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cancel culture social justice warriors
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cancel culture social justice warriors
SJW

Cancel culture et Social Justice Warriors : les démocraties libérales sont-elles réellement menacées ?

Publié le 30 août 2020
À quoi nous exposent les mouvements de cancel culture et portés par les Social Justice Warriors ? La radicalité de ce mouvement d’épuration idéologique le condamne-t-il à n’être qu’un feu de paille -au lourd coût humain mais limité dans le temps- similaire au maccarthysme ou à la révolution culturelle chinoise ?
Emmanuel Lincot
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Professeur à l’Institut Catholique de Paris, sinologue, Emmanuel Lincot est Chercheur-associé à l’Iris. Son dernier ouvrage, « Chine, une nouvelle puissance culturelle », a été publié chez MkF.
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Bertrand Vergely
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Bertrand Vergely est philosophe et théologien.Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).  
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À quoi nous exposent les mouvements de cancel culture et portés par les Social Justice Warriors ? La radicalité de ce mouvement d’épuration idéologique le condamne-t-il à n’être qu’un feu de paille -au lourd coût humain mais limité dans le temps- similaire au maccarthysme ou à la révolution culturelle chinoise ?

Atlantico.fr : Alors que les concepts chers aux nouveaux guérilleros de la justice sociale -que les Anglo-saxons nomment Social Justice Warriors- s’installent en France et que la lutte contre les discriminations tend à prendre une tournure hystérique sur la forme et anti-universaliste sur le fond, la radicalité de ce mouvement d’épuration idéologique le condamne-t-il à n’être qu’un feu de paille -au lourd coût humain mais limité dans le temps- similaire au maccarthysme ou à la révolution culturelle chinoise ?

Emmanuel Lincot : Je pense que Cancel culture et les guérilleros de la justice sociale sont inadaptés en France où notre tradition juridique est fondamentalement différente de celle des pays anglo-saxons. Là où, en France, la liberté d’expression est encadrée par la loi, en Amérique du Nord elle ne peut guère être bridée que par la mobilisation publique. Maintenant, ces mouvements disent aussi leur colère et plaident pour une plus grande justice sociale, quitte à rendre justice eux-mêmes, ce qui est évidemment dangereux. La comparaison avec la Révolution culturelle chinoise est osée mais elle n’est pas vaine car les Gardes Rouges voulaient également en découdre contre l’autorité et c’est au nom d’une démocratie directe - dont ils se réclamaient comme l’avait fait avant eux Mao Zedong en se référant au modèle de la Commune de Paris -, qu’ils souhaitaient créer une société neuve. Ils ont échoué mais cette expérience leur a ouvert les yeux sur deux faits. D’une part, qu’ils avaient été instrumentalisés par Mao Zedong, lequel constatant qu’ils allaient trop loin dans leurs débordements a fini par donner l’ordre à l’armée de les mater. D’autre part, cette expérience d’hystérie collective leur aura fait prendre conscience qu’ils avaient été trop extrêmes dans la violence et que leur révolte avait largement concouru à l’appauvrissement du pays. La question qu’il faut se poser est la suivante : qui manipule ces révoltés en herbe ? Comment expliquer qu’aucun parti politique ne réussisse à les intégrer ? Ces mouvements sont symptomatiques d’une époque où la « liberté négative » pour parler le langage d’Isaiah Berlin et le populisme intégral visant des catégories de personnes, ou jugeant tel épisode de notre histoire s’exercent d’une manière inappropriée. Les conservateurs de toutes obédiences s’en frottent les mains : en tant que partisans de l’ordre, les voici confortés dans leur fascination pour les régimes dictatoriaux, celui de la Chine notamment. Notre permissivité est inhérente à la démocratie elle-même dont Alexis de Tocqueville disait déjà en son temps : « souvent elle travaille, sans le vouloir, contre elle-même ». Nous devons être à la fois fermes contre ces déviances et avoir une écoute attentive car ces mouvements de colère peuvent provoquer des dégâts irréversibles dans notre société.  

Bertrand Vergely : Le mouvement dit de la déconstruction qui organise aujourd’hui le champ des idées comme des pratiques politiques n’est pas un feu de paille.

Depuis la Révolution Française, le monde occidental vit sous l’influence du mouvement révolutionnaire qui a été républicain au départ avant de devenir socialiste et communiste puis aujourd’hui d’être déconstructionniste.

Ce phénomène est lié au désir de paradis qui hante l’imaginaire occidental. Religieux au départ, cet idéal de paradis devient moral avec la République, politique avec le communisme et le socialisme avant d’être aujourd’hui un individualisme assoiffé de paradis immédiat obtenu grâce à des droits et, derrière eux, grâce à la violence.   

Aujourd’hui, la radicalité qui s’exprime dans l’individualisme en quête de droits est liée à la contradiction qui mine le mouvement révolutionnaire depuis 1968.

Pendant longtemps, le mouvement révolutionnaire communiste et socialiste a été soutenu par une pensée théorique forte à savoir le marxisme. En 1968, changement de perspective : le mouvement révolutionnaire se scinde en deux. S’il y a le communisme incarné par le parti communiste soit russe soit chinois, on voit apparaître le gauchisme. Se voulant révolutionnaire mais se rendant compte que la Révolution conduit à une dictature totalitaire, ce mouvement pense pouvoir être révolutionnaire sans être totalitaire en devenant un mouvement individualiste radical et immédiat. D’où sa violence. Le communisme et le socialisme avaient une vision à long terme englobant toute l’histoire. Ils acceptaient le temps. Persuadés qu’un jour de toute façon ils l’emporteraient parce qu’ils étaient la vérité de l’histoire s’appuyant sur la science de celle-ci, ils avaient l’art de savoir attendre. Certes, ils étaient critiques. Ils pratiquaient une certaine déconstruction en démystifiant un certain nombre de concepts. Mais, ils ne se précipitaient pas. D’où leur critique du gauchisme de Mai 68 qu’ils voyaient comme une maladie infantile. 

Lorsque la déconstruction apparaît, tout change. Le mouvement révolutionnaire n’a plus l’art, la force et le temps d’attendre. La construction avec son idée globale de l’histoire menant à ses yeux au totalitarisme, il veut le paradis tout de suite.

Le terroriste s’imagine qu’en déchaînant la violence, il va magiquement provoquer un retournement de l’histoire. La déconstruction procède de la même façon. Elle s’imagine qu’en détruisant un certain nombre d’idées grâce à une violence idéologique radicale, elle va magiquement transformer le monde.

Camus à la fin de L’homme révolté se prononce en faveur de la révolte contre la révolution. Quand on veut être révolutionnaire mais que l’on a conscience que la révolution pratiquée par le communisme et le socialisme mène au totalitarisme, il ne reste plus qu’une issue : être rebelle en choisissant la révolte contre la révolution. C ‘est ce qui est arrivé au gauchisme. C’est ce que l’on trouve au cœur de la déconstruction.

Ce mouvement est-il celui d’un moment politique particulier ou s’inscrit-il dans la logique de l’histoire des idées occidentale ? Le stade ultime du concept de déconstruction pensé par les intellectuels comme Jacques Derrida, Gilles Deleuze ou Michel Foucault en quelque sorte... Après la déconstruction des concepts de famille, d’autorité, de patriarcat, peut-on y voir la déconstruction de l’idée même d’universalité qui est au fondement des démocraties libérales ?

Emmanuel Lincot : On peut y voir la manifestation d’une utopie. La revanche des minorités dans un contexte de crise généralisée. La pandémie a été un accélérateur de tendances qui sont à l’œuvre depuis, il est vrai, très longtemps. Que les auteurs de la « French Theory » pour désigner, comme le font les universitaires américains, l’ensemble des penseurs français que vous citez soit pointée du doigt pour désigner un changement structurel de notre société ne me dérange pas. Bien avant eux, André Gide avait lancé un courageux « famille, je vous hais ! » pour dénoncer toutes ces pesanteurs idéologiques, sociales et leur carcan qui, encore dans les années 70, écrasaient de tout leur poids la société française. Et tout particulièrement les femmes. Mai 68 - avec ses excès certes - est passé par là et il faut s’en féliciter. Le défi reste aujourd’hui pour notre société à retrouver de l’unité tout en respectant nos diversités, et nos libertés individuelles. Que voulons-nous ? Une société, comme celle qu’envisagent les guérilleros de la justice, où seraient livrés en pâture les bouc-émissaires d’un jour ? Ou une société dictatoriale comme la Chine où tout le monde marche au pas ? Une démocratie représentative comme la nôtre doit prendre le risque du conflit, exposer ses électeurs et ses élus au libre débat. Une quête constante de rationalité (dans nos jugements) et de fraternité (dans nos actes) doit nous accompagner. C’est un plébiscite de tous les jours qui nécessite une compréhension des situations et un pragmatisme de chaque instant, comme l’entendait le philosophe américain John Dewey.

Bertrand Vergely : Le mouvement auquel nous avons affaire actuellement s’inscrit dans la logique de l’histoire du monde occidental. Pour comprendre ce mouvement, il convient d’avoir en mémoire les grandes étapes de celui-ci.

Tout commence à la fin du moyen-âge avec le nominalisme qui déconstruit les concepts généraux dits transcendantaux. À la Renaissance, cette tendance à la déconstruction s’approfondit avec le scepticisme d’un Montaigne.  Mais, c’est avec l’empirisme d’un David Hume au XVIIIème siècle que la déconstruction prend son essor, Hume étant le premier à déconstruire la métaphysique issue d’Aristote en se livrant à une critique en règle de la notion de cause au cœur de la pensée de celui-ci.

Le monde avait l’habitude de se penser par une cause. Avec Hume, il est soudain invité à se penser sans cause. Kant a beau essayer de rebâtir un édifice métaphysique avec l’homme à sa base, Hegel a beau essayer à son tour de bâtir lui aussi un nouvel édifice métaphysique à partir de l’histoire, rien n’y fait. Le doute s’est installé. Le fait de vouloir penser le monde à patri d’une grande idée est suspect. Tellement suspect que Nietzsche à travers son concept de soupçon n’a pas de mal à ruiner les notions d’être, de Dieu et de sujet conscient qui servaient de fondement pou penser.  Au XXème siècle l’existentialisme et le structuralisme n’ont plus qu’à achever ce que le soupçon nietzschéen a semé. S’ouvre alors un nouveau rapport aux idées à travers une critique systématique des institutions.

Après la raison religieuse, la culture avait bien essayé de fonder une nouvelle vision du monde à partir de la raison humaniste. Les grands déconstructeurs s’emploient à ruiner cette vision, Jacques Derrida en déconstruisant la notion de raison, Michel Foucault en déconstruisant celle de morale et Gilles Deleuze en déconstruisant celle de vérité.

Ne pensons pas que la réalité s’appuie sur un socle stable. Si l’on veut respecter la réalité, il faut apprendre à voir celle-ci comme un champ ouvert de possibles que les institutions répriment en bâtissant des ordres fictifs.

À cet égard, la théorie du genre st un exemple admirable ce que donne la déconstruction. Pour dire les choses simplement, à ses yeux, le monde se divise en deux.

D’un côté, il y a ceux qui veulent figer la réalité et les êtres humains dans une identité et notamment dans un genre, masculin ou féminin.  D’un autre côté, il y a ceux qui luttent contre l’enfermement dans une identité afin de promouvoir un monde dans lequel chacun pourra se donner l’identité qu’il veut en fonction de ce qu’il sent. Dans ce face-à-face, la politique et les idées sont inséparables.

Posons que ce qui empêche d’arriver à la liberté d’être ce que l’on veut réside dans la notion d’identité ainsi que dans un certain nombre de préjugés qui vont avec elle. La lutte contre l’identité et les préjugés devient le pilier de la libération politique.

Aujourd’hui, le politiquement correct régit le champ des idées, des images, des pensées, des mots en exerçant un véritable contrôle policier de ce qui a le droit de se dire. La violence de cette police de la pensée est frappante. Celle-ci est logique.  Changer le monde consistant à faire advenir un individualisme immédiat se créant comme il le sent, un seul obstacle s’oppose à cette soif d’immédiateté : toute autre idée que et individualisme absolu en quête de réalisation immédiate. Qui ne pense pas que la réalité s’invente et se crée comme on le veut est un ennemi Une fois de plus la théorie du genre en est l’illustration. Il est aujourd’hui extrêmement difficile de penser et de dire qu’il existe une identité masculine et féminine. Demain, ce sera interdit et l’on sera sanctionné quand on tiendra de tels propos. On a là l’exemple même de l’aboutissement de toute une logique des idées dans le monde occidental, la déconstruction des notions d’identité masculine et féminine résultant du nominalisme, du scepticisme, de l’empirisme de la critique et du soupçon produits par le mouvement des idées. Avec la ruine de la notion d’universalité considérée comme l’idéologie réprimant l’individualisme, on a affaire à un pas supplémentaire dans l’avènement de ce que l’on peut appeler l’égoïsme absolu qui est à l’arrière-fond de tout ce qui se pense et de tout ce qui se dit. Jacques Attali a écrit un ouvrage dans lequel il propose l’égoïsme altruiste comme spiritualité pour demain. Le fait de faire de l’égoïsme une spiritualité est la parfaite illustration de l’idéologie de fond qui mène aujourd’hui le monde occidental. Aucune spiritualité ne se fonde sur l’égoïsme, ce dernier étant ce qu’il y a de moins spirituel et la spiritualité étant ce qu’i s’oppose radicalement à l’égoïsme. Pendant longtemps, on a opposé égoïsme et spiritualité. Puis, en prenant des gants, on a essayé de donner un vernis moral à l’égoïsme. Aujourd’hui, on ne pend plus de gants. L’égoïsme est carrément mis en avant et élevé au rang de spiritualité.

L’Occident des années 60 faisait face à une rude concurrence idéologique mais il le faisait tout en étant porté par l’idée du progrès humain et matériel est par la réalité de la croissance des 30 glorieuses. À quoi nous exposent ces mouvements d’auto-flagellation et de haine de nous-mêmes dans un univers de concurrence internationale accrue et de nouvelle guerre froide face à la Chine notamment ? 

Emmanuel Lincot : Nous savons, nous avons toujours su, que les idéologies de progrès engendraient le meilleur comme le pire. Nous le savons depuis Auswitch et la découverte des camps d’extermination nazis mais aussi notre connaissance des goulags soviétiques et des laogais créés par le régime communiste chinois. Ces mouvements que vous pointez du doigt se situent sur les extrêmes de l’échiquier politique. A notre démocratie de les intégrer en trouvant pour notre société un nouveau souffle. Le progrès dans l’acception que vous lui donnez est exclusivement matérialiste. C’est à cette forme de progrès auquel souscrit le capitalisme d’Etat en Chine par exemple. Il en est un autre que nous devons redécouvrir : c’est le progrès spirituel. A nous de montrer au reste du monde, et à la Chine notamment, que le chemin pour un progrès spirituel est en phase avec l’idée que nous nous faisons de l’Homme, et de son développement. La Covid-19 nous a fait revenir soudain à des problèmes fondamentaux : mieux vivre dans notre environnement, nous épanouir dans la solidarité, moins gaspiller et être plus satisfaits de ce que nous faisons, de ce que nous sommes. Nous ne sommes pas acculés à devenir de simples consommateurs comme le voulaient les gilets jaunes par exemple ou l’écrasante majorité des Chinois à qui leur gouvernement leur vend du pain et du cirque pour leur acheter en retour leur silence. Nous sommes avant tout des êtres humains qui souhaitons un mieux-être spirituel. Et cela passe par une plus grande harmonie écologique, une économie verte qu’il nous reste à construire, qui générera de nouveaux emplois, de nouvelles technologies et qui nous permettra ainsi non seulement de faire face à la Chine et son modèle de prédation énergivore et totalitaire totalement anachronique tout en facilitant l’intégration de celles et ceux qui sont aujourd’hui dans la contestation, prônent l’instauration d’un communautarisme et sont de fait, tout aussi pernicieux que vulnérables. Je ne serais pas surpris, en effet, que des dictatures étrangères soutiennent leur combat dans un futur proche, à moins que cela ne soit déjà le cas, sur notre territoire et contre nos intérêts. Nous avons largement les moyens de nous en prémunir.

Bertrand Vergely : On pourrait penser que la déconstruction est néfaste pour l’Occident dans la compétition qui a lieu aujourd’hui à un niveau mondial. Détrompons nous.

La Chine qui est le centre du communisme mondial est en même temps le premier pays capitaliste du monde. Alors que hier, le communisme opposait communisme et capitalisme, aujourd’hui il ne les oppose nullement puisque pour lui rien ne sert davantage le communisme que le capitalisme. Le communisme ayant comme but de créer un paradis terrestre, rien ne sert autant son idéal  que le cynisme capitaliste faisant feu de tout bois pour accumuler du profit.

Quand, dans le monde occidental, on voit surgir la déconstruction, on pourrait croire que celle-ci va affaiblir le capitalisme occidental face au capitalisme chinois. Il n’en est rien. Plus la déconstruction progresse, plus on voit progresser l’idéal d’un individualisme cynique faisant feu de tout bois pour se créer comme il veut et comme il sent. Plus cet individualisme sans foi ni loi progresse, plus le capitalisme le plus cynique se renforce.

Les Chinois donnent l’impression de s’opposer à la déconstruction. Il n’en est rien. Quand ils se lancent à fond dans la fabrication de robots ou dans les manipulations génétique ainsi que dans les chimères (hybridation homme-animal), ils sont à la pointe de la déconstruction. Plus le monde occidental déconstruira non seulement les identités masculines et féminines mais l’identité même de l’être humain afin d’en faire une machine entièrement dépersonnalisée manipulable comme on veut, plus il fera la jeu du pouvoir chinois. Plus le pouvoir chinois fera progresser les robots, les manipulations génétiques et les chimères dépersonnalisant totalement l’homme, plus il fera progresser la déconstruction et l’individualisme qui va avec. De sorte qu’il ne faut pas se leurrer. Ne croyons pas que la Chine et l’Occident s’opposent. Adeptes de la dépersonnalisation complète de l’homme au nom de l’individualisme et de la technologie toute puissante, ceux-ci avancent main dans la main.

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