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Parentalité
Place aux “couples platoniques” : ces parents qui décident d’avoir des enfants sans entretenir de relation amoureuse
Publié le 27 décembre 2018
À mesure que les notions traditionnelles de famille sont redéfinies, certaines personnes choisissent d’élever des enfants en tant que partenaires platoniques.
Gérard Neyrand est sociologue, est professeur à l’université de Toulouse), directeur du Centre interdisciplinaire méditerranéen d’études et recherches en sciences sociales (CIMERSS, laboratoire associatif) à Bouc-Bel-Air. Il a publié de nombreux...
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Gérard Neyrand est sociologue, est professeur à l’université de Toulouse), directeur du Centre interdisciplinaire méditerranéen d’études et recherches en sciences sociales (CIMERSS, laboratoire associatif) à Bouc-Bel-Air. Il a publié de nombreux...
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À mesure que les notions traditionnelles de famille sont redéfinies, certaines personnes choisissent d’élever des enfants en tant que partenaires platoniques.

Atlantico : Comment définir la parentalité platonique ?

Gerard Neyrand : Il s'agit d'élever un enfant sans qu'il n'y ait de relation sexuelle entre les parents, que ces parents soient homosexuels ou hétérosexuels. Il y a une dissociation entre sexualité et parentalité qui renvoie à l'évolution sociale qui, depuis la diffusion des moyens modernes de contraceptions, a permis cette dissociation. De plus en plus de pratiques parentales peuvent être mise en œuvre sans qu'il n'y ait de sexualité entre les parents. Cet exemple fait partie de ces pratiques qui se diversifient.

On est dans une logique hyper moderne qui renvoie bien évidemment aux nouveaux modes de comportements amoureux ou parentaux dans les pays occidentaux.

Quels peuvent être les profils qui se tournent vers ce type de parentalité ?

Il est difficile d'établir des profils, car il s'agit d'une pratique qui est émergente et qui concerne assez peu de personnes pour le moment. Mais on voit bien qu'il peut s'agir de personnes qui arrivent à un certain âge et qui, après plusieurs expériences conjugales pas très positives, se disent que se seraient peut-être mieux d'élever un enfant avec quelqu'un qu'on aime bien sans que l’amour sexuel, que certains qualifient de romantique, n'entre en jeu.

Il peut aussi s'agir d'une catégorie de personne qui, plutôt que d'élever un enfant seul (comme le font certaines femmes qui avancent dans l'âge), choisissent un partenaire intéressant qui serait d'accord pour réaliser ce projet sans forcément qu'il n'y ait de sexualité au milieu.

Car la sexualité peut être perturbatrice. C'est quelque chose de complexe qui bien souvent est à l'origine de problème dans le couple, notamment du fait de l’attente d’exclusivité sexuelle…

Est-ce un phénomène qui est amené à prendre de l'ampleur ?

Compte tenu de l’autre dissociation moderne, entre conjugal et parental, et de la fragilisation des couples, la parentalité platonique est amenée à se développer, mais de manière marginale. Elle ne sera jamais une pratique très repandue. La norme de l'éducation par ses parents biologiques vivant en couple reste très dominante. Il est vrai cependant que nous allons de plus en plus vers des modes de fonctionnement de ce type, et bien d’autres. Les enfants commencent à être habitués au fait qu'il y ait des types de parents différents autour d'eux (un copain de classe avec des parents du même sexe par exemple).

Parmi les critiques de cette pratique, le fait que certains s'inquiètent de voir l'enfant grandir sans être témoins de l'amour romantiques entre leurs parents. Comment jugez-vous cette critique ? Est-ce là un facteur déterminant pour la construction de l'enfant selon vous ?

L'amour romantique que vous évoquez renvoie à l'idée de passion. Mais les personnes qui décident d'avoir ce projet ensemble ont forcément un rapport amoureux. Il n'est peut-être pas qualifié de romantique au sens classique, mais il peut s'agir d'un rapport affectif fort. Qui plus est, cette parentalité est peut-être moins susceptible d'être perturbée par la jalousie et les dissensions qui risquent de remettre en question l'éducation de l'enfant.

D'une certaine façon, elle essaie de mettre en place un type de rapport parental plus stable que le rapport traditionnel.

Je ne pense pas que les enfants en ressortent perturbés. L'amour passionnel est caractéristique des premières années de couple. Quand l'enfant arrive -et il arrive de plus en plus tard aujourd'hui- on n'est plus vraiment dans cette logique. La dimension sexuelle peut être toujours présente, mais c'est bien l'amour tendre qui s'en suit qui caractérise le moment de la parentalité. Et cet amour n'est pas si différent de celui qui pourrait exister entre deux personnes qui n'ont pas eu de rapport sexuel pour concevoir l'enfant.

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Commentaires (6)
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edac44
- 28/12/2018 - 18:09
Les couples platoniques, c'est pathétique, ça c'est sûr !...
ça rappelle une chanson de Jacques Brel : les flamandes

Les Flamandes dansent sans rien dire
Sans rien dire aux dimanches sonnants
Les Flamandes dansent sans rien dire
Les Flamandes ça n'est pas causant
Si elles dansent, c'est parce qu'elles ont vingt ans
Et qu'à vingt ans il faut se fiancer
Se fiancer pour pouvoir se marier
Et se marier pour avoir des enfants
C'est ce que leur ont dit leurs parents
Le bedeau et même son Éminence
L'Archiprêtre qui prêche au couvent
Et c'est pour ça, et c'est pour ça qu'elles dansent
Les Flamandes, les Flamandes
Les Fla, les Fla, les Flamandes

Alors, le plaisir dans l'acte de reproduction
ça doit probablement exister, si, si,
mais pour l'élevage assermenté,
après en avoir fait par deux fois l'expérience,
ça finit toujours par tourner au cauchemar.
Gré
- 27/12/2018 - 22:20
Les "couples platoniques",
Les "couples platoniques", une "réalité émergente" ? Je voudrais bien savoir jusqu'où remontent les références historiques de l'auteur ! Certainement pas au-delà de mai '68
Ganesha
- 27/12/2018 - 19:00
Cloette
Comme l'a écrit Frédéric Beigbeder, ''l'amour dure trois ans''.
L'erreur stupide dans le concept du ''mariage chrétien'', c'est la promesse ''intenable'' d'une ''fidélité éternelle''.
En fait, de plus en plus de femmes n'ont même plus le courage de supporter très longtemps la présence du père de leur enfant, et le chassent en lui rendant la vie insupportable.
D'autres femmes vont encore plus loin, et, si elles pouvaient se libérer de la pression sociale, elles confieraient volontiers leur progéniture à d'autres parents.
Chère Cloette, ce que vous n'arrivez pas à comprendre, c'est que la priorité pour chaque enfant, c'est, tout simplement, de lui trouver deux êtres humains, quels qu'ils ou elles soient, qui soient disposés à vivre ensemble pendant 20 ans, pour lui assurer une éducation stable.
L'adultère constituant une ''soupape'', évitant l'explosion.
Quant à ''l'éducation sexuelle'' des enfants, elles se fait désormais en regardant des vidéos pornos sur un smartphone.