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"Comment j'ai fini par admettre qu'en étant libéral, j'étais de droite"
Publié le 21 mai 2012
Gaspard Koenig, candidat aux élections législatives de la 3e circonscription des Français à l'étranger, explique pourquoi les libéraux sont les seuls à pouvoir refonder intellectuellement et politiquement la droite.
Gaspard Koenig dirige le think-tank GenerationLibre. Dernier ouvrage paru : Le révolutionnaire, l’expert et le geek (Plon).
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Gaspard Koenig, candidat aux élections législatives de la 3e circonscription des Français à l'étranger, explique pourquoi les libéraux sont les seuls à pouvoir refonder intellectuellement et politiquement la droite.

A lire : La réponse de Pierre-Henri D'Argenson, La refondation de la droite passe par une révolution conservatrice, gaulliste et souverainiste

On connaît la thèse de l’historien René Rémond, énoncée il y a plus d’un demi-siècle, selon laquelle la droite française se divise irrémédiablement entre « orléanistes » (libéraux et humanistes), « légitimistes » (conservateurs et contre-révolutionnaires) et « bonapartistes » (dévoués à la figure du chef). En actualisant son ouvrage en 2005, René Rémond  constatait la survivance de cette tripartition sous la Vè République : « A chaque élection présidentielle depuis 1965, la droite s’est divisée et a toujours présenté au premier tour deux candidats » : Lecanuet contre de Gaulle en 65 ; Poher contre Pompidou en 69 ; Giscard contre Chaban-Delmas en 74 ; Giscard contre Chirac en 81 ; Barre contre Chirac en 88 ; Balladur contre Chirac en 95 ; Bayrou contre Chirac en 2002. Mais la création de l’UMP, ce parti monolithique et ultra-discipliné, a brouillé ces clivages. En 2007, Bayrou pouvait encore faire figure d’opposant de la « droite libérale » à Sarkozy ; ce n’est clairement plus le cas en 2012, où le Modem a poursuivi son long virage à gauche, achevé dans l’appel à voter PS entre les deux tours.

Aujourd’hui, les orléanistes, gardiens d’une tradition philosophique ancrée dans les Lumières, et héritiers d’un combat politique centenaire (de Benjamin Constant à Alain Madelin), se retrouvent donc orphelins. L’UMP est partie trop à droite, étouffant systématiquement leur voix et leurs propositions pendant dix ans. Le Modem est parti trop à gauche. Et le centre reste introuvable, éclaté entre mille chapelles. Ce qui explique qu’à l’élection de 2012, pour la première fois de l’histoire politique française, l’ensemble des candidats à la présidentielle se soient déclarés explicitement contre le libéralisme.

La grande pagaille qui se profile à droite, entre la guerre des chefs, la formation de courants et le désarroi centriste, peut et doit servir à reconstituer la famille libérale, en lui donnant une place réelle soit à l’intérieur de l’UMP (ou de son successeur), soit comme composante affiliée de la future force d’opposition. Les libéraux sont les seuls à pouvoir régénérer le logiciel idéologique de la droite et à lui éviter la tentation des extrêmes. Si les électeurs, en particulier parmi les Français de l’étranger, choisissaient d’envoyer quelques députés ouvertement libéraux à l’Assemblée, cela permettrait de hâter ce mouvement. C’est tout le sens de ma propre candidature à Londres et en Europe du Nord.

Qu’ai-je appris durant ces trois mois de campagne, qui s’achèvent à présent avec le début du vote électronique (dès le 23 mai pour les Français de l’étranger, pour un vote à l’urne le 3 juin) ?

J’ai d’abord admis que j’étais « de droite ». On peut disserter longuement sur la philosophie transversale du libéralisme, dont les aspects « sociétaux » de protection des libertés individuelles tombent plutôt à gauche de l’échiquier politique français, tandis que sa défense classique de l’économie de marché est plutôt associée avec la droite. On peut défendre l’idée que, finalement, les gouvernements de gauche n’ont pas moins libéralisé l’économie que ceux de droite, sinon même davantage. Il n’empêche, la réalité de la sociologie politique française fait que, aujourd’hui, 90% de mes électeurs potentiels se définissent à droite. Dont acte.

J’ai ensuite eu l’heureuse surprise de découvrir la minorité silencieuse, des centaines de sympathisants qui partagent des convictions libérales et qui, faute de se sentir représentés par les principaux partis, votent par défaut, voire ne votent plus du tout. Certes, nous sommes à Londres et les Français émigrés se montrent naturellement plus sensibles aux idées de responsabilité individuelle et de rationalité économique. Mais nombreux sont ceux qui, en France, attendent leur tour. Le libéralisme n’est pas un mouvement marginal. C’est une pensée partagée par pléthore de philosophes, économistes, éditorialistes, entrepreneurs ; une pensée adaptée aux aspirations de la génération 2.0 ; une pensée rendue nécessaire par la crise de la dette souveraine et l’incapacité manifeste de l’Etat à gérer ses propres finances ; une pensée partagée par de nombreux citoyens fatigués d’être maternés par un législateur qui réglemente sur tout et tout le temps.

Enfin, lors des nombreux échanges que j’ai peu avoir avec des opposants, de droite comme de gauche, j’ai constaté combien il était aisé de briser les idées reçues sur le libéralisme. Le règne des puissants ? Non, au contraire, la lutte contre les oligarchies établies. La guerre de tous contre tous ? Non, pas la guerre, la concurrence qui permet aux outsiders de se faire une place dans le système. L’absence de règles ? Non, le passage d’un Etat manager à un Etat régulateur, qui laisse les individus libres de leurs choix dans le cadre fixé par la collectivité. Arrêtons d’apposer le préfixe « ultra- » aux libéraux, épris de clarté logique et de respect de l’individu.

Après avoir arpenté les rues, les écoles, les marchés, les boulangeries de Londres, de Dublin et de Stockholm, après avoir discuté avec tous ces Français inquiets pour leur pays et désireux de le réformer, je termine cette campagne convaincu que seuls les libéraux seront à même de refonder intellectuellement et politiquement la droite, comme au Royaume-Uni à la fin des années 70. There is no alternative. 

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ropib
- 22/05/2012 - 15:38
@DEL
Le libéralisme a comme mission de garantir la liberté d'entreprendre de tous, et ne peut donc pas être de droite, il ne peut pas être de gauche non plus car il est individualiste. Il faudra commencer par enlever le mot "liberté" à la droite car cette dernière sous-entend la liberté de certains de soumettre les autres, or la liberté c'est forcément pour tous (c'est pas cool la liberté, je sais).
On a le droit de ne pas être libéral, on a le droit d'être de droite, on a le droit de considérer les inégalités comme étant matérielles... etc. il faut un peu s'assumer. Le monde serait meilleur si les politiques arrêtaient de se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas.
ricouti
- 22/05/2012 - 10:55
G Koenig, grand prêtre de la Religion
Finalement, c'est la dernière phrase qui résume le mieux cet article : "There is no alternative".
Du temps de l'URSS, il devait y avoir l'équivalent en russe.
En réalité le "liberalisme" est une religion avec ses dogmes. Mais comme son clergé est très malin, ils ont réussi à faire croire que ce ne sont que des idées de bon sens imparables.
L'auteur est tellement aveuglé par sa foi qu'il en oublie que la crise actuelle ainsi que les précédentes est une crise du libéralisme.
Mais prenons l'exemple du dogme de la concurrence qui au lieu d'etre un outil parmi d'autres est une fin en soi dans la Religion.
Plus particulièrement la privatisation d'EDF/GDF au nom de la concurrence.
La mission de ces deux entreprises était de fournir de l’Électricité/gaz aux français dans de bonnes conditions. Avaient elles démerité ? Les tarifs étaient ils trop chers ? Personne ne l'a prétendu.
La privatisation a t elle apporté quelque chose de plus aux usagers ? rien. Les électrons privés sont ils meilleurs que les électrons publics ? non.
Il fallait privatiser ... parce qu'il fallait privatiser. C'est ça un dogme, c'est ça la Religion.
castrofidel
- 21/05/2012 - 22:16
Au secours Anne Sinclair-Gaspard Koenig même combat
Eh oui, votre libéral "avancé-bien coiffé" écrit aussi pour le "huffingtonpost." français dirigé par Anne Sinclair.
Déçus les gars ?