En direct
Best of
Best Of du 13 au 19 avril 2019
En direct
Adversaire surprise
François Hollande : celui que Nicolas Sarkozy n'attendait pas
Publié le 20 mai 2012
Pour terrasser l'adversaire, Nicolas Sarkozy et François Hollande n'ont reculé devant aucune manœuvre. Mais loin des stratégies élaborées en petit comité, une autre campagne s'est déroulée. C'est cette aventure souterraine que révèlent Nathalie Schuck et Nicolas Barotte dans "Coups pour coups" (Extrait 2/2).
Nicolas Barotte est journaliste au service politique du Figaro. Il couvre l'actualité du Parti socialiste depuis 2004. Il a suivi l'ascension de François Hollande, de sa traversée du désert à la campagne présidentielle de 2012.  Nathalie Schuck...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nicolas Barotte et Nathalie Schuck
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nicolas Barotte est journaliste au service politique du Figaro. Il couvre l'actualité du Parti socialiste depuis 2004. Il a suivi l'ascension de François Hollande, de sa traversée du désert à la campagne présidentielle de 2012.  Nathalie Schuck...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Pour terrasser l'adversaire, Nicolas Sarkozy et François Hollande n'ont reculé devant aucune manœuvre. Mais loin des stratégies élaborées en petit comité, une autre campagne s'est déroulée. C'est cette aventure souterraine que révèlent Nathalie Schuck et Nicolas Barotte dans "Coups pour coups" (Extrait 2/2).

Qui aurait parié il y a un an sur ce match improbable ? Jusqu’en mai 2011, Nicolas Sarkozy pensait qu’un autre le défierait : Dominique Strauss-Kahn, le champion toute catégorie de l’opinion, dont il était persuadé de ne faire qu’une bouchée. On le sait, les ambitions du patron du FMI ont explosé en vol dans un hôtel de New York. Martine Aubry? La première secrétaire du PS a négligé que l’élection présidentielle était d’abord une affaire d’envie. Celle d’être candidat à la présidence, François Hollande l’a tue pendant longtemps. Quand il s’est déclaré, le 31 mars 2011, dans son fief de Tulle, en Corrèze, personne ne l’a pris au sérieux.

Tirant habilement parti des erreurs et faiblesses de ses adversaires, il s’est imposé à la primaire sans vraiment forcer son talent. Mais il revient de loin…

Cinq ans plus tôt, le premier secrétaire du PS s’imaginait candidat face à Nicolas Sarkozy, président de l’UMP. N’avaient-ils pas posé ensemble à la une de Paris Match en 2005, tout sourire, pour défendre le oui au référendum sur la Constitution européenne ? Une image pour une ambition : l’Élysée. Le socialiste la traînera comme un boulet. Sa candidature s’éloignera avec la victoire du non au référendum et l’émergence de Ségolène Royal dès 2006. « Il s’est fait passer devant par sa femme sans rien dire », commentera Nicolas Sarkozy, cruel et un brin macho.

Les deux hommes se connaissent bien. Longtemps, ils se sont tutoyés. Lorsque Sarkozy est entré à l’Élysée, Hollande est passé au « vous ». Ils ont usé ensemble leurs fonds de culotte sur les bancs de l’Assemblée, élus députés la même année, en 1988. On l’oublie souvent, mais ils s’étaient déjà affrontés dans les urnes.

C’était en 1999, pour les européennes. Hollande conduisait la liste de gauche, Sarkozy avait repris au débotté la tête de la liste RPR-DL lâchée par Philippe Séguin. L’affaire s’est mal terminée pour l’homme de droite : il a fini neuf points derrière. Depuis ce temps-là, il se méfie. Il sait Hollande bon débatteur et doté d’une sacrée répartie.

Bien que très différents, on leur trouve cependant quelques points communs. Presque le même âge, d’abord. Sarkozy a fêté en janvier ses cinquante-sept ans. En août, Hollande en aura cinquante-huit. Avant la campagne, ils se sont astreints à un régime drastique pour garder la forme, même si Hollande ne fait pas de sport, contrairement au joggeur de l’Élysée. Ils partagent une passion commune : le football. Hollande est une encyclopédie vivante sur le sujet. Sarkozy soutient le PSG. Côté sphère intime, ils ont tous deux eu plusieurs compagnes et quatre enfants. « On est pareil. Toi et moi, on a refait notre vie », lui a glissé un jour Sarkozy, parfois impudique, lors d’un rendez-vous à l’Élysée. Hollande garde le souvenir d’avoir été « choqué » par cette « inélégance ». Il protège sa vie privée.

Nicolas Sarkozy persiste à le sous-estimer. Hollande n’est à ses yeux qu’un « candidat de substitution ». Il ne le juge pas à sa hauteur, le surnommant tour à tour « Guy Bedos », « le sénateur », « le rigolo ». « Prenez un sucre, ça paraît solide quand vous le tenez dans la main. Mettez-le dans l’eau, c’est soluble », lançait le Président l’été dernier, geste à l’appui, tout fier de sa trouvaille…

François Hollande, qui n’aime pas le conflit, savait qu’il aurait face à lui une bête de campagne prête à tous les coups. Même en petit comité, il parle peu de son adversaire. « Il est étrange ce type », estime-t-il parfois, le trouvant au fond très peu président.

Ne pas être pris au sérieux a toujours fait les affaires du socialiste. Lorsqu’il dirigeait le PS, une phrase résumait sa façon de tenir tête aux « éléphants » : « Il faut laisser dégorger les escargots. » « Au bout du compte, ce sont les gentils qui gagnent », a coutume de dire l’ancien premier secrétaire. Comme il est en réalité un faux gentil, il fallait que l’autre, Sarkozy, tienne le rôle du méchant.

_______________________

Extrait de Coups pour coups, EDITIONS DU MOMENT (10 mai 2012)

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Pourquoi l’incendie de Notre-Dame oblige Emmanuel Macron à revoir sa copie
02.
Ils reconnaissent l'une des écoles de leur village dans un film porno
03.
Public voit un nouvel homme dans la vie de Laeticia Hallyday; Angelina Jolie veut récupérer le sien; Brigitte Macron au chevet de l’AVC de Line Renaud; Ségolène Royal & François Hollande bientôt mamie-papy; Louis Sarkozy accouche d’une ligne de mocassins
04.
Trêve ou flottement au sommet ? Quoiqu’il en soit, voilà les 5 questions de fond auxquelles Emmanuel Macron devra absolument répondre s’il veut reprendre la main
05.
Notre-Dame de Paris : l'entreprise en charge des travaux impliquée dans un autre départ de feu récent
06.
Notre-Dame et Gilets jaunes : le week-end à hauts risques d'Emmanuel Macron
07.
Le nouveau parti du Brexit de Nigel Farage prend la tête des sondages pour les Européennes au Royaume-Uni
01.
Notre-Dame de Paris : des dirigeants de l’Unef se moquent de l'incendie
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Ce que pèse vraiment le vote musulman dans la balance démocratique française
04.
L’insoutenable légèreté de la majorité LREM ?
05.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
06.
Cardinal Robert Sarah : “Ceux qui veulent m’opposer au Pape perdent leur temps et leurs propos ne sont que le paravent qui masque leur propre opposition au Saint-Père”
01.
Après les Gilets jaunes, Notre-Dame : cette France qui se redécouvre des sentiments perdus de vue
02.
Mais pourquoi se poser la question sur l’origine de l’incendie de Notre-Dame classe-t-il automatiquement dans le camp des complotistes ?
03.
Du “Yes We Can” au “Yes I can” : de quelle crise politique le succès phénoménal de Michelle Obama est-il le symptôme ?
04.
Incendie de Notre-Dame : et notre mémoire ancestrale fit irruption dans la post-modernité
05.
Suppression de l’ENA : en marche vers des records de démagogie
06.
Grand Débat : le revenu universel, la mesure qui pourrait produire l’effet whaouh recherché par Emmanuel Macron
Commentaires (9)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
De France et de plus loin
- 21/05/2012 - 19:15
Titine
Le rapprochement UMP/ FN devait fatalement pousser Bayrou vers Hollande. Sarko ne pouvait pas gagner car il est impossible de rassembler le FN et le MODEM dans une même coalition.
cednono
- 21/05/2012 - 15:46
Sarko nul?
Tuffgong, désolé de devoir vous rappeler ce qui a été dit plusieurs fois : Hollande a gagné non pas parce qu'il est bon, mais parce que Sarko a tellement exaspéré les français qu'ils l'ont mis dehors. Hollande a été élu par défaut. Il doit faire ses preuves et pour l'instant, nous n'avons rien à nous mettre sous la dent en matière de décisions parce qu'il n'a jamais rien fait (dixit sa propre femme).
Tuffgong
- 21/05/2012 - 13:35
Quel nul ce sarko
Quel nul ce sarko finalement.
Sous-estimer son adversaire était stupide
Il aura tout raté.