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Rencontre des Entrepreneurs de France

Retraites, chômages, salaires, commerce international... Mais à quoi peut encore servir le MEDEF ?

Publié le 29 août 2019
La Rencontre des Entrepreneurs de France, dont Atlantico est partenaire, marque chaque année la rentrée sociale et comme souvent, le Medef s’est fait voler l’axe majeur de sa réflexion. Ce texte de Jean-Marc Sylvestre est accompagné de deux interview : de Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, et de Sophie de Menthon.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ. ...
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La Rencontre des Entrepreneurs de France, dont Atlantico est partenaire, marque chaque année la rentrée sociale et comme souvent, le Medef s’est fait voler l’axe majeur de sa réflexion. Ce texte de Jean-Marc Sylvestre est accompagné de deux interview : de Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, et de Sophie de Menthon.

Atlantico, partenaire de la Rencontre des Entrepreneurs de France, présente aujourd'hui un texte de Jean-Marc Sylvestre accompagné de deux interviews, l'une de Pierre-André de Chalendar, président-directeur général du groupe Saint-Gobain, l'autre de Sophie de Menthon, présidente du mouvement ETHIC, par ailleurs actionnaire minoritaire d'Atlantico. 

La Rencontre des Entrepreneurs de France marque chaque année la rentrée sociale et comme souvent, le Medef s’est fait voler l’axe majeur de sa réflexion. Emmanuel Macron a redéfini son ambition sur les retraites, le Mercosur ou l’écologie. Il oblige le Medef à le critiquer, ce qui politiquement pour lui, n’est pas négatif. 

Le Medef a ouvert son université d’été ou plutôt ses rencontres, un peu déboussolé. Le président du Medef pensait sans doute se féliciter d’avoir un président de la République très pro-business, architecte et promoteur de réformes structurelles fortes sur le modèle social et l’Education nationale, il se retrouve en cette rentrée avec un président de la République qui donne tous les signes du changement de trajectoire dans son entreprise de restauration de la compétitivité. 

Que ce soit dans la mise en scène du G7 ou dans la reprise des grands dossiers de politique intérieure, tout se passe comme si Emmanuel Macron avait changé de méthode. Il ne fera rien pour braquer ses partenaires. Avec les chefs d’Etat étrangers comme Donald Trump, il recherche le compromis. Avec les forces politiques françaises encore traumatisées par le tsunami des gilets jaunes, il modère et tempère ses positions. Il ne signera pas l’accord du Mercosur, il veut trouver une solution en Europe qui ne soit pas traumatisante dans l’affaire du Brexit. Sur le terrain de l’écologie, il met l’Etat en position de prendre ses responsabilités parce que les entreprises ne feront sans doute pas le travail. Sur le terrain de l’Education nationale, le ministre est prié de ne pas braquer les enseignants à la veille de la rentrée. Avec les urgentistes, la ministre de la Santé va se résoudre à une grande messe qui remettra tout le système à plat. Enfin sur les retraites, il raie l’hypothèse d’un recul de l’âge de la retraite en prônant une solution de rééquilibrage qui passera plutôt par la durée de cotisations. 

En bonne logique, le patronat aurait toutes les raisons d’être furieux, parce que ces inflexions nous ramènent sur une ligne de réformes très soft, un peu éloignées des promesses faites pendant les deux premières années du quinquennat. Les contraintes politiques ont parfois leur raison que les marchés ont du mal à admettre. 

Toujours est-il que le président du Medef avait toutes les raisons de considérer que le virage opéré sur la réforme des retraites nous ramenait en arrière et plaçait l’organisation en position de bouc-émissaire. Idem sur le Mercosur. Les écologistes et les agriculteurs seront satisfaits, mais les industriels qui cherchent des débouchés très mécontents. 

Cette conjoncture politico-syndicale oblige les patrons à s’interroger non seulement comme prévu sur l’avenir du capitalisme, mais encore et surtout sur l’avenir de leur propre organisation syndicale. A quoi peut servir un Medef dans un écosystème où toutes les grandes décisions stratégiques sont prises et impulsées au plus haut niveau de l’Etat. 

Initialement, le Medef, créé au lendemain de la deuxième guerre mondiale (il s’appelait d’ailleurs le CNPF) avait trois objectifs, trois ambitions qui justifiaient sa légitimité. 

La première mission était d’être partenaire officiel dans la gestion du système social à parité avec les syndicats de salariés. Les organisations syndicales ont le devoir et le droit (de par la loi) de gouverner le modèle social. C’est à dire les caisses d’assurance maladie, l'assurance chômage et l’assurance retraite. Le Medef cogère, c’est à dire décide des modalités de fonctionnement et de gouvernance des principales organisations sociales (Assedic, Unedic, Agirc, Arcco etc.) au gré des différentes crises. L'Etat s’est invité à la table des gouvernances, essentiellement d’ailleurs pour faire les fins de mois et réduire les déséquilibres financiers. Au regard de la conjoncture et des contraintes de compétitivité, le modèle social dans son fonctionnement est devenu trop couteux. Il fallait, soit le raboter, soit trouver des recettes. L’Etat a puisé dans le budget et en apportant de l’argent, l’Etat a revendiqué le droit de mettre son nez dans les affaires. 

Les partenaires sociaux ont perdu la main et se sont retrouvés dans l’obligation d’accepter des réformes de structure pour trouver des équilibres financiers. Sur l’assurance maladie, on a introduit dans le jeu les mutuelles. Sur le chômage, l’Etat a imposé des procédures moins généreuses et sur la retraite, l’Etat pousse très logiquement à la prise en compte des contraintes démographiques et la suppression des régimes sociaux. C’est sans doute la réforme la plus difficile à faire accepter. Le résultat de tout cela est que les syndicats patronaux (et les autres) ont un peu perdu la main en laissant l’Etat traiter les dossiers. Le système social français n’a plus que le nom de paritaire. La réalité est toute autre.

La deuxième mission du Medef était de piloter les négociations avec les chefs d’entreprises et les syndicats sur les conditions de travail, horaires, et salaires. Ce pilotage là est purement formel. Les conditions de travail et notamment la durée du travail sont décidées par l’Etat, et notamment le ministre du Travail, sans parler des organisations internationales qui ont leur mot à dire en matière de normes. Quant aux salaires, ils dépendent de la loi du marché. Ils sont différents selon les secteurs et les régions et comptent des minima sociaux qui, eux, sont réglés par l’Etat. Les syndicats n’ont pas beaucoup d’influence. 

Enfin, le Medef a eu très longtemps et (encore aujourd’hui) une fonction de représentation et de contrepouvoirs face aux salariés et surtout face au gouvernement. Le Medef incarne ce contrepouvoir et il le fait plutôt bien. Le seul problème est au niveau de sa représentativité. Le Medef est sensé représenter l’ensemble des entreprises de France, soit au total plus de 2 millions. La réalité est que le Medef est une confédération de syndicats professionnels par secteur d’activité qui représentent surtout les grosses entreprises, environ 250 000 chefs d’entreprise. Leur pouvoir de communication est fort, mais est il écouté à la hauteur de son ambition. Sans doute pas. Toujours est-il que sa fonction politique se résout à jouer les bouc- émissaires pour permettre au gouvernement de se convaincre qu’il est capable de faire une politique pour tout le monde. Après avoir été attaqué avec violence de faire une politique pour les riches, Emmanuel Macron semble décide de montrer qu'il est capable de faire une politique pour tous, c’est à dire pour la classe moyenne française qui s’est réfugiée, soit dans les courants populistes, soit dans les courants écologistes qui ont repris des habits de gauche. 

La première tache du Medef nouvelle formule va être de se retrouver une raison d’être. Et pour cette organisation et son nouveau président, ça n’est pas impossible ou hors de portée.

Jean-Marc Sylvestre.

Interview de Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, pour Atlantico.

Interview de Sophie de Menthon. 

 

 

 

 

 
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zen-gzr-28
- 30/08/2019 - 20:45
Il semblerait que le virage de Jupiter
met surtout le frein sur les réformes ou les aménage pour faire comme certains des ex-chefs d'Etat, assurer un deuxième mandat. Toujours, hélas, aussi doué dans le foutage de gueule et la com. à outrance, il veut nous faire gober qu'il veut "entendre et écouter les citoyens" alors qu'il fait pour ce qui l'arrange ! Ne pas compter sur les médias serviles pour ne pas encenser ce super ? P. de la R. Incroyable, même le président du MEDEF en est baba.
Paulquiroulenamassepasmousse
- 29/08/2019 - 17:59
A rien..! C'est juste un club
A rien..! C'est juste un club de rencontre pour polytechniciens fonctionnaires et énarques pantoufleurs....