En direct
Best of
Best of du 8 au 14 juin
En direct
© ROMAIN LAFABREGUE / AFP
Entretien politique
Arnaud Danjean : « L’"écolo-socialisme" imprègne toutes les pages du projet En Marche pour les Européennes »
Publié le 19 mai 2019
Sur Franceinfo le 17 mai, Laurent Wauquiez a déclaré que le "centre de gravité de la liste d'En Marche est à gauche". Pourtant, les électeurs de droite ne rejoignent pas massivement les Républicains en vue des Européennes.
Arnaud Danjean est député européen Les Républicains,membre de la Commission des Affaires étrangères et de la sous-commission Sécurité/Défense, et conseiller régional de Bourgogne. Il est ancien fonctionnaire de la DGSE.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Arnaud Danjean
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Arnaud Danjean est député européen Les Républicains,membre de la Commission des Affaires étrangères et de la sous-commission Sécurité/Défense, et conseiller régional de Bourgogne. Il est ancien fonctionnaire de la DGSE.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Sur Franceinfo le 17 mai, Laurent Wauquiez a déclaré que le "centre de gravité de la liste d'En Marche est à gauche". Pourtant, les électeurs de droite ne rejoignent pas massivement les Républicains en vue des Européennes.

Atlantico : Sur Franceinfo le 17 mai, Laurent Wauquiez a déclaré que le "centre de gravité de la liste d'En Marche est à gauche", et qu'il fallait voir dans le partie macroniste une forme de réinvention de la "gauche plurielle". Pourtant, Emmanuel Macron séduit nombre d'électeurs de droite aujourd'hui, et a un ministre qui s'assume ouvertement comme de droite. Si sa liste est comme le dit Laurent Wauquiez orientée à gauche, comment se fait-il que l'électorat de droite ne vous revienne pas aujourd'hui ? 

Arnaud Danjean : D’abord je ne suis pas certain que le pouvoir de séduction de Macron sur les électeurs de droite soit si fort que cela aujourd’hui, comparé à ce qu’il a pu être au début du quinquennat. Mais il est vrai que certains électeurs de droite restent hésitants à se détacher de Macron et à nous rejoindre. J’y vois deux raison principales: d’une part, dans ces temps troublés, une forme de « légitimisme institutionnel », qui donne une prime au président et au gouvernement, sans trop regarder le contenu. D’autre part le piège politico-médiatique du duel Macron/Le Pen, qui continue de fonctionner et qui amène certains électeurs de droite modérée à penser qu’un échec de Macron ne profiterait mécaniquement qu’à l’extrême-droite.

Ce clivage à la fois artificiel, exagéré et mortifère doit être dénoncé et le devoir de la droite républicaine est de desserrer cet étau dans lequel Macron enferme délibérément le débat démocratique.

Et, en effet, il faut amener les électeurs de droite a bien regarder la liste et le programme « en marche » pour ces européennes. « L’ecolo-socialisme » imprègne toutes les pages de ce projet! Ce n’est pas un hasard si toute la vieille gauche, de Guigou a Hue en passant par Royal s’y retrouve! 

Edouard Philippe s'en est récemment pris à LR, notamment François-Xavier Bellamy en vous désignant comme la "droite Trocadéro". Comme Edouard Philippe, vous avez soutenu Alain Juppé en 2016, mais contrairement à lui vous avez choisi de rester au sein de LR tout en assumant votre sensibilité dans l'équilibre du parti. Quelle est la formule gagnante pour votre parti aujourd'hui ? Comment analysez-vous la regain d'adhésion aux idées portées par LR depuis le début de cette campagne ?

Il faut être lucide: la sortie de la primaire et les échecs nationaux de 2017 ont été des traumatismes profonds pour une droite rongé par les querelles de chapelles et handicapée par des tiraillements programmatiques.

Le renouveau auquel nous assistons aujourd’hui tient essentiellement au renouvellement proposé, autour de la candidature de François-Xavier Bellamy. Et au fait qu’à travers lui, et plus modestement à travers toute la liste proposée par LR, nous ne regardons plus vers le passé et nous ne sommons plus notre électorat de se ranger dans des écuries au profit de telle ou telle ambition personnelle. Nous offrons une possibilité de rassemblement qui n’existait plus depuis longtemps. Et nous montrons aussi que face aux nouveaux défis qui se posent, il est possible d’offrir des réponses « de droite » qui transcendent les catégories habituelles de la droite dite modérée et d’une droite plus conservatrice. Nous n’avions pas eu cette approche depuis longtemps. 

Vendredi, Emmanuel Macron s'est exprimé à Biarritz sur les Gilets jaunes, faisant le constat de l'absence de débouchés politiques pour le mouvement. Partagez-vous cette analyse politique ? Et s'agit-il selon vous d'une provocation de la part du Président ?

Le Président et son gouvernement n’ont en fait jamais véritablement pris la mesure de ce mouvement social inédit. Et si, personnellement, je regrette un certain «jusqu’au boutisme » qui, aujourd’hui, mine la représentativité de ce mouvement, je continue de penser que le mépris avec lequel le pouvoir a répondu à des revendications (fiscales notamment) de base n’est pas pour rien dans l’impasse d’aujourd’hui. À cet égard la conférence de presse du Président clôturant des mois de « grand débat » était ahurissante. Il semblait découvrir la réalité des problèmes quotidiens des Français, des problèmes auquel n’importe quel élu fait face en tenant une permanence. Cette déconnexion est la principale explication de la persistance du malaise. 

La campagne LREM a choisi de limiter le débat à un duel LREM/RN, ou autrement dit à pousser au vote utile LREM pour éviter RN. De nombreux électeurs de droite, nous l'avons dit, choisissent dès lors de voter LREM aujourd'hui, malgré la nouveauté apportée par votre tête de liste, François-Xavier Bellamy. Que leur diriez-vous pour les convaincre que votre action au Parlement européen comptera plus pour s'opposer au RN que celle de LREM ?

Deux choses très simples: 

1/ s’enfermer dans ce duel, c’est en favoriser le prolongement jusqu’à l’absurde, c’est renoncer à un vote de conviction, c’est se condamner en permanence à un vote par défaut. Avec, in fine, l’installation de l’extrême-droite comme seule alternative. Suicidaire !

2/ il faut considérer objectivement les listes et les programmes en présence: la liste « en marche » est une liste qui recycle essentiellement des écologistes et des socialistes, dont aucun n’a véritablement abdiqué ses convictions profondes mais qui profite juste d’un marketing électoral soi-disant novateur. Mais une vingtaine de députés européens « en marche », qui plus est incohérents entre eux (sur des sujets aussi essentiels que l’agriculture, la sécurité, La Défense...), ne seront le centre de gravité qu’ils prétendent devenir au Parlement Européen. Où ils veulent d’ailleurs former des majorités avec les forces de gauche...

Le Parlement européen a un impact important sur la vie de tous les citoyens d'Europe mais n'a que peu d'impact sur la transformation structurelle de l'Union, ces changements s'opérant surtout au niveau intergouvernemental. Dès lors, sur quels sujets concernant les Français comptez-vous vous engager lors de votre prochain mandat ? Quels sont les enjeux principaux pour notre pays sur lesquels vous penser batailler pendant les 5 prochaines années ?

S’il faut, en effet, être conscient que le Parlement Européen ne peut pas tout, tout seul, il faut aussi comprendre que son rôle est important et s’affirme y compris sur des sujets jusqu’alors « secondaires » au niveau européen. Je l’ai bien mesuré sur tout ce qui touche à la sécurité, à l’anti-terrorisme ou à La Défense. Il y a 10 ans, lors de mon premier mandat, nous n’en parlions presque pas. Aujourd’hui nous devons voter des dispositifs concrets, budgétaires, matériels, législatifs, pour offrir de meilleures protections. Il y a également toujours des prérogatives fortes en matière agricole, en matière commerciale, en matière industrielle. Et les lignes commencent à bouger car beaucoup de collègues comprennent que le contexte international évolue. Les guerres commerciales, les troubles géopolitiques, les révolutions technologiques imposent un profond changement des règles européennes, établies pour la plupart il y a 20 ou 30 ans dans un contexte totalement différent.

Angela Merkel et Emmanuel Macron ont montré un certain nombre de divergences entre les intérêts de l'Allemagne et ceux de la France ces derniers jours. Quel est le degré de confrontation qui vous semble aujourd'hui souhaitable avec certains de nos partenaires, dont l'Allemagne, pour faire avancer les intérêts de notre pays aujourd'hui ?

J’ai coutume de dire que le volontarisme politique pour trouver des compromis avec les Alkemands est d’autant plus nécessaire que les accords ne vont pas de soi! Il ne s’agit donc pas de promouvoir benoîtement et avec des incantations un « couple » franco-allemand qui doit, lui aussi, se renouveler et parfois admettre lucidement des différences d’approche. Un de nos principaux handicaps tient à la faiblesse de nos résultats économiques. Car il est illusoire de penser que nous pourrons peser sur la définition de nouvelles lignes européennes si nous ne sommes pas nous-mêmes en position de force. D’où le lien indissociable que nous faisons entre la refondation de l’Europe et le rétablissement de la France. Or de ce point de vue, l’attitude du président français en Europe est à la fois incantatoire et arrogante, car elle ne repose sur aucun résultat. Et il privilégie la stigmatisation au dialogue. 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Vol MH370 : "le pilote se serait envolé à 12 000 mètres pour tuer l'équipage dans la cabine dépressurisée ", selon un nouveau rapport
02.
Auchan, Carrefour, Casino : mais que vont devenir toutes ces galeries marchandes et hypermarchés qui se vident ?
03.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
04.
Il manque d'écraser un malvoyant et sort de sa voiture pour le frapper
05.
"Vous pesez autant qu'un épagneul breton" : la charge d'un élu RN contre Ian Brossat
06.
La métropole du Grand Paris prépare la transhumance des urbains vers les campagnes
07.
Laura Smet a épousé Raphaël Lancrey-Javal au Cap Ferret
01.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
02.
Auchan, Carrefour, Casino : mais que vont devenir toutes ces galeries marchandes et hypermarchés qui se vident ?
03.
Mariage de Karine Ferri : Nikos n'est pas venu, les autres stars non plus; Laeticia Hallyday se rabiboche avec son père, Meghan Markle aurait fait fuir sa mère, Rihanna renoue avec son milliardaire;  Kate Middleton snobe Rose, Britney Spears s'arrondit
04.
Cette nouvelle technique du dépistage du cancer de la prostate qui pourrait sauver de nombreuses vies
05.
Crise au sein de LREM dans le Nord : six députés claquent la porte
06.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
01.
PMA : la droite est-elle menacée de commettre la même erreur qu’avec le progressisme des années 60 qu’elle a accepté en bloc au nom de l’évolution de la société ?
02.
Voulez-vous savoir dans quelle France on entend vous faire vivre ? Regardez bien l'affiche de l'UNICEF !
03.
Justification des violences contre les femmes : les étonnants propos de l’imam de l’université la plus prestigieuse du monde sunnite
04.
Mais pourquoi s’abstenir de faire des enfants pour sauver la planète alors que le pic démographique est passé ? Petits arguments chiffrés
05.
Véhicules propres : la Chine abandonne l'électrique pour miser sur la voiture à hydrogène
06.
Les nouvelles figures « modérées » de l’islam de France et l’ombre des Frères-musulmans
Commentaires (6)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Benvoyons
- 20/05/2019 - 08:24
gerint: Encore un qui n'a pas lu le programme RN
Le RN est totalement Socialiste dans son programme. Ses adeptes sont majoritairement de Gauche 72 & 28 % de l'Extrême Droite ( les anciennes habitudes d'être ensemble pour voter la décrépitude :)::)) & donc ne sont aucunement issus du LR sauf quelques cas. :))
Ceux qui aiment se faire Acheter :)::) Oh trichent en plus !
Loupdessteppes
- 19/05/2019 - 22:18
"Légitimisme institutionnel" ou Julot-casse-croute ?
Bien peu sont prêts à lâcher la mangeoire...
Clodo31
- 19/05/2019 - 16:13
1981
Depuis l'élection de 1981, nos résultats économiques sont en chute, suite à l’interventionnisme de plus en plus fréquent d'une caste de fonctionnaires (lire l'article de Mme Delsol et M. Michaud), dont la crise des GJ en est le résultat. Seul le programme de M. Fillon, sournoisement démoli par cette même oligarchie, pouvait permettre d'espérer de sortir du marasme actuel. Tant que LR ne proposera pas ce programme, il n'aura aucune chance de reprendre le pouvoir. Certes , M. Bellamy présente bien, mais ses prises de position, en particulier la dernière concernant l'acharnement thérapeutique de M. Lambert, ne vont pas l'aider.