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Vrai combat ?

“Droite Trocadéro” contre “droite mercato” : ce que cache la querelle entre LR et ex LR ralliés au macronisme

Publié le 14 mai 2019
Dans une interview au Figaro, Édouard Philippe a parlé de droite Trocadéro pour décrire ce que sont devenus les LR aujourd’hui tout en qualifiant lui sa droite à lui de "droite moderniste, proeuropéenne".
Universitaire, Edouard Husson a dirigé ESCP Europe Business School de 2012 à 2014 puis a été vice-président de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL). Il est actuellement professeur à l’Institut Franco-Allemand d’Etudes Européennes (à l’Université...
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Pierre Bréchon est professeur émérite de science politique à l’IEP de Grenoble, chercheur au laboratoire PACTE, directeur honoraire de l’IEP de Grenoble, et auteur notamment de Comportements et attitudes politiques aux Presses universitaires Grenoble....
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Dans une interview au Figaro, Édouard Philippe a parlé de droite Trocadéro pour décrire ce que sont devenus les LR aujourd’hui tout en qualifiant lui sa droite à lui de "droite moderniste, proeuropéenne".

Atlantico : Dans une interview au Figaro, Édouard Philippe a parlé de droite Trocadéro pour décrire ce que sont devenus les LR aujourd’hui tout en qualifiant lui sa droite à lui de "droite moderniste, proeuropéenne pour laquelle [il] militait aux côtés d’Alain Juppé" tout en ajoutant être parti de "son ancienne formation politique parce qu’elle était incapable de dire si elle préférait voter pour Emmanuel Macron ou pour Marine Le Pen, en rupture complète avec l’héritage de Jacques Chirac". Dans le même temps, Amélie de Montchalin déclarait sur RTL que les propositions des LR pour l’Europe sont "proches de celles de l’extrême droite".

Dans les faits, ces deux droites, la LR et la ralliée au macronisme (la droite Mercato comme l’a décrite le députe LR Julien Aubert) sont-elles si différentes ? 

Edouard Husson : Pour répondre à la question, commençons par regarder le programme LR sur l’Europe. Il est tout à fait macron-compatible: le « Courrier des stratèges » propose une comparaison instructive sur de nombreux points. Ils relèvent de nombreuses similitudes: sur le renforcement de Frontex, sur la volonté de constituer des « champions européens », sur l’ambition de faire de l’euro encore plus une monnaie qui compte dans le monde, sur la volonté de faire payer les cotisations du salarié dans le pays où il travaille etc....On met beaucoup de temps à trouver une proposition qui puisse donner de vrais frissons à Madame de Montchalin: ne verser de prestations sociales aux étrangers extra-européens qu’au bout de trois ans de cotisations. Pour le reste, on comprend bien que le nouveau secrétaire d’Etat aux affaires européennes n’en finisse pas de chercher des moyens de justifier son éloignement de cette droite qu’elle a fréquentée de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en 2007, à la campagne des primaires d’Alain Juppé en 2016. Mais on cherche en vain à comprendre où sont les lignes démarcation: les campagnes de Nicolas Sarkozy en 2007 et en 2012 étaient, sur de nombreux points, très à droite. Mais aujourd’hui, expliquez-nous la différence entre LR et LR-EM, à part les deux initiales supplémentaires d’un côté et la phraséologie de Bellamy de l’autre. Certains trouveront sympathique le coup du Professeur Nimbus qui se promène avec L’Iliade sous le bras. Je retiens surtout qu’en début de campagne le dit professeur a expliqué qu’il choisirait toujours Emmanuel Macron contre Marine Le Pen - comme François Fillon au soir du premier tour en 2017!; Bellamy a aussi eu honte de certaines de ses conférences disponibles en ligne, montrant son engagement de catholique conservateur, au point de les faire retirer. Ce qui fait frémir Edouard Philippe, c’est sans doute qu’il soit arrivé, ici ou là, à Laurent Wauquiez de renvoyer dos à dos Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Il est vrai que, si le critère est une rupture avec le chiraquisme, c’en est une. 

Pierre Bréchon : Je n’aime pas beaucoup l’expression de droite Trocadéro parce que trop marquée par un épisode conjoncturel de la campagne électorale de 2017, le meeting de François Fillon au Trocadéro le dimanche 5 mars 2017 au cours duquel il confirme sa candidature, bien qu’il soit mis en examen et lâché par une partie de ses soutiens qui, dans les semaines suivantes, rejoindront souvent le camp d’Emmanuel Macron.

En fait, il y a toujours eu une diversité de la droite, entre des courants plus traditionnels, des courants plus nationalistes, des adeptes de la dérégulation économique et des partisans d’une droite sociale. L’UMP, fondée en 2002, était censée rassembler tous ces courants divers dans un même parti, dirigé par Alain Juppé, avec la bénédiction de Jacques Chirac qui venait d’être très largement réélu pour un second mandat présidentiel face à Jean-Marie Le Pen. Aujourd’hui, on peut opposer une droite identitaire qui domine Les Républicains à un centre droite qui est disséminé entre l’UDI, fédération déjà ancienne de mouvements de centre droite, Agir, la droite constructive, mouvement lancé par des dissidents des Républicains en novembre 2017, ainsi que par les macronistes venus de l’UMP, à l’instar d’Edouard Philippe.

Il est clair que les responsables des deux camps issus des Républicains ne s’aiment pas. Chacun accuse l’autre de trahison ! Trahison du candidat commun – issu de la primaire – alors qu’il est empêtré dans l’affaire des emplois de sa famille ou trahison d’une ligne équilibrée des Républicains entre ses différentes tendances. Ces haines - cuites et recuites - entre anciens responsables trouvent d’ailleurs leurs origines dans différentes crises qui ont émaillé la vie de l’UMP et des Républicains de 2012 à 2017 : départ des centristes et du parti radical fin 2012, bataille pour la présidence entre Jean-François Copé et François Fillon, affaire Bygmalion conduisant à la démission de la direction, retour de Nicolas Sarkozy au leadership partisan mais échec de celui-ci dans la primaire présidentielle…

La seule chose qui les différencie est-elle le regard porté sur le RN ? Sachant que la droite LR ne cesse de dire qu’il n’y a pas d’alliance possible avec le RN même s'il n'en fait pas un diable absolu ou l’alpha et l’oméga de l’engagement politique comme le font par exemple Nathalie Loiseau et une partie de la droite juppéiste.

Edouard Husson : On est dans un théâtre d’ombres, non? La campagne a été l’occasion de parler d’une époque où Madame Loiseau n’était pas choquée par un compagnonnage avec une droite dure. Quant au RN, il a pris grand soin de faire savoir qu’il n’était plus opposé à l’euro, en pratiquant un tête-à-queue assez maladroit; mais l’avantage de cette évolution, c’est qu’il fait clairement apparaître que LREM joue la carte de la confrontation théâtrale tandis que LR est dans la confrontation un peu honteuse, pour la bonne raison que, sur le terrain et parmi les élus locaux, le clivage avec le Rassemblement National n’est pas clair. 

Ces deux droites ont des sensibilités extrêmement différentes mais au-delà de la manière d’exprimer les choses, qu’est ce qui les distingue vraiment si on regarde ce qu’ils font/ ou feraient s’ils étaient au pouvoir ? 

Edouard Husson : Si l’on revient à la comparaison entre les programmes pour les élections européennes, il y a une différence de tonalité - LREM met plus en avant l’ambition européenne - mais pas de fond. Ce fond partagé, c’est le giscardisme. Le président de la seconde moitié des années 1970 a produit le logiciel « libéral, centriste et européen » que Mitterrand s’est réapproprié en 1983 puis Chirac dès la première cohabitation, entre 1986 et 1988. Le libéralisme giscardien est ambigu, mélange de libéralisme d’Etat à la française et de progressisme à l’américaine. Mais c’est pour cela qu’il a séduit non seulement la « deuxième gauche » mais en fait le PS et le RPR dès les années 1980. 

En fait, posons-nous une question simple: que se serait-il passé si François Fillon avait été élu président de la République? On aurait certes évité le dilettantisme des strauss-kahniens; les relations franco-allemandes auraient été plus modestement menées et donc sans doute moins chaotiques; j’aurais pour ma part préféré entendre un discours de François Fillon pour le centenaire de l’armistice: on y aurait parlé de la réalité de la guerre vécue par les soldats, au lieu de plaquer des constructions d’historiens antimilitaristes sur la commémoration. J’imagine que la lutte contre l’islamisme aurait été plus sérieuse. Pour autant, le programme de réduction des déficits de François Fillon n’aurait-il pas amené lui aussi une crise type « Gilets Jaunes »? Et ceci d’autant plus que Messieurs Philippe, Darmanin, Le Maire seraient restés à bord. Quant à Madame de Montchalin, elle aurait fait le siège des équipes du nouveau président pour faire oublier qu’elle avait flirté avec LREM.  

Idem en regardant chez leurs électeurs, qu’est ce qui les rassemble, qu’est ce qui les distingue ? Quel sont les critères qui font basculer dans un camp ou l’autre ? 

Edouard Husson : Je pense qu’il y a une triple rupture chez les électeurs, qui n’est pas encore suffisamment mesurée. La première est bien visible: elle est apparue lors de la Manif pour Tous. Une partie de la droite ne veut plus du progressisme en matière de moeurs. Il est probable qu’Emmanuel Macron va encore accentuer ce clivage en voulant passer en force sur la « PMA pour tous ». La deuxième rupture est générationnelle: c’est largement par les jeunes que l’alliance des droites est en train de se faire, sur le terrain. La troisième rupture concerne l’écologie: en face du millénarisme des prêcheurs de fin du monde que sont devenus certains militants de la lutte contre le réchauffement climatique, il va se mettre en place une conscience écologique tranquille, entrepreneuriale, passionnée par la nouvelle économie de marché des circuits courts. Elle va être essentielle pour forger le consensus conservateur. Elle sera beaucoup plus authentiquement écologique que les fous-furieux de l’autre bord parce qu’elle montrera qu’on n’a pas besoin de la peur du changement climatique pour aimer la nature, la biodiversité et l’économie régénérative. La confusion au centre qui règne actuellement ne sera plus tenable si LR veut survivre. 

Pierre Bréchon : Au-delà des responsables partisans et des militants, on peut essayer  d’identifier les deux droites actuelles à travers la sociologie des électorats en 2017. L’électorat de François Fillon était très âgé et fortement diplômé, avec un déficit de catégories populaires et une forte surreprésentation des catégories favorisées. Les anciens électeurs de l’UMP et des Républicains qui ont voté Macron au premier tour de la présidentielle sont plutôt moins âgés mais probablement guère différents en termes de catégories socioprofessionnelles. C’est évidemment au niveau des idées que les deux électorats se distinguent le plus. Les ex-UMP macronistes sont beaucoup plus libéraux en matière familiale et de moeurs, moins libéraux en économie, plus sociaux et nettement moins négatifs à l’égard des immigrés, moins demandeurs d’ordre et de répression, plus favorables à l’intégration européenne. Ces traits expliquent qu’ils soient macron-compatibles.

Les idées développées par les candidats sont bien sût très importantes mais, dans le contexte d’une campagne présidentielle, les images des candidats, construites sur le long terme mais qui continuent d’évoluer pendant la campagne, sont également déterminantes. François Fillon a perdu environ un quart de ses électeurs du fait des affaires. C’est son électorat le plus convaincu et le plus conformiste qui lui est davantage resté fidèle, avec notamment des milieux catholiques âgés et des militants engagés dans la défense de la famille hétérosexuelle.

Le vote des électeurs au premier tour d’une élection présidentielle est aussi un vote utile en prévision du second tour. Certains électeurs de droite, estimant que François Fillon avait perdu ses chances d’être au second tour, ont décidé d’appuyer Emmanuel Macron, pour qu’il y ait au moins un candidat jugé pas trop éloigné de leur camp, alors qu’ils pouvaient craindre un second tour Le Pen-Mélenchon ! Evidemment, d’autres ont pu osciller vers Marine Le Pen ou Nicolas Dupont-Aignan.

S’agit-il de deux droites dont le divorce politique produit une clarification bienvenue ou de deux droites un peu paumées qui se déchirent d’autant plus qu’elles ne savent plus bien quel est leur logiciel fondamental et pour lesquelles en conséquence, la sensibilité prend le dessus sur le fond ? 

Edouard Husson : Deux droites ? Nous devrions peut-être nous réapproprier les mots. Les uns et les autres sont des centristes, héritiers du giscardisme. Les uns n’osent pas se rallier à Macron, les autres si ! Mais sans forcément respecter les frontières des partis. Cela donne ce tweet de Nathalie Loiseau: « Hier en Bretagne, Pierre Méhaignerie m’a accompagnée. Hier à Lyon, François Grossetête, vice-présidente du PPE, a annoncé son soutien à notre liste. Et aujourd’hui, cher Jean-Pierre Raffarin, vous êtes là et votre présence nous honore ». C’est dit par une ancienne juppéiste passée par la droite la plus anticommuniste puis le fédéralisme européen d’IDE (en 1989), et qui est aujourd’hui tête de liste macroniste. Elle s’adresse à l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac qui fut militant des jeunes giscardiens. Quant au PPE, dont il est question ici, Bellamy s’apprête à y siéger. Vous avouerez que c’est troublant. 

Alors que Wauquiez, Bellamy et les autres devraient être en train de voir comment créer un groupe conservateur, au sens plein du terme, au Parlement européen, le premier se tait, le deuxième fait des contorsions et le reste de LR essaie d’échapper aux questions de fond. 

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cloette
- 15/05/2019 - 11:42
LREM et RN
sont ( officiellement ) au coude à coude, il faut arrêter de diaboliser Marine Le Pen qui a autant que le président actuel !
cloette
- 15/05/2019 - 11:40
@lili57
Ce n'est pas ce que j'ai entendu : j'ai entendu :" j'appelle à voter Macron " ( les deux LREM et RN étant en tête étant en tête, il est logique qu'il anticipe ce qu'il aura à dire ). Si ( à un autre moment sans doute vous avez entendu "pas Marine Le Pen", cela revient au même)
lili57
- 15/05/2019 - 11:00
Cloette
Hier, Mr Wauquiez a répondu sur BFM, que lors du 2ème tour des présidentielles, "Pas Marine le Pen" et surtout pas "votez Macron"