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#ManifestePourl’AccueilDesMigrants : les 5 erreurs de raisonnement des intellectuels signataires

Publié le 27 septembre 2018
Ce 26 septembre, Mediapart a pu publier un "manifeste pour l'accueil des migrants" signé par 150 intellectuels, notamment en réaction aux derniers développements de la question migratoire au travers des actions de l'Aquarius. Cependant, cet appel ne semble pas prendre en compte les difficultés soulevées par les points suivants.
François Daujac
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François Daujac est un haut fonctionnaire écrivant sous pseudonyme.
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Guillaume Bigot est membre des Orwéliens, essayiste, et est aussi le Directeur Général d'une grande école de commercel. Il est également chroniqueur sur C-News. Son huitième ouvrage,  La Populophobie, sort le 15 septembre 2020 aux éditions Plon.
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Ce 26 septembre, Mediapart a pu publier un "manifeste pour l'accueil des migrants" signé par 150 intellectuels, notamment en réaction aux derniers développements de la question migratoire au travers des actions de l'Aquarius. Cependant, cet appel ne semble pas prendre en compte les difficultés soulevées par les points suivants.

Atlantico : En quoi la question de l'accueil des migrants évite de poser la question du souhait des migrants eux-mêmes, qui est de pouvoir vivre décemment et en sécurité dans leur pays de naissance ? 

 
François Daujac : Oui, c'est une question essentielle. Il est fascinant de constater que la bonne conscience humaniste se préoccupe exclusivement des migrants, et non et de la misère et de la désespérance dans les pays d'origine, source d'un potentiel migratoire considérable. Une étude de la Banque mondiale révélait récemment que 430 millions d'hommes vivent avec moins d'1,9 dollar par jour, quasiment tous en Afrique. Or, il n'y a pas eu et il n'y aura jamais de pétition dénonçant cette situation dramatique. La conscience humaniste ne s'intéresse qu'aux migrations, pas à ceux qui souffrent dans leur pays. Pourquoi? La réponse est dans l'article de Mediapart à la tonalité religieuse qui accompagne la pétition: "Sauver les migrants, c'est nous sauver nous-mêmes". Nous sauver de quoi? De nous-mêmes, de notre péché d'homme européen. L'accueil des migrants est la voie de notre salut, celle de notre avenir radieux. Cette vision a un caractère idéologique fascinant. Les migrations doivent permettre de régénérer les sociétés européennes, l'homme européen, de les mener vers le bien, le progrès, de faire naître un homme neuf. L'accueil n'est pas présenté essentiellement comme un geste de générosité, mais comme un outil de transformation de la société d'accueil et de sa marche vers le bien. Et celui qui résiste à la marche du progrès est renvoyé à sa condition "d'extrême droite", c'est-à-dire le mal absolu. La notion d'extrême droite, dans ce discours, n'a rien à voir avec le sens classique du terme, synonyme de refus du suffrage universel, de la démocratie et de la liberté d'expression. Est d'extrême droite celui qui s'oppose à la marche vers le bien suprême, c'est-à-dire le "réactionnaire" qui ose discuter les bienfaits d'une immigration illimitée, personnage démoniaque ayant vocation à être neutralisé. Il faut donc voir dans un tel message une réminiscence des idéologies totalitaires du XXe siècle qui réapparaissent sous une autre forme. 
 
Guillaume Bigot : Tout simplement car les immigrants économiques (les réfugiés politiques réels existent -qui sont menacés à raison de leur combat pour le droits de l’homme dans leur pays d’origine- mais représentent 5 % à peine du flux) n’intéressent pas concrètement les bien-pensants qui utilisent leur détresse pour donner de la voix.
 
La situation d’origine spécifique de ces pays et l’origine de ces personnes, leur âge, leur sexe, leur qualification professionnelle, leur catégorie sociale, leur histoire, leur culture et leur religion n’intéressent pas ceux que j’appelle les dames patronnesses du migrationisme.
 
Pour les militants du sans-papierisme, ce ne sont pas les personnes concrètes, de chair et de sang qui les intéressent, c’est l’incarnation d'une figure très ancrée dans notre civilisation judéo-chrétienne, celle du dernier appelé à devenir le premier. Celui qui va sauver le monde et racheter nos péchés par sa détresse et son désarroi.
 
Le pauvre, le prochain que l’on doit aider et qui avait, grâce au marxisme, su revêtir la forme héroïque du prolétaire qui allait sauver le monde a été liquide par la mondialisation financière et commerciale. Jeté hors de son usine que l’on a fermé et relégué loin des centres villes dans des zones (la fameuse France périphérique) d’où il est hors de la vue des bien-pensants qui se disent de «  gooche ».
 
Or, le « migrant » comme ils disent est formidable car il offre un prolétaire de substitution.
 
Ce qui mobilise si fortement la bien-pensance, c’est qu’en embrassant cette cause du gentil migrant, on fait d’une pierre trois coups.
 
Premier coup, on peut après s’être converti au libéralisme le plus échevelé se prétendre encore de gauche. On peut embaucher des femmes de ménage et des nounous non déclarées. Deuxième coup, en ne partageant pas la xénophobie de la France d’en bas, on réaffirme son arrogance de classe, le sans-papierisme est un marqueur très fort d’appartenance à la bourgeoisie et à la France à qui la mondialisation sourit. Troisième coup, en soutenant les sans papier, on fait monter le populisme que l’on peut ensuite fustiger. Autrement dit, on se soulage la conscience. On n'a finalement pas à regretter d’avoir liquidé économiquement la classe ouvrière car la démonstration est faite que les prolétaires indigènes étaient en fait des beaufs racistes.
 

Ne peut-on pas également voir ici une incapacité à poser la question de l'importance des flux migratoires au regard des capacités d'intégration du pays d’accueil ? 

 
 
François Daujac : Il y a dans cette tradition idéologique totalitaire, un refus permanent du réel et de voir les faits tels qu'ils sont. Les idéologues ne se préoccupent pas de l'état du monde. Ils sont motivés par un idéal, une vision de la société parfaite, une utopie. La réalité n'est pas leur affaire. Ils ne cessent de maudire l'Europe forteresse, une Europe qui se barricaderait derrière ses murs. Or, selon Eurostat, En 2015, l'Europe a accueilli  2,7 millions de ressortissants de pays tiers, une année certes exceptionnelle; mais en moyenne, sur une longue période, l'Europe reçoit 1,5 million de migrants chaque année et environ 500 000 demandeurs d'asile. Ces chiffres sont considérablement plus élevés que ceux de l'Amérique du Nord. Parler d'une Europe fermée à l'immigration est une contre-vérité. La question n'est pas entre fermeture et ouverture, dès lors que l'Europe est  largement ouverte. Elle est entre une ouverture organisée en fonction des capacités d'accueil, marché du travail et logement, et une ouverture illimitée, c'est-à-dire abolition des frontières. Mais comment faire comprendre cela à des personnes qui sont dans l'idéologie et non dans le monde des réalités?  
 
Guillaume Bigot : À l’évidence car les lieux où vivent les nouveaux arrivants ne sont pas ceux où vivent leurs avocats. Plus on habite loin des immigrés et plus on trouve qu’ils sont sympas, bien intégrés et qu’ils ne sont pas assez nombreux et inversement.
 
Cette question des flux migratoires est généralement close par plusieurs arguments d’autorité ineptes comme le sont tous les arguments d’autorité. D’abord, on prétend que les cartes de séjour délivrées aux étudiants et aux salariés n’ont aucun rapport avec l’immigration clandestine. C’est évidemment faux. Heureusement que nos consulats prennent des précautions et évitent en amont le gros des départs en refusant des visas sinon ce serait un déferlement. Est-il normal de faire payer au contribuable français des études d’élèves étrangers à un prix très en dessous de ce qu’elles coûtent ?
 
Est-il acceptable, dans un contexte de chômage élevé, de faire venir des salariés de l’étranger autres que quelques hauts cadres et spécialistes hyper pointus?
 
Ensuite, on refuse catégoriquement de débattre de l’opportunité du regroupement familial (et pour cause puisque le droit européen nous oblige à en garantir l’effectivité). Mais est-il raisonnable de faire venir plusieurs centaines de milliers de personnes chaque année au titre du regroupement familial ?
 
Ainsi, c’est sur une partie seulement de l’immigration, celle liée au dépôt de demandes de droit d’asile que le débat se porte. A tort pour les raisons précédemment évoquées. Mais revenons sur cette part résiduelle. Personne ne dit qu’alors même que les magistrats qui se prononcent sur le droit au séjour sont très imbibés d’idéologie sans papieriste c’est plus d’une demande sur deux qui est rejetée.
 
Il y aurait beaucoup à dire sur l’interprétation des textes qui instaurent le droit d’asile et la protection des réfugiés mais disons simplement que même si le dossier est rejeté et que la justice et l’administration française ne vous reconnaissent aucun droit au séjour, vous resterez sur le territoire.
 
Le tableau, contrairement à la propagande continuelle qui nous est servi est donc assez édifiant : 500 000 migrants au sens large s’installent chaque année en France. Or, comme l’ouvrage  de Stephen Smith l’a bien montré, nous sommes au début et non à la fin du processus lié aux différences de pressions démographiques entre l’Europe et l’Afrique.
 
 

Ne peut on pas également considérer que la "société ouverte" qui découlerait logiquement d'une société d'accueil est un leurre, à l'aune, par exemple des conséquences politiques visibles aujourdhui en Allemagne, ou des tensions communautaires existantes dans les pays européens ? 

 
 
François Daujac : L'ouverture sans limite ne peut qu'engendrer une société communautarisée. Prenons le cas de la France. En 2017 elle a délivré 263 000 premiers titres de séjour à des ressortissants étrangers nouvellement entrés, dont la moitié pour motif familial. Elle a aussi reçu 100 000 demandeurs d'asile. Or, la France compte 3,5 à 6 millions de chômeurs selon les modes de décompte, 9 millions de pauvres, 2,4 millions de mal logés ou sans logis. Dans ces conditions, l'arrivée de centaines de milliers de personnes, venues de pays aux modes de vie et de croyances profondément différents,  auxquelles on ne pourra pas fournir un emploi stable, des conditions de logement et de vies décentes, ne peut qu'engendrer des phénomènes dramatique d'exclusion, de ségrégation urbaine à travers le millier de cités sensibles et de repli identitaire. Plutôt que le "vivre ensemble", l'immigration réalisée dans ces conditions favorise, à terme, une société conflictuelle, dominée par des tensions entre les populations anciennes et les nouveaux arrivants. Une immigration réussie ne se conçoit qu'organisée en fonction des capacités d'accueil des nations, donc contenue et limitée dans le cadre d'une politique volontariste. Le désordre migatoire conduit à la révolte, celle des popuations anciennes comme celle des nouveaux arrivants, au déchirement et à la remise en cause des acquis sociaux et de la démocratie. Mais comment faire comprendre cela à des personnes qui vivent dans l'idéologie et le déni de la réalité?
 
Guillaume Bigot : Il faut être totalement ignare pour ne pas comprendre que faire vivre en paix, dans un même État des hommes et des femmes appartenant à des cultures différentes est une gageure, un défi redoutable et souvent perdant.
 
Seuls des États nations disposant d’un patriotisme puissant et hyper assimilateur (la France de nos ancêtres les gaulois ou le melting-pot américain) y sont parvenus. Pour le reste, les exemples historiques sont venus de cités marchandes sévèrement contrôlées par des peuples dominants ne partageants pas leur pouvoir (cas de la République de Venise hier ou de Singapour aujourd’hui). Les étrangers n’ont aucun droit et ne sont pas des citoyens mais sont tolérés tant qu’ils enrichissent la cité.
 
Enfin, les empires (soviétique ou britannique hier ou encore ottoman ou Romain) au nom d’une religion, d’une idée ou d’un affectio societatis fort (le terme fut inventé par les Romains) purent faire coexister des peuples différents sur un même territoire au nom d’un ordre public implacable (les janissaires ou les légions savaient rétablir l’ordre).
 
Les partisans larmoyants des sans-papiers sont des imbéciles et des incultes qui ignorent tout des grands massacres engendrés par la coexistence forcée de peuples qui refusent de se fondre dans un seul ensemble. A croire que tous ces braves gens n’ont jamais entendu parler des guerres dans l’ex Yougoslavie, de la guerre du Liban ou des massacres de Chinois par les Indonésiens, des Grecs et des Arméniens  par les Turcs. 
 
Ou bien pensent-ils sottement que Facebook plus la commission européenne va transformer les pays en vaste zone d’aéroport où chacun déambulera d’une boutique à l’autre en restant soi-même le tout sous la protection de la CEDH...
 
Les optimistes n’ont pas pitié des hommes prophétisait Bernanos.
 
 
 

En quoi le remplacement du mot immigration par celui de "migrants" a-t-il modifié une question politique et sociale en une question humanitaire, dévoyant ainsi le fond du débat sur cette question ? 

 
 
François Daujac : Le mot migrant est un passe partout, il recouvre volontairement des réalités qui étaient jusqu'alors considérées comme distinctes: le réfugié, victime de persécutions, l'étranger en situation régulière, ayant un visa de long séjour fondé sur motif légal de venir s'installer en Europe, l'immigré clandestin, qui entre et séjourne en contravention avec les lois nationales, européennes et internatinales. Cette confusion est voulue est soigueusement entretenue: le migrant efface ces distinctions: il a vocation à être accueilli sur une base humanitaire sans limite et sans conditions. 
 
Guillaume Bigot : J’ai été l’un des premiers, au micro d’Yves Calvi, il y a deux ans à dénoncer cette dérive sémantiques et à expliquer qu’elle ne devait rien au hasard. Il ne s’agit pas seulement de mal nommer les choses mais de créer un effet de confusion géographique, d’imprécision et de pression morale.
 
Utilisez le terme migrant pour parler d’immigration signifie que vous subsumez comme disent les philosophes que les frontières sont illégitimes. En effet, un immigrés est un de vos ressortissant qui part dans un autre pays. Un immigrant est le ressortissant d’un autre pays qui arrive chez vous. On comprend tout de suite que parler de migrant signifie qu’il n’y a plus de direction, de sens de déplacement, d’ici ou de là, de pays de départ et d’arrivée. Parler de sans papier signifie que l’on vous a privé de papier mais c’est évidemment faux. Au fond, l’usage de ces termes inappropriés dissimule une idéologie qui est celle du sans frontiérisme. Les migrants n’ont pas de pays, ils sont de nulle part. D’ailleurs tous les hommes sont chez eux partout. Les frontières sont une aberration ; etc.
 
Nous sommes tous des migrants et si nous le savons pas encore, nous n’allons pas tarder à le découvrir. 
 
Car le dernier subterfuge contenu dans ce terme impropre de migrant, c’est de réduire les mouvements de populations de certains pays vers d’autres à des phénomènes comparables aux phénomènes naturels ou atmosphériques. Ma bonne dame, mon bon monsieur, c’est pas bien drôle de devoir partager votre pays avec des gens venus d’ailleurs mais que voulez-vous c’est comme ça, c’est un dégât collatéral et inévitable de la globalisation. D’ailleurs, on n’hésite plus dans la propagande de l’Union européenne à établir un lien de cause à effet entre le réchauffement climatique et les phénomènes migratoires. Le dérèglement du climat causant inéluctablement le dérèglement du peuplement.
 
 

Au regard d'une France affichant un taux de chômage voisin de 9%, et dans un contexte ou les classes populaires craignent pour leur pouvoir d'achat, n'assiste-t-on pas une négation de la pression à la baisse que l'immigration peut faire peser sur les salaires ?

 
 
François Daujac : C'est à tort que ce manifeste oppose capitalisme et liberté d'immigration. Au contraire, le patronat, européen, allemand comme français, a toujours favorisé la liberté d'immigration, synonyme de liberté pour les entreprises de recruter par-delà les frontières et de se procurer une main d'oeuvre abondante et peu coûteuse, même en recouvrant cet impératif d'un habillage humanitaire. Le président du MEDEF a tenu un discours auquel celui les humanistes dits de gauche n'a rien à envier:  Premier défi : l’accueil. L’accueil décent des migrants est un impératif, d’abord pour des questions de simple humanité et de cohérence avec l’une des trois valeurs fondatrices de notre République, la fraternité (le Monde 8 septembre 2015). L'idée, revendiquée par nombre d'économistes libéraux, par delà le prétexte humanitaire, est bien d'utiliser les flux migratoires comme un moyen de pression à la baisse sur les salaires. Le grand patronat et les idéologues progressistes se retrouvent ainsi sur la liberté d'immigration inconditionnelle, les uns dans une perspective de profit et les autres de transformation de la société. Tout le reste s'efface et ne compte pas: la question des capacités d'accueil, le problème de la fuite des cerveaux et de la jeunesse la plus dynamique qui condamne les pays les plus pauvres au sous-développement, le scandale des filières esclavagistes qui prospèrent sur les phénomènes migatoires non maîtrisées. L'idéologie sans-frontière repose avant tout sur le déni de la réalité. 
 
Guillaume Bigot : C’est plus qu’une négation, c’est une dénégation. Or, le phénomène du déni comme nous l’a appris la psychanalyse est un phénomène incroyablement puissant. Il n’y a pire aveugle que celui qui refuse de voir dit justement l’adage populaire. Pour ma part, je crois que la crispation d’une certaine gauche (que j’appelle la goooche) sur cet enjeux migratoire et le déni d’injustice sociale qui l’accompagne correspond à ce que j’ai baptisé l’effet feuille de vigne. En fait, comme tous ces gens sont totalement de droite économiquement et socialement (et leur adhésion au dogme migrationiste en est en réalité la meilleure illustration), ils n’ont plus que le soutien humanitaire aux « sans papier » à exhiber comme ultime preuve de leur appartenance à la goooche.Si vous leur retirer la cause des migrants, il ne leur reste plus rien de plus de la gauche. Or, le paradoxe, c’est que l’ouverture des frontières aux travailleurs forme le complément logique à la libre circulation des capitaux. 
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