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Grand Débat : Emmanuel Macron risque-t-il d’emporter les maires dans la crise de défiance généralisée à laquelle ils échappaient jusque là ?
Publié le 24 janvier 2019
Les maires restent la figure politique la plus digne de confiance pour les Français, rappelle le dernier baromètre du Cevipof, publié vendredi 11 janvier. Mais cette confiance pourrait être ébranlée par leur participation au Grand Débat national.
David Nguyen est directeur conseil en communication au Département Opinion et Stratégies d'Entreprise de l'Ifop depuis 2017. Il a été conseiller en cabinet ministériel "discours et prospective" au ministère du Travail (2016-2017) et au ministère...
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David Nguyen est directeur conseil en communication au Département Opinion et Stratégies d'Entreprise de l'Ifop depuis 2017. Il a été conseiller en cabinet ministériel "discours et prospective" au ministère du Travail (2016-2017) et au ministère...
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Les maires restent la figure politique la plus digne de confiance pour les Français, rappelle le dernier baromètre du Cevipof, publié vendredi 11 janvier. Mais cette confiance pourrait être ébranlée par leur participation au Grand Débat national.

Atlantico: En dialoguant exclusivement avec ces derniers dans son grand débat national, le risque pour Emmanuel Macron n'est-il pas de les rendre comptables de l'échec potentiel de cette opération politique ? N'y a-t-il pas aussi le risque de les emporter dans la crise de défiance généralisée à laquelle ils échappaient jusque là ? Quelles conséquences, justement, aurait cette perte de confiance des Français pour leurs maires ?

David Nguyen : Les maires savent pertinemment que participer au grand débat national entraine le risque d’être associé à un gouvernement impopulaire et de faire face à des demandes qui n’entrent pas dans leur champ de compétences. Dans le même temps, il serait difficile pour eux de rester à l’écart ou de s’opposer à ce débat : leurs administrés le réclament, souhaitent écrire dans les cahiers de doléances et veulent pouvoir s’exprimer. C’est pour cela que les maires resteront probablement dans une posture d’organisateurs plus que de participants. Ils fourniront les salles, les cahiers, remonteront éventuellement les doléances mais ne s’impliqueront pas directement dans les échanges avec les citoyens. Le gouvernement, qui ne peut compter sur aucun maire LREM, l’a bien compris et a prévu d’envoyer 700 médiateurs professionnels à travers la France. En adoptant cette posture de garants du bon fonctionnement de la démocratie, les maires devraient donc s’en sortir et laisser à Emmanuel Macron la charge d’assumer le véritable enjeu de cette séquence : la traduction concrète du débat en politiques publiques nationales. Et sur ce point, selon un sondage publié hier, si 67% des Français pensent que le grand débat est une bonne chose, 62% estiment que le président n’en fera rien… C’est donc surtout sur ses épaules que pèse le risque de mécontentement.

 

La sociologie des maires, implantés localement mais globalement pas "gilets jaunes", en fait-elle les meilleurs interlocuteurs dans cette crise ? En quoi leur sociologie diffère-t-elle de celle des "gilets jaunes" ? 

Parmi les 16% de Français qui se définissent comme Gilets Jaunes, selon une enquête récente de l’Ifop pour la Fondation Jean Jaurès, il y a effectivement une surreprésentation de classes populaires, moins diplômées et moins insérées dans la vie politique traditionnelle. On est assez loin de la figure du notable associée au maire. Néanmoins, sur le plan géographique, pour les Français qui se disent Gilets jaunes et qui sont surreprésentés dans la France périphérique, le maire reste l’élu le plus proche, le plus « palpable », le plus « à portée d’engueulades » pour reprendre la formule de Gérard Larcher. A ce titre, même si la défiance des Gilets jaunes à l’encontre de toute forme d’institution est très forte et même si l’essentiel de leur politisation se passe sur Facebook et sur les ronds-points, le maire est l’élu le plus à même de jouer un rôle d’intermédiaire.

 

Laurent Wauquiez sera présent dans la Drôme, jeudi, pour débattre avec Emmanuel Macron et les maires du département. Or Wauquiez est président de parti, ancien ministre... L'exécutif commet-il l'erreur de donner l'impression qu'à nouveau, le débat n'est pas délocalisé dans les campagnes mais, finalement, exclusivement mené par la classe politique, qui plus est parisienne ?

Je ne pense pas. Ou plutôt : ce n’est pas cet évènement qui va modifier les perceptions de l’opinion vis-à-vis du grand débat. Les Français ont vu le président débattre avec les maires pendant des heures, dans les territoires. Ceux qui veulent participer au débat savent qu’ils peuvent aller dans leur mairie écrire sur des cahiers de doléances, etc… A mes yeux, l’enjeu véritable de cet échange ou confrontation est plutôt celui des élections européennes à venir. Laurent Wauquiez sait qu’Emmanuel Macron connait un regain de popularité et lui prend des voix dans les intentions de vote notamment auprès des sympathisants LR de centre-droit (22% des électeurs de François Fillon voteraient LREM aux européennes, contre 15% en novembre 2018). Ces derniers ont peut-être été déçus par Emmanuel Macron, mais ils souhaitent que l’ordre soit rétabli et peuvent avoir du mal avec un président de parti qui a enfilé un gilet jaune au début du mouvement. C’est probablement en pensant à eux que Laurent Wauquiez se rend à ce débat.

 

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assougoudrel
- 24/01/2019 - 18:50
J'écoute sans le regarder un peu le débat aujourd'hui
Un citoyen pose une question gênante pour Macron qui lui répond comme il peut, en le faisant presque passer pour un demeuré et les maires applaudissent. Tout est dit dans le titre de cet article.
lasenorita
- 24/01/2019 - 15:48
Les maires sont de moins en moins nombreux!
Lors du premier débat, à Grand-Bourgtheroulte (Eure),les maires étaient 600 participants; au deuxième débat, à Souillac(Lot):600 participants ,également, étaient présents...aujourd'hui, à Valence (Drôme),ils ne sont plus que 60''triés'' par le préfet...Macron a peur que des maires lui rappellent, comme l'a fait une maire à Souillac, le ''problème de l'immigration musulmane''...Les maires ne veulent plus se rendre dans ce ''Grand Débat National'' parce qu'ils n'ont pas envie de se faire huer, comme l'a été la maire de Montauban, s'ils osent exprimer la réelle inquiétude des Français, concernant l'immigration musulmane: ce qu'elle coûte aux contribuables français, insécurité augmentée,etc..etc...