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D'or et d'argent

Rappel historique : avant l’étalon-dollar, l’étalon-or garant de la stabilité monétaire mondiale

Publié le 31 mars 2011
Jusqu'à 1980, l'étalon-or fut le garant de la stabilité monétaire mondiale. A la suite des accords de Bretton Woods, la valeur du dollar est directement indexée sur l'or et les autres monnaies sur le billet vert. L'étalon-dollar consacré, il devient la première cause de la crise du capitalisme. Le G20 qui débute le 31 mars en Chine, saura t-il remettre en cause la suprématie de la devise américaine ?
Norman Palma est Maître de Conférences à l'Université de Paris-Sorbonne.Diplômé en Economie, Philosophie, et Lettres.
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Jusqu'à 1980, l'étalon-or fut le garant de la stabilité monétaire mondiale. A la suite des accords de Bretton Woods, la valeur du dollar est directement indexée sur l'or et les autres monnaies sur le billet vert. L'étalon-dollar consacré, il devient la première cause de la crise du capitalisme. Le G20 qui débute le 31 mars en Chine, saura t-il remettre en cause la suprématie de la devise américaine ?

Jusqu’à la première moitié du XXe siècle, le système monétaire traditionnel était d’ordre bimétallique. Au sein de ce système, l’or était l’instrument des échanges au niveau international, tandis que l’argent métal servait à garantir le papier qui circulait à l’intérieur des nations. Sous le règne de ce système, il ne pouvait pas y avoir de crises internationales. Les crises économiques et monétaires se manifestaient alors à l’intérieur des nations.

Mais la fin du bimétallisme a provoqué l’apparition des célèbres cycles économiques[1] et la réduction de la base monétaire internationale d’un tiers, car la valeur de l’argent métal représentait un tiers de cette masse. Puis, avec la fin de la Première Guerre Mondiale, se déclencha la thésaurisation d’une partie de plus en plus importante des réserves or des Etats-Unis[2]. En 1944, l’Oncle Sam  contrôlait ainsi plus des ¾ du stock d’or monétaire du monde soit 21 700 tonnes. Au début, l’or fut démonétisé pour éviter l’inflation, puis l’expérience démontra que cette politique conduisait à la suprématie du dollar.

L’ère du règne du dollar

Avec les accords de Bretton Woods du 22 juillet 1944, une nouvelle période de l’histoire du système monétaire international s’ouvrit, car le billet vert fût garanti par les réserves d’or des Etats-Unis. La fin de cette garantie, le 15 août 1971, inaugura une étape totalement différente : celle du règne du billet vert. Concrètement, cette nouvelle phase commença avec les accords de Washington du 18 décembre 1971. Mais ce système de l’étalon-dollar ne pouvait se manifester dans la plénitude de ses capacités, sans la démonétisation de l’or, c’est-à-dire sans une mise à mort du rôle monétaire de l’or. Car l’étalon-or est depuis le début de l’économie marchande, autant dire depuis des millénaires, la valeur monétaire universelle. C’est, dès lors, cette démonétisation qui va permettre le règne du billet vert et qui va donner aux Etats-Unis non seulement le droit et le privilège d’acheter les biens et les services du monde avec du simple papier, mais aussi de déterminer fondamentalement le droit, la politique et l’économie internationale !

Le règne du billet vert commence ainsi le 21 Janvier 1980, lorsque le marché de l’or s’effondre. Cette suprématie conduira à la sur-appréciation du billet vert. C’est ainsi qu’à la mi-février 1985, le dollar  valait à Paris 10 francs et 60 centimes : Les médias rejouaient régulièrement l’air d’ « un américain à Paris », américains pour qui tout était extraordinairement bon marché sur le vieux continent. Mais, cette sur- appréciation de l’US dollar était en train d’étouffer l’économie américaine - en la rendant moins concurrentielle – et augmentait mécaniquement la dette en dollars des pays surendettés du Tiers-Monde. Les accords de New York, du 22 septembre 1985, vont conduire les deux grands pays excédentaires de l’époque – la République Fédérale Allemande et le Japon – à acheter massivement leurs propres devises avec leurs réserves à savoir avec les billets verts accumulés, ceci afin de déprécier la monnaie de l’Oncle Sam de 50 %. Cette opération réussie fut entérinée par les accords du Louvre du 22 février 1987. Ironie de l’histoire, les anciens ennemis d’hier se réunissaient autour d’une table pour « sauver » de manière coordonnée l’économie mondiale.

Une nouvelle phase du règne du billet vert va ainsi commencer. En 1989, le néolibéralisme est, pour ainsi dire au sommet de sa gloire avec le Consensus de Washington et le Plan Brady de mars de la même année. Mais, c’est surtout avec l’effondrement du mur de Berlin – le 9 novembre – que cette suprématie devint incontestable[3].



[1] Le dépassement du bimétallisme commence en 1821 au Royaume-Uni et atteindra son point culminant aux Etats-Unis en 1973. Les cycles économiques de l’époque libérale classique vont commencer à se manifester à partir de 1825, comme l’a souligné Marx au journaliste russe Annenkov, dans une lettre de décembre 1846

[2] Ce qui va provoquer le raccourcissement des cycles des années vingt et du début des années trente. La politique protectionniste de Hoover – du 17 juin 1930 – et la politique de l’interdiction de l’or monétaire mise en place par Roosevelt - le 5 avril 1933 – ne feront qu’aggraver cette crise.

[3] Et que la nouvelle économie semblait avoir dépassé l’horizon de la crise, comme va nous l’expliquer un peu plus tard Robert Lucas, prix Nobel d’économie 1995

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