En direct
Best of
Best-of: le meilleur de la semaine Atlantico
En direct
© RYAD KRAMDI / AFP
Pauvres pays riches en pétrole
L’Algérie est-elle menacée par un destin à la vénézuélienne ?
Publié le 08 février 2019
L'économiste et expert financier Omar Berkouk dans une interview donnée au magazine Jeune Afrique explique que même si "le pire n’est jamais certain" l'Algérie "s'achemine vers la pente du Venezuela" du fait de l'assèchement des réserves de change du pays. Une situation qui ne peut pas être sans conséquences sur les plans économique et politique.
Stephan Silvestre est ingénieur en optique physique et docteur en sciences économiques. Il est professeur à la Paris School of Business, membre de la chaire des risques énergétiques.Il est le co-auteur de Perspectives énergétiques (2013, Ellipses) et de...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Stephan Silvestre
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Stephan Silvestre est ingénieur en optique physique et docteur en sciences économiques. Il est professeur à la Paris School of Business, membre de la chaire des risques énergétiques.Il est le co-auteur de Perspectives énergétiques (2013, Ellipses) et de...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
L'économiste et expert financier Omar Berkouk dans une interview donnée au magazine Jeune Afrique explique que même si "le pire n’est jamais certain" l'Algérie "s'achemine vers la pente du Venezuela" du fait de l'assèchement des réserves de change du pays. Une situation qui ne peut pas être sans conséquences sur les plans économique et politique.

Atlantico : Dans un contexte politique marqué par l'élection présidentielle du 18 avril prochain, l'Algérie fait face à la dégradation de sa situation économique, sur fond d'érosion de ses réserves de changes, passées de 194 milliards de $ en 2014 à une estimation de 62 milliards pour cette années 2019, de baisse de la croissance (estimation de 2,3% pour cette année 2019 selon la Banque mondiale). Au regard de la très forte dépendance du pays aux hydrocarbures (95% des exportations et 60% des recettes publiques), quels sont les risques de voir l'Algérie entrer dans un cycle "vénézuélien" ?

Stephan Silvestre : Comme le Venezuela, l’Algérie voit sa production pétrolière dangereusement baisser : elle est passée de 1,4 million de barils par jour (Mbbl/j) en 2008 à 1,0 Mbbl/j en 2018, dont seulement 0,4 Mbbl/j destinés à l’exportation en raison de la hausse continue de la consommation intérieure. Il en résulte un effondrement de la balance commerciale algérienne, passée d’un excédent de 20 Md$ en 2011 à un déficit de 37 Md$ en 2018 (voir le graphique), et donc des ressources budgétaires du pays. En outre, si la croissance du PIB reste honorable (+2,3% attendus en 2019), celle du PIB par habitant est préoccupante : à peine +1,0%/an en moyenne sur les dix dernières années, contre +2,5%/an pour le Maroc, par exemple. Autre point commun avec le Venezuela, une large partie de la rente énergétique alimente l’aide sociale publique, rendant cette dernière non pérenne. De fait, le gouvernement est contraint de puiser dans les réserves de change du pays, qui fondent comme neige au soleil. Cette érosion des réserves de change va entraîner, à terme, la perte de confiance des bailleurs du pays, qui va avoir de plus en plus difficilement accès au crédit. Quant au dinar, il a déjà perdu 1/3 de sa valeur contre le dollar depuis 2014.

L’Algérie, comme le Venezuela, est victime de la fameuse maladie hollandaise (Dutch disease), ou malédiction des matières premières. L’abondance de la rente d’une ressource minière entraîne plusieurs effets pervers : primo, cette rente induit une léthargie économique délétère : le pays néglige d’investir dans d’autres secteurs économiques nécessaires au développement, comme l’artisanat, l’industrie ou les services, mais aussi dans son système éducatif et sa recherche ; secundo, les pouvoirs publics captent cette rente pour la redistribuer au peuple sous forme d’aides sociales diverses, après l’incontournable nationalisation des compagnies étrangères ; mais ces aides deviennent alors assujetties à des facteurs extérieurs que sont les prix des matières premières et les taux de change ; tertio, une -bonne- partie de la rente est captée par une nomenklatura népotique qui contrôle à la fois les entreprises exploitantes et le pouvoir politique : il en résulte d’inévitables conflits d’intérêt et une gouvernance médiocre qui conduit au naufrage de ces entreprises. Pour tenter d’enrayer cette tendance, le ministre de l’Énergie a annoncé un vaste plan d’investissement dans l’exploration pétrolière de 78 Md$ d’ici 2021. Mais pour se sortir de cette situation, l’Algérie doit surtout développer massivement d’autres secteurs économiques, en ciblant en particulier ceux qui exportent.


Quels sont les risques de voir le pays être contraint de réduire ses dépenses publiques - avec les risques d'instabilité inhérents à une telle stratégie ? Les anticipations relatives aux prix du pétrole laissent-elles entrevoir une amélioration ou une détérioration de la situation ?

Dans un premier temps, l’Algérie a la possibilité de recourir aux privatisations pour éviter autant que possible les coupes dans les aides sociales. Mais cela ne lui donnera qu’un faible répit, pas plus de deux ou trois ans. Pour sauvegarder son budget, le gouvernement mise sur un baril compris entre 70 et 80$. Cet objectif est relativement réaliste, mais le pétrole peut connaître des périodes bien en dessous, comme on le voit en ce moment avec un Brent sous les 65$ depuis novembre dernier. Il reste comme atout à l’Algérie son gaz naturel, qu’elle vend assez bien, surtout en Europe (90% de ses exportations). Mais, là aussi, la production est inférieure au potentiel du pays en raison de la faiblesse des investissements, notamment dans les infrastructures LNG. De plus, l’Algérie s’inquiète de la mise en place de taxes carbone en Europe et notamment en France. Pour s’en sortir, elle va devoir prendre des parts du marché asiatique en plein essor. Mais à court terme, l’année 2019 est bien partie pour connaître une nouvelle dégradation économique.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
Charlotte Casiraghi &Gad Elmaleh n’ont pas la même (idée de l’)éducation, Meghan Markle &son père non plus; Laeticia H. se dé-esseule avec un Top chef, Karine Ferri &Yoann Gourcuff se marient en vivant chacun seul; Jennifer Aniston : ses 50 ans avec Brad
02.
Fake news indétectables : GPT2, le programme développé par l’équipe d’intelligence artificielle d’Elon Musk auquel ses concepteurs préfèrent renoncer tant il leur fait peur
03.
Statistiques du ministère de l’intérieur : Christophe Castaner ou l’imagination au pouvoir
04.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
05.
Ce que le projet de loi Dussopt sur la fonction publique indique des renoncements d’Emmanuel Macron
06.
Alain Finkielkraut sur son agression : " je n’aurais pas subi ce même genre d’insultes sur les ronds-points"
07.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
01.
Christine Lagarde, la directrice du FMI, prévient d’un risque grave de tempête mondiale mais personne ne semble l’entendre
02.
Condamnations de Gilets jaunes : la curieuse approche quantitative de la justice mise en avant par Édouard Philippe
03.
Comment Alain Juppé s’est transformé en l’un des plus grands fossoyeurs de la droite
04.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
05.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
06.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
01.
Parent 1 / Parent 2 : derrière “l’ajustement administratif”, une lourde offensive idéologique
02.
L’étrange manque de recul d’Alain Juppé sur sa part de responsabilité dans l’état « délétère » du pays
03.
Novethic et autres promoteurs forcenés de la transition écologique : en marche vers un nouveau fascisme vert ?
04.
Derrière le complotisme, l’énorme échec de 50 ans d’égalitarisme et de progressisme à marche forcée impulsés par l’Education nationale comme par la culture dominante
05.
Flambée d’antisémitisme et de violences politiques : ces erreurs politiques et macroéconomiques à ne pas reproduire pour enrayer la crise
06.
Agression contre Finkielkraut : certains Gilets jaunes voudraient que les Juifs portent l'étoile jaune
Commentaires (3)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
assougoudrel
- 08/02/2019 - 12:56
ânesha s'est payé un
cerveau lent et se croit au-dessus de tout.
Ganesha
- 08/02/2019 - 11:47
Un cerveau ratatiné, c'est irréparable !
Un article qui explique les problèmes que vit l'Algérie (ou de l'Arabie Saoudite) devrait, vu le niveau intellectuel des abonnés de ce site, commencer par un graphique montrant les cours du pétrole et du gaz, sur une période d'une ou plusieurs décennies.

Il y aurait alors un faible espoir pour que diminue le nombre des ''papys-Atlantico'' qui viennent écrire une de leurs conneries les plus traditionnelles : ''L'échec du Venezuela est exemplaire du Socialo-Communisme'' !

Mais, il ne faut pas se faire trop d'illusions : un cerveau ratatiné, c'est irréparable !
assougoudrel
- 08/02/2019 - 08:21
"Ce n'est pas grave"
La France est une terre d'asile et aura droit à un tsunami. Comme si on a besoin de ça. La Sénorita va certainement faire une attaque.