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Mais pourquoi les Danois ou les Néerlandais parlent-ils mieux anglais que nous ? Indice : la réponse se trouve dans la télévision
Publié le 16 janvier 2019
Avec Alda Mari
La tradition de la traduction en français serait à l'origine du très mauvais niveau des Français dans la langue de Shakespeare.
Alda Mari est linguiste, directrice de recherche au CNRS, spécialisée en sémantique. Plus d'informations sur https://sites.google.com/site/ensaldamari/home/
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La tradition de la traduction en français serait à l'origine du très mauvais niveau des Français dans la langue de Shakespeare.
Avec Alda Mari

Atlantico : L'anglais est la langue originale de plus de 60 % des contenus télévisuels diffusés en France. 2 modes de traduction priment sur le marché : le sous-titrage (la voix originale est conservé, et le dialogue est traduit sous forme de texte défilant à l'écran), le doublage  (les dialogues sont traduits et remplacent la voix originale, en reprenant les intonations de la VO). De ces 2 modes, c'est le doublage qui est principalement choisi. Quels seraient les bénéfices à tirer, pour notre connaissance de la langue, d'un plus large recours au sous-titrage ? 

Alda Mari : L'anglais est la langue originale de plus de 60\% des contenus télévisuels diffusés en France. Comme on le sait, deux modes de traduction priment sur le marché : le sous-titrage (la voix originale est conservée et le dialogue est traduit sous forme de texte défilant à l'écran) et le doublage (les dialogues sont traduits et remplacent la voix originale, en reprenant les intonations de la VO), et c’est le doublage qui est majoritairement choisi. Quels seraient les bénéfices à tirer, pour notre connaissance de la langue, d'un plus large recours au sous-titrage ? Peut-on réellement apprendre une langue par ce biais ? Quels sont les avantages, et quels sont les manques d'une telle méthode ? Puisque les jeunes générations ont de plus en plus tendance à délaisser la télévision pour se diriger vers de nouveaux supports, utilisant à priori davantage les sous-titres, peut-on imaginer que le niveau général d'anglais puisse s'élever ? 

Cela serait établi depuis plus d’une décennie : l'aide du sous-titrage serait un adjuvant indéniable à la progression en langue étrangère, tant au plan phonétique que lexical. Il serait bien évidemment erroné de comparer le visionnage de films en langue étrangère à une mise en condition d'apprentissage en immersion. Le sous-titrage ne permet bien évidemment pas de reproduire un apprentissage en contexte.

Pour évaluer les effets des différents types de sous-titrages, les chercheurs ont recours à des tests bien précis sur les apprenants. En dépit d’une grande variation entre paires de langues (la langue étrangère et la langue des téléspectateurs), quelques régularités se dégagent, permettant de faire l’hypothèse que les sous-titrages - quel que soit leur type - sont efficaces, et ce, qu'il s'agisse de la réécriture du texte entendu (sous-titrage en langue étrangère) ou de la traduction du texte entendu (sous-titrage en langue maternelle). 

En ce qui concerne le sous-titrage en langue étrangère, le chercheur Garza avait déjà remarqué en 1991 une capacité accrue à répondre à des questions relatives au contenu des vidéos visionnées lorsque celle-ci étaient accompagnées d'un sous-titrage en langue étrangère. Face au contre-argument opposant l'idée que ce que l'on finissait par tester était le niveau des apprenants à l'écrit, l’on a depuis lors mené de nombreuses expériences, qui montrent une amélioration de la composante lexicale chez les apprenants exposés au sous-titrage en langue étrangère. 
Des études menées, entre autres, à l’université de Trondheim (Norvège), ainsi qu’à Western Ontario (Canada) et à Cambridge (Royaume Uni) avaient montré que la représentation phonétique s’en trouvait améliorée, en réduisant ainsi les effets de l'ambiguïté, et donc de l'incertitude relative au contenu. Un seul bémol à la méthode : il est nécessaire que le matériel soit adapté au niveau des apprenants, sans quoi une exposition aléatoire n'a aucun effet. 

En ce qui concerne le sous-titrage en langue maternelle, le scepticisme est plus grand. Les plus critiques opposent tout simplement à la méthode l'idée que l'apprenant se concentre uniquement sur la lecture dans sa propre langue maternelle, et qu'il effacera de son champ perceptif le son en langue étrangère. Ce contre-argument a été réfuté par une autre série d'études. Les chercheurs Ydewalle et Gielen ont noté que le temps d'élaboration d'une scène donnée était plus long en présence de son qu'en l’absence de celui-ci. Cela semble prouver que l'oral n'est pas effacé du champ perceptif des sujets soumis à l'expérience, et qu'il est ainsi élaboré par les locuteurs. Des études à plus grande échelle menées par les chercheurs Ydewalle et Pavakanum en Belgique et de Koostra et Beentjes aux Pays-Bas montrent une grande aisance de la population enfantine avec l'anglais bien avant l'apprentissage scolaire de cette langue, notamment au plan lexical. Des études de 2012 menées par la Communauté Européenne semblent corroborer ces observations et la Communauté Européenne incite d’ailleurs l’usage du sous-titrage. 

En dépit de l’enthousiasme que ces études pourraient susciter, la recherche sur les effets du sous-titrage continue, et les chercheurs s’interrogent d’une part sur la préférabilité de l’une ou de l’autre technique (sous-titrage en langue étrangère ou maternelle) et sur les effets à court et long terme. Une équipe Norvégienne de NTNU montre que seuls les sous-titres en langue étrangère provoquent des effets à court terme et sont visibles dans une plus grande aisance lexicale. De plus, à long terme, les sous-titres, en langue maternelle et étrangère ne semblent avoir aucun effet par rapport au groupe de contrôle exposé uniquement au son. 

Ces résultats sont bien évidemment loin d’être probant de manière cross-linguistique. Il faut contrôler l’âge, le niveau d’avancement dans l’apprentissage de la langue et la relation entre les langues étudiées. La recherche future éclaircira la question. 

Mais les pratiques linguistiques de pays voisins comme les Pays-Bas posent une question d’un autre ordre: celle de l’usage par défaut de la langue nationale à la télévision. Une généralisation de la méthode du sous-titrage comme défaut, soulève ainsi un débat qui dépasse largement le cadre de ces études. 

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Mots-clés :
anglais, langue, Français, Séries
Thématiques :
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Moreau Jean Luc
- 17/01/2019 - 00:43
Personnellement
l'anglais, bel idiome, tel qu'il devient, plutôt onomatopéen concernant le langage informatique abscons pour bon nombre de Britanniques dont seuls les Anglais n'ont pas été obligés d'abandonner leur langue maternelle (même punition pour les Français) finit par me répugner avec cette culture AMÉRICANO-FINANCIÈRE plutôt bas de case pour ne pas dire casse quant au type de caractère. Mes amis Britanniques qui m'entourent (beaucoup ne comptent pas retourner à l'UK tout en comprenant le raz le bol qui a entraîné le brexit) sont du même avis ; une pléthore de radios diffusent inlassablement des musiques venant d'outre-Atlantique, certaines récentes, d'autres d'une autre époque, le tout englobé dans un nom commun, JAZZ (tout n'est pas à rejeter), que j'ai apprécié étant gamin parce qu'il correspondait à la révolte d'un peuple (qui est toujours sous le joug du racisme) mais qui ne correspond toujours pas à la culture que mes parents, famille et environnement me proposaient. Cette culture populaire ou "plus intello." est absolument éradiquée à part sur France Musique où de temps en temps une Ukrainienne fort volubile et renseignée diffuse des bijoux. Je ne parle que de radio
L.Leuwen
- 16/01/2019 - 17:27
Argument ridicule
Non seulement le néerlandais et le danois sont des langues germaniques, à structures et vocabulaire proches de l'anglais, mais encore ce sont de "petites" langues (sans aucun mépris). Pour la France, je suis partisan de rendre le doublage obligatoire (il l'est de fait, comme aux Etats-Unis ou en GB d'ailleurs). L'anglais envahit tout l'espace culturel, la chanson, la publicité etc. Veut-on faire du français un dialecte de second ordre réservé aux ploucs ? Oui à l'apprentissage des langues étrangères, non à la tyrannie du tout globish...
Poulous
- 16/01/2019 - 16:26
Mais pourquoi les Danois ou les Néerlandais parlent-ils mieux an
Article totalement dépourvu d'intérêt. D'abord, l'échantillon. C'est qui nous? les français BAC +5 ou l'ensemble de la population immigrés compris? Ces derniers d'ailleurs parlent mieux l'anglais que beaucoup de français. Pourquoi? parce qu'ils en ont besoin et viennent souvent de pays où l'anglais dans sa version pidgin américain ou indien est le seul contact avec l'extérieur. Les anglais parlent-ils mieux le chinois (future langue dominante) que les Hollandais? Cet article pseudo scientifique est totalement inutile. Sachez aussi que seuls des chinois peuvent enseigner l'anglais aux chinois. Résultat une langue quasi incompréhensible. Enfin il n'y a que 2% de la population japonaise qui sache parler anglais. Est-ce grave? Voyez-vous des articles japonais qui se demandent pourquoi ils parlent moins bien anglais que les allemands?