En direct
Best of
Best of du 12 au 18 janvier
En direct
© BERTRAND GUAY / AFP
Bruno Le Maire
Taxer les GAFA ne réglera rien
Publié le 18 décembre 2018
Malgré ce que les populistes de tous bords en disent, taxer les GAFA ne réglera en rien les problèmes fondamentaux dont la France souffre. D’abord parce que la somme a récupérer est ridicule, pour des risques importants. Mais surtout parce que la mentalité française vis-à-vis de l’impôt doit d’abord évoluer.
Diplômé d'école de commerce, Nicolas Moreau a exercé en tant qu'auditeur pendant une décennie, auprès de nombreux acteurs publics, associatifs et privés.
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nicolas Moreau
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Diplômé d'école de commerce, Nicolas Moreau a exercé en tant qu'auditeur pendant une décennie, auprès de nombreux acteurs publics, associatifs et privés.
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Malgré ce que les populistes de tous bords en disent, taxer les GAFA ne réglera en rien les problèmes fondamentaux dont la France souffre. D’abord parce que la somme a récupérer est ridicule, pour des risques importants. Mais surtout parce que la mentalité française vis-à-vis de l’impôt doit d’abord évoluer.

La mentalité française en question


En vérité, l’État ne trouvera pas la solution de ce casse-tête. Son logiciel n’est pas calibré pour. Sa seule philosophie tient dans la merveilleuse citation de Ronald Reagan : « Si ça bouge, taxez-le. Si ça continue à bouger, régulez-le. Si ça s'arrête de bouger, subventionnez-le. »
L’idée même de réduire les dépenses, pour ne pas avoir à prélever plus, lui échappe totalement. La notion de compétitivité le dégoûte. 
Par exemple, lorsqu’il a fallu aligner la fiscalité du diesel sur celle de l’essence, pensez-vous qu’il aurait aligné les taxes par le bas ? Que nenni. Les taxes sur le diesel ont augmenté, celles sur l’essence n’ont pas baissé.
De même, l’État aurait pu rétablir une part d’équité entre les entreprises françaises et les GAFA, non pas en taxant les seconds, mais en supprimant l’impôt sur les sociétés pour tous. 
L’idée n’est pas saugrenue. L’IS ne représente que 25 milliards de recettes nettes pour l’État. Le supprimer coûterait peu ou prou ce qu’a coûté le pacte de compétitivité sous François Hollande. Sauf qu’à la place d’une usine à gaz illisible, l’État enverrait un signal clair et franc aux investisseurs du monde entier, en insistant sur le mot magique : « Zéro ! ». Et il rétablirait l’égalité de traitement entre nos entreprises françaises et les GAFA face à l’IS.
En échange, il devrait opérer 25 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de l’État et de la sécurité sociale. Et même moins que cela en vérité, car en encourageant le retour des entreprises sur notre sol, l’Etat s’y retrouverait en grande partie sur les cotisations sociales, les taxes sur dividendes, la TVA, etc.
Mais nous sommes encore très loin de ces considérations.

Taxer les GAFA est une fausse solution 


La France est détentrice du record de l’OCDE des prélèvements obligatoires (avec 46,2% de prélèvements pour une moyenne de 34,2%), ce qui représente plus de 1000 milliards d’euros de prélèvements bruts. 
Pour ces sommes, le français moyen a droit à une sécurité sociale qui fonctionne à condition qu’il habite où il faut, une armée régulièrement à court de financements, une justice exsangue à qui sont gracieusement accordés 9 milliards d’euros, et une éducation nationale qui s’illustre par sa nullité, comme en témoigne la chute perpétuelle de nos élèves dans les classements internationaux.
Il a également droit à des jeux olympiques 2024, des journaux subventionnés que personne ne lit, des éoliennes massacrant les paysages qu’il chérissait, des routes solaires, des hauts conseils, des hauts commissariats, des commissions, etc.
Les gilets jaunes l’ont bien compris, et posent la bonne question : « Où va l’argent ? » 
Interrogation légitime et essentielle. Y répondre permettrait de prélever moins, de calmer les français, et d’assurer l’avenir de nos entreprises. Mais notre gouvernement préfère lorgner sur l’argent des GAFA comme un chien obèse sur une tranche de jambon. Mentalité mortifère.
Car après tout, que ferait-il de bon avec leur argent, qu’il ne peut pas faire actuellement avec mille milliards d’euros ?
Sans doute rien. Quelques dépenses somptuaires de plus, quelques subventions à des clientèles électorales, quelques caprices, mais toujours dans le cadre d’une gestion irresponsable, aux priorités mal établies.
Non, taxer les GAFA ne réglera rien. Sans changement profond de mentalité, point de salut.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Thématiques :
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.
L'étonnante proposition de Brigitte Macron à Valérie Trierweiler et Carla Bruni-Sarkozy
02.
Plus court mais mieux indemnisé : cette réforme de l’assurance chômage qui pourrait offrir une solution aux demandeurs d’emplois
03.
Connaissez vous Marie Kondo (la Japonaise qui a déclenché une folie du rangement dans le monde qui ne devrait pas tarder à atteindre la France) ?
04.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
05.
Changement climatique : Alexandria Ocasio-Cortez déclare que "le monde touchera à sa fin dans 12 ans"
06.
Ce biais statistique qui explique pourquoi la redistribution en France est loin d’être aussi efficace qu’on le croyait pour corriger les inégalités
07.
La tombe de Marc Antoine et Cléopâtre serait sur le point d'être découverte
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Plus court mais mieux indemnisé : cette réforme de l’assurance chômage qui pourrait offrir une solution aux demandeurs d’emplois
03.
Comment le Canard Enchaîné a envoyé François Fillon, Jacques Chaban-Delmas et Valéry Giscard d'Estaing au cimetière des éléphants de la politique
04.
Jacques Chirac, ce soudard amateur de bières et de belles femmes qui s'est avéré être un excellent chef des armées
05.
Connaissez vous Marie Kondo (la Japonaise qui a déclenché une folie du rangement dans le monde qui ne devrait pas tarder à atteindre la France) ?
06.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
07.
La tombe de Marc Antoine et Cléopâtre serait sur le point d'être découverte
01.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
02.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
03.
Traité d’Aix-la-Chapelle : la France ne vend pas l’Alsace à l’Allemagne mais les deux pays scellent la coupure entre les dirigeants et leurs peuples
04.
Les patrons américains préfèrent la France de Macron à l’Amérique de Donald Trump et l’idée du « grand débat » leur plait
05.
Aix-la-Chapelle ou la dernière illustration en date de l’intimidation morale qui asphyxie la démocratie française
06.
La tombe de Marc Antoine et Cléopâtre serait sur le point d'être découverte
01.
Réponse à tout… sauf aux Gilets jaunes ? Pourquoi l’intelligence de Macron participe plus du problème que de la solution à la crise de défiance qui ébranle la société française
02.
Glyphosate : l’incroyable manque de rigueur scientifique d’Envoyé Spécial
03.
Gilets jaunes : l’inexplicable (et énorme) échec des Républicains
04.
Aix-la-Chapelle ou la dernière illustration en date de l’intimidation morale qui asphyxie la démocratie française
05.
Radioscopie des dépenses de la France : ces nouvelles inégalités qui se cachent derrière la puissance apparente de l'État-providence
06.
Emmanuel Macron est brillant, mais il n’est pas le président qu’il faut à la France
Commentaires (4)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
Ajar
- 19/12/2018 - 14:29
Sur taxer et non taxé
Ces GAFA devraient reverser aux états l'ensemble des dommages en termes de sous emploi de pratiques commerciales honteuses , et de TVA non déclaré et de trafic d'influence sur des députés Européens corrompus ....
J'accuse
- 18/12/2018 - 22:53
Taxer ne règle jamais rien
Nos gouvernants ne savent pas gouverner sans taxer. Et quand ils suppriment une taxe à un endroit par démagogie, c'est pour en créer au moins deux autres ailleurs pour financer ce qui est annulé.
Et malgré des prélèvements qui augmentent tous les ans, les dettes continuent à progresser, et les services publics à se dégrader.
L'UE ne veut pas de déficits du budget supérieurs à 3% du PIB: c'est idiot ! Des déficits annuels répétés, même limités à 3%, font augmenter les dettes. L'UE devrait condamner un endettement trop important, pas autoriser des déficits sans fin.
Et les déficits des collectivités territoriales , alors ? Oubliés ? Il faudra bien aussi rembourser leurs dettes, un jour.
Nos gouvernants locaux et nationaux sont tous des escrocs et des voleurs. Ils ne méritent pas la guillotine, mais la prison.
JLH
- 18/12/2018 - 18:58
cour suprême Etat aux USA
Un arrêt de la cour suprême du ...Montana (je n'en suis pas certain) en avril dernier nous dit que les taxes locales sont sur le lieu de la livraison, aux taux locaux. J'avais cet arrêt, je vais essayer de la retrouver, mais j'étais la semaine dernière à Londres, et l'administration de Sa Majesté pense sérieusement à faire payer la TVA sur les biens et services sur le lieu de livraisons des biens et d'utilisation des services (ex Booking).