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Et s’il fallait supprimer le service public audiovisuel en même temps que la redevance télé (mais pas les financements de programme d’intérêt général) ?
Publié le 30 mars 2019
Gérard Darmanin a annoncé vendredi 29 mars vouloir supprimer la redevance audiovisuelle, souligant qu’« on regarde la télévision, et singulièrement la télévision publique, par autre moyen qu’un écran de télévision ».
Francis Balle est professeur de science politique à l’université Paris-II Panthéon-Assas. Ancien membre du CSA, il dirige l’IREC (Institut de recherche et d’études sur la communication). Il est également professeur invité, depuis 1981, à l’université de...
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Francis Balle
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Francis Balle est professeur de science politique à l’université Paris-II Panthéon-Assas. Ancien membre du CSA, il dirige l’IREC (Institut de recherche et d’études sur la communication). Il est également professeur invité, depuis 1981, à l’université de...
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Gérard Darmanin a annoncé vendredi 29 mars vouloir supprimer la redevance audiovisuelle, souligant qu’« on regarde la télévision, et singulièrement la télévision publique, par autre moyen qu’un écran de télévision ».

Atlantico : Plutôt que de supprimer la redevance audiovisuelle ne faudrait-il pas supprimer le système audiovisuel public et utiliser l'argent public pour financer des programmes ? 

Francis Balle : Le statut juridique de la redevance a toujours été un serpent de mer d'autant plus qu'aujourd'hui elle se combine avec la taxe d'habitation. 

Nous avons donc affaire à deux difficultés. Premièrement, avec la suppression progressive de la taxe d'habitation, la perception de la redevance audiovisuelle pose un problème technique. Ensuite, un second problème avait été soulevé par Françoise Nyssen -ministre de la Culture qui a précédé Franck Riester- : le fait que la télévision soit de moins en moins regardée sur un poste de télévision mais davantage sur nos tablettes, smartphones... La détention d'un téléviseur n'est donc plus le critère décisif pour la collecte de la redevance devenue contribution à l'audiovisuel public.  

Un système dans lequel on utiliserait l'argent public non plus pour financer des chaînes de télévisions publiques mais plutôt des programmes pourrait être intéressant. Toutefois une difficulté majeur resterait, à savoir la disparition petit à petit de la notion de chaînes pour la bonne et simple raison que les programmes qui sont vus différés -le streaming, le replay- ne cessent de se développer. Ceci dissocie donc les programmes des chaînes desquelles ils émanent et par conséquent la notion de chaîne et sa grille horaires -dont les téléspectateurs sont prisonniers- s'estompe. Nous allons donc de plus en plus devoir nous interroger sur la possibilité de réserver l'argent public à des programmes qui répondent véritablement à des missions de service public. C'est-à-dire que nous allons devoir définir exactement le périmètre et le contenu de programmes qui répondent à une logique qui n'est pas celle du marché, à une logique où les annonceurs ne sont pas les commanditaires. 

La question que vous posez, c'est-à-dire d'allouer l'argent public à des seuls programmes qui répondraient aux intérêts bien compris du public -donc également à des programmes qui seraient diffusés par des chaînes privées- se pose bien évidemment aujourd'hui face au défis que représente le numérique.

 

Un tel système avec des programmes financés par l'argent public ne serait-il pas plus rentable ? En revanche cela n'impliquerait-il pas des obligeances de contenus (au niveau éducatif par exemple) ? 

Cela pose une difficulté, évidemment il faut définir ce que l'on entend pas mission de service public. Les missions de service public concernant les contenus sont extrêmement difficiles à circonscrire car il n'y a pas que les programmes d'informations, ni les programmes destinés aux enfants mais aussi une certaine manière de présenter l'information, une certaine manière de présenter les programmes pour les enfants et il y aussi des programmes de divertissement qui peuvent répondre à une certaine obligation de service public. En ce sens, il s'agirait davantage d’œuvres de catalogue, c'est-à-dire des programmes qui seraient à même d'être diffusés plusieurs fois. 

Mais comment définir ce qui serait vraiment de service public ? C'est une question bien complexe à trancher, puisque tout dépend du traitement des programmes. Un programme peut sembler être de service public mais être traité d'une telle façon qu'il ne devrait pas avoir sa place dans une logique du service public. 

 

Enfin, le ministre de la Culture Franck Riester a proposé de baser davantage la télévision française sur le modèle de la BBC, c'est-à-dire de fusionner plusieurs chaînes et types de contenus, quels seraient les avantages d'un modèle ? Est-ce réalisable en France ? 

L'idée de construire une BBC à la française n'est pas nouvelle et est incontestablement heureuse puisqu'elle répond à la mise-en-commun de certains moyens qui sont ceux du secteur public afin de proposer des programmes qui correspondent mieux aux exigences et aux attentes du public. Cette idée est donc pertinente encore faut-il que l'argent qui serait nécessaire à la construction d'un tel projet ne soit pas détourné de ce que devrait être l'objectif du CSA et des missions de service public que peuvent remplir la télévision, c'est-à-dire de répondre aux défis auxquelles elle fait face avec l'explosion du numérique. 

 

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DANIEL74000
- 01/04/2019 - 08:12
Gaspillage public
C'est l'Etat qui tue la France comme le statut a tué le service public. A quoi servent les 10 chaines publiques et leurs intermittents dont le pire : le ministère de la culture ! Qui sait que notre redevance sert les fastes du C.E. de ;'audiovisuel ?