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Objectif Alternative
SOS démocratie en état de marche : ce que pourraient dire les partis d’opposition à Edouard Philippe pour incarner une alternance crédible
Publié le 12 juin 2019
Le Premier ministre Edouard Philippe va présenter sa déclaration de politique générale dans un contexte où le camp du Président semble sans aucun réel candidat à même de pouvoir lui proposer une alternative crédible et capable de gouverner.
Olivier Rouquan est docteur en science politique. Il est chargé de cours au Centre National de la Fonction Publique Territoriale, et à l’Institut Supérieur de Management Public et Politique.  Il a publié en 2010 Culture Territoriale chez Gualino Editeur...
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Universitaire, Edouard Husson a dirigé ESCP Europe Business School de 2012 à 2014 puis a été vice-président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Il est actuellement professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (à l’Université...
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Le Premier ministre Edouard Philippe va présenter sa déclaration de politique générale dans un contexte où le camp du Président semble sans aucun réel candidat à même de pouvoir lui proposer une alternative crédible et capable de gouverner.

Atlantico : Après les européennes, LaREM semble de plus en plus mettre la pression pour accélérer l’éclatement des partis adverses. En agissant ainsi sous la houlette de son Président et de son Premier ministre, LaREM n'est-elle pas en train de tuer toute opposition ?

Olivier Rouquan : Le problème est de savoir si LREM va installer une bipolarisation avec le RN. Certains ont vite conclu à un tel processus après les européennes et pour la suite. Mais les municipales suscitent plus de participation et surtout, procèdent encore d’un ancrage territorial, qui même en déclin, change la donne.

Il est vrai qu’à la seule lecture visible des législatives de 2017, LaREM semble être installée au centre du jeu et pouvoir neutraliser, suivant les moments sur sa gauche ou sur sa droite, les partis de gouvernement qui pouvaient jusqu’alors prétendre à l’alternance. Le centrisme polarisé, hydre à trois têtes, n’a pas d’opposition, ou plutôt il en plusieurs, ce qui lui garantit sa position pivot ou dominante. Ainsi a régné la démocratie chrétienne jusqu’aux années 90 en Italie. Soit dit en passant, si cette situation s’installe, nous pourrions progressivement changer de régime sans le dire, à partir de l’évolution du système de partis.

Edouard Husson : Emmanuel Macron pense qu'il a gagné les élections européennes. Malgré la crise des Gilets Jaunes, il reste, à peu de choses près, à son score de premier tour de la présidentielle de 2017. Je suppose qu'il voit les Verts comme une armée de réserve. Les socialistes n'ont pas resurgi. Et, surtout, la grande nouvelle, de son point de vue, c'est l'échec de LR. Donc le Président réagit immédiatement comme après les élections présidentielles, en essayant de pousser son avantage. On a rarement vu une expression plus pure de politique de classe. Il s'agit de faire coïncider la vie politique avec un clivage social. Emmanuel Macron assume l'opposition de David Goodhart, entre les "Anywheres" et les "Somewheres", entre les "nomades" de la mondialisation et les "sédentaires". Mais ce n'est pas pour adopter la recommandation de Goodhart, qui souhaite un "pacte conservateur", un compromis entre les nomades et les sédentaires. C'est pour accentuer le conflit ! Et il a l'intention de pousser ce clivage. il est donc tout à fait normal qu'il fasse débaucher frénétiquement tous les représentants de cette "droite d'en haut", le "parti de la mondialisation heureuse".  L'objectif ultime serait bien sûr un parti du centre éternellement au pouvoir, avec quelques "réserves indiennes" populistes, dont la plus grande serait le Rassemblement National.  

L'incapacité des partis d'oppositions à se structurer et à proposer un discours politique alternatif n'est-elle pas la cause première de ce problème ?

Olivier Rouquan : Les partis d’opposition classique, PS et LR, payent leur incapacité à redonner lisibilité et sens au clivage droite/gauche entre le début des années 2000 et aujourd’hui – ils payent donc leurs stratégies systématiques de triangulation depuis les années 80 qui ont conduit à la confusion des repères. Les mêmes peinent à partager leurs visions du monde : la droite n’a pas réussi à représenter un programme law and order avec une stratégie de laisser-faire économique tranchée ; le PS est incapable d’incarner un projet de social-démocratie écologisée, en refusant de dire non à certains intérêts, pour redonner de la crédibilité à l’aventure.

Restent donc les oppositions les plus visibles, qui font le buzz du fait de leurs excès, mais en conséquence qui pour l’instant sont jugées incapables d’occuper le pouvoir. SI ces données sont un problème, la stratégie du pouvoir en place consistant à précipiter le déclin des partis de gouvernement classiques en est un autre… En effet, elle sera peut-être à terme contreproductive, car avoir une opposition crédible solide aide à gouverner - elle oblige notamment à se justifier sérieusement et prévient de l'hubris. 

Edouard Husson : L'échec de Laurent Wauquiez, ces deux dernières années, est sidérant. En particulier, avec la crise des Gilets Jaunes, il avait un boulevard devant lui. Il pouvait attaquer le Président par son propre "en même temps": mobiliser contre lui et le parti de l'ordre, qui avait toutes les raisons d'écouter un discours reprochant au gouvernement son inefficacité en la matière; et la France des Gilets Jaunes, sociologiquement de droite. La synthèse entre le parti de l'ordre et le souci des classes populaires, cela s'appelle, par exemple, le gaullisme ! 

Quelles pourraient être aujourd'hui des vraies oppositions au macronisme ?

Olivier Rouquan : L’opposition populiste, dans la mesure où elle conquiert le pouvoir dans le monde entier, est une « vraie » opposition : en France aussi, le populisme va vouloir plus sérieusement conquérir le pouvoir. Pour le reste, les « vraies » oppositions reposent sur la capacité au compromis interne et à la mobilisation des tenants d’un projet social démocrate et écologisé renouvelé. Autant dire que le chemin reste escarpé ! La lisibilité du projet de la droite classique a perdu en teneur, du fait de l’orientation dominante de la macronie depuis 2017, qui clairement désormais, est un parti de droite modéré. Les positions sur l’immigration en germe vont semble-t-il le confirmer.

Edouard Husson : Premièrement, je ne suis pas sûr que la pêche aux élus LR entreprise avec un certain manque de subtilité par les hommes du Président sera un tel succès. LREM n'est pour l'instant pas bien implanté localement et le système politique sait bien que, localement, il sera difficile pour les macroniens de s'implanter. La vérité, c'est que le rapport de forces est plutôt en faveur des notables. On assiste donc à quelques ralliements, dans des villes où le vote Macron a été fort. Mais le mouvement va s'essouffler. Il ne faut pas confondre les échéances. On va assister à des manoeuvres locales. Avec quelques mouvements intéressants. Rachida Dati a une belle carte à jouer à Paris, où la désignation d'un candidat macronien sera laborieuse et où Anne Hidalgo disputera son électorat au candidat LREM. 

Après viendront les régionales, en 2021, qui donneront une meilleure idée de rapports de force globaux. Tout dépendra de la recomposition qui se produira à droite. C'est en effet à droite plus qu'à gauche qu'on pourrait voir surgir une opposition capable de l'emporter - même si le sentiment que Macron se "droitise" va être martelé pour essayer de rassembler les socialistes et une gauche plus dure. Comme on imagine mal, à première vue, Les Républicains se ressourcer au point de repasser la barre des 25% à eux seuls, il est probable que se créera une force au-delà de LR et du RN, rassemblant gaullistes et européeistes de droite, conservateurs et populistes. Il est très difficile de dire si cela peut avoir lieu avant ou après la prochaine présidentielle.  

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Mots-clés :
Opposition, macronisme
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hoche38
- 13/06/2019 - 09:53
Équation politique, juin 2019:
LR + RN = 0 + 1 .
clo-ette
- 12/06/2019 - 22:14
Les godillots ont le dernier mot
et les Français ont été des veaux : donner une telle majorité à quelqu'un de pratiquement inconnu, qui n'est parvenu au premier tour (avec Marine Le Pen) que par l'apport des voix de Bayrou, et l'élimination de Fillon dont on a vu la programmation . Tout cela par la diabolisation de Marine Le Pen dont le tort principal est de contester une immigration trop forte .
Citoyen-libre
- 12/06/2019 - 10:08
C'est quoi l'opposition ?
Macron a prouvé qu'il n'était nul besoin de partis d'opposition pour parvenir à gouverner. Ce qu'il a fait peut-être refait. Quand des oppositions existent que représentent-elles ? A part faire du bruit sur les plateaux de télévision, rien, absolument rien. Pour preuve, les débats qui se font sur le Brexit, ne pourraient avoir lieu en France, ou l'expression de la démocratie n'est qu'une apparence. La majorité est aux ordres du chef de l'Etat, et exécute stupidement comme un troupeau de moutons. Ex : la majorité a voté le retour à 90 km/h. Tu parles !! Le Sénat, quelle magnifique institution ! Il n'a la décision sur absolument rien. Ce sont les godillots qui au final ont le dernier mot. Bon, l'opposition c'est quoi dans ce pays, à part obtenir quelques postes très bien rémunérés ? Agiter le cocotier comme le font les écolos, les insoumis soumis ! La droite "progressiste" à la Pecresse ? Les temps ont changé, et bien changé. Il suffit maintenant qu'un homme ou une femme, sorti de nulle part, avec la stature d'un leader, avec quelques idées, beaucoup de fric, et en une année, il peut remporter le jack pot. Tout le reste n'est que de l'enfumage. Sauf si ce leader n'existe pas !!!!