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© Volodymyr Shuvayev / AFP
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Religion

Schisme : l’Eglise orthodoxe en pleine balkanisation

Publié le 15 octobre 2018
Le Patriarcat œcuménique de Constantinople a ouvert la voie à la reconnaissance de l'indépendance de l'Eglise orthodoxe ukrainienne. Ce processus d'autonomie est aujourd'hui contesté par les Russes.
Jivko Panev est  Maître de conférence en Droit canon et Histoire des Églises locales à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge. Il occupe également la fonction de journaliste et directeur du site d'informations Orthodoxie.com.
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Jivko Panev
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Le Patriarcat œcuménique de Constantinople a ouvert la voie à la reconnaissance de l'indépendance de l'Eglise orthodoxe ukrainienne. Ce processus d'autonomie est aujourd'hui contesté par les Russes.

Atlantico : L'Eglise orthodoxe connait-elle, comme le clame certains dignitaires russes, un schisme aujourd'hui ?

 
Jivko Panev : Le 11 octobre dernier, le Patriarcat œcuménique de Constantinople a posé des jalons à la création d’une seule Église autocéphale en Ukraine. Pour certains, c’est un geste prophétique censé ramener de l’état de séparation ou de schisme des millions d’Ukrainiens, appartenant à deux entités ecclésiastiques se trouvant en dehors de la communion orthodoxe [Il s’agit de : a) l’Église orthodoxe autocéphale ukrainienne née d'un schisme de l'Église orthodoxe russe en 1920. Son primat actuel est le métropolite Macaire (Milétych). b) L'Église orthodoxe ukrainienne - Patriarcat de Kiev, constituée en 1992, après l'indépendance de l'Ukraine, d'un schisme avec l'Église orthodoxe ukrainienne rattachée canoniquement au Patriarcat de Moscou. Son primat Philarète, âgé de 89 ans, porte le titre de Patriarche de Kiev, a été défroqué et excommunié en 1997 par l’Église orthodoxe russe. Ces deux hiérarques ont fait appel au Patriarcat œcuménique qui le 11 octobre 2018, à son tour ,les a les rétablis dans leur dignité épiscopale ou sacerdotale, et  a aussi reçu leurs fidèles dans la communion ecclésiale] à une seule Église canonique autocéphale en Ukraine.
 
Pour d’autres, cette décision du Primus inter pares de l’Orthodoxie serait une négation de l’autorité de l’Église orthodoxe ukrainienne (Église « autogérée » sous le Patriarcat de Moscou) qui jusque-là avait été reconnue comme la seule instance canonique par l’ensemble de l’Orthodoxie mondiale.  Ce serait aussi un acte contraire au principe de conciliarité qui représente le fondement de l'Église orthodoxe et qui risque d’aboutir non seulement à une rupture eucharistique entre Constantinople et Moscou mais aussi de provoquer un séisme ecclésiologique au sein de l’Orthodoxie.
 

Pouvez-vous nous expliquer à quoi sert et ce qui justifie l'autocéphalie dans l'orthodoxie ?

 
Il faut d’emblée souligner la différence entre autocéphalie et autocéphalisme. L’autocéphalie est l’expression du caractère conciliaire d’une Église locale, à savoir le droit des évêques d'un territoire (qui peut être une unité administrative dans l’Empire romain, une province, un royaume ou un État national), circonscrit par des données empiriques (le principe d'accommodation, les anciennes coutumes), de choisir leurs collègues, sans ingérence externe, y compris le primat et par conséquent de s’occuper de ses affaires pastorales, disciplinaires ou financières sans ingérence d’une autre Église. À noter aussi que l’adjectif « autocéphale » ne se retrouve pas dans le corpus canonique de l’Église orthodoxe, mais il est utilisé pour la première fois au VIe siècle par l’auteur byzantin Théodore le Lecteur pour l’Église de Chypre, à laquelle le canon 8 du IIIe Concile œcuménique (431) avait octroyé le droit d’ordonner ses propres évêques, y compris son primat.
 
L’autocéphalisme n’est rien d’autre que l’instrumentalisation de l’'autocéphalie à des fins politiques. Ainsi, à partir de XIXe siècle, l’autocéphalie est devenue synonyme d'Église nationale. L'Église autocéphale est alors comprise comme condition sine qua non de la souveraineté des États et des nations. L’autocéphalisme a abouti à une hérésie d« phylétisme », condamnée par le Concile de Constantinople de 1872 [« Au mois de septembre 1872, les patriarches de Constantinople, d'Alexandrie et d'Antioche, l'archevêque de Chypre, vingt-cinq métropolites, plusieurs archimandrites et d'autres dignitaires ecclésiastiques grecs, réunis en synode, à Constantinople, portèrent contre les Bulgares la condamnation suivante :  « Nous réprouvons, nous blâmons et nous condamnons phylétisme, c'est-à-dire les distinctions phylétiques, les querelles, les rivalités et les divisions ethniques dans l'Église de Jésus-Christ, comme opposées à l'enseignement évangélique et aux saints canons de nos bienheureux Pères, qui sont l'appui de la sainte Église, maintiennent dans l'ordre toute la communauté chrétienne, et la dirigent dans la voie de la vraie piété. Conformément aux saints canons, nous déclarons étrangers à l'Église une, sainte, catholique et apostolique, et réellement schismatiques tous ceux qui sont partisans de ce phylétisme, et qui osent fonder sur ce principe des parasynanogogues (conciliabules) phylétiques jusqu'ici inconnus. En conséquence, nous déclarons schismatiques et étrangers à l'Église orthodoxe du Christ tous ceux qui se sont séparés eux-mêmes de l’Église orthodoxe, qui ont dressé un autel particulier et qui ont formé un conciliabule phylétique. » MANSI-PETIT, Sacrorum conciliorum nova et amplissima (collectif), t. XLV, col. 533] , qui préconisait l’organisation de l’Église selon le principe d’appartenance ethnique et nationale. Quand on lit la déclaration du président de l'Ukraine Petro Porochenko concernant la décision du Saint-Synode du Patriarcat œcuménique du 11 octobre, il est impossible de ne pas voir un discours pleinement autocéphaliste et phylétiste : « La question du tomos et de l’autocéphalie va bien au-delà de la vie de l'Église, puisque l'État y a adhéré. C'est une question de notre indépendance. C'est une question de sécurité nationale… Le tomos est en réalité un autre acte de déclaration d'indépendance de l'Ukraine. L'empire [russe] est en train de perdre l'un des derniers leviers d'influence sur son ancienne colonie » ! 
 
 
Mais, nous ne devons pas oublier de dire que toutes les Églises orthodoxes des Balkans du XIXe et XXe siècle (à l'exception de l'Église serbe) sont passées, pendant un certain temps, par le schisme phylétiste : l'Église grecque pendant 17 ans (1833-1850), l'Église roumaine 21 ans (1864-1885), l'Église bulgare 72 ans (1872-1948), l'Église albanaise 15 ans (1922-1937). C’est ce que d’ailleurs le président ukrainien rappelle dans le même discours : « Par la providence divine, tous les pays orthodoxes qui ont acquis leur indépendance avaient créé leurs propres Églises locales. Ce fut le cas, en Bulgarie, en Grèce, en Géorgie, en Serbie, à Chypre, en Roumanie, en Russie. Maintenant notre Ukraine les rejoint ! ».
 

Le rôle du conflit politique dans cette évolution semble évident. Mais les tensions ne sont-elles pas d'autant plus importantes qu'en cas de séparation, la Russie deviendrait un patriarcat autocéphale et national comme les autres ? Même si elle serait la plus importantes, cela ne redorerait pas le blason symbolique du Patriarcat de Constantinople ?

 
Comme nous venons de le voir, le rôle de la politique des autorités ukrainiennes dans l’obtention de l’autocéphalie ukrainienne est évident. À cela se rajoutent aussi des facteurs politiques étrangers. D’une part les États-Unis qui soutiennent l’indépendance ukrainienne dans une stratégie qui a pour visée, selon les dires de l’ancien conseiller d’État américain Zbigniew Brzezinski [Cf. : « Le grand échiquier : L'Amérique et le reste du monde » Bayard, coll. « Actualité », 1997], de modifier la nature même de l’État russe qui sans l’Ukraine cesserait d’être un empire en Eurasie, en la privant de ressources nombreuses et d’un accès à la mer Noire. C’est pour cette raison que nous voyons différentes déclarations des politiques étasuniens qui soutiennent l’octroi de l’autocéphalie en Ukraine. Le Département d’État américain dans un communiqué de presse intitulé « Liberté religieuse en Ukraine » exprime son respect « pour la capacité des dirigeants religieux orthodoxes d’Ukraine et leurs partisans à poursuivre l’autocéphalie selon leurs convictions ». Le représentant spécial des États-Unis pour l’Ukraine, Kurt Volker, a déclaré que son pays soutient pleinement la création d’une Église locale orthodoxe unique en Ukraine ou l’ancien vice-président américain Joe Biden qui lors d’une rencontre avec le patriarche de Kiev Philarète, a exprimé son soutien à la création d’une Église autocéphale en Ukraine. Le même Philarète a demandé au mois de mai de cette année, aux députés du Parlement européen de soutenir le patriarche œcuménique Bartholomée dans son « combat » contre le Patriarcat de Moscou, mais aussi d’influencer les Églises orthodoxes d’Europe.
 
La Russie de son côté, de même que l’Église orthodoxe russe, défendent ce qu’on appelle le monde russe qui dépasse les frontières de la Fédération russe actuelle grâce à la langue russe encore parlée dans les pays ex-soviétiques et la présence de la juridiction du Patriarcat de Moscou dans ces mêmes pays. Pour ceux qui connaissent un peu l’histoire de la Russie et de l’Église orthodoxe russe,  il est évident que le Russes pourront difficilement oublier la Kiev du saint prince Vladimir qui a converti les Rus’ au christianisme (988) et qui est considéré comme le fondateur de l'État russe orthodoxe duquel sont issus l’Ukraine actuelle, la Biélorusssie et la Fédération russe. Il n’est donc pas étrange que le patriarche Cyrille ait convoqué la réunion du Saint-Synode de l’Église orthodoxe russe à Minsk, la capitale de la Biélorussie indépendante, ce jour même (15 octobre).
 
Pour revenir à des considérations moins politiques et plus ecclésiales, la réaction de l’Église russe est attendue. Sa position dans l’échiquier orthodoxe mondial n’est pas pour l’instant affaiblie, car l’Église orthodoxe ukrainienne se trouvant dans sa juridiction exprime haut et fort sa fidélité à Moscou, mais personne ne sait comment les fidèles réagiront quand ils auront le choix entre deux Églises canoniques : une ukrainienne reconnue orthodoxe par le Patriarcat œcuménique et une autre aussi ukrainienne mais toujours fidèle au Patriarcat de Moscou, malgré le fait que les autorités politiques russes soutiennent les séparatistes du Donbass. Les réactions des autres Églises orthodoxe autocéphales sont à venir !
 
  

Comment évaluez-vous l'évolution de ce processus d'autocéphalie de l'Église orthodoxe ukrainienne ?

 
À ce stade, il est difficile de dire comment les choses vont se passer, mais un scénario plausible pourrait être le suivant : le Patriarcat de Constantinople qui rétablit dans la dignité épiscopale ou sacerdotale Philarète et Macaire (le premier porte le titre « patriarche de Kiev et de toute l'Ukraine » et le deuxième « métropolite de Kiev et de toute l'Ukraine »), et qui révoque la validité de la lettre synodale de 1686 qui a donné pour ainsi dire la Métropole de Kiev à Moscou, « récupère » en tant qu’Église-Mère son ancien territoire canonique. Le pas suivant serait de convoquer, en vertu de sa prérogative d’arbitre orthodoxe, un concile pan-ukrainien de trois juridictions orthodoxes pour élire un primat, après quoi un Tomos d’autocéphalie serait donné à la future unique Église orthodoxe d’Ukraine.
 
C’est un scénario optimiste, car plusieurs questions apparaissent dès maintenant. L’arbitrage du Patriarcat de Constantinople n’est accepté ni par l’Église orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou), ni par d’autres Églises orthodoxes autocéphales. D’ailleurs, bien que les Églises orthodoxes soient d’accord sur le concept d'autocéphalie et sur la nécessité d'un consensus panorthodoxe pour la proclamation de l'autocéphalie, elles ne le sont pas sur la manière de proclamer l’autocéphalie, et en particulier de savoir qui lance la procédure et qui proclame le tomos d'autocéphalie. Pour cette raison, au Grand concile de Crète, réuni en 2016, les Églises présentes [Quatre Églises ont refusé d’y participer : le Patriarcat d’Antioche, le Patriarcat de Géorgie, le Patriarcat de Moscou et le Patriarcat de Bulgarie !] ont adopté un document sur l’autonomie et la manière de la proclamer, mais pas sur l’autocéphalie ! Et il y a une différence entre l'autocéphalie et l'autonomie. L'autonomie est une autocéphalie en formation, sur laquelle l’Église mère, en vertu d'un droit coutumier, exerce encore une certaine tutelle. Donc, il serait plus réaliste de penser que si jamais les deux structures, jusqu’à hier schismatiques, s’unissent en une seule Église, cette nouvelle Église sera reconnue par le Patriarcat de Constantinople et ses alliés, peu nombreux à ce moment, et elle existera parallèlement à l’Église orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou). Il est aussi évident que la nouvelle Église orthodoxe ukrainienne, se sentant soutenue par les autorités ukrainiennes, posera la question de la propriété des grands centres monastiques (Laure des Grottes de Kiev, Laure de Pochaïev), des églises et des paroisses jusqu’à maintenant appartenant à l’Église ukrainienne du Patriarcat de Moscou. D’où l’appel à la paix dans la déclaration du Patriarcat de Constantinople du 11 octobre : « « Appeler toutes les parties impliquées à éviter de s’emparer d’églises, monastères et autres propriétés, comme de tout autre acte de violence et de vengeance, afin que prédomine la paix et l’amour du Christ. ».
 
En tout cas, dans les jours et les semaines à venir, nous verrons - ou pas - le dénouement de ce drame provoqué par ce nationalisme religieux qui est étranger à l’esprit de l’Évangile. Ainsi, les paroles prononcées en 1923 par le grand théologien serbe Justin Popovich, récemment canonisé, sont toujours d’actualité : « L'Église est éternité divino-humaine, faite chair dans les limites du temps et de l'espace. Elle se trouve dans ce monde, mais elle n'est pas de ce monde (Jn 18. 36). Elle se trouve dans ce monde pour élever ce monde jusqu'en haut, d'où d'ailleurs elle vient elle-même. L'Église est œcuménique (dans le sens universel), catholique, divino-humaine, éternelle, et c'est donc un blasphème inexcusable contre le Christ et contre le Saint-Esprit que de faire de l'Église une institution nationale et de la rétrécir aux petites vues et aux petites méthodes nationales, limitées et passagères ... Le temps s'accomplit, et c'est la douzième heure, où nos représentants ecclésiastiques doivent cesser d'être exclusivement des serviteurs du nationalisme, pour devenir prêtres et grands-prêtres (évêques) de l'Église une, sainte, catholique et apostolique. Le but de l'Église est supranational, universel, pan-humain ; unifiés en Christ tous les hommes sans exclusive de nation, de race, ni de classe sociale, - il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclaves ni hommes libres, il n'y a ni homme ni femme -, sont un dans le Christ Jésus (Gal. 3. 28), car Christ est tout en tous (Col. 3. 11) » .  
 
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