En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© NICOLAS ASFOURI / AFP
Tigre de papier

Si vous pensiez que la dette américaine détenue par la Chine met Washington à la merci de Pékin, ce graphique pourrait vous surprendre

Publié le 18 juillet 2019
Si la Chine et la Russie notamment ont beaucoup vendu leurs titres du Trésor US cette année, ces ventes sont compensées par les achats nets par le Royaume-Uni, la France, la Norvège et la Belgique.
Denis Ferrand est Docteur en économie de l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble, Directeur Général de Coe-Rexecode depuis décembre 2008. Il est l'auteur de perspectives économiques mondiales 2014-2015 de Coe-Rexecode. Il est également...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Denis Ferrand
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Denis Ferrand est Docteur en économie de l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble, Directeur Général de Coe-Rexecode depuis décembre 2008. Il est l'auteur de perspectives économiques mondiales 2014-2015 de Coe-Rexecode. Il est également...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Si la Chine et la Russie notamment ont beaucoup vendu leurs titres du Trésor US cette année, ces ventes sont compensées par les achats nets par le Royaume-Uni, la France, la Norvège et la Belgique.

Atlantico : On entend souvent que les Chinois disposent d'un énorme moyen de pression via la dette américaine. L'année actuelle ne pousse-t-elle pas à relativiser la puissance réelle de ce levier ?

 

Denis Ferrand : Oui, et il faut pour cela bien remettre dans le contexte. J'ai observé quels étaient les principaux acheteurs et vendeurs de la dette américaine pendant les 5 premiers mois de l'année 2018. J'ai observé deux groupes de pays : d'une part, ceux pour qui en moyenne les parts ont augmenté (Royaume-Uni, France, Belgique et Norvège) et de lautre ceux qui ont vendu (Chine, Russie, Turquie). Au global, on est dans une période pendant laquelle le reste du monde achète des titres du Trésor américain. La Chine à rebours réduit son exposition en direct, mais cela n'a pas de conséquences sur la dynamique d'ensemble. 

Après, il faut aussi faire attention : de nombreux travaux intéressants sont parus récemment, notamment ceux de Brad Stetser, un économiste américain du National Economic Council qui est le connaisseur le plus fin de ces statistiques de titres dans le monde, et qui évoquait notamment l'idée qu'il y a des phénomènes de substitution qui peuvent s'effectuer. A savoir que quand la Chine baisse, la Belgique monte, car des acteurs chinois peuvent passer par des fonds résidents belges. Avec de fonds résidents de paradis fiscaux type îles Caïmans ou Bermudes les Chinois peuvent detenir de la dette américaine sans le montrer. L'affichage en termes de critères de résidence n'est pas nécessairement fidèle à la réalité. 

Après il y a la réalité. La Chine a elle seule détient 17% (1150 milliards) de la dette américaine possédée par le reste du monde (6500 milliards en tout). La Chine est en tout détentrice de 7% des titres du Trésor américain. Au maximum, elle était montée à 12% en 2011/2012. C'est donc un phénomène engagé de longue date, extrêmement graduel. Historiquement, c'est un mouvement qui est engagé de longue date. 

 

La dette ne serait donc pas tant une arme dans les mains des Chinois qu'on le raconte ?

Economiquement, c'est une arme à double tranchant. Imaginons que les Chinois du jour au lendemain décidaient de ne plus détenir des titres du transport américain. Les conséquences seraient désastreuses en premier pour l'économie créancière. Ils ne peuvent vendre d'un coup 1100 milliards de titres en un jour. S'ils agissaient rapidement, on verrait en premier lieu les taux américains remonter. Et cela entrainerait une perte de valeur des titres détenus par la Chine qu'elle continuera à détenir. D'un point de vue patrimonial, la Chine n'a pas intérêt à le faire. Si en plus, vous avez une vente de dollars contre du yuan, vous auriez une pression très forte sur la monnaie chinoise qui renverserait l'équilibre de taux de change. La Chine n'a pas intérêt à engager un mouvement trop important. A partir du moment où vous êtes créancier, vous êtes plus redevable que vous n'êtes débiteur. Ce jeu de rapport de force est une forme d'équilibre de la terreur. 

 

Faut-il donc relativiser l’importance de la possession de la dette américaine par le reste du monde ?

 

 

Plus que vous ne le pensez. Le reste du monde c’est 6500 milliards, pour une dette de 17900. Il reste donc 11400 milliards, soit les deux tiers. Quand on regarde les évolutions, on voit que ce sont les acteurs domestiques américains qui sont devenus les principaux acheteurs de dette américain. Sur la période 2017-2019, ils représentent 62,4% des achats, contre seulement 13,4% pour le reste du monde. Cela n’a pas toujours été le cas. Si on prend la période 2000-200è, le reste du monde comptait pour 68,1% de l’augmentation de l’encourt. Il y a une forme de rotation entre des acteurs de financement à l’intérieur des Etats-Unis qu’il est important de regarder. 

 

 

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

02.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

03.

Hong Kong : ces nouvelles formes de censure très efficaces pour empêcher les mouvements sociaux

04.

Miley Cyrus s’éclate avec une ex Kardashian, Claire Chazal se souvient de quand elle s’éclatait avec (un de) ses ex; Énième réconciliation pour Jamel & Melissa, 1ère grossesse pour Louane; Anouchka Delon pacifie sa famille, Brigitte Macron choie la sienne

05.

Après l’annonce de la mort d’Hamza Ben Laden, de hauts responsables d’Al-Qaida réapparaissent

06.

Classement Bloomberg des familles les plus fortunées : pourquoi les dynasties règnent plus que jamais sur le capitalisme mondial

07.

Balance ton port : les Marseillais veulent-ils couler leurs gros bateaux ?

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

Pour comprendre l’après Carlos Ghosn, l’affaire qui a terrassé l’année 2019 dans le monde des entreprises

03.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

04.

Peugeot-Citroën : le lion résiste aux mutations mondiales

05.

Comment se fait-il qu'un pays aussi beau que la Pologne ait un gouvernement de m... ?

06.

Affaire Jeffrey Epstein : cette épidémie de suicides dans les prisons françaises qu'il serait également bon d'interroger

01.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

02.

M. Blanquer, pourquoi cachez-vous à nos enfants que les philosophes des Lumières étaient de sombres racistes ?

03.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

04.

Réorganisation de la droite : cette impasse idéologique et politique qui consiste à s'appuyer uniquement sur les élus locaux

05.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

06.

Italie : quelles leçons pour la droite française ?

Commentaires (1)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
hoche38
- 20/07/2019 - 07:54
"Bruxelles m'a tuer"
La société créée par Bruxelles pour briser la suprématie américaine en contournant son embargo annonce un capital de 3000 euros. Plus personne n'acceptera demain de la dette états-unienne.