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Coup de pouce au SMIC : attention à ne pas confondre rémunération et salaire !
Publié le 26 juin 2012
La hausse annoncée du SMIC va affaiblir les entreprises et donc, in fine, provoquer des destructions d'emplois et une baisse du pouvoir d'achat, selon Hervé Lambel, président d'un syndicat de très petites et moyennes entreprises.
Hervé Lambel est candidat à la présidence du Medef et co-fondateur du CERF (Créateurs d'emplois et de richesse en France). D’une lignée d’entrepreneurs, il est diplômé de l’EPSCI (Essec). Il entre en 2000 à la CGPME, puis fonde en 2003 le CERF, dont...
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Hervé Lambel est candidat à la présidence du Medef et co-fondateur du CERF (Créateurs d'emplois et de richesse en France). D’une lignée d’entrepreneurs, il est diplômé de l’EPSCI (Essec). Il entre en 2000 à la CGPME, puis fonde en 2003 le CERF, dont...
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La hausse annoncée du SMIC va affaiblir les entreprises et donc, in fine, provoquer des destructions d'emplois et une baisse du pouvoir d'achat, selon Hervé Lambel, président d'un syndicat de très petites et moyennes entreprises.

Au risque d'asséner une évidence, il semble utile de rappeler que le salaire rémunère un travail (et non un temps passé) qui produit une valeur ajoutée, lesquels trouvent leur valeur dans le prix, non pas que l'entreprise, mais bien le client et, in fine, le consommateur final, sont prêts à payer. Le salaire fixé en dehors de ce cadre est une hérésie. C'est pourtant à cela que s'apparente le "coup de pouce" au SMIC.

Il ne pourra pas m'être fait de procès d'intention sur la question des rémunérations et du pouvoir d'achat : l'association des Créateurs d’emplois et de richesse de France (Cerf) a soulevé le problème du pouvoir d'achat en 2003, une époque où seule la grande distribution s'y intéressait. Il importait pour le syndicat des Très Petites Entreprises de dénoncer les effets néfastes et pervers des 35 heures en la matière et proposait comme palliatif à un système rigide et destructeur, l'exonération des charges sur les heures supplémentaires.

Le Cerf s'est toujours battu contre l'augmentation du SMIC depuis lors. Non parce qu'on souhaitait appauvrir nos collaborateurs, mais parce que nos entreprises étaient privées de leur capacité à les augmenter. Pour les plus sceptiques : plus haut niveau des défaillances d'entreprises en France par rapport aux économies comparables, stagnation du revenu des patrons, voire recul, entre 2000 et 2012. Faut-il rappeler que ce revenu du travail des patrons est lui-même inférieur en moyenne au SMIC horaire ? Toute hausse des coûts induite par une hausse du SMIC sans relation avec la capacité économique de l'entreprise l'affaiblit donc, en plus de réduire le pouvoir d'achat de l'employeur. Et pour les plus fragiles, c'est la défaillance, voire la faillite… et donc des destructions d'emploi.

Cette mécanique arithmétique implacable est confirmée par le groupe d'experts sur le SMIC créé en 2009, qui chiffre entre 15 et 20 000 les emplois détruits par une hausse du SMIC de 1 point… Le nouveau gouvernement qui met l'emploi au cœur de son action choisira-t-il de le sacrifier sans chercher d'autres façons d'augmenter le pouvoir d'achat ? D'autant qu'en réalité les deux sont intimement liés, la hausse de pouvoir d'achat étant liée à la baisse du chômage qui dépend de la croissance retrouvée de notre économie. Le gouvernement doit choisir pour cela d'encourager ceux qui travaillent à travailler et produire plus. Il dispose de trois dispositifs pour cela : le RSA, l'exonération des heures supplémentaires et l'auto-entrepreneuriat.

S'il veut agir sur l'ensemble des salaires, le gouvernement aura peu de choix. En effet, concernant l'augmentation du pouvoir d'achat des salariés, l'erreur majeure consiste dans la façon d'aborder la question de la rémunération et du revenu, prise comme une seule et même chose, alors qu'il s'agit bien de deux choses différentes. Différence qu'ont d'ailleurs parfaitement comprise les 9 millions de salariés qui bénéficient de l'exonération des charges sur les heures supplémentaires. Car si leur rémunération a bien augmenté, leur salaire est, lui, resté le même. Magie, vaudou ? Non, pur bon sens. L'augmentation de rémunération, hormis l'augmentation liée aux heures supplémentaires, tient dans l'exonération des charges payées par les mêmes salariés : le salaire net perçu augmente, mais le brut reste le même et le coût du travail pour l'entreprise reste inchangé. Le pouvoir d'achat augmente donc. Bien sûr se pose alors la question du financement de la solidarité. Mais l'augmentation du revenu disponible implique toujours la question du financement de la sphère économique sur laquelle on a prélevé cette "augmentation". La piste la plus souvent évoquée, et vraisemblablement la plus pertinente, est celle d'un transfert de ce prélèvement vers la consommation: une base d'imposition plus large que les salaires, faisant avec justice porter l'effort sur l'ensemble des bénéficiaires au lieu des seuls salariés.

 Bien sûr, ce transfert sera d'autant plus limité si la dépense est mieux gérée. Mais là aussi, sommes-nous prêts à faire ce qu'il faut ?

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iznogoud
- 26/06/2012 - 15:55
VECU !!
Il y a une dizaine d'années, j'employais 8 personnes, pour un travail sans qualification. Les augmentations successives du SMIC aidant, mon client a trouvé que la différence de prix était telle qu'il pouvait prendre le risque de faire faire ce travail loin de France.....

Et aujourd'hui que je suis moi même employé (donc destruction de 9 emplois !), mon Bac+5 ne m'assure que 1,5 fois plus qu'un SMIC un fois cumulées toutes les aides auxquelles les Smicards on droit....

C'est comme le rasoir à deux lames : la première coupe les emplois, et la seconde coupe la motivation avant qu'elle ne repousse.......
Hildegarde
- 26/06/2012 - 14:25
Corps intermédiaires patronaux
Sarkozy avait raison sur un point, les corps intermédiaires sont un frein au changement. Le CERF et le MEDEF en sont le premier exemple.
Même si ces syndicats masquent leur égoïsme corporatiste derrière des grands mots comme "compétitivité" et "avenir de la France", ils ne trompent plus personne. Ils admirent le modèle chinois avec des salariés corvéables à merci pour 1 euro par jour, et regrettent de ne pas pouvoir en faire autant.
engerau
- 26/06/2012 - 12:09
Justice sociale ?
Ce que je réprouve, c'est le discours patronal qui nous dit qu'il est impossible d'augmenter les salaires alors qu'ils disrtibuent des dividendes en augmentation parfois de plus de 20% et qu'en outre, ils s'empochent des bonus en plus de leur salaire.
Je me souviens d'une époque où j'ai participé à une négociation salariale dans une grande entreprise. Le DG affirmait haut et fort que l'augmentation était la même pour tout le monde. En épluchant le bilan social, je me suis rendu compte que les cadres étaient augmentés du double des employés et que les 10 plus hauts salaires avaient été augmentés de 16% l'année précédente !
Il est utopique de porter le smic à 1700€ mais en 1995 le smic fut augmenté par Chirac de 5% sans qu'il y eut une bronca de la part du Medef contre ce dernier...C'est vrai aussi, que la situation économique était différente.