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Union libre, PACS, concubinage : en voulant échapper au mariage, les nouvelles générations s'engagent dans des relations bien plus fragiles
Publié le 03 juin 2012
Malgré la tendance très médiatisée des « nouveaux pères », du « paternage », voire des « papas poules », force est de constater que des enfants de plus en plus jeunes se retrouvent seuls avec leur mère. La pédiatre Edwige Antier cherche à alerter sur la souffrance des jeunes enfants qui n’ont parfois pas encore la possibilité de dire avec des mots « Il est où mon papa ? » (Extrait 2/2).
Pédiatre et mère de famille, ancienne interne des Hôpitaux de Paris, diplômée en psychopathologie, Edwige Antier exerce la pédiatrie depuis trente ans. Connue pour son travail de députée à l'Assemblé nationale pour la protection des enfants, elle a...
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Pédiatre et mère de famille, ancienne interne des Hôpitaux de Paris, diplômée en psychopathologie, Edwige Antier exerce la pédiatrie depuis trente ans. Connue pour son travail de députée à l'Assemblé nationale pour la protection des enfants, elle a...
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Malgré la tendance très médiatisée des « nouveaux pères », du « paternage », voire des « papas poules », force est de constater que des enfants de plus en plus jeunes se retrouvent seuls avec leur mère. La pédiatre Edwige Antier cherche à alerter sur la souffrance des jeunes enfants qui n’ont parfois pas encore la possibilité de dire avec des mots « Il est où mon papa ? » (Extrait 2/2).

L’« union libre », libre de se dissoudre plus vite ?

On ne dit plus « mon mari » mais « mon compagnon ». Il y a quinze ans, il y avait deux fois plus de couples mariés que de couples vivant en concubinage ; aujourd’hui, ils sont en nombre égal[1]. Le refus du mariage est souvent une conséquence des blessures générées par le divorce de leurs propres parents : les jeunes adultes rejettent le mariage comme portant malheur au couple, en l’enfermant dans un statut social nuisant à la pérennité des sentiments. Ils n’ont pas l’intention de se séparer plus facilement, au contraire, mais de vivre ainsi unis par un amour plus sincère. Ils font donc des enfants et espèrent les élever dans une famille soudée, tout autant que les couples mariés[2].

Mais, de fait, il n’en est rien, les couples concubins, faisant plus d’enfants qu’autrefois, se séparent tout de même plus, et plus vite, que les couples mariés. Un nombre de plus en plus grand d’enfants naissent ainsi de parents non mariés : ils étaient un tiers il y a quinze ans, ils sont plus d’un sur deux (55 %) aujourd’hui. Ces enfants vont donc, encore plus tôt que les enfants de parents mariés, connaître un foyer à géométrie variable. La séparation d’avec leur père sera d’autant plus énigmatique pour eux.

Certes, les juges aux affaires familiales donnent le même droit à l’autorité parentale aux pères ex-concubins qu’aux pères ex-époux, mais c’est l’âge de l’enfant qui conduit à préconiser sa résidence le plus souvent chez la mère. Nous verrons alors comment la notion de papa sera d’autant plus éthérée que la perception du temps par l’enfant est différente de celle de l’adulte.

Les couples pacsés se séparent encore plus vite que les mariés

De plus en plus de couples sont pacsés et font des enfants. Plus de la moitié d’entre eux (55 %) ont au moins un enfant. Les pacsés ont même plus d’enfants que les concubins : un couple pacsé sur cinq a deux enfants ou plus. Ce sont en majorité des couples hétérosexuels qui craignent l’engagement du mariage, souvent par une sorte de superstition là encore : « Être mariés n’a pas réussi à mes parents », me disent-ils volontiers. Le pacs, moins conventionnel, leur semble donner une priorité aux sentiments. Or les couples pacsés se séparent plus que les couples mariés[3]. Leurs enfants viennent rejoindre les cohortes de ces tout petits qui vivent la séparation précoce de leurs parents et essaient de comprendre pourquoi papa n’habite plus à la maison !

Les couples recomposés encore plus fragiles

Nous pourrions penser qu’avec l’expérience, la deuxième union serait plus stable. L’un au moins des partenaires est plus expérimenté et si heureux d’entrer dans une phase de reconstruction... Là encore il n’en est rien. La fragilité du nouveau couple est encore plus grande : bien que l’on parle beaucoup de ces familles recomposées, en fait, vous vous remariez plus rarement que la génération précédente (seulement 47 % des hommes et 45 % des femmes ayant divorcé en 1988 se remarient, alors qu’ils étaient respectivement 60 % et 56 % en 1970)[4]. Vous vous recomposez avec prudence, en concubinage ou pacsés, mais vous décomposez votre couple encore plus vite, ce que l’on oublie souvent de dire... Les enfants de ce deuxième couple se verront d’autant plus sujets au questionnement que tous les repères de la fratrie sont déjà complexes : entre les frères, les demi, les quasi, ils sont où les papas ? Quel papa ? De qui ?

________________________

Extrait de Il est où mon papa ? : L'enfant, le couple et la séparationRobert Laffont (16 mai 2012)


[1] « Situation matrimoniale et nombre d’enfants », 28e rapport sur la situation démographique de la France 1999, données 1997, www.uniondesfamilles.org.

[2] « Évolution des naissances, de la natalité et de la part des naissances hors mariage en France », INSEE, estimations de population et statistiques de l’état civil.

[3] « Répartition des parents selon le nombre d’enfants et nombre moyen d’enfants », INSEE, enquête revenus fiscaux et sociaux 2008

[4] 28e rapport sur la situation démographique de la France 1999, données 1997.

 

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papa-14
- 04/06/2012 - 09:49
L'adolescence
Un enfant c'est agréable et ça sent bon mais un jour et ça arrive vite il a 16 ans et mesure 1 m 80 à ce moment les "papas" ne regrettent plus les décisions de justice et préfère payer la pension alimentaire et aimer a distance ce "merveilleux enfant" !
Cap2006
- 04/06/2012 - 08:27
Je rejoins OAO, il double article vide...
La petite dame va devoir s'y faire...
Les couples ressemblent à des "gaec" , quelque soit la formule administrative choisie...
Ce groupement d'interêts communs, plus librement choisi qu'avant, vaut bien l'interdiction morale de se séparer d'un conjoint maltraitant...
Et l'interêt des enfants la dedans...
- seront ils plus équilibrés d'assister à la maltraitance d'un des parents par la violence physique ou verbale de l'autre ?
- seront ils plus équilibrés d'être trimbalés de familles décomposées, recomposées ou pire non recomposées "par sacrifice" le plus souvent de la mère... ?

Dans les deux cas, c'est l'intelligence des adultes et leurs amours pour leurs enfants qui font la différence.

Aujourd'hui la famille idéalisée par l'auteure ne concernent plus la majorité des enfants...
OAO
- 03/06/2012 - 16:57
Corrélation et causalité
Il ne faudrait pas inverser corrélation et causalité : si les couples mariés tiennent mieux, c'est sûrement car ce sont ceux qui se sentent le plus solide où qui ont des prédispositions aux histoires longues - religion - qui choisissent le mariage. Rien ne montre ici que le mariage rend les couples plus forts.

Idem pour les couples recomposés : les personnes ayant des prédispositions pour le divorce, puisque l'ayant déjà fait une fois, sont bien évidemment plus susceptibles de redivorcer.

Une fois que l'on a clarifié cela, il ne reste plus grand chose dans cet article, si ce n'est de la propagande, des arguments d'autorité et de la publicité pour les ouvrages du même auteur.