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Du pain sur la planche

L’Aurore, le think tank qui s’attaque au terrain abandonné par la social-démocratie

Publié le 29 juin 2018
Ce club de pensée souhaite réfléchir aux grands principes républicains, tout en leur donnant un tour d'actualité pour affronter les problématiques qui traversent aujourd'hui toutes les démocraties occidentales.
Gilles Clavreul est un ancien délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Il a remis au gouvernement, en février 2018, un rapport sur la laïcité. Il a cofondé en 2015 le Printemps...
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Gilles Clavreul est un ancien délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Il a remis au gouvernement, en février 2018, un rapport sur la laïcité. Il a cofondé en 2015 le Printemps...
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Ce club de pensée souhaite réfléchir aux grands principes républicains, tout en leur donnant un tour d'actualité pour affronter les problématiques qui traversent aujourd'hui toutes les démocraties occidentales.

Atlantico : Après avoir cofondé le "Printemps républicain" vous présenter aujourd'hui un nouveau think-tank à l'Assemblée Nationale nommé "Aurore". Quelle est l'ambition de ce dernier-né et sur quels sujets vont travailler les membres de ce nouvel organisme ?

Gilles Clavreul : L'Aurore est un club de réflexion, un club de pensée qui a pour but d'offrir un espace de dialogue et de réflexion pour repenser les grands principes républicains et leur donner un tour d'actualité pour affronter les problématiques qui traversent aujourd'hui toutes les démocraties occidentales. Il y a évidemment des différences entre les pays mais on relève à chaque fois une origine qui tient à la crise du modèle démocratique ou à sa remise en cause radicale caractérisée par l'affaiblissement des corps intermédiaires, une crise de la représentativité ou l'idée que le politique est incapable aujourd'hui de réguler la vie collective au sein des sociétés.

A cela il faut aussi ajouter une forme d'impuissance des démocraties face aux montées des revendications identitaires, qu'elles soient fondées sur la reviviscence d'une culture nationale (comme en Europe de l'Est ou aux Etats-Unis) ou que ce soit face à des mouvements d'inspiration communautaristes issus directement ou indirectement des différentes branches de l'islamisme ou d'autres se plaçant sous la rubrique décoloniale.

Cette question identitaire se manifeste donc sous la forme d'une tenaille et au milieu il y a la question du "commun républicain" qui est prise en défaut du moment où elle ne s'affirme pas, le tout dans un contexte d'affaiblissement historique de la social-démocratie.

Dans les pays de l'Ouest de l'Europe, la social-démocratie s'est soit reconvertie au point de se dissoudre dans des modèles socio-démocrates très pro économie de marché et en France où l'aboutissement de la gauche moderne a fini par trouver son point d'orgue dans le macronisme et l'on voit bien qu'il est difficile même pour ceux qui l'ont soutenu à gauche de dire qu'il se traduit aujourd'hui par un exercice gouvernemental de gauche.

La social-démocratie si l'on fait les comptes partout en Europe est en train de disparaître. Aux Etats-Unis le phénomène est encore plus fort du fait que le parti démocrate est entré dans une crise extrêmement profonde à force d'avoir cédé à l'attente différentialiste, communautariste… Petit à petit nous sommes gagnés par ces mêmes phénomènes un peu partout en Europe.

Il y a cette idée de réinvestir le terrain idéologique et de prendre au sérieux les questions culturelles, régaliennes et identitaires qui aujourd'hui sont déterminantes dans les opinions publiques occidentales. De manière très large aujourd'hui c'est sur l'immigration et la lutte contre le terrorisme que les européens attendent des réponses politiques alors qu'il y a cinq ans c'était sur l'économie et le chômage… Il y a donc eu un glissement extrêmement rapide et l'absence de réponses sur ces sujets a affaibli la crédibilité de la gauche et d'une partie du centre droit modéré.

Même s’il ne sera pas question que de laïcité comment va s’inscrire votre think-tank dans le débat actuel qu’il y a en France sur cette question ?

Nous avons déjà beaucoup parlé de la laïcité et ce ne sera qu'un sujet d'étude parmi d'autres. Même si le sujet est important, que l'on comprend qu'il y ait une cristallisation des débats sur ce thème et que les polémiques soient vives il faut pour autant envisager d'aborder ce sujet de manière plus large et globale et notamment autour de la question républicaine.

On parlera donc de laïcité mais cela ne sera pas un thème central de nos travaux, d'autant plus que beaucoup de choses ont déjà été dites sur le sujet et que l'on voit à peu près les positions de chacun. L'intérêt d'un club de pensée comme l'Aurore, c'est de refroidir les pensées, de ne pas être dans les polémiques, l'immédiateté, la réaction à des sujets chauds de l'actualité même si l'on ne s'interdira évidemment pas de le faire.

A brève échéance nous allons organiser trois colloques dans les temps à venir. Le premier sur la question des fractures et des dynamiques territoriales qui aura lieu avant la fin de l'année. Cette question est aujourd'hui très négligée et les débats sont mal engagés notamment sur les questions de gouvernance territoriale. Le deuxième colloque sera organisé autour de la question de l'identité. C'est là que la question de la laïcité trouvera sa place mais encore une fois la perspective sera plus large. Dernier sujet sur lequel nous aimerions travailler sera la question sera le statut de l'information et de la "fabrique de l'opinion publique" à l'heure du numérique.

Macron : "Nous avons anthropologiquement, ontologiquement, métaphysiquement besoin de la religion". Que pensez-vous de cette déclaration du président de la République qu'il a tenue à Rome ?

Cela devient un sujet de tension au sein même de sa majorité et probablement aussi dans l'opinion publique. Il est à un moment charnière sur les questions de laïcité au sens large, de rapport à la foi… Avec le fameux "en même temps" il a réussi assez brillamment, à faire croire à des gens aux intérêts divergents qu'ils pouvaient se retrouver sur les sujets socio-économiques (c'est certainement moins vrai ces derniers temps à cause du virage libéral) mais en revanche sur les questions culturelles, identitaires, de laïcité… cela sera certainement plus difficile. Sa victoire qui tient à une conjonction politique très particulière est faite de l'agrégation de gens qui ont des systèmes de valeur très différents. Il sera intéressant de voir jusqu'où cette agrégation tiendra.

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Anouman
- 30/06/2018 - 12:22
Attentes
"c'est sur l'immigration et la lutte contre le terrorisme que les européens attendent des réponses politiques alors qu'il y a cinq ans c'était sur l'économie et le chômage…" En fait ils attendent toujours des réponses sur l'économie et le chômage. C'est simplement que la liste des questions non traitées s'allonge au fil des ans.