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Égypte : l'armée cette grande gagnante de l'élection qui ne souhaite pas exercer le pouvoir

Publié le 19 juin 2012
Ce samedi, l’Égypte a voté. Mohammed Morsi, candidat des Frères Musulmans aurait obtenu 52 % des voix. Pourtant, le pays ne semble pas encore apaisé. Le bras de fer continu entre Frère Musulman et le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) après que l'armée a décidé d'assumer à nouveau tous les pouvoirs en prenant contrôle de l'assemblée.
Philippe Droz-Vincent
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Philippe Droz-Vincent est politologue spécialiste du Moyen-Orient. Il est maître de conférences en science politique à l’Institut d’études politiques de Toulouse et à Sciences Po Paris. 
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Ce samedi, l’Égypte a voté. Mohammed Morsi, candidat des Frères Musulmans aurait obtenu 52 % des voix. Pourtant, le pays ne semble pas encore apaisé. Le bras de fer continu entre Frère Musulman et le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) après que l'armée a décidé d'assumer à nouveau tous les pouvoirs en prenant contrôle de l'assemblée.

Atlantico : Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans aurait obtenu 52% des suffrages à l'élection présidentielle égyptienne. Pourtant, une déclaration constitutionnelle limite les pouvoirs du futur chef de l’État. Quel bilan peut-on donc faire aujourd'hui des résultats de l'élection ? 

Philippe Droz-Vincent : Le second tour de l’élection présidentielle prend place dans un contexte de perplexité et de morosité, voire d’atonie en Egypte, en particulier parmi les jeunes générations qui avaient mené avec enthousiasme la révolution en 2011 (et qui avaient poussé de larges secteurs de la société à prendre une voix politique par l’occupation de la place Tahrir). Un tel engouement n’est plus de mise pour le second tour de la présidentielle après l’invalidation du Parlement (d’ailleurs l’armée dimanche au Caire distribuait des flyers incitant « le grand peuple égyptien » à aller voter).

Le taux de participation donne une première indication importante, alors que beaucoup de bureaux de votes (en tout cas dans les grandes villes) n’étaient pas le lieu d’affluence (contrairement au premier tour). De plus, le taux de bulletins nuls sera important (mais on n’aura certainement pas les chiffres), indicateur d’un choix perçu comme non enthousiasmant. Le caractère honnête du processus électoral semble pourtant assuré, comme les scrutins précédents, d’après les observateurs non officiels (même si après les procès contre les ONGs orchestrés par les militaires, les ONGs égyptiennes ou étrangères travaillant à la promotion de la démocratie sont désormais prudentes dans l’observation des élections ; le Carter Center est présent).

La principale source de morosité est un choix impossible pour nombre d’Egyptiens entre d’un côté un candidat des Frères Musulmans qui représente l’appareil même des Frères musulmans, rigide et marqué par une idéologie de réislamisation (qui a été toutefois tempérée par des références constantes à la démocratie) et de l’autre un ancien militaire, ancien ministre puis éphémère Premier ministre sous Mubarak finissant, sorte de choix entre un parti structuré qui fait peur par ses capacités de contrôle (après avoir gagné largement celui du Parlement, en rivalité avec les Salafistes) et l’ancien régime qui ferait retour. Ce choix proposé au peuple égyptien au second tour est une équation en tout cas qui n’assure pas un renouvellement de la scène politique comme l’auraient souhaité nombre d’Egyptiens, en particulier les jeunes générations majoritaires (de manière significative, Morsi serait devancé par Shafiq au Caire au deuxième tour).

Le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) a annoncé qu'il exercerait le pouvoir législatif jusqu'à l'élection d'une nouvelle assemblée. L'armée n'est-elle pas finalement la grande gagnante de l'élection ?

Oui, l’armée assume à nouveau tous les pouvoirs, pour le moment, ce qui fait que certains parlent de coup d’état après les diverses manœuvres qui ont vu la dissolution du Parlement par invalidation d’un certain nombre de candidats (mais le CSFA devrait remettre le pouvoir exécutif au président élu).

Peut-on pour autant parler d'une victoire de l’armée ? Il n’est pas sûr du tout que l’armée souhaite rester au pouvoir, car plus longtemps l’armée reste au pouvoir, plus elle s’attire des critiques pour son incompétence à gérer le pays ou ses réactions violentes (cas tout à fait classique des armées quand elles prennent en main les affaires publiques) : les fortes critiques fin 2011 dont l’armée a fait l’objet expliquent aussi l’accélération par le CSFA du processus politique début 2012 (on annonçait au départ des présidentielles pour 2013 voire plus tardivement).

Le CSFA est mal à l’aise au pouvoir, mais il n’a pas l’intention de le rendre au civil à n’importe quel prix (voir 3/). Il ne semble pas que l’armée égyptienne ait acquis des appétits et capacités politiques depuis janvier 2011 : elle n’était pas au pouvoir sous Mubarak mais en retrait (le régime Moubarak, certes issu de l’armée, était fondamentalement un régime policier, avec le pléthorique Ministère de l’Intérieur et les services de renseignement [mukhabarat] qui « gouvernaient » poliçaient l’Egypte au quotidien) ; elle n’a pas développé depuis des structures parallèles (comme autour de l’état-major en Algérie ou ce qu’on appelle « l’Etat profond » en Turquie), ni des alliances avec certaines forces civiles, et n’est pas marquée par une conscience idéologie forte (le kémalisme en Turquie) qui est souvent un élément essentiel pour projeter des officiers vers le pouvoir.

Mais le CSFA a développé des capacités de manipulation, instrumentalisant les libéraux contre les islamistes pour faire capoter la constituante dominée par les islamistes, jouant sur les disqualifications des candidats à la présidentielle, ce qui ne fait pas un projet politique de gouvernement de l’Egypte par le CSFA, mais en tout cas montre une volonté pour l’armée d’écrire un agenda et de contrôler plus ou moins ses développements (de là à parler de coup d’état, les données ne sont pas encore assez précises pour répondre par l’affirmative), en jouant du désir des Egyptiens de retour à la stabilité et à la normalité. Ce qui fait dire hier à Amr Hamzawi, politologue et figure libérale très influente, que l’armée est «  a state above the state ».

Le bras de fer entre l'armée égyptienne et les Frères Musulmans ne semble pas terminé. A quoi peut-on s'attendre en Egypte ?

S’ouvre, si le pouvoir exécutif est effectivement remis au président élu, une période complexe et marquée de multiples incertitudes, puisque le Parlement a été renvoyé et le pays se trouve dans un vide constitutionnel. Des élections parlementaires seront réorganisées, dont on ne voit pas pourquoi elles ne seront pas gagnées à nouveau par les FM.

Oui cela amènera un bras de fer entre les Frères musulmans et le CSFA. Les Frères musulmans ont relativement facilement accepté la dissolution du Parlement (se concentrant sur la candidature Morsi à la présidentielle) et les décisions de la Haute Cour Constitutionnelle ont fait plus de bruit sur Twitter que dans la rue (ne déclenchant pas de manifestations massives). Comme si les Frères musulmans se préparaient à un bras de fer, dont on peut espérer qu’il prenne la forme d’une négociation (musclée) avec les militaires.

L’armée cherche fondamentalement à préserver son opacité dans le nouveau système égyptien en reconstruction, c’est-à-dire une capacité à gérer ses affaires internes (et leur importante excroissance que sont ses activités économiques). Plus certainement un droit de veto sur certains ministres, une protection contre tout regard des civils sur ses affaires (et sa conduite depuis la révolution, en terme de poursuites judiciaires en particulier). Le CSFA considère effectivement que les Frères musulmans sont la force la mieux organisée en face de l’armée (et n’a que mépris pour les jeunes révolutionnaires et libéraux qui pour elle ne représentent pas l’Egypte).

Ce sont les relations entre civils et militaires qui doivent être négociés en Egypte, quelque chose de nouveau dans ce pays, avec un système politique civil encore peu assuré et une armée influente. Le tout dans un contexte économique pesant car les deux gouvernements nommés par le CSFA n’ont pas fait grand-chose. Evidemment, ce processus de contrôle de forces armée ou de définition de leur degré d’autonomie n’est pas sans risques de dérapages.

Au regard de cet environnement incertain, le printemps arabe a-t-il servi à quelque chose ?

Echec du printemps arabe avec la montée des islamistes (Frères musulmans) ou une contre-révolution menée par les militaires (s’il y a eu effectivement coup d’état avec la dissolution du Parlement)… oui, toutes les grandes généralisations trouvent des éléments de validation, mais il ne faut pas oublier que toute transition politique est un moment fondamental d’incertitude. Dans ces moments, comme le montre le cas espagnol à la mort de Franco, la qualité des hommes politiques est très importante, ce qui manque peut-être en Egypte, où toute opposition a été laminée pendant des années et où la jeune génération n‘a pas réussi à s’organiser politiquement (ou ne souhaite pas entrer en politique et jouer des jeux de pouvoir) et où le second tour de la présidentielle a conduit à un choix peu attrayant Frères musulmans contre ancien régime.

De plus, les transitions ne sont pas des processus politiques instantanés et les données ne sont pas revenues au point de départ en Egypte, après le « moment d’enthousiasme » de la place Tahrir. Il faut bien noter, même si cela est moins visible de l’extérieur, que la société civile égyptienne a connu une renaissance depuis un an (sa non réaction à la dissolution du Parlement et à la reprise en main par le CSFA vient aussi du fait que le Parlement dominé par les islamistes s’est aussi largement décrédibilisé par son inefficacité).

Le premier tour des élections a montré la montée de deux candidats que les sondages n’avaient pas vu venir, Hamdeen Sabahi, un candidat de la gauche nassérienne (21,1% des voix) et un dissident des Frères musulmans renié par l’appareil du parti, Abdel Monem Aboul Fotouh (17,8%). Cela montre une pluralisation de la scène politique et une revendication démocratique forte ; la société a aussi participé à la surveillance des élections (comme les Frères musulmans très présents). Donc le CSFA ou même les Frères musulmans ne peuvent pas gérer le pouvoir de manière unanimiste sans répondre d’une certaine manière aux demandes de démocratie de la société.

Propos recueillis par Charles Rassaert

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