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Atlantico Business

Jean-Bernard Lévy, celui qui doit faire d’EDF le champion du monde de l’énergie propre et renouvelable après un siècle d’histoire

Publié le 20 août 2019
Cet été sur Atlantico, Jean-Marc Sylvestre retrace la saga des grandes marques françaises. De leur naissance à leurs mutations forcées, ce sont des histoires d’hommes et de femmes, de rencontres, de trahisons mais surtout de succès. Aujourd’hui, EDF.
Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ. ...
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Cet été sur Atlantico, Jean-Marc Sylvestre retrace la saga des grandes marques françaises. De leur naissance à leurs mutations forcées, ce sont des histoires d’hommes et de femmes, de rencontres, de trahisons mais surtout de succès. Aujourd’hui, EDF.

Jean-Bernard Levy vient d’être renouvelé aux commandes d’EDF. Après Marcel Boiteux, aucun de ses prédécesseurs n’avait fait plus d’un mandat. Il faut dire que le défi qu’il doit relever est historique. Défi technique, financier et politique. 

EDF a fait le pari de devenir un champion mondial de l’énergie propre et renouvelable, et pour Jean-Bernard Levy, le défi est gigantesque. Il lui faut donc prouver que le mix intelligent entre l’électricité de source nucléaire et naturelle sera plus économique et plus sécurisé que toute autre énergie. Tout en garantissant l’indépendance du pays.  Le défi est donc technique, financier et surtout politique . 

De la production de l’électricité à la vente de la production en passant par la définition d’un cap stratégique, l’Etat est quasi omniprésent dans l’histoire de ce fleuron français. Comment le nucléaire a transformé EDF ? Comment soutenir cette filière nucléaire dans laquelle nous sommes les champions mondiaux, tout en ne prenant pas de retard dans le virage des énergies renouvelables ? EDF, c’est l’histoire d’un dilemme permanent entre le régalien et la concurrence du marché mondial.

Pour comprendre cette extraordinaire aventure, voici la vidéo du documentaire réalisé par Jean-Marc Sylvestre et Redtime : 

Au dernier salon de l’automobile, l’espoir était encore immense. Jean-Bernard Lévy, président d’EDF, le clamait haut et fort : on va assister à une explosion planétaire de la mobilité électrique. Cette perspective, EDF l’attend et la prépare depuis de nombreuses années. Mais cette fois, l’entreprise annonce son ambition de devenir le premier fournisseur pour véhicules électriques en 2022, soit 600.000 voitures et 30 % du marché. Car en tant que leader mondial de la production d’électricité nucléaire, remplacer l’essence par des batteries électriques, ce sont des décennies de croissance assurée pour l’entreprise.

Alors, évidemment, chez EDF, on sait que le maillon faible de la mobilité électrique, c’est le stockage de l’énergie et la mauvaise qualité des batteries. On continue de travailler dessus parce que celui qui découvrira le secret de la batterie durable sera comme le roi du pétrole. Mais EDF a aussi trouvé dans l’automobile électrique l’argument le plus fort pour justifier le maintien et le développement de son parc nucléaire.  Le transport, c’est la liberté et le consommateur semble peu enclin à remettre en cause ce degré de liberté, même pour des raisons écologiques. Il a donc besoin d’être mobile, et les voitures électriques pourront l’aider. 

C’est en tout cas la vision stratégique forte que déploie le groupe électrique. L’avenir nous dira si Jean-Bernard Lévy a vu juste et si les voitures électriques l’emporteront sur les voitures essence ou même à hydrogène.

C’est important car il n'y a sans doute pas d’entreprise aussi importante pour l’équilibre de l’économie, pour la vie quotidienne des Français qu’EDF. 

EDF fabrique un produit que personne n’a jamais vu. L’électricité, on ne sait pas trop comment ça marche, mais on veut que ça marche. L’entreprise est hors norme. Tout est gigantesque. Les centrales nucléaires, les barrages hydrauliques, les réseaux. Un État dans l’État mais que l’État surveille. Des millions de clients, 200.000 salariés. Des milliers de fournisseurs. 

Avec au sommet, un PDG nommé par le chef de l’État lui-même. La position du président de l’EDF est très convoitée, et pourtant, elle n’est pas confortable. Il doit rapporter à des ministères de tutelles, au parlement, à la bourse même si EDF a pris un peu de distance avec le CAC40. 

C’est non seulement le premier producteur et fournisseur d’électricité sur la planète. Un chiffre d’affaires de 80 milliards d’euros. Mais EDF, c’est aussi le champion du monde de l’électricité nucléaire 58 réacteurs au total en France et 15 au Royaume-Uni. EDF n’échappe pas à l’évolution structurelle et technologique qui bouleverse l’organisation économique de tous les pays.  

 

EDF a, depuis 70 ans, l’obligation de satisfaire les besoins en énergie mais de quelle énergie, parle-t-on ?  Du renouvelable, du solaire, du nucléaire, avec quelle technologie, quelle sécurité, sous quelles formes, A quel prix ?  Qui doit payer ? Il n’y a pas de certitude absolue dans cette industrie. 

Personne ne sait qui a découvert l’électricité. Il faut fouiller dans la mythologie, pour en trouver les premières traces. La première fois qu’on aurait perçu un phénomène qui se rapproche de l’électricité remonte à l’Antiquité Grecque. 600 ans avant Jésus Christ. Thales, qui est philosophe mais aussi mathématicien, aurait découvert qu’en frottant de l’ambre avec un tissu, on attirait les poussières. Ce  phénomène magnétique était inexpliqué. Thales a pensé qu’un souffle de vie animait cet étrange caillou. 

Pendant plus de 2000 ans, l’étrange pouvoir de l’ambre n’intéressera personne. Il faudra attendre le 17e siècle.  St Gobain, qui fabrique la Galerie des glaces à Versailles, découvre que le verre frotté attire aussi la poussière. Le petit peuple se passionne pour ce phénomène et on va voir dans les rues, des vendeurs à la sauvette frotter des pierres, les approcher des gens et on voyait les poils de bras ou les cheveux se dresser. 

Mais les historiens l’avouent : jamais, on a su dater la découverte de l’électricité. On a quand même des points de repères. Isaac Newton par exemple qui a découvert que les pommes finissaient par tomber du pommier, pense qu’il y a une relation entre la gravité universelle, le magnétisme et l’électricité. 

C’est au 18e siècle que la connaissance va progresser très vite. Le siècle des lumières. L’américain Benjamin Franklin va décrire que la foudre d’un orage n’est pas une manifestation de la colère divine, mais que c’est bien un phénomène d’origine électrique. Un jour Franklin qui a été ambassadeur à Londres vient jouer au cerf-volant sur une plage de Normandie. Un jour d’orage, il prend la foudre dans les mains. Ça l’a un peu secoué. Il en fera une communication scientifique.  

Au 19e siècle, on produit, distribue et utilise l’électricité… l’Italien Volta, le français Ampère, Michael Faraday, l’anglais Maxwell, l’américain Westinghouse ont tous contribué à l’émergence de cette révolution industrielle. Au 19e siècle ils bâtiront des empires équivalents à ce que sont les Google, les Microsoft et les Facebook aujourd’hui. On produit l’électricité en utilisant tous les cours d’eau disponibles ou en fabriquant des petites centrales au charbon qui produisent de la vapeur. 

La seconde guerre mondiale dévaste ces infrastructures. En 1945, A la libération, l’État doit reconstruire une industrie électrique.  L’Assemblée nationale va voter à une écrasante majorité la nationalisation de toutes les petites installations électriques et gazières sur l’ensemble du territoire. Il y en avait partout. 

Et pour gérer cette entreprise d’État, le Général de Gaulle va découvrir un homme qui va devenir le véritable père de l’EDF moderne. Marcel Boiteux va régner sur EDF pendant près de 40 ans. 

Marcel Boiteux avait fait Polytechnique. Sa passion c’était l’économie. A peine arrivé, il va découvrir la faiblesse d’EDF. L’EDF ne sait pas calculer le prix de revient du courant fabriqué sur tout le territoire et donc, l’EDF ne sait pas fixer les tarifs. Marcel Paul en bon communiste évitait de parler d’argent et  De Gaulle n’était pas un maniaque de l’intendance. Pour Boiteux, EDF ne pouvait pas couter d’argent à l’État, il doit pourtant cogérer avec l’État. Pour s'en sortir Boiteux va appliquer une méthode bien à lui pour négocier avec les responsables syndicaux et trouver des compromis. Parce que le modèle économique a des contraintes fortes et que les investissements sont considérables.

Le barrage de Tignes a été le premier et le plus important barrage hydraulique en Europe. Il mesure 180m de hauteur, avec une chute d’eau de 233m. Sa mise en eau fut réalisée en 1952. Mais avant, que de batailles politiques, sociales, juridiques. Les écolos n’existaient pas mais les riverains et les habitants du village disparus eux tenaient à leurs racines.  Et pourtant, 70 ans plus tard, le barrage alimente encore toute l’agglomération de Grenoble et a donné des moyens financiers pour développer une série de stations de ski parmi les plus prestigieuses de France. 

A partir des années 1950, EDF va multiplier les constructions de centrales hydrauliques  et thermiques On va aussi commencer à installer les réseaux de distribution. Ça coute très cher tout cela. Il faut des financements très long et ça n’existe pas. Là encore il faut les inventer. 

L’électricité engendre la plupart des réformes de la modernité, dans la santé, la communication, dans les transports. La puissance électrique alimente la puissance économique et l’industrie électrique devient très vite stratégique. Le Général de Gaulle sait bien que ni le charbon, ni le fuel, ni l’hydraulique ne permettront de répondre aux besoins. Il faudra donc développer d’autres sources et d’autres filières de productions. 

Dès son retour en France, le Général s’était saisi du dossier nucléaire. Pour des raisons militaires. On entrait dans la guerre froide.  Le Général de Gaulle avait confié le soin d’organiser l’industrie française du nucléaire a deux hommes Raoul Dautry, ministre de la reconstruction, ingénieur polytechnicien, lui aussi et Fréderic Joliot-Curie, le père de la radioactivité, un chercheur mais connu dans tout Paris.

 « Débrouillez-vous » dit le général ! Et le CEA, le Commissariat à l’énergie atomique, est né comme cela, sur un coin de bureau à l’Élysée. Les premières piles atomiques françaises seront conçues très vite, en 1946, à Marcoule. L’objectif, c’est de mettre au point une arme atomique.

La 4e République va tout enterrer comme dans beaucoup de domaines. Il a fallu le retour du Général de Gaulle en 1958, pour que la France se réveille. La première bombe explose en 1960, en Algérie. Marcel est déterminé à démontrer au général que le nucléaire civil a du potentiel. Ils n’ont aucun mal à le convaincre.

Le seul problème, c’est qu’entre le CEA et l’EDF, c’est la guerre. Le CEA défend une technologie graphite gaz, d’origine française. L’EDF a mis la main sur une technologie américaine qui utilise de l’uranium enrichi. Ce qui est embêtant,  c’est que le KWh franco-français conçu par le CEA des militaires coute 20% plus cher que le KWH conçu par EDF avec la technologie américaine. 

Pour le général de Gaulle, n’y a pas débat, les Américains il s’en méfie. L’indépendance de la France n’a pas de prix. Trois ans plus tard, entre 1963 et 1971, EDF va mettre en service les six réacteurs de la 1ère génération conçus avec les plans du CEA. 3 à Chinon, 2 à Saint-Laurent-des-eaux et un à Bugey, sur la Loire pour assurer le refroidissement des eaux. 

Georges Pompidou au pouvoir confirme tous les projets. Sauf qu’il fait machine arrière sur la technologie. « Le CEA est trop cher dit-on, et bien revenons à la technique mise au point par EDF avec les américains ». Marcel Boiteux a gagné. 

Pour gérer cette filière, qui va produire des centrales de la 2e génération ; on va créer deux sociétés. D’un côté Framatome, qui va exploiter le brevet américain sur l’uranium enrichi et de l’autre, la CGE, la Compagnie Générale Électrique qui deviendra Alcatel-Alsthom pour construire les réacteurs à eau bouillante… D’un côté, le combustible. De l’autre, la chaudière. 

En 1969, le programme nucléaire français est gigantesque. Mais la guerre du Kippour en 1973 provoque le quadruplement du prix du pétrole. L’électricité est fabriquée dans des centrales au fuel et le fuel s’achète au prix du caviar. Valery Giscard d’Estaing qui vient d’être élu président de la république après la mort de Georges Pompidou, va essayer de convaincre les Français de vivre autrement. Si on n’a pas de pétrole, on doit avoir des idées. 

Devant l’ampleur des besoins, Giscard s’assoit sur les questions budgétaires et confirme le programme de construire 8 centrales par an. Chaque centrale vaut une fortune, 1 milliards 200 millions. 

EDF garantit donc l’indépendance énergétique de la France et est même le premier producteur mondial d’électricité nucléaire. Le parc de production a été formaté pour répondre à tous les besoins y compris les périodes de pointe. L’électricité ne se stocke pas. Par ailleurs, on ne peut pas ralentir une centrale nucléaire quand le réseau consomme moins, donc l’électricité est perdue. D’où l’idée qu’aura l’EDF d’organiser des interconnexions en Europe pour vendre son courant aux heures ou les Français en consomment moins. Et comme les heures de pointe ne sont pas les mêmes dans les principaux pays européens, EDF n’a pas de mal à trouver des clients. 

C’est l’âge d’or d’EDF et tout le monde est d’accord avec cette stratégie. Un premier incident à la centrale de Saint-Laurent dans le Loir et Cher ne fera pas bouger l’’opinion publique. 

Le 28 avril 1986, c’est différent. La catastrophe de Tchernobyl montre pour la première fois l’horreur de l’explosion d’un réacteur en Ukraine, à 150 km de Kiev. Un million de morts aujourd’hui. 

Un rapport officiel de l’administration française viendra même expliquer que le nuage radioactif de Tchernobyl qui a traversé toute l’Europe, l’Allemagne, l’Italie l’Espagne ... et bien ce nuage-là s’est arrêté à la frontière française. Jacques Chirac assume. 

La plupart des chantiers dans le monde sont arrêtés. Les mouvements anti-nucléaires commencent à faire du bruit. La Suède et l’Allemagne décident officiellement de sortir du nucléaire ce qui entraine un quasi-Krach économique. 

La France reste droite dans ses bottes. La stratégie du tout nucléaire est confirmée, on termine ce qui est en cours. Mais on va modifier l’organisation de la filière industrielle pour qu’elle soit plus sécurisée disent les uns, pour modifier la répartition des responsabilités, disent les autres.   

Framatome, la société française chargée au départ de l’enrichissement de l’uranium, la Cogema qui avait été créée pour assurer le retraitement des déchets à la Hague et ce qui reste du CEA, toutes ces structures vont se réunir dans une seule enveloppe juridique qu’on baptisera Areva et qui sera dirigée par Anne Lauvergeon. 

L’ancien sherpa de François Mitterrand va diriger ce qui devient un véritable empire industriel. Elle s’est même affranchie des américains et rapprochée de Siemens pour étudier la fabrication des chaudières. La filière est plus simple dit-on, plus lisible. 

EDF, c’est l’exploitant. Il a les clients à qui il vend l’électricité  produite dans les centrales qu’il a fait construire.  

Areva, c’est le fournisseur de combustible. Areva contrôle toutes les étapes du cycle de l’enrichissement au traitement des déchets et fournit les chaudières. 

Alstom fabrique les turbines - alternateurs et devient le leader mondial de sa catégorie.

Et puis, il y a les entreprises de travaux publics dont Bouygues, qui apporte le béton, Parce qu’une centrale, c’est aussi beaucoup de béton. 

L’industrie nucléaire française pourrait se résumer à ces quatre groupes qui pourraient collaborer de façon harmonique. C’est oublier que ces groupes sont aussi des empires dirigés par des fauves du grand business et de la politique : 

Le président d’Edf nommé par l’Etat doit cohabiter avec Anne Lauvergeon, pratiquement inamovible pour Areva, Patrick Kron pour Alstom et Martin Bouygues à la tête de son empire familial.  

La mondialisation a imposé l’ouverture des frontières, la planète se méfie du nucléaire mais a besoin d’une énergie propre et pas chère. En plus, les pays émergents ont besoin de courant électrique. EDF apparait pour les uns comme un animal préhistorique dans son fonctionnement mais avec un appareil nucléaire français des plus performants. Tout le monde en veut, mais personne ne veut l’avouer. 

Pierre Gadonneix, polytechnicien comme son prédécesseur, va arriver à EDF en 2004 pour gérer le changement. Il va imprimer d’abord cette culture de la concurrence. Pas facile, EDF est un monopole d’Etat, les prix sont fixes par l’Etat à partir d’une formule qui avait été mise au point par Marcel Boiteux. Pierre Gadonneix fait ouvrir le capital tout en maintenant la cohésion sociale à l’intérieur ; héritée de la libération entre les gaullistes et les communistes. Aussi, il prépare l’avenir dans les énergies renouvelables. A l’international EDF peut d'autant mieux vendre sa technologie son expertise et son savoir-faire., qu’elle est leader mondial … 

 

Le problème, c’est que EDF n’a rien produit de nouveau depuis 20 ans. Pierre Gadonneix va donc prendre une décision capitale : celle d’installer une 3ème génération de réacteurs, les EPR avec Flamanville, qui ont été développés et conçus par Areva. Flamanville devait être une vitrine.

En Asie, dans les Émirats ou même en Finlande qui vient de passer commande, Anne Lauvergeon veut imposer la technologie française. Sur le papier, les projets sont superbes mais pour réussir, ils nécessitent la coopération parfaite entre Areva et EDF. Or ça ne marche pas, les équipes ne s’entendent guerre. On est en retard, les chantiers n’avancent pas. Les pénalités de retard s’accumulent. 

Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 provoque un tsunami qui dévaste la côte pacifique du Tokyo au Japon. La centrale nucléaire de Fukushima ne peut plus refroidir les chaudières ce qui provoque la fusion partielle de plusieurs réacteurs. Comme à Tchernobyl, les rejets radioactifs brulent des régions entières. Le 24 mars 2011, Nicolas Sarkozy, président de la République, annonce que le choix de l’énergie nucléaire n’est pas remis en question. 

La réponse politique est des plus classique. Pierre Gadonneix n’a pas été renouvelé. Question d’âge, dit-on. Il est remplacé par Henri Proglio qui débarque de Véolia et qui connait mieux que quiconque la carte électorale française et les élus locaux. A un moment l’Élysée examinera un projet de fusion entre les 4 principaux partenaires, EDF, Areva, Alsthom et Bouygues. Le projet est trop politique, la gauche qui soutient Areva est vent debout contre ce qui ressemblerait à un complot de la droite. Les personnalités ne s’entendent pas mieux.

En janvier 2015, François Hollande lâche Anne Lauvergeon au profit de purs techniciens, Philippe Varin, un ancien de PSA, et Philippe Knoch un pur ingénieur passé par Polytechnique, évidemment et le corps des mines. Du côté de l’EDF, le président de la République va chercher Jean Bernard Levy alors président de Thales, un groupe d’électronique industrielle. 

La responsabilité de la performance est donc principalement dans les mains de l’Etat. Le problème de la rivalité avec Areva se règlera par un rapprochement. On découvre que la situation financière d’Areva va nécessiter près de 5 milliards d’euros pour garder son équilibre. La réorganisation de la filière nucléaire nécessite aussi des tarifs qui correspondent à la réalité.

Revers de la médaille, il a fallu prendre du recul avec la bourse en acceptant de sortir du CAC40. La décision a plutôt été saluée par les marchés. Si, pour Jean-Bernard Levy, l’objectif aujourd’hui est de respecter le plan de vol à l’horizon 2030, son seul caillou dans la chaussure, c’est l’Etat, qui dispose encore aujourd’hui de 80% du capital.

Pour comprendre cette extraordinaire aventure, voici la vidéo du documentaire réalisé par Jean-Marc Sylvestre et Redtime : 

         

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ajm
- 20/08/2019 - 15:43
Comment gâcher ses atouts.
Zelectron: grâce au nucléaire, l'électricité est encore beaucoup moins chère qu'en Allemagne ou en Italie par exemple. Sur les cagnottes , elles n'existent pas, il s'agit de simples provisions comptables, pas de cash qui serait cantonné en attente d'emploi dédié à l'avance. De toute façon, on peut compter sur les écolos et la connerie profonde de notre classe politique pour casser l'outil industriel d'EDF pour le remplacer par des moulins à vent qui ne produisent pas grand chose et de façon intermittente, de préférence quand les besoins en électricité sont les plus bas.
Didou33
- 20/08/2019 - 15:25
Erratum
C'est le gouvernement Chaban qui décide l'abandon de la filière graphique gaz (UNGG). Donc avant le gouvernement Mesmer.
Didou33
- 20/08/2019 - 15:04
Beaucoup d'erreurs et d
Beaucoup d'erreurs et d'approximations dans cet article. Par exemple :
1) On ne peut raisonnablement prétendre que la IVème république ait enterré le nucléaire, tant militaire que civil. La décision de construire 2 réacteurs à Marcoule est prise en 1955, la construction débute en 1956. En 1956, le gouvernement Mendès décide la construction de la bombe atomique. Excusez du peu.
2) le gigantesque plan nucléaire français faisant suite au choc pétrolier a été décidé par le gouvernement Mesmer sous la présidence Pompidou, ainsi que l'abandon de la filière graphite gaz. Certainement pas sous Giscard qui n'aurait jamais eu les c... nécessaire pour une telle décision.
3) 1 million de morts suite à Tchernobyl, c'est délirant...