En direct
Best of
Best of du 3 au 9 août
En direct
© Reuters
Bonnes feuilles

Que doit faire la France face à l'Allemagne ?

Publié le 08 juillet 2018
Le couple franco-allemand fait souvent office de vigie lors des tempêtes européennes. Bruno Alomar décline les différentes attitudes envisageables pour la France face à son voisin allemand. Extrait du livre de Bruno Alomar, "La réforme où l'insignifiance Dix ans pour sauver l'Union européenne" aux éditions de l'école de guerre, ligne de front (2/2).
Bruno Alomar, économiste, ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, auteur de Grandes Questions Européennes (Armand Colin, 4em Edition) ou bien encore La réforme ou l'insignifiance : 10 ans pour sauver l'Union européenne (2018,...
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Bruno Alomar
Suivre
Vous devez être abonné pour suivre un auteur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Bruno Alomar, économiste, ancien haut fonctionnaire à la Commission européenne, auteur de Grandes Questions Européennes (Armand Colin, 4em Edition) ou bien encore La réforme ou l'insignifiance : 10 ans pour sauver l'Union européenne (2018,...
Voir la bio
Ajouter au classeur
Vous devez être abonné pour ajouter un article à votre classeur.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Lecture Zen
Vous devez être abonné pour voir un article en lecture zen.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Le couple franco-allemand fait souvent office de vigie lors des tempêtes européennes. Bruno Alomar décline les différentes attitudes envisageables pour la France face à son voisin allemand. Extrait du livre de Bruno Alomar, "La réforme où l'insignifiance Dix ans pour sauver l'Union européenne" aux éditions de l'école de guerre, ligne de front (2/2).

Que doit faire la France ? Imiter l’Allemagne, contenir l’Allemagne, ignorer l’Allemagne, compléter l’Allemagne

 

L’on prête à Condoleezza Rice, à propos de l’attitude respective de la Russie, de l’Allemagne et de la France, tous trois opposants à la seconde guerre d’Irak, le conseil suivant au président américain George W. Bush : « Forget Russia, forgive Germany, punish France » (« Oublier la Russie, pardonner à l’Allemagne, punir la France »). En matière de couple franco-allemand, le quadryptique définissant la relation avec l’Allemagne pourrait être le suivant : « imiter l’Allemagne, contenir l’Allemagne, ignorer  l’Allemagne, compléter l’Allemagne ». Le fil rouge de cette posture est clair : c’est bien l’Allemagne qui a le plus à perdre d’un éventuel échec de la construction européenne ; il ne faut pas craindre de lui donner raison et de faire comme elle quand c’est l’intérêt de la France.

La France doit d’abord imiter l’Allemagne. Il est assez piquant, et pour tout dire navrant, que la France se soit autant crue dispensée de réformer son économie par souci de ne pas paraître donner raison à l’Allemagne. Comme l’Allemagne, la France doit réduire sa dépense publique, moderniser son système productif, réformer son marché du travail, renforcer son industrie. Comme l’Allemagne, elle doit regarder les institutions européennes au prisme de ses intérêts.

La France doit ensuite contenir l’Allemagne. Il est temps que la France sorte de la situation d’infériorité dans laquelle elle se place à l’égard de l’Allemagne. Elle ne doit rien lâcher à l’Allemagne quand il s’agit de se partager les grands postes dans les institutions. Elle doit, enfin, assumer de combattre l’Allemagne quand celle-ci prend des mesures unilatérales qui l’affectent, comme cela a été le cas dans le domaine énergétique et migratoire.

La France doit ignorer l’Allemagne. C’est là un point essentiel. Le Brexit doit rappeler à la France cette vérité d’évidence : le monde est plus vaste que l’Union européenne. Il est assez piquant d’ailleurs de constater à quel point les élites économiques françaises, notamment industrielles, regardent souvent au-delà des mers plutôt que de chercher coûte que coûte des alliances avec une Allemagne qui se vit comme une puissance géopolitique civile, mais dont les aspirations hégémoniques ne se contiennent pas dès qu’il s’agit d’industrie. La France a des responsabilités géopolitiques et militaires qui se déploient à l’échelle du monde. Elle doit prendre appui sur cette réalité pour tenir les deux bouts de la chaîne. D’un côté, participer pleinement à la construction européenne. D’un autre côté, ne pas s’y enfermer et faire comprendre à ses partenaires européens, notamment l’Allemagne, qu’elle seule regarde au-delà de l’Union européenne, et qu’ils n’ont nullement les responsabilités et la place qu’elle partage avec la seule puissance comparable : le Royaume-Uni.

Enfin, la France doit compléter l’Allemagne. Le destin de l’Union européenne ne se réduisant pas aux institutions européennes, un partage des tâches est possible et souhaitable. À la forme de pensée allemande (monétariste, mercantiliste, légaliste, rigoriste) de prévaloir au sein des institutions européennes. À la France la responsabilité d’être la seule puissance géopolitique, militaire, culturelle du continent européen. À la France et à l’Allemagne, nous l’avons dit, d’assumer ensemble le leadership de l’Union européenne.

Naturellement, un tel renversement copernicien de la posture française n’est possible qu’à plusieurs conditions que nous croyons avoir exposé : que la France se réforme ; que l’Union européenne retrouve sa nature profonde d’organisation internationale non souveraine, dont les compétences sont limitées aux questions économiques. Nous en ajouterons une troisième : un profond renouvellement des élites françaises.

Extrait de "La réforme où l'insignifiance Dix ans pour sauver l'Union européenne", de Bruno Alomar, aux éditions de l'école de guerre, ligne de front

 

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après
Le sujet vous intéresse ?
Mots-clés :
Bruno Alomar, France, Allemagne
Thématiques :
Articles populaires
Période :
24 heures
7 jours
01.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

02.

Manger du pain fait grossir : petit inventaire de ces contre-vérités en médecine et santé

03.

Après l’annonce de la mort d’Hamza Ben Laden, de hauts responsables d’Al-Qaida réapparaissent

04.

Hong Kong : ces nouvelles formes de censure très efficaces pour empêcher les mouvements sociaux

05.

L'arrivée du Pape François et la fin d'une Eglise dogmatique

06.

Miley Cyrus s’éclate avec une ex Kardashian, Claire Chazal se souvient de quand elle s’éclatait avec (un de) ses ex; Énième réconciliation pour Jamel & Melissa, 1ère grossesse pour Louane; Anouchka Delon pacifie sa famille, Brigitte Macron choie la sienne

07.

Classement Bloomberg des familles les plus fortunées : pourquoi les dynasties règnent plus que jamais sur le capitalisme mondial

01.

Les fonctionnaires contre l'État ?

01.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

02.

Pour comprendre l’après Carlos Ghosn, l’affaire qui a terrassé l’année 2019 dans le monde des entreprises

03.

La saga du Club Med : comment le Club Med résiste à la crise chinoise

04.

Peugeot-Citroën : le lion résiste aux mutations mondiales

05.

​Présidentielles 2022 : une Arabe à la tête de la France, ça aurait de la gueule, non ?

06.

Comment se fait-il qu'un pays aussi beau que la Pologne ait un gouvernement de m... ?

01.

"Une part d'Afrique en elle" : petit voyage dans les méandres de la conception macronienne de la nation

02.

M. Blanquer, pourquoi cachez-vous à nos enfants que les philosophes des Lumières étaient de sombres racistes ?

03.

Réorganisation de la droite : cette impasse idéologique et politique qui consiste à s'appuyer uniquement sur les élus locaux

04.

Quand le moisi (Jean-Michel Ribes) s'en prend à la pourriture (Matteo Salvini)

05.

« La France a une part d’Afrique en elle » a dit Macron. Non, Monsieur le Président, la France est la France, et c'est tout !

06.

Italie : quelles leçons pour la droite française ?

Commentaires (2)
Ecrire un commentaire
Vous devez être abonné pour rédiger un commentaire.
Abonnez-vous
«Vos abonnements garantissent notre indépendance»
Nos articles sont ouverts aux commentaires sur une période de 7 jours.
Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.
*Toute validation est définitive, vous ne pourrez pas rééditer votre commentaire.
ajm
- 08/07/2018 - 17:56
Refaire de la politique.
Assez d'accord avec BA. Mais en pratique ce n'est pas simple. La vérité est que les Allemands, qui, au fond, n'aiment qu'eux mêmes, n'ont jamais cru à un tandem franco-allemand, quelque soient les modalités concrètes de cette alliance. Il ne faut pas voir l'Europe à travers ce prisme. Il n'y a jamais eu de mariage ni de fiançailles possibles avec l'Allemagne. Il faut quitter le royaume des fantasmes et des illusions et redéfinir une politique étrangère froidement en fonction de nos intérêts, à partir d'une analyse objective de nos atouts et de nos faiblesses. Il faut refaire de la vraie politique en résumé et arrêter les élucubrations pitoyables autour de "valeurs" qui sont devenues des signes extérieures d'impuissance et de derision.
Guy Bernard
- 08/07/2018 - 11:32
tour de vis et perspicacité.
la France a deux images : elle est indéfectiblement liée à l’Europe, c'est à dire l'allemagne avec ses performances provocatrices, et elle est liée au luxe et à la qualité de la vie.
nous ne pourrons pas échapper aux mesures visant l’Europe, ce qui est le contexte general, et notre stratégie de mutualisation de la dette a fait long feu.
tour de vis et perspicacité.