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Violences, arrestations, tortures, apostasie, clandestinité : le calvaire sans fin des catholiques chinois sous Mao

Publié le 21 avril 2019
La Chine compte aujourd'hui dix millions de catholiques. Dans son ouvrage "La Longue Marche des catholiques de Chine" (ed. Artège), Yves Chiron décrit l'histoire de cette minorité dans le pays. 2/2
Yves Chiron, né en 1960, directeur du Dictionnaire de biographie française est historien spécialisé dans l'histoire de l'Église catholique, il a publié de nombreux ouvrages consacrés aux papes contemporains, traduits en plusieurs langues.
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Yves Chiron, né en 1960, directeur du Dictionnaire de biographie française est historien spécialisé dans l'histoire de l'Église catholique, il a publié de nombreux ouvrages consacrés aux papes contemporains, traduits en plusieurs langues.
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La Chine compte aujourd'hui dix millions de catholiques. Dans son ouvrage "La Longue Marche des catholiques de Chine" (ed. Artège), Yves Chiron décrit l'histoire de cette minorité dans le pays. 2/2

Alors que le concile Vatican II s’achevait (décembre 1965), la Chine allait entrer dans une décennie de désastres et de terreur. Au cours de l’année 1966, des divergences politiques apparurent publiquement entre les dirigeants du Parti communiste chinois. Autour de Mao Zedong, président du PCC, et de son épouse Jiang Qing, certains dirigeants, notamment le maréchal Lin Biao ministre de la Défense, voulaient relancer idéologiquement la révolution pour consolider le régime. Lin Biao avait déjà fait de l’Armée populaire de libération une école de l’idéologie maoïste. D’un autre côté, Liu Shaoqi, le Président de la République populaire de Chine, et Deng Xiaoping, secrétaire général du Comité central du PCC, suivis par la majorité du Comité central, étaient d’abord soucieux de poursuivre les réformes économiques qui avaient été engagées depuis 1962, après l’échec du Grand Bond en avant.

Tout détruire

En août 1966, à l’initiative de Mao, une résolution du VIIIe Comité central du PCC engagea le pays dans la « Grande Révolution culturelle prolétarienne » et remania le Bureau politique. Il s’agissait, selon l’historien Jacques Guillermaz, « d’entretenir “la lutte des classes”, de révolutionner les mentalités et les habitudes collectives et individuelles, de libérer de nouvelles forces de production et de compléter le marxisme-léninisme sur le plan doctrinal. » Si l’on se réfère au texte même de la résolution on voit le radicalisme de ce qui est décidé et les violences qui s’annoncent : « Nous avons pour but de combattre et d’écraser […] l’idéologie de la bourgeoisie et de toutes les autres classes exploiteuses, de réformer le système d’enseignement, la littérature, l’art et toutes les autres branches de la superstructure qui ne correspondent pas à la base économique socialiste, ceci pour contribuer à la consolidation et au développement du système socialiste. »

La religion faisait bien sûr partie de cette « superstructure » à détruire. Les cadres du Parti, l’armée et les « masses » firent une « grande alliance ». La Révolution culturelle s’appuiera d’abord sur les Gardes Rouges, un mouvement de masse composé principalement d’étudiants et de lycéens, mobilisés autour du slogan « Pas de fondation sans destruction ». La « rectification » à entreprendre, selon l’expression employée alors, consista d’abord à détruire les « quatre vieilleries » (les vieilles idées, la vieille culture, les vieilles coutumes et les vieilles habitudes). Les purges atteignirent aussi les dirigeants du PCC. Deng Xiaoping fut destitué de toutes ses fonctions et envoyé dans une usine. Pendant plusieurs années, tous les lycées et les universités furent fermés. L’historien René Rémond, en visite quasi officielle dans plusieurs universités chinoises en 1980, dans le sillage du cardinal Etchegaray, témoignera :

« Nous nous sommes fait confirmer que toutes les universités avaient bien été fermées quatre années pleines, de 1966 à 1970 : les enseignants ont été envoyés travailler à la campagne, ou ailleurs : le recteur de Canton a gardé les buffles. »

Les écrivains et les artistes furent les premières victimes de cette « Révolution culturelle », victimes de brimades ou envoyés à la campagne ou dans les usines ou dans des camps de rééducation. Dans toutes les provinces, les bibliothèques, les musées, les sites touristiques et culturels furent expurgés. Sur le plan religieux, ce fut une époque de persécution totale.

Même les instances gouvernementales créées dans les années 1950, le Bureau des Affaires religieuses et l’Association patriotique, furent supprimées. Parmi les slogans répandus par les Gardes Rouges, deux visaient directement la religion : « À bas les religions étrangères » et « À bas la croyance en Jésus ». Tous les séminaires avaient déjà été fermés en 1957, on l’a vu. Désormais, toutes les églises catholiques, officielles ou non, mais aussi tous les temples protestants, toutes les mosquées et toutes les pagodes furent fermés.

Violences, apostasie et clandestinité

Beaucoup de prêtres, ralliés à l’Association patriotique ou non, furent envoyés en prison, dans les camps de travail ou dans les camps de rééducation ; les autres durent entrer dans la clandestinité pour pouvoir continuer à exercer leur ministère. En 1980, à Mgr Deng qui venait d’être libéré de 22 ans d’emprisonnement, un prêtre de l’Église « patriotique », évoquant cette décennie noire, confiera comme pour s’excuser : « Nous avons souffert, nous aussi ». Et il raconta à l’évêque « les difficultés rencontrées par les prêtres [officiels] durant la Révolution culturelle. Ils étaient pauvres et devaient accomplir, dans les usines, le lourd travail imposé par les autorités. »

Au début de 1970, à Taiyuan, la plus grande ville de la province de Shanxi, c’est une triple exécution qui eut lieu. Une pénurie alimentaire dans la province provoqua une manifestation de protestation dans les rues de la ville. Les autorités locales la réprimèrent violemment puis cherchèrent des coupables. Deux prélats légitimes qui étaient prison depuis 1955, Mgr Simon Lei Zhenzia, évêque de Fengyang, et Mgr Jean-Baptiste Hao Nai, administrateur du diocèse de Taiyuan, et l’évêque « officiel » du diocèse Mgr Paul Li Dehua, qui lui avait été arrêté au début de la Révolution culturelle, en septembre 1966, furent fusillés. Il est bien improbable que les trois prélats aient pu organiser, depuis leur prison, une marche de protestation. Il est évident que ce prétexte avait été trouvé pour se débarrasser d’eux.

Les lieux de culte furent aussi soumis à la violence destructrice de la « purification ». À Whenzhou, dans la province du Zhejiang, l’évêque « officiel », Mgr Fang Zhigang, consacré sans mandat pontifical six ans plus tard, se maria ouvertement au début de la Révolution culturelle. Cette même année 1966, toutes les églises furent transformées en usines, « toutes les statues, les objets sacrés et les livres liturgiques furent soit brûlés soit vendus, et toutes les activités religieuses interdites. » À Notre-Dame de Chine, le célèbre sanctuaire marial bâti sur la colline de Sheshan, près de Shanghai, le clocher fut détruit ainsi qu’une statue de la Vierge à l’Enfant.

Le futur cardinal Tong résumera ainsi les violences de l’époque contre l’Église : « Des bandes de Gardes Rouges pénétrèrent dans les églises pour arracher les croix et casser les vitraux. Ils forcèrent parfois de vieux pasteurs à s’agenouiller sur les débris de verre. […] Des églises furent fermées et verrouillées, ou transformées en salles de réunion pour les Gardes Rouges. À force de coups et de tortures, des chrétiens furent obligés d’abandonner leur foi. Les Gardes

Rouges fouillaient les demeures des chrétiens et confisquaient des livres, des disques, des bijoux et des lettres de famille. En dépit des persécutions et des répressions, des chrétiens fervents continuaient à rendre un culte à Dieu et à prier chez eux, individuellement ou en groupe. Afin d’éviter d’être repérés, ils se rencontraient rarement et à des heures irrégulières. »

Plus aucun couvent ne fut autorisé. Toutes les communautés de religieuses chinoises qui avaient pu subsister jusque-là furent dispersées. Les dernières religieuses étrangères présentes en Chine furent expulsées avec brutalité. Elles étaient huit, appartenant à la congrégation des Franciscaines Missionnaires de Marie. Après la Révolution et malgré l’expulsion des missionnaires étrangers, elles avaient pu rester à Pékin pour y diriger l’école du Sacré-Cœur où les diplomates, les membres du personnel diplomatique et les résidents étrangers envoyaient leurs enfants. En août 1966, l’établissement fut envahi par des Gardes Rouges qui ordonnèrent de fermer immédiatement l’établissement. Ils se livrèrent à des violences et à des profanations. Une religieuse témoignera plus tard : « Les Gardes Rouges nous ont giflées et j’ai pu voir la haine dans leur cœur. Ils ont perdu toute retenue, ont piétiné une croix et nous ont forcées à faire de même. »

Les huit Franciscaines Missionnaires de Marie, qui appartenaient à différentes nationalités, eurent à peine le temps de prendre leurs bagages. Elles furent mises dans un train, encadrées par des soldats. Le 31 août, elles arrivaient à la gare de Lo Wu qui servait de frontière entre la République populaire de Chine et la colonie britannique de Hong Kong. Un groupe d’une centaine de Gardes Rouges les attendait et leur cria des slogans et des injures. Alors qu’elles traversaient le pont qui les menait à la liberté, l’une d’elles, Mère de Saint-Eamon, âgée de 59 ans, s’évanouit d’épuisement. Hospitalisée à Hong Kong, elle devait y mourir le lendemain.

Autres violences, parmi mille autres, celles exercées contre Mgr Mathias Duan Yinmin, évêque de Wanxian, dans la province du Sichuan. Il avait été consacré en octobre 1949, quelques jours après la proclamation de la République populaire de Chine. Son refus d’adhérer à l’Association patriotique en 1958, avait entraîné son arrestation et sa condamnation à une peine de prison. Puis il avait été envoyé dans un camp de travail proche d’une usine. Libéré dans les premiers mois de 1966, il avait pu retrouver sa cathédrale pendant quelques mois. Et dans les premiers mois de la Révolution culturelle, « les Gardes Rouges firent un jour irruption dans sa cathédrale et s’emparèrent d’une statue de Notre-Dame. Ils ordonnèrent à Mgr Duan de briser la statue avec un marteau. Il s’agenouilla et pria Dieu de le délivrer du mal, puis s’écria : “Vous pouvez me décapiter, mais non m’enlever ma foi”. Il refusa de frapper la statue. »

Arrêté, torturé, emprisonné, il sera envoyé dans une ferme de rééducation par le travail. Il ne sera libéré qu’en novembre 1979.

Extrait de "La Longue Marche des catholiques de Chine" de Yves Chiron, publié chez Artège.

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