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Le robot américain Curiosity s'est posé sur Mars ce lundi matin à 7h31.
Mars, et ça repart

Après le robot Curiosity... Enverrons-nous un jour un homme sur Mars ?

Publié le 06 août 2012
D'après Jacques Villain, la vraie question est de savoir ce que l'exploration du système solaire apporte à l'humanité, notamment en termes de ressources énergétiques.
Jacques Villain est ingénieur, spécialiste de l'histoire de la conquête spatiale, membre de l'Académie de l'Air et de l'Espace.Il est l'auteur de Irons-nous vraiment un jour sur Mars ? (Vuibert, février 2011) 
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D'après Jacques Villain, la vraie question est de savoir ce que l'exploration du système solaire apporte à l'humanité, notamment en termes de ressources énergétiques.

A lire aussi sur ce sujet : Le robot Curiosity s'est posé sans encombres sur Mars

Atlantico : Le robot américain Curiosity s'est posé sur Mars ce matin, après un voyage de huit mois et 248 millions de kilomètres. Quel est le but de sa mission ?

Jacques VillainLe problème est toujours le même : c’est la recherche de la vie. On sait de toute façon que l’eau a coulé sur Mars, non seulement grâce aux photos prises par la sonde américaine Mars Odyssey et la sonde européenne Mars Express, qui ont montré qu’à une certaine époque il y a eu des écoulements d’eau, mais aussi grâce à des observations de geysers d’eau, qui sortent de la terre et gèlent immédiatement en arrivant à la surface, puisque la température est très basse. Il y a donc eu de l’eau sur Mars à une certaine époque. Il y a quatre milliards d’années, peut-être, c'est à vérifier.

Partant de là, la grande quête est aujourd’hui de savoir s’il y a eu réellement de la vie. Dans notre physique et notre chimie terrestre, cela signifie qu’il faut qu’on cherche et qu'on trouve s’il y a eu du carbone sur Mars. C’est le grand objectif de la mission Mars Science Laboratory : rechercher le carbone.

Pourquoi est-il scientifiquement important de découvrir des traces passées de vie ? 

C’est tout le problème de l’exploration scientifique du Système solaire et de l’Univers. Ça fait deux millions d’années environ que l’Homme est sur la Terre, et il se moque pas mal de ce qui s’est passé sur Mars ! Cela n'a aucun impact sur sa vie quotidienne. Mais l’Homme a une soif de connaissances, dans tous les domaines, et il veut savoir quelles sont les principales caractéristiques de l’Univers dans lequel il évolue. Il veut comprendre le sens de la vie dans le monde qui est le sien, le Système solaire.

La découverte de carbone sur Mars pourrait-elle constituer un pas important, avant d’éventuelles explorations humaines de la planète ? 

Je n’en suis pas sûr. L’objectif de certaines organisations, comme la Mars Society (ndlr : une organisation internationale, à but non lucratif, ayant pour but de promouvoir l'exploration et la colonisation de la planète rouge) est d’aller un jour sur Mars, mais il n’y a pas ici d’objectif concret, en dehors de l’exploration.

Je pense qu’un jour ou l’autre nous manquerons d’énergies sur la Terre. Les énergies fossiles, le pétrole vont s’épuiser, c’est évident. On pourra encore utiliser l’énergie nucléaire, mais l’uranium va également un jour être amené à manquer. Je pense donc personnellement qu’il faudra aller chercher notre énergie dans l’espace. Mais où aller ? On ne sait pas encore vraiment si Mars est vraiment une solution. Nous n’en sommes encore qu’aux prémisses des découvertes sur cette planète.

Il existe en revanche sur la Lune de l’Hélium 3, qui pourrait être un excellent combustible pour les centrales thermonucléaires capables de produire de l’électricité. Cet hélium 3 a en plus un excellent avantage : il ne produit pas de déchets nucléaires.

Reste qu'aujourd’hui, les connaissances qu’on a de Mars indiquent que ce n’est probablement pas là qu’il faut aller chercher de l’énergie. Nous n’en sommes qu’au début du rapprochement entre les planètes du Système solaire et la Terre, et on en sait relativement peu sur ce qu’elles peuvent nous apporter. Il faut donc être très prudent quand on dit qu’il faut à tout prix aller sur Mars.

Mis à part la symbolique que cela suppose, il n’y a donc pas plus d’utilité à envoyer des hommes plutôt que des robots dans l'espace ?

Aujourd’hui, avec les robots et les sondes, on obtient des résultats scientifiques très intéressants. Et dans 10 ou 20 ans, on pourra envoyer sur la surface de Mars des sondes qui prélèveront des échantillons et les ramèneront pour les analyser. Donc, les robots nous apportent beaucoup d’éléments dans la compréhension de Mars et des autres planètes.

Mais l’Homme a toujours eu l’idée d’explorer. Voyez Christophe Colomb, qui est parti vers l'Amérique… La dimension exploration, je dirais même exploration gratuite, est toujours inscrite dans l’ADN humain ! Un jour, il faudra donc aller sur Mars physiquement pour l'explorer. Mais les intérêts économiques et énergétiques d'un tel voyage ne sont pas vraiment visibles à ce jour.

A très long terme, d'éventuelles colonies humaines sur place restent donc du domaine du fantasme ?

Ca, c'est du Stanley KubrickL’opération qui consiste à faire descendre Curiosity sur le sol de Mars est très compliquée à réaliser. Alors imaginez, envoyer des hommes sur cette planète, avec un voyage qui durerait 9 mois, à quatre ou cinq dans une boîte de 5m², les faire rester sur place 12 ou 18 mois, les faire revenir - à nouveau 9 mois... C'est bien compliqué. Faire atterrir un vaisseau spatial sur cette planète n’est déjà pas très facile...

Mais il faut rêver ! C’est ce qui permet de fixer des objectifs ! De là, à dire qu’on sera sur Mars dans une trentaine d’années, qu’on y construira des usines, des colonies, nous entrons là dans le domaine du rêve.

Curiosity compte à son bord deux outils français. En outre, ce sera la première fois que des instruments posés sur Mars seront opérés en direct de France, grâce à un centre dédié, le Fimoc (French Instrument Mars Operation Centre). La France joue-t-elle un rôle important dans la découverte de Mars ?

Il y a toujours eu une coopération entre les Etats-Unis, la France mais aussi l’Europe sur un certain nombre de programmes d’explorations. En ce qui concerne la mission MSL, l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie de Toulouse met en œuvre un laser dirigé vers les roches à analyser, et l’analyse sera faite à bord grâce à un instrument de cet institut.

Il y a aussi Astrium, la société européenne, avec sa filiale espagnole, en charge de la maîtrise d’œuvre de l’antenne orientable à hauts gains, capable d’assurer la liaison entre le Rover et la Terre. Toujours d’Astrium, il y a une station météorologique à bord du Rover, qui transmet des informations quotidiennement sur les conditions météos dans lesquelles se trouve le robot. Il y a donc bien une coopération entre l’Europe, au sens large, et la Nasa.

Existe-t-il dans notre Système solaire d'autres astres qui seraient de bons candidats à une exploration ?

La planète la plus proche du Soleil est Mercure, mais les températures sont tellement élevées qu’il est impossible d’y envoyer un robot - il n'y tiendrait pas 30 minutes. Vient ensuite Vénus, 470 degrés, avec une pression de 90 atmosphères. A chaque fois qu'on a envoyé une sonde là-bas - l'URSS l'a beaucoup fait dans les années 60 et 70 - elle n’a pas tenu plus d’une heure. Donc, explorer Mercure et Vénus n’est pas facile !

En continuant à s'éloigner du soleil, on trouve la Lune, le satellite de la Terre. Là, il y a des choses à explorer. Je parlais de l’Hélium 3, mais on sait aussi qu’il y a de l’oxygène et de l’hydrogène.

Est-ce que ça peut être utile aux Terriens ? C’est la question qu’il faut se poser. Car déposer des hommes sur d’autres planètes, c’est un exploit, mais il faut savoir si ça apporte quelque chose à l’humanité. Et dans un contexte de manque d’énergie à plus ou moins long terme, l’espace peut-il répondre au manque auquel les hommes seront bientôt confrontés ? Il y a des possibilités, oui.

Pour Mars, on ne sait pas trop encore. Et ensuite, Jupiter, Saturne, ne sont pas des planètes telluriques, ce sont des planètes gazeuses sur lesquelles il est impossible de se poser. La gravité est telle qu’on serait complètement écrabouillé si on voulait s’en approcher.

Il n’y a donc finalement pas beaucoup de candidats ! La Lune, qui est un satellite, Mars, peut-être, et éventuellement des astéroïdes qui gravitent autour du Soleil. C’est une possibilité pour la Nasa : envoyer des robots vers les astéroïdes et s’y poser pour voir ce que pourraient contenir leurs sols. Le bilan est donc rapidement fait !

Propos recueillis par Morgan Bourven

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CN13
- 07/08/2012 - 19:05
à texarcana :
Vous avez raison ! la seule chose qui ne coûte rien, c'est bien le rêve. Même les dictateurs de la planète Terre ne peuvent pas l'atteindre.
Alors, rêvons !
texarkana
- 07/08/2012 - 09:17
oui CN13
un scientifique us a du reste calculé (j'ai hélas perdu le lien,de son blogue) le montant de pétrole qu'il faudrait pour aller récupérer des minerais ou des sources d'énergie sur d'autres planètes, le résultat était ahurissant, du style 100 d'investissement pour 1 de rapport!
mais il ne faut pas désespérer les rêveurs, hein...
CN13
- 07/08/2012 - 01:30
Il y a du délire dans l'air !
Déjà, sur la Terre, le pétrole coûte cher ne serait-ce parce qu'il fait beaucoup de chemins pour arriver à destinations... et les gens râlent parce qu'on augmente le prix du carburant.

Alors, faire venir des combustibles de Mars où ils vont mettre plus de Huit mois pour arriver... heu...heu... comme dit Hollande, çà en fait du chemin et ce n'est pas dans mon programme, je ne pourrais pas baisser les prix... heu... heu...

Pour la Lune, c'est pareil, faire faire 380.000 km pour aller chercher l'Hélium 3 et refaire 380.000 km pour le retour, çà fait cher le produit !