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Bulldozer politique : les secrets de la com’ de Matteo Salvini

Publié le 11 août 2019
La ligue, le parti dirigé par le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, a déposé ce vendredi une motion de défiance envers le chef du gouvernement Giuseppe Conte après avoir mis fin jeudi à son alliance avec le Mouvement 5 étoiles. Prochaine étape : des élections probablement en octobre que le leader populiste entend bien remporter.
Marc Lazar
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Marc Lazar est professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po où il dirige le Centre d’Histoire. Il est aussi Président de la School of government de la Luiss (Rome). Avec IlvoDiamanti, il a publié récemment, Peuplecratie. La...
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Arnaud Benedetti
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Arnaud Benedetti est professeur associé à l'Université Paris-Sorbonne. Il vient de publier Le coup de com' permanent (éd. du Cerf, 2017) dans lequel il détaille les stratégies de communication d'Emmanuel Macron.
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La ligue, le parti dirigé par le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, a déposé ce vendredi une motion de défiance envers le chef du gouvernement Giuseppe Conte après avoir mis fin jeudi à son alliance avec le Mouvement 5 étoiles. Prochaine étape : des élections probablement en octobre que le leader populiste entend bien remporter.

Atlantico : Quels sont les secrets de la communication de Matteo Salvini qui expliquent sa popularité et la séduction exercée par son image en Italie et à l'international ?

Marc Lazar : Matteo Salvini est  en campagne permanente. Dans le pays, multipliant les déplacements, embrassant, serrant des mains, se prêtant aux selfies, tenant des meetings avec un langage simple et percutant. Il est un redoutable homme de radio (il était un des principaux animateurs de Radio Padania, la radio de la Ligue Nord) et de télévision, plein d’aplomb, doté d’un sens inné de la répartie. Enfin, il est extrêmement et continûment actif sur les réseaux sociaux, épaulé par une formidable équipe : il dispose de plus de 3 millions 600 000 followers sur Facebook et plus d’un million de personnes le suivent sur Instagram.

Il s’est construit une image à plusieurs facettes. Il se présente comme le vrai défenseur des intérêts nationaux de l’Italie (« prima gli italiani » - d’abord les Italiens-  est son slogan de prédilection) et des valeurs traditionnelles, la famille, la religion catholique mais pas celle du Pape trop permissive, selon lui, avec les migrants qu’il ne cesse de fustiger et de dénigrer. Il se veut aussi un homme d’Etat, responsable, partisan par exemple de la ligne TGV entre Lyon et Turin. Mais, dans le même temps, il se veut un homme du « peuple », un Italien comme les autres, qui porte le jean plutôt que le costume, une chemise blanche ouverte sur son torse, qui n’hésite pas à se montrer sur les plages en maillot de bain au-dessus duquel pointe sa petite bedaine, qui boit un mojito, joue au DJ, qui regarde des jeunes femmes en bikini.

En agissant ainsi, il tranche avec la plupart des autres hommes politiques, il lève le tabou de la respectabilité et cherche à combler le fossé entre ce qui est supposé être le mode d’être des dirigeants et celui du « populaire ». Tout cela plaît aux Italiens, comme cela leur plaisait du moins à nombre d’entre eux lorsque Silvio Berlusconi s’affichait avec son bandana sur la tête en Sardaigne ; et surtout, cela lui permet de séduire des électorats allant du centre droit aux confins de l’extrême droite.

Arnaud Benedetti : Son secret en matère de communication : être lui-même. Il ne sophistique pas sa communication. D’ailleurs il ne fait pas de la com', il est ! Il incarne sans feinte. Il n’a pas besoin d’être comédien ; il l’est naturellement à la manière d’un italien tel que nous nous le représentons. Ainsi, pour partie, Salvini réussit parce qu’il "essentialise " certaines des catégories que nous prêtons à ce peuple : une décontraction , une gouaille latine , une virilité méditerranéenne.

C’est cette authenticité qui suscite de l’adhésion. Il ne casse pas les codes, ne les transgresse pas, il s’en moque tout simplement. Salvini est Salvini comme tout est dans tout. Il est cette tautologie qui n’intrigue pas. Avec lui on sait où on va quant à sa personnalité. Il crée de la confiance.D’aucuns parleraient de charisme. Il en a incontestablement. Il joue d’une spontanéité dans un monde - la politique - où l’art de la dissimulation est la règle . En ce sens il est populaire , populiste , voire populacier quand il se déhanche sur une plage avec une jeune femme. Il exhibe le corps , use de cette impudeur pour désacraliser le statut de l’homme politique et dire qu’il est un homme comme les autres. Il decorsete la représentation du politique , ne calcule pas son être au monde. Il est présent comme tout un chacun. Il ne met pas de distance entre son être et sa fonction . D’ou la fascination qu’il peut exercer. Nous sommes entrés dans l’ere des fauves. Les populistes l’ont compris.

Il y a quelque chose de romain dans la période dans laquelle nous sommes entrés . L’individualisme de la société est compensée par une aspiration à se ressembler et à se rassembler. La masse est de retour. En ce sens le populisme peut parfois évoquer le fascisme , même s’il n’en n’est pas un , contrairement à ce que pensent les adeptes des paresses analogiques . Il n’en n’est pas un parce que les sociétés ont métabolisé un individualisme irréfragable . C’est une donnée de civilisation.  Salvini est bien plus subtil qu’il n’y parait . Dans tous les cas , il est devenu un symbole.

Sa communication éruptive , à l’instar d’un Trump , épouse le besoin de l’époque : le cash , le buzz , la porosité toujours plus grande entre le public et le privé . Salvini est peuple , fait peuple , et le peuple - une partie tout au moins - se reconnaît en lui . Il est devenu à sa façon la pointe avancée de ceux qui pensent renverser l’histoire polie et lisse de l’UE . Par sa démonstration virilisante , il entend être le leader qui protège dans un monde de déséquilibres et de périls .

Au regard de l'histoire politique et culturelle du pays, pourquoi jouer le "politique simple" et le ministre proche du peuple fonctionne en Italie ? Et plus largement, à l'heure actuelle, en Europe et dans le monde ?

Marc Lazar : Parce que la défiance à l’égard des élites en général et spécialement des élites politiques est considérable depuis des lustres dans ce pays et cela n’a fait que s’accroître depuis une décennie. Les Italiens ont souffert et continuent de souffrir des conséquences de la crise financière puis économique de 2007-2008. La croissance est en berne, le chômage reste élevé, les inégalités ont été creusées, la pauvreté s’est diffusée. Ils sont apeurés et révoltés par l’arrivée des migrants et la présence de 5 millions d’immigrés réguliers, quatre fois plus qu’en 2001.

Les Italiens en rejettent la responsabilité sur les différents gouvernements de centre droit, de centre gauche et sur le gouvernement de Mario Monti, comme d’ailleurs sur l’Union européenne : l’Italie pays europhile est devenu eurosceptique. Cela s’insère également dans une donnée structurelle et historique de l’Italie qui remonte à l’Unité italienne à la fin du XIXème siècle, à savoir un écart important entre une grande partie des catégories populaires et les élites dirigeantes qui disposent d’une faible légitimité. Salvini, lui-même issu d’une famille de la moyenne bourgeoisie milanaise, ayant fait ses études secondaires dans l’un des meilleurs lycées de la capitale lombarde, se présente comme l’incarnation de l’Italien simple, avec ses qualités et ses faiblesses, mais supposé porteur de vérité par opposition à la « caste », un mot employé par le Mouvement 5 étoiles et qu’il reprend à son compte, et à Bruxelles.

Cette fracture sociale et éducative est considérable et se traduit dans la sociologie du vote. Par exemple, la Ligue et le Mouvement 5 étoiles sont fortement implantés dans les zones périphériques alors que le Parti démocrate, de centre gauche, obtient ses meilleurs résultats dans les centres villes « gentrifiés ».

Arnaud Benedetti : Cela fonctionne pour toutes les raisons que je viens d’indiquer . Parce que nous vivons une crise des élites s’installe l’idée qu’il faut convier le pouvoir à des hommes " vrais " , qui disent les choses , ne jouent pas sur et avec les mots , traduisent les pulsions et les inquiétudes de l’opinion . Peu importe que l’opinion ne soit pas la vérité ; ce distinguo platonicien n’a peu de prises sur l’esprit du temps . Il faut du vrai dans le rapport de l’homme du pouvoir à l’homme de la rue .

Tous les grands leaders populistes de Trump à Orban , en passant bien sûr par Salvini , l’ont compris . Ils réalisent la prophétie de Jean-Marie le Pen qui fut le pionnier en la matière : « dire tout haut ce que les citoyens pensent tout bas » . Ils objectivent au pouvoir un courant de rejet des élites né dans les années 80 . Dans cette optique , le comportement , la sémantique , la relation au corps sont essentiels car ils attestent visuellement .

L’image doit être au plus proche de ce que sont les gens . Mais attention , il ne faut pas feindre comme Giscard , en son temps , jouant de l’accordéon . Il convient pour être du côté du peuple de plonger à grandes brasses dans ce qu’il y a de plus populaire . Salvini y réussit à merveille , car il dégage le sentiment qu’il est comme le peuple , que ce n’est pas un artifice , que rien ne le sépare de "l’Italien moyen " . La force de Salvini , c’est qu’il est crédible . Et pourquoi est-il credible ? Parce que les élites le détestent . Elles sont inconsciemment son meilleur allié ! 

Les stratégies de communication de Matteo Salvini ne peuvent être séparées de la situation politique complexe que traverse le pays. Quelle position semble emprunter le ministre de l'Intérieur dans la sphère politique pour les mois à venir ?

Marc Lazar : Matteo Salvini outrepasse ses fonctions de ministre de l’intérieur et de vice-président du Conseil. En déclenchant cette crise en plein mois d’août, il se place au centre de l’attention, des médias et du débat public. Il a poussé le Président du Conseil, Giuseppe Conte, à démissionner, ce que celui-ci a refusé, il exige une convocation des Chambres avant le 15 août et des élections pour le 13 octobre. Mais il y a des règles constitutionnelles qu’il devra respecter.

Cela étant, que les Italiens votent d’ici la fin de l’année ou au début de 2020, ce qui est en train de s’écrire est sans doute la chronique d’une victoire annoncée, celle de Matteo Salvini. S’il l’emporte seul ou avec son allié Frères d’Italie, un parti encore plus à droite que le sien, une nouvelle phase politique de l’Italie s’ouvrirait, et elle comporterait d’indéniables risques pour ce pays car cette nouvelle majorité disposerait de presque tous les pouvoirs mais aussi pour l’Union européenne.

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Commentaires (7)
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hoche38
- 11/08/2019 - 18:06
Légitimes inquiétudes!
Où nos "journalistes" vont-ils trouver le héros qui va sauver Bruxelles de ces populistes italiens trop proches de Marine Le Pen? Qui sera le Macron qui sauvera les élites italiennes pour continuer à "faire tout bas, le contraire de ce qu'ils disent tout haut"?
Liberte5
- 11/08/2019 - 16:46
"dire tout haut ce que les citoyens pensent tout bas »
Voilà ce que les médias n'aiment pas. Eux c'est tout le contraire de ce que pensent les citoyens C'est la propagande lourde et massive et c'est bien pour cela que les citoyens n'aiment pas les médias. Ex. : il n'y a que sur les plateaux de télévision où l'on célèbre le vivre ensemble. Nulle part ailleurs!! Cela, les citoyens ne le supportent plus.
Fazende
- 11/08/2019 - 15:37
re@Assougoudrel
Merci infiniment d'avoir pris le temps d'expliquer l'Italie "Nord/Sud", enjeu et travail différent.. J'ai habité Milan trois ans mais voilà l'Europe s'est installée depuis et vos propos éclairent ou confirment.. ce que dit M. Lazard ! Bravo à vous, précieux témoignage. Tout chaud !