI Monsieur Del Valle
Enfin un analyste occidental et plus précisemment français qui ose appeler un chat un chat. Oui, ce sont les tracés coloniaux qui sont à l'origine des drames entre les peuples d'Afrique. De quel droit l'occident se permet-il d'enfermer dans des frontières intangibles des peuples qui ne peuvent pas vivre ensemble dans la mesure où les uns sont obligés de s'assimiler aux autre, à ceux qui dominent et squattent les instances de l'Etat. Les Africains ne peuvent pas vivre sous le modèle du jacobinisme français, continuer sur cette voie suicidaire c'est ouvrir la porte à de nouveaux génocide: On ne peut pas oublier le Rwanda et on refuse que les Touaregs continuent à se faire massacrer dans le silence complice de la communauté internationale. Le MNLA que certains tentent de faire passer pour des alliés des islamistes, sont concrètement les seuls à les avoir combattus sur le terrain. l'intergvention française, si réellement elle visait les islamistes, aurait du avoir lieu bien avant! comment se fait-il que lorsque c'était les Toauregs qui les subissaient depuis plus de 10 ans, personne n'y trouvait rien à redire et maintenant qu'il y a danger sur des intérêts bien précis,
Gobji
- 06/02/2013 - 19:05
De Grâce
Je suis peiné de lire des réflexions de cette nature, d'autant plus peiné que ce monsieur enseigne la géopolitique. Quel désastre. Quand on veut parler d'une situation, le minimum serait de se rendre sur le terrain, d' observer, d'échanger avec les concernés et de faire sa propre analyse. Ce article ne constitue ni plus ni moins à mes yeux que l'illustration type d'une masturbation intellectuelle. Ramener le problème dit touareg à une dimension raciale relève de la malhonnêteté intellectuelle ou alors d'une ignorance pathologique. Les touaregs n'ont pas plus de problèmes que les autres ethnies alors de grâce foutez-nous la paix avec vos réflexions à la con. De grâce cherchez la connaissance directe comme le disais feu Cheikh Anta Diop au lieu de nous servir une pouuriture ce cette nature.