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© PHILIPPE HUGUEN / AFP
Urssaf, Camcras et Carbalas
Pourquoi la France ne parvient pas à baisser les impôts
Publié le 30 novembre 2018
En pleine contestation des gilets jaunes, la nouvelle a claqué comme un coup de fouet : la France est championne en Europe, et peut-être même au monde, de la dépense publique.
Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.
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En pleine contestation des gilets jaunes, la nouvelle a claqué comme un coup de fouet : la France est championne en Europe, et peut-être même au monde, de la dépense publique.

Pour la troisième année consécutive, notre pays est en tête pour la taxation de ses concitoyens. Malgré les promesses répétées de tous les gouvernements qui se sont succédés depuis le début du millénaire (sans parler des précédents), le mouvement de hausse des prélèvements obligatoires se poursuit inlassablement, même si son rythme s’est légèrement ralenti, en creusant impitoyablement une dette qui dépasse mille milliards. Impôts et cotisations sociales se sont élevés à 48,4% du produit intérieur brut en 2017, selon les chiffres publiés par Eurostat, la moyenne européenne se situant autour de 40 %. Depuis 2002, la progression est régulière, ce qui montre bien qu’il s’agit d’un mouvement de fond. Il va se poursuivre l’an prochain, où il gagnera encore 0,6% du PIB selon les prévisions officielles.

Le gouvernement n’a pas mis à profit l’embellie conjoncturelle de l’an dernier pour tenter un assainissement alors que l’organisation des planètes allait dans le bon sens. Aujourd’hui, il est pris au piège d’une croissance qui ralentit, alors que de nouvelles dépenses apparaissent en matière de défense, d’éducation notamment, en laissant entrevoir que la limitation à 2,6% du déficit dans le budget risque d’être dépassée, alors que toute une série de hausses se profilent à l’horizon, notamment pour l’électricité, après le pétrole. Et toute acceptation des revendications exprimées notamment par les gilets jaunes pour relever le pouvoir d’achat creuserait encore plus le déficit du commerce extérieur qui est déjà abyssal avec un «trou » de près de 70 milliards d’euros cette année, car l’augmentation de la consommation profite essentiellement aux importations dans notre pays victime de la désindustrialisation depuis un quart de siècle.

Longtemps, la bonne excuse était trouvée dans le modèle social qui explique l’essentiel du décalage avec les pays voisins, puisque les cotisations sociales représentent à elles seules 18,8% du produit intérieur brut. L’impôt sur le revenu, avec ses multiples niches et exemptions est devenu particulièrement inégalitaire puisque la moitié de la population s’en trouve exemptée. Mais la prolifération des taxes en tous genres est devenue insupportable, signe évident que le fameux modèle dont se gargarisaient les pouvoirs publics ne fonctionne plus, car il est devenu anxiogène et insupportable pour la majorité de l’opinion, en raison du développement des inégalités. Les craquements se multiplient, tandis que les dérèglements deviennent quotidiens. La confiance des chefs d’entreprises commence à diminuer, avec le risque de pénaliser rapidement les investissements. L’étranger s’interroge, le tourisme est menacé devant les jacqueries qui ont tendance à se multiplier. Les appels à la grève de l’impôt sont aux portes, car on a atteint les limites du système. Le sentiment s’est répandu dans l’opinion que le pouvoir d’achat était en train de diminuer, même si les chiffres globaux contestent cette affirmation, mais le ressenti est tel désormais que seules des mesures énergiques pourraient le dissiper désormais.

C’est ce que n’a pas osé Emmanuel Macron après son éclatante victoire électorale qui lui conférait les mains libres pour quelques mois. Alors qu’il est retombé rapidement dans les ornières de ses prédécesseurs sous la coupe de Bercy et de la politique des coups de rabots au jour le jour, sans concevoir une politique d’ensemble qui définisse des objectifs clairs de redressement des comptes, à l’image de ce qui a été réalisé par la quasi totalité de nos partenaires européens. Aujourd’hui, le pays est dans l’impasse, car il faudrait un courage exceptionnel pour affronter l’impopularité dans laquelle le Président est tombé pour aborder enfin les ré formes de structures qui attendent depuis plusieurs décennies d’autant que de toutes parts, et jusque dans sa majorité, il est pressé de lâcher du lest et de céder aux revendications.  

 

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Jean-Yves Carfantan
- 01/12/2018 - 23:12
Pas de réponse à laquestion posée
L'auteur devrait nous dire ce que n'a pas fait E. Macron. Les réformes de structures, ce serait quoi ? Probablement faut il s'attaquer à l'importance exceptionnelle de la fonction publique (notamment territoriale), retirer l'Etat de nombreux domaines où il n'intervient pas ailleurs en Europe (la poste par exemple) ? On reste sur sa faim.....
Jean-Yves Carfantan
- 01/12/2018 - 23:12
Pas de réponse à laquestion posée
L'auteur devrait nous dire ce que n'a pas fait E. Macron. Les réformes de structures, ce serait quoi ? Probablement faut il s'attaquer à l'importance exceptionnelle de la fonction publique (notamment territoriale), retirer l'Etat de nombreux domaines où il n'intervient pas ailleurs en Europe (la poste par exemple) ? On reste sur sa faim.....
DESVESSIESPOURDESLANTERNES
- 01/12/2018 - 12:05
Limitons les retraites
A par exemple 3000 €/mois/personne et tout se recale (âge retraite,déficit sociaux,publics,....)
Mais chut .... ! La bienpensance veille