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Projet de loi bioéthique

PMA pour toutes : le conservatisme sociétal est-il une cause définitivement perdue ?

Publié le 28 juillet 2020
Le projet de loi bioéthique, qui ouvre la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, revient cette semaine à l'Assemblée nationale. Comment sommes-nous arrivés à l'absence de tout discours critique de raison sur certaines évolutions sociétales ? Tout discours conservateur est-il définitivement voué à l’indifférence ou pire à la dénonciation ?
Christophe Boutin
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Christophe Boutin est un politologue français et professeur de droit public à l’université de Caen-Normandie, il a notamment publié Les grand discours du XXe siècle (Flammarion 2009) et co-dirigé Le dictionnaire du conservatisme (Cerf 2017), et le Le...
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Bertrand Vergely
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Bertrand Vergely est philosophe et théologien.Il est l'auteur de plusieurs livres dont La Mort interdite (J.-C. Lattès, 2001) ou Une vie pour se mettre au monde (Carnet Nord, 2010), La tentation de l'Homme-Dieu (Le Passeur Editeur, 2015).  
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Le projet de loi bioéthique, qui ouvre la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, revient cette semaine à l'Assemblée nationale. Comment sommes-nous arrivés à l'absence de tout discours critique de raison sur certaines évolutions sociétales ? Tout discours conservateur est-il définitivement voué à l’indifférence ou pire à la dénonciation ?

Atlantico.fr : La défense de la nature humaine et de la complémentarité des sexes sont des thèmes conservateurs devenus étrangement désuets avec le temps. Des années qui ont mené le débat public vers l'acceptation de lois comme la PMA pour toutes sans débat. Le discours conservateur est-il définitivement voué à l'indifférence ou pire, à la dénonciation ?

Christophe Boutin : Le fait qu'un discours soit diffusé ou non dans les médias ne vient pas uniquement de ce qu’il est désuet. Contrairement en effet à ce que pensent certains, je n’ai pas l’impression qu’il y ait de débat sur la nature humaine et/ou la complémentarité des sexes pour une très grande majorité de notre population, ni dans la « France périphérique », ni au sein de populations récemment installées sur notre territoire. Et si, demain, vous tenez certains des propos qui sont lancés du haut de leur chaire par des universitaires spécialisés sur la théorie du genre, ou que l’on trouve à longueur de colonnes dans nombre de médias, vous ferez simplement hurler de rire les joueurs de pétanque d’Ardèche ou les éleveurs de cobs du Cotentin… et vous aurez peut-être à vous sortir de situations beaucoup plus périlleuses dans les fameux « territoires perdus de la République ». C’est qu’en effet ils sont peu sensibles à ces analyses hors-sol qui entendent, selon les cas, nier ou leur réexpliquer la réalité dans laquelle ils vivent, et qu’ils ne se soucient guère d’être pour cela traitées de ringards par trois sylphides vegan et deux hispters hésitant sur leur identité sexuelle.

Si le discours « sociétal » actuel fait tant de bruit, c’est simplement qu’il est imposé par une propagande permanente et une répression sans faille. Une propagande qui ne vise pas seulement, comme on le croit souvent, à satisfaire quelques revendications individualistes, mais, en le faisant, à déstabiliser une société en faisant éclater ce qui est peut-être sa structure la plus fondamentale, la famille. Porter atteint à la famille, c'est en effet, d'abord, faire éclater des solidarités qui pourraient, à l'occasion, se révéler comme autant de contre-pouvoirs face à un État toujours plus intrusif, avec des atteintes toujours plus importantes portées aux libertés individuelles – nous sommes bien placés pour le constater en 2020 –, laissant face à cet État des individus isolés et désarmés. Mais c’est aussi empêcher la transmission, au-delà d’une solidarité, d'une culture et, surtout, d'une identité.

Face à cela se dresse ce que vous appelez le discours conservateur - et que l'on pourrait appeler le discours réaliste, tant, par définition, la pensée conservatrice est justement une pensée du réel. Un discours selon lequel on ne peut évoluer qu'en tenant compte de ce réel, et non en se projetant, après avoir fait table rase des réalités, dans le fantasme d'un avenir idéal. Ce discours de la mesure choque nos progressistes, engagés dans une course en avant, appelant en permanence au « dépassement de l’humain » ou à son « augmentation » – un autre nom de sa négation -, et ils comptent user de tous les moyens, même légaux, pour empêcher le discours conservateur de porter.

Bertrand Vergely : Le discours sur la nature humaine et la différence des sexes est-il conservateur ? Avec la critique de la PMA pour toutes,   est-il périmé ? En voulant le faire croire, on ment et on rêve. 

L’homme n’a pas une nature. Il a plus qu’une nature. Il a une dignité. Même chose pour le couple homme-femme qui est à la base de la vie et de sa reproduction. L’homme n’est pas rien. Le couple homme-femme non plus. Ils ont une dignité. Là est leur nature. Sans nature humaine entendue comme dignité, on sombre dans la barbarie. Sans couple homme-femme, il n’y a plus de vie. L’homme et le couple homme-femme  sont des trésors dont il importe de prendre soin. Conserver un trésor est la plus haute responsabilité qui puisse exister.  Quand l’homme est mal traité, sa dignité se révolte. Quand le couple homme-femme est mal traité, c’est toute l’humanité qui souffre. 

Aujourd’hui, un progressisme aveugle, inculte et irresponsable piétine la nature humaine. Ce même progressisme tout aussi aveugle, inculte et irresponsable entend faire disparaître le couple homme-femme afin de le remplacer par l’idéologie folle du transgenre. 

Un libéralisme aveugle s’est emparé du monde occidental et gagne la planète. Au nom du droit à s’inventer comme on le désire, il terrorise le monde via des associations antiracistes, féministes et pro-PMA. 

Écoutez les medias. Regardez les. Vous ne trouverez personne oser parler de la nature humaine, défendre ouvertement la différence des sexes et critiquer tout aussi ouvertement la PMA pour toutes. À part quelques canaux médiatiques marginaux et confidentiels, les grands medias veillent à ce que l’on ne donne jamais la parole à des personnalités dites conservatrices, la parole étant réservée en priorité aux minorités hurlantes et à leur discours de terreur. Quand un discours ne répond pas aux normes officielles, tout est fait pour qu’il soit immédiatement limité, marginalisé et poliment étouffé, le politiquement correct assurant une police  des pensées et des mots.

On prétend que le discours sur la nature humaine est périmé. On ne peut pas se passer de la nature définie comme essence et derrière elle comme « essentiel ». Tout le monde possède une visée essentielle à propos de la réalité en pensant secrètement que cette visée est la bonne et en espérant qu’elle durera le plus longtemps. Quand on explique que l’homme est liberté, on fait de la liberté la nature de l’homme. On pense ne pas normer la réalité. On la norme en pliant celle-ci aux règles de l’ultralibéralisme. On crie contre la norme et le pouvoir. On ment. Personne ne veut davantage le pouvoir que ceux qui prétendent lutter contre. Personne n’est autant pour la normalisation  des comportements que ceux qui déclarent ne rien vouloir normer. Le transgenre se veut au-delà de tout genre et de toute norme. Sous la forme du genre transgenre c’est un genre. Sous la forme d’un refus de toute norme, c’est non seulement une norme mais la norme. Et quelle norme !  

On pense aujourd’hui en avoir fini avec toute notion de norme, de nature, d’essence, d’identité parce que l’on vit dans le mensonge, l’hypocrisie et le rêve. Deux femmes ne peuvent pas faire un enfant. Il faut passer par un homme pour cela. Qu’à cela ne tienne. On fait croire que c’est possible. Un bidouillage juridique. Un bidouillage médical.  Et le tour est joué. 

Derrière ce mensonge, il y a un rêve. Tout doit devenir possible. Rien ne doit limiter le désir.  Dominé par la vision adolescente refusant en trépignant qu’on lui interdise quoi que ce soit, notre monde rêve. Il rêve la loi. Il rêve la science. Il rêve la technique. Il rêve la médecine. Il rêve l’humanité  en s’imaginant que demain  il va être possible d’en finir avec la famille, le couple homme-femme, les notions d’homme et de femme.  Il croit que tout va se passer facilement. Une majorité de circonstance votant une loi en catimini au milieu de l’été. Un sondage habilement conçu expliquant que les Français sont d’accord à 60, 65, 70 % avec la PMA. Coup de baguette magique ! Voilà la PMA adoptée, deux femmes qui peuvent faire un enfant, le père enterré. On est dans le triomphe de la pense magique et avec elle d’une sidérante hypocrisie. 

Quand Lionel Jospin a fait voter le PACS, c’était afin d’éviter le mariage pour tous avec enfants. Quand François Hollande a fait voter le mariage pour tous, c’était afin d’éviter la PMA et la GPA. Quand Emmanuel fait voter la PMA, c’est en disant oui à la PMA mais non à la GPA. Depuis plus de vingt ans, les politiques n’ont fait que mentir et ils continuent de mentir. « Nous allons faire une loi sur le mariage et la procréation, mais n’ayez crainte. Tout cela sera très encadré ». On prend les Français pour des imbéciles. Les lois censées encadrer n’encadrent rien du tout, les minorités hurlantes et les lobbies pro-théorie du genre, pro-PMA et pro-GPA faisant ce qu’ils veulent avec la complicité des medias qui les soutiennent. 

Comment sommes-nous arrivés au balayement de tout discours critique de raison sur certaines évolutions sociétales ?

Christophe Boutin : C'est une longue histoire, qu'il serait sans doute beaucoup trop long de rappeler ici, avec en sus le risque d'être nécessairement réducteur en la résumant. Rappelons que la remise en cause de l’ordre établi est, d’abord, un fait naturel : il est un moment dans l'âge humain, celui de l'adolescence, où l'on remet en cause les structures du groupe dans lequel on vit. Rappelons aussi qu’il y a toujours eu une tendresse particulière de l'esprit français pour ce qui peut sembler frondeur et provocateur. Tout n’est pas là, bien sûr, mais de tels éléments favorisent l’émergence de mouvements intellectuels luttant contre « l’ordre établi » au profit d’un autre ordre… et au leur propre. Les « intellectuels organiques » décrits par Antonio Gramsci devaient ainsi abattre les structures bourgeoises des sociétés européennes occidentales au profit du parti communiste, dans une phase essentielle pour la conquête du pouvoir qui imposait que l’on n’ait aucune pitié pour les idéaux bourgeois. De nos jours, ce parti intellectuel est au pouvoir, et pour justifier un sectarisme qui n’a pas diminué, entend faire croire à de fantomatiques menaces (le fameux « ventre encore fécond de la bête immonde ») et ainsi se poser en courageux résistant. Puisque le fascisme est nécessairement renaissant, on le décline donc au quotidien sous de multiples avatars, jusqu’aux plus incongrus.

Ce pouvoir quasi-absolu de la pensée progressiste, monopolisant l'édition, l’enseignement, la tribune et le journal, est une évidence que, je crois, personne ne peut nier de nos jours. La pensée des chantres intellectuels de la déconstruction de la seconde moitié du XXe siècle, simplifiée à l’extrême, est répétée comme des mantras par tout un prolétariat intellectuel, sorte de pions présents sans les salles de cours ou les plateaux des médias. Et comme tout bénéficiaire d’une situation de rente, financière ou de statut, ils n’entendent pas laisser la concurrence s’exprimer.

Car ce parti intellectuel a toujours eu tendance à se structurer autour d'une ligne de pensée dogmatique, à exclure sans aucune pitié tous ceux qui en sortaient, et à refuser tout vrai débat avec d’autres pensées. Au XVIIIe, les penseurs des Lumières qui, comme nos clercs modernes, se posaient en persécutés alors que le pouvoir les laissait publier et qu’ils étaient la coqueluche des salons, se montraient d’une haine sans faille face à ceux – les anti-Lumières – qui tentaient de s’opposer à leurs thèses, les traitant – déjà – de réactionnaires ringards. On le voit, nos modernes partisans de la « société sociétalement avancée » n’ont rien inventé.

Bertrand Vergely : L’intimidation, la lassitude et le désespoir. Voilà comment on en est arrivé là. Depuis la Révolution Française, la France est dominée par une secte politique qui rêve de devenir la nouvelle église catholique de notre monde. Au 19ème siècle, ce projet est proclamé haut et fort par Auguste Blanqui, illustre révolutionnaire de l’époque. Tout au long du 19ème et du 20ème siècle, le mouvement révolutionnaire domine la scène intellectuelle en recourant à la terreur. On se souvient du mot de Sartre : « Tout anticommuniste est un chien ». La révolution étant l’espérance immanente  d’un monde privé d’espérance transcendante, il est interdit de ne pas être révolutionnaire. 

Lors de la  chute du communisme, drame énorme dans le monde de l’ultragauche. Que faire ? Comment penser le monde ? Quelle espérance lui donner ? La révolution sociale est peut être morte, pas la révolution sociétale. L’ultra gauche était rouge. Elle devient verte. Elle était léniniste. Elle devient féministe. Elle était contre le mariage bourgeois. Elle devient pour le mariage gay. La  sexualité devait être coupée de la procréation. La procréation est désormais le but numéro un de la sexualité. Il fallait en finir avec le familialisme. Le nouvel ordre est familial. La secte terrorisait hier avec le communisme. Aujourd’hui, elle terrorise avec le sociétal.  On se demande pourquoi les Français acceptent la PMA sans broncher ? La réponse est simple. Essayez de vous opposer à la secte. Vous ne pourrez pas. Infiltrée dans tous les canaux de la communication, de la culture, des réseaux sociaux, des associations, des partis, des mouvements artistiques, littéraires, philosophiques, cinématographiques, son mode de pensée est devenu la pensée inconsciente de tout le corps social contemporain.

Face à la puissance de feu de la secte,  réaction des Français est la lassitude. Hier, ne sachant quoi répondre lors de discussions hystériques à propos du mariage pour tous, leur réaction était de dire : « Qu’on leur donne le mariage et qu’ils nous fichent la paix ». Aujourd’hui, leur réaction est de dire : « Ah non ! De grâce. On ne va pas remettre la question du mariage gay sur le tapis à l’occasion de la PMA ». Derrière cette réaction, il y a la fatigue et l’usure. Lorsque l’on discute du mariage gay, c’est la même discussion qui revient toujours. Avec les mêmes arguments. Pitié. De grâce. Qu’on en finisse. La secte le sait. Elle a su en jouer habilement. D’où son triomphe. Derrière cette lassitude, il y a toutefois autre chose, sous la forme du désespoir. Interrogez les Français à propos de la PMA. Ils se réjouissent ? Non. Ils sont désespérés. On le voit à l’expression qui a fait gagner les pro-PMA : « De toute façon qu’est-ce que tu veux qu’on y fasse ? Tu ne vas pas pouvoir lutter contre ». C’est vrai qu’il est difficile de lutter contre. On ne va  pas faire  des barricades pour défendre la famille !  Cette capitulation  permet de faire passer aujourd’hui la PMA et demain tout ce qui va suivre : autofécondation des femmes, disparition  des  appellations Madame et Monsieur, enseignement de la théorie du genre à l’école etc… Mais, disent les Français, on n’y peut rien. L’homme est fou parce que tout est fou. Une folie de plus ou de moins au milieu de la folie mondiale liée  au climat et au  Covid, qu’est-ce que ça change ? Cioran a écrit Les syllogismes de l’amertume et Sur les cimes du désespoir. Ce que nous entendons relève des syllogismes de l’amertume sur les cimes du désespoir. 

L’argument selon lequel la société ne s'est pas effondrée après l'adoption du mariage pour des couples homosexuels a-t-il raison ?

Christophe Boutin : On peut déjà se demander qui a un jour expliqué que la société allait s'effondrer après l'adoption du mariage pour les couples homosexuels, à part quelques sectateurs de systèmes religieux. Ce qui a été dit à l'époque, c'est, d'une part, que le mariage au sens administratif n'apportait aucune protection supplémentaire aux couples homosexuels par rapport à celles que les textes de loi leur offraient déjà - notamment le PACS. Ce qui a été dit aussi, c'est qu’en utilisant ce terme de mariage, et en établissant une identité avec le mariage hétérosexuel, on allait nécessairement poser à terme la question de la famille homosexuelle. Une question qui aurait demandé, et demande encore à être débattue, sans que l’on puisse le faire, alors qu’effectivement elle conduit à des changements pour notre société. Les écrits sérieux et documentés de juristes, de psychologues, de psychiatres, de philosophes, qui, de manière différente, s’inquiètent des conséquences pour les enfants de la formation de pareilles familles, sont balayés comme rétrogrades par des arguments aussi ridicules que : « il vaut mieux être l'enfant d'un couple homosexuel qui s’aime que celui d'un couple hétérosexuel qui se déchire » - degré zéro de l'argumentation on en conviendra, qui ne tient même pas compte de la fragilité desdits couples homosexuels par rapport aux couples hétérosexuels.

Par ailleurs, selon la méthode éprouvée dite des petits pas, on a ouvertement menti, expliquant à chaque fois que l’on n'irait pas plus loin (le mariage mais pas la PMA, la PMA mais pas la GPA…), avant de franchir ensuite une nouvelle étape sans éprouver la moindre gêne, expliquant qu’elle était évidemment dans la logique de la précédente « avancée ». Tout a été dit de cette méthode par un Saint Augustin qui connaissait bien les faiblesses humaines : « À force de tout voir on finit par tout supporter... À force de tout supporter on finit par tout tolérer... À force de tout tolérer on finit par tout accepter... À force de tout accepter on finit par tout approuver ! » Elle nous mène aujourd’hui à la GPA, et demain sans doute à d’autres « avancées » qui, si elles ne font pas s’effondrer la société au sens propre – non, le Dieu méchant ne foudroie plus -, en minent les fondements et, à tout le moins, en changent profondément la structure.

Bertrand Vergely : Pitoyables raisonnements. L’argument qui entend démontrer que le mariage pour tous est un bien parce que le monde ne s’est pas écroulé est aussi nul que celui consistant à dire que l’on est heureux parce que l’on n’est pas malheureux. 

Lors des discussions à propos du mariage pour tous, pour faire passer celui-ci nous avons eu droit à des rapports de psychiatres et d’assistantes sociales expliquant que ce mariage était  acceptable puisque les enfants n’étaient pas malheureux. Et pour enfoncer le clou il a été rajouté qu’il vaut mieux qu’un enfant vive  dans une famille d’homos sobres qui s’aiment que dans une famille d’hétéros alcooliques qui se battent. Avec ce genre d’arguments, on fait tout avaler. On justifie tout. Quand les dictatures veulent se vendre que disent-elles ? Regardez. Les gens sont heureux. Que voulez vous de plus ? Vous n’allez pas être contre ? Quand les medias vendent de la bibine intellectuelle et morale que disent-ils ? Les gens sont heureux. Que voulez vous de plus ? Vous n’allez tout de même pas être contre ? Demain, quand la PMA aura été votée, ne nous faisons pas d’illusions. Nous aurons droit à des reportages montrant combien cette loi est bonne en rendant heureux et combien on avait tort de s’inquiéter. Ce sera touchant, émouvant. Et l’on dira aux récalcitrants : « Que voulez vous de mieux ? Les gens sont heureux. Vous n’allez quand même pas empêcher les gens d’être heureux ! ». La secte triomphera. Les pro-PMA jubileront.  Les medias se frotteront les mains. Et le monde approfondira le mensonge dans lequel on le fait vivre. Il continuera d’être l’esclave du processus d’artificialisation généralisée qui s’est emparé de lui, croire que l’on est heureux quand on n’est pas malheureux étant du même tonneau que croire qu’avec un robot on fait un homme.  

Le conservatisme a-t-il sa place dans la société française de demain ? Quelle forme doit-il prendre politiquement ?

Christophe Boutin : Demander si le conservatisme a sa place dans la société française de demain, c'est un peu demander si la réalité y aura encore sa place. Si cette société ressemble un peu plus encore qu’aujourd'hui - même s’il semble que l'on atteigne des sommets en la matière - à ce que décrivait Georges Orwell dans 1984, c'est-à-dire à un monde d’où la réalité a été bannie pour être remplacée par une autre, et reste en perpétuelle mutation pour satisfaire les besoins du pouvoir, alors le conservatisme n'y aura nulle place. Il s'agira d'une société progressiste et comme telle idéaliste, sinon irréaliste, une société qui ne vise pas à protéger et faire avancer l'homme, avec ses forces et ses faiblesses, mais uniquement à faire advenir un homme nouveau idéal qui n'existera jamais que dans ses fantasmes.

Pour promouvoir ce type de société il faut disposer de deux éléments. D’abord, un groupe d'intellectuels fonctionnarisés, c'est-à-dire dépendant du bon vouloir de l'État, soit parce qu'ils sont effectivement fonctionnaires, soit parce qu'ils bénéficient de subventions sans lesquelles ils ne pourraient pas vivre. Il leur appartient d’effectuer cette permanente réécriture de notre histoire, effaçant ici un fait, gommant là un personnage, négligeant une date, et ce toujours avec les meilleures justifications du monde. Pour prendre notre époque, il semble ainsi communément admis par certains de ces clercs que  notre histoire a été jusqu'alors construite par les représentants d’un patriarcat blanc, qu'elle repose donc sur les présupposés de ce dernier, et qu'il importe de la réécrire. Reste que, même avec la meilleure volonté du monde, une telle propagande ne parviendra pas à convaincre ceux qui restent ancrés dans la réalité. Cela implique donc de disposer ensuite d'un appareil répressif chargé de sanctionner les moindres déviations, qu'il s'agisse d'actes, bien sûr, mais aussi simplement de mots, et sans doute demain de pensées.

« Quand l’ordre n’est plus dans l’ordre, il est dans la révolution » écrivait Robert Aron. Face à un progressisme au pouvoir qui est le désordre institué, le conservatisme pourra-t-il faire l’économie de cette dernière ? Sans doute pas, et il sera aidé en cela par une réalité qui, quoi qu’on en ait, punit toujours un jour ceux qui la nient, en un choc en retour dévastateur. Ce qui veut dire qu’une relève politique conservatrice doit être prête à s’affirmer comme telle et à lutter pied à pied, qu’elle se structurer mais aussi retourner aux fondamentaux de cette pensée, remettre le réel à sa place, et, surtout, définitivement cesser de tenter, de manière assez pitoyable, cet aggiornamento avec le progressisme qui se résume bien souvent à l’ultime plainte de Madame du Barry : « Encore un instant, monsieur le bourreau ».

Bertrand Vergely : Le conservatisme est un concept bâtard, comme le progressisme, comme tous les ismes. Je veux bien conserver, mais conserver quoi ? Je veux bien progresser, mais progresser pour faire quoi en allant où ?  Avec le conservatisme, on ne sait pas. Avec le progressisme, non plus. Ce qui est gênant. 

On ne peut pas se passer de la conservation, pas plus qu’on ne peut se passer du progrès. Conserver renvoie au fond des choses. La  vie est un trésor. Ce trésor il faut en prendre soin. Conserver, c’est prendre soin du trésor de la vie. On s’en rend compte avec la question écologique. La nature est un trésor. Nous n’en avons pas pris soin. Quand aujourd’hui on parle de la conserver, personne ne trouve cela ringard. On trouve ça plutôt révolutionnaire et progressiste. 

Le progrès renvoie à nous-mêmes. Nous avons à progresser. Nous progressons en faisant quelque chose de nous-mêmes et en allant dans le meilleur de nous-mêmes.  On s’en rend compte quand on donne le meilleur de soi-même. Ce n’est pas brutal. Cela ne coupe pas le monde en deux. 

Du fait de la secte, conserver a été transformé en quelque chose d’odieux et progrès est devenu brutal. Voulant le pouvoir, la secte explique qu’il n’y a qu’elle qui a de la valeur. Étant la seule à avoir de la valeur, le monde commence avec elle. Le monde commençant avec elle, tout ce qui n’est pas elle ne mérite pas d’exister. Quelqu’un ne pense pas comme elle ? C’est un odieux conservateur qu’il convient d’éliminer. Quelqu’un pense comme elle ? C’est un révolutionnaire qu’il convient d’honorer. Quand la secte n’a pas le pouvoir, elle appelle progrès le fait de prendre le pouvoir par tous les moyens en recourant notamment  à la terreur idéologique afin de s’emparer des esprits. Une fois qu’elle est au pouvoir, conserver le pouvoir par tous les moyens relève également du progrès.

On se demande si conserver a encore du sens dans le monde d’aujourd’hui ? Cela n’a pas du sens. Cela a plus que du sens. Jamais il n’a été aussi nécessaire de protéger le trésor de la vie. Au moment où vont être votées des transgressions gravissimes celle-ci, c’est une nécessité urgente. Alors que notre monde est confronté à un immense désespoir, jamais il n’a été aussi nécessaire que des hommes et des femmes progressent en donnant le meilleur d’eux-mêmes. 

L’avenir sera à ceux qui savent être les gardiens du trésor de la vie comme du trésor de l’humanité, ces gardiens étant les mêmes. Le monde devrait le connaître. Il ne le reconnaît guère, obsédé qu’il est de faire des coups politiques et médiatiques. Et c’est là le drame.  

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Commentaires (19)
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Hiris
- 29/07/2020 - 16:44
J adore cette photo
Et les commentaires sur les pancartes .Tout est dit ....
TPV
- 29/07/2020 - 08:29
@JG
Ne perdez pas votre temps avec un traumatisé du divorce, de l'enfance chez les Jésuites ou bien du service militaire en Allemagne...ou du 93.
Ganesha
- 29/07/2020 - 06:59
Cloette : Mission Divine ? Figure Masculine de Référence ?
C'est indéniable : une profonde amitié nous lie depuis de longues années.
Mais, je vous le dis sincèrement : je vous trouve incroyablement orgueilleuse !
Vous êtes tellement convaincue de ''détenir la vérité'', que vous vous considérez comme ''investie de la mission divine'', d'interdire à d'autres femmes, que vous ne connaissez pas, d'avoir des enfants !
Les petites filles continueront très probablement à se choisir une ''figure masculine de référence'', mais ce ne sera plus leur père biologique.
Les petits garçons souffriront-ils de ''faire leur Oedipe'' sur une femme ?
De toutes façons, désormais, 50 % des mariages se terminent par un divorce.
Et, vous semblez, beaucoup plus que moi, considérer la situation de ''mère célibataire'' comme normale.